Muid

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Le muid, du latin modius, « la mesure [principale] » est une ancienne mesure de capacité pour les grains et autres matières sèches et également pour les liquides. Au XVIIIe siècle, il est parfois écrit mui ou muy, et concernant les matières sèches il ne désigne pas un récipient d'une taille particulière mais est un ratio d'autres mesures comme le setier, la mine, le minot, le boisseau… Ce ratio – clairement défini à Paris – varie selon les régions et la nature des marchandises à mesurer.
Concernant les liquides, et en particulier les vins et alcools, le muid est une des neuf tailles de futaille employées en France pour les stocker[1].

Le muid de matières sèches[modifier | modifier le code]

  • Le muid de Paris (XVIIIe siècle) valait 12 setiers de 12 boisseaux de 640 pouces cubes, soit 1,824 m3. Toujours à Paris, le muid contenait 24 mines ; la mine contenait 2 minots ; le minot contenait 3 boisseaux ; le boisseau contenait 4 quarts ; le quart contenait 4 litrons ; et le litron mesurait 36 pouces³[1].
  • Le muid d’avoine contenait un peu plus de 3,7 m3. Il faisait le double du muid de blé, bien que tous deux contenaient 12 setiers ; mais le setier d'avoine faisait 24 boisseaux (avec 24 mines par muid, 2 minots par mine et 6 boisseaux par minot), alors que celui de blé n'en contenait que 12. Chaque boisseau faisait 4 picotins, chaque picotin mesurait 2 demi-quarts ou 4 litrons[1].
  • Le muid de sel équivalait à un peu plus de 2,4 m3, avec 24 mines par muid, 2 minots par mine, 4 boisseaux par minot ; en Lorraine, 0,52877 m3 (seize vaxels font un muid).
  • Le muid de charbon de bois valait 4,1 m3, avec 20 mines par muid, 2 minots par mine, 8 boisseaux par minot[1].
  • Au XVIIIe siècle), le muid de Rouen contenait aussi 12 setiers (de Rouen), mais 14 setiers de Paris. Il pesait 3 360 livres poids de marc. Quatre muids de Rouen équivalaient à 3 lasts d'Amsterdam. Six setiers faisaient 10 muddes ou 1 muid 1/3, soit 1 last d'Amsterdam[1].
  • Selon l'inventaire de 1155 à Cluny (dans le Mâconnais), un muid vaut 9 setiers;
  • Le muid de Reims valait 16 setiers[2].
  • Au XVIIIe siècle), le muid d'Orléans pesait 600 livres, soit 12 mines ; il équivalait à 2 setiers 1/2 de Paris, ou 5 boisseaux de Bordeaux, ou 3 muddes 1/2 d'Amsterdam[1].
  • Le muid du Berry faisait 21 boisseaux, donc 16 boisseaux pour un setier[1].
  • Le muid (ou 12 setiers) de Paris faisait 18 muddes d'Amsterdam, et 19 setiers faisaient un last[1].

À noter que le muid correspondait aussi à la surface de terre que l'on peut semer avec un muid de grain.

Le muid de liquides[modifier | modifier le code]

Pour les liquides, le muid est une futaille de taille variant selon les régions. Il se divise en demi-muids ou feuillettes, quarts de muids ou quarteaux, et demi-quarts ou huitièmes de muid. Au XVIIIe siècle), il contient 36 setiers[1]. Aux XIIIe et XIVe siècles, les valeurs étaient différentes et le muid parisien valait environ 130l[3].

Henri IV décida vers 1590 que le muid de vin serait de 200 pintes de Saint-Denis ou 300 pintes de Paris (soit environ 280 litres)[4].

À Paris, il correspondait à 268,220 litres (huit pieds cubes). Au XVIIIe siècle, un muid de Paris comprenait 36 setiers, chacun comprenant 8 pintes[1].

En province, sa contenance variait de 270 à 700 litres.

  • En Normandie, le muid (parfois orthographié "Muids") valait 150 pots, soit 300 litres. Au milieu du XIXe siècle, les petites futailles normandes, utilisées pour le cidre, ont été alignées sur la nouvelle contenance des tonneaux de vin, pour descendre à 120 pots (40 litres)[5].
  • À Lunel (Languedoc), le muid de liquides était de 700 litres.[réf. souhaitée]
  • À Besançon (Franche-Comté), il était de 272,41 litres.
  • À Reims, en Champagne, le muid valait = 16 setiers = 64 pots = 128 pintes = 1 282 litres[6] au XIVe siècle. Le muid faisait 17 setiers et à raige (après remuage) il en faisait 16 ; après la vendange et jusqu'à la Saint-Martin il en valait 18.[réf. souhaitée]
  • Au XVIIIe siècle, un muid et 1/3, soit 4/3 de muid, font une queue de Champagne (soit 2/3 de muid pour une demi-queue) ; le tiers de muid y fait un quarto. À Orléans, Blois, Nuys (Nuits-Saint-geaorges), Dijon et Mâcon, un muid 1/2 fait une queue (soit 3/4 de muid pour une demi-queue) ; elle est équivalente à une pipe d'Anjou[1].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Dictionnaire universel de commerce, tome 3. par Jacques Savary Des Bruslons. 1748.
  2. Cartulaire de Signy, 1172, Arch. dépar. Ardennes, H203, f° 39-40.
  3. [1] dans Les mesures du vin en France aux XIIIe et XIVe siècles d'après les mémoriaux de la Chambre des comptes de Paris par Pierre Portet.
  4. Muid sur dico-du-vin.
  5. Dictionnaire du patois normand, Évreux 1879.
  6. Archives départementales de la Marne, H 459.