Musée des beaux-arts de Lyon

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Musée des beaux-arts de Lyon
Palais Saint-Pierre
Palais Saint-Pierre
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Lyon
Adresse 20, place des Terreaux
69001 Lyon
Coordonnées 45° 46′ 01″ N 4° 50′ 01″ E / 45.766846, 4.83363 ()45° 46′ 01″ Nord 4° 50′ 01″ Est / 45.766846, 4.83363 ()  
Informations générales
Date d’inauguration 1801
Collections Antiquités égyptiennes, grecques et romaines, peintures du XIVe au XXe siècle, sculptures, objets d'art, pièces et médailles, arts graphiques
Nombre d’œuvres Environ 62 800[1]
Superficie 14 800 m2 dont 6 900 m2 d'espaces d'exposition[2]
Informations visiteurs
Nb. de visiteurs/an 241 916 (2007)
250 138 (2008)
294 610 (2009)[3]
292 000 (2010)
270 000 (2011)
330 000 (2012)
331 000 (2013)
Site web Site officiel

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Musée des beaux-arts de Lyon

Le musée des beaux-arts de Lyon est un musée municipal fondé en 1801 et situé sur la place des Terreaux dans une ancienne abbaye de bénédictines, l'abbaye des Dames de Saint-Pierre, édifice classé monument historique et plus connu sous le nom de palais Saint-Pierre. De 1988 à 1998 le musée a connu de grands travaux de rénovation qui ont permis une extension importante des surfaces d'expositions. Réparties sur soixante-dix salles, ses collections embrassent une période comprise entre l’Égypte antique et l’art moderne et la plupart des disciplines artistiques y sont représentées, faisant du celui-ci l’un des plus importants musées français et européens[4]. Des expositions temporaires y sont proposées toute l’année.

Histoire[modifier | modifier le code]

La Révolution et la création du musée[modifier | modifier le code]

L'entrée du cloître du palais Saint-Pierre de Lyon par Ferdinand Bourjot, vers 1820, plume et lavis d'encre de Chine sur papier, 20 × 13,5 cm.

À Lyon, comme dans toute la France, les révolutionnaires entendent rassembler en un même lieu les œuvres d’art saisies ou confisquées au clergé et à la noblesse pour les montrer au public, afin d’éduquer le peuple et d’« encourager les arts »[5]. L’idée de créer un muséum dans l'ancienne abbaye de Saint-Pierre-les-Nonnains germe dans l’esprit des autorités de la ville. Elle est motivée avant tout par le besoin de relancer l’industrie soyeuse à Lyon, « basée sur l’art du dessin », et qui a subi un brutal coup d'arrêt à causes des ravages du siège qu'a subi la ville en 1793. C’est pourquoi le député du Rhône au Conseil des Cinq-Cents, Étienne Mayeuvre de Champvieux, fait la demande au gouvernement d’envoyer à Lyon « quelques tableaux des trois écoles » dont « quelques Van Huysum pour l’étude de la fleur, étude essentielle pour Lyon »[6]. Il faut en effet que les dessinateurs des fabriques de soieries puissent se former « par la vue des chefs-d’œuvre de l’art »[6]. L’État témoigne de sa bonne volonté en envoyant, les mois qui suivent, six tableaux de fleurs et d’animaux[7]. Mais c’est le décret consulaire du 1er septembre 1801, le fameux arrêté Chaptal, qui va accomplir le dessein des révolutionnaires lyonnais : des musées sont créés dans quinze villes de province, et celui de Lyon figure en tête de liste[7].

Les débuts du musée[modifier | modifier le code]

Une première salle est ouverte au public en 1803, au premier étage de l’aile sud, dans l’ancien chauffoir de l’abbaye. Elle accueille les visiteurs le mercredi, de 10 heures à 13 heures[8]. Mais dès ses débuts, le musée n’est pas le seul occupant du palais Saint-Pierre. En effet, la municipalité a destiné le palais à accueillir des institutions d’utilité publique dans le domaine de l’instruction et du commerce. Le musée cohabite ainsi avec l’école de dessin et la chambre de commerce[9] Plusieurs envois de l’État, en 1803, 1805 et 1811, sont déterminants pour la constitution des collections du musée des beaux-arts : près de 110 tableaux arrivent à Lyon. On y trouve des œuvres majeures, notamment de la main du Pérugin, de Véronèse, Tintoret, Guerchin, Rubens, Jordaens, Champaigne et Jouvenet[10]. Dès lors le musée de Lyon se hisse au premier rang des musées de province. La plupart de ces œuvres proviennent des saisies révolutionnaires ainsi que des « conquêtes artistiques » de Napoléon et ses armées en Italie et en Europe du Nord. Après la chute du Premier Empire, seuls huit des tableaux saisis à l’étranger sont restitués[9].

Le premier véritable conservateur du nouveau musée est François Artaud (1767-1838), nommé en 1806, et qui reste à sa tête jusqu’en 1830, année où il démissionne[11]. Peu avant 1815, il crée le Salon des Fleurs du musée, qui présente notamment des œuvres de Van Daël et Van Huysum. Archéologue, Artaud est également à l’origine de la collection d’antiques de l'institution : sous les arcades du cloître, il rassemble des inscriptions lapidaires, des bronzes et des mosaïques qui illustrent le prestige et l’importance de Lyon à l’époque romaine, quand celle qui se nommait Lugdunum était la capitale des Gaules[12]. On y trouve notamment deux pièces de première importance : la table claudienne et la mosaïque des Jeux du cirque, aujourd’hui conservées au musée gallo-romain de Fourvière[9]. Mais la collection antique dépasse rapidement le seul cadre gallo-romain : Artaud collectionne dans son cabinet des objets égyptiens que Champollion en personne vient d'ailleurs étudier à plusieurs reprises[12]. Huit stèles égyptiennes entrent notamment au musée en 1824 grâce à un don de Bernardino Drovetti, consul de France à Alexandrie[13]. Artaud est également à l’origine de l’acquisition de l’un des chefs-d’œuvre du musée, la Korê athénienne, achetée entre 1808 et 1810[12].

Vue d'une salle de la collection de peintures du musée des beaux-arts avant 1870, photographie d'époque.

Bientôt, la collection de peintures s’élargit aux artistes lyonnais contemporains qui, grâce à l’École des Beaux-Arts, s’appliquent désormais à d’autres genres que la seule peinture de fleurs. En effet, les artistes de l’École de Lyon sont acclamés par la critique et le public parisien au salon de 1819, ce qui consacre Lyon non plus seulement comme ville industrielle mais aussi comme ville d’artistes[13]. Le musée n’a donc plus une raison d’être purement utilitaire et le salon des fleurs disparaît finalement vers 1840. À partir des années 1820, les crédits d’acquisition vont d’ailleurs être quasiment uniquement consacrés à la création d’une « galerie des Artistes lyonnais » qui, lors de son ouverture le 16 février 1851, possède déjà pas moins de quatre-vingt-sept tableaux et dix-huit dessins[14], alors que la faveur du public pour les peintres lyonnais s’est déjà essoufflée depuis longtemps[13]. Entre temps, à partir de 1834, le musée, qui n'a cessé de s'enrichir depuis son ouverture, est restructuré afin de devenir un écrin pour les collections qu'il abrite. L'architecte René Dardel (1796-1871) est chargé de créer des espaces nouveaux ainsi que des décors raffinés. Aujourd'hui, on peut avoir une idée de l'œuvre de Dardel dans la salle du médailler (qui était la « salle des marbres modernes » à l'époque de sa conception), dont le somptueux décor est le seul exemple de la restructuration des années 1830 encore en place au musée.

Pour ce qui est d’élargir la collection de peinture moderne au-delà de l’horizon lyonnais, le musée s’en remet, jusque dans les années 1880, aux dépôts et envois de l’État. Ainsi, Lyon reçoit des peintures et des sculptures d’artistes français importants comme Delacroix (Dernières paroles de l'empereur Marc-Aurèle), Antoine-Louis Barye (le Tigre), Antoine Étex (Caïn et sa race maudits de Dieu) ou James Pradier (Odalisque). L'État envoie néanmoins des œuvres d’artistes lyonnais reconnus comme Pierre Puvis de Chavannes (L’Automne) ou Hippolyte Flandrin (Dante et Virgile)[13]. Si elle ne bénéficie plus des envois de l’État, la collection de peinture ancienne s’enrichit tout de même de quelques œuvres importantes grâce à des achats heureux : La Lapidation de Saint-Étienne, première œuvre connue de Rembrandt, ou encore deux Hyacinthe Rigaud font ainsi leur entrée au musée[14].

L'âge d'or du musée (1878-1920)[modifier | modifier le code]

À la fin du Second Empire, le musée connaît une période de relative stagnation, due notamment au manque de place pour la conservation et l'exposition des œuvres ainsi qu'à l'essoufflement de la politique d'acquisition, qui se concentrait alors, pour ce qui est de la peinture tout du moins, essentiellement sur les artistes lyonnais. Un élan nouveau est donné par la municipalité à partir de 1878. C’est à cette date, en effet, que sont décidés des travaux de rénovation et d’agrandissement du musée, sous la direction de l’architecte de la ville Abraham Hirsch. Il construit une aile nouvelle ainsi que le monumental escalier aujourd’hui connu sous le nom d’escalier Puvis de Chavannes car le peintre lyonnais y installe son œuvre le Bois Sacré.

Celui-ci dessert deux nouvelles grandes galeries d’exposition, l’une pour les maîtres anciens, l’autre pour les maîtres modernes. Le fonctionnement de l’institution est également modifié : désormais, le musée s’organise autour d’un conseil d’administration composé d’amateurs, d’artistes et d’érudits et présidé pendant près de vingt ans par Édouard Aynard (1837-1913), banquier, homme politique et collectionneur lyonnais. Ce conseil, même s’il se voit privé d’une partie de ses pouvoirs, jugés trop étendus par la municipalité dès 1897, pour ne devenir qu’une commission consultative vouée aux acquisitions, donne néanmoins une impulsion nouvelle à l’enrichissement des collections, impulsion qui va se prolonger jusqu’à la Première Guerre mondiale[15]. Aynard et ses conseillers ont su combler intelligemment les lacunes du musée en imposant des objectifs ambitieux et en acquérant des œuvres de grande qualité. Cette politique était servie par plusieurs donations, non sous forme de dons d’œuvres d’art, peu nombreux, mais de fondations financières importantes[15]. En effet, plus que par les dons qu’ont pu connaître d’autres musées français comme Nantes (grâce aux frères Cacault), Lille (grâce à Wicar) ou Montpellier (grâce à Fabre), le musée de Lyon, c’est son originalité, s’est surtout constitué et enrichi grâce aux achats[15]. Et même si des legs ont permis de faire entrer des ensembles importants au musée (comme celui de Jacques-Amédée Lambert pour l’archéologie et les objets d’art), ils sont sans commune mesure avec les prestigieux exemples nantais, lillois et montpelliérains, pour ne citer qu'eux.

Vue de la galerie des antiques (aménagée en 1839) du musée vers 1906, carte postale d'époque.

C’est cet aspect de la constitution des collections qui est à l’origine du caractère encyclopédique du musée, un cas pratiquement unique en province, Aynard et ses successeurs s’efforçant de compléter le plus judicieusement possible les collections par leurs achats. Ceux-ci sont nombreux : en vingt ans à partir de 1880, des acquisitions réalisées en Italie (à Rome, Florence et Venise) et à Paris permettent de constituer une collection de sculptures de la Renaissance forte de trente-cinq pièces environs dont le Saint Jean-Baptiste de Mino da Fiesole[16]. À la même époque, grâce à l’action de Jean-Baptiste Giraud (1844-1910), qui participe à toutes les grandes ventes parisiennes, est rassemblée la plus grande partie de la collection d’art islamique. C’est lui qui crée et organise véritablement le département des objets d’art du musée. Le département des antiquités s’enrichit, lui, de quelques-uns de ses plus beaux vases et bronzes, grecs ou étrusques. Mais les acquisitions les plus spectaculaires sont réalisées dans le domaine de la peinture moderne. Le musée des beaux-arts, avec l’achat en 1901 de la Guitariste de Renoir à la galerie Durand-Ruel, est le premier musée hors de Paris à avoir l’audace de constituer un ensemble de peintures impressionnistes. On y trouve notamment Le café-concert aux Ambassadeurs de Degas et le Nave Nave Mahana de Gauguin, première peinture de l’artiste à entrer dans un musée français, en 1913[16].

De l'après-guerre aux années cinquante[modifier | modifier le code]

Cet effort d’enrichissement des collections est poursuivi sur les mêmes bases après la Première Guerre mondiale mais avec des moyens réduits, à cause de la dévaluation des fondations financières. Ainsi Henri Focillon, directeur du musée de 1913 à 1924, parvient à acquérir pendant la guerre le très bel ensemble de céramiques d’Extrême-Orient réuni par Raphaël Collin. Et c’est grâce à son successeur, Léon Rosenthal (à la tête de l’institution de 1924 à 1933), qu’est ouverte dès 1926 une salle consacrée aux arts décoratifs modernes. Néanmoins, sous ces deux directorats, l’esprit audacieux qui s'était manifesté au début du siècle à travers l’acquisition de peintures modernes s’estompe : aucune œuvre cubiste ou abstraite ne fait son entrée au musée dans les années vingt et trente[17]. On préfère aux œuvres des représentants de ces mouvements novateurs des peintures de Bonnard, Vuillard ou Foujita. C’est René Jullian, directeur du musée de 1933 à 1963, qui, dans les années cinquante, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, va tenter de combler ces lacunes, au prix de grandes difficultés alors que les autorités municipales lui sont hostiles. Il parvient tout de même à des résultats importants : il est le premier à faire entrer un tableau de Dubuffet dans un musée français (avec son Paysage blond, acquis en 1952)[17] et il est à l’origine de plusieurs dons : Picasso en 1953, Braque et Albert Gleizes en 1954 notamment. À cette époque, le musée s’étend à nouveau dans le palais Saint-Pierre, dont il finit par être le seul occupant, en récupérant d’abord les locaux de l’école des beaux-arts puis ceux de l’académie de Lyon (en 1970), parties s’installer ailleurs.

Des années soixante aux années quatre-vingt : la nécessité d'un redéploiement[modifier | modifier le code]

En 1969, surviennent deux événements qui vont susciter de profonds changements dans l’organisation du musée et l’obliger à un redéploiement radical de ses collections, comme cela avait été fait près d’un siècle plus tôt. En effet, cette année-là, le musée des beaux-arts se voit amputé d’une bonne partie des œuvres du département des antiquités, les objets gallo-romains étant transférés vers un nouveau musée situé à Fourvière. Ce départ est cependant compensé par l’arrivée au palais de la grande majorité des collections égyptologiques provenant des fouilles effectuées en 1909-1910 à Coptos par Adolphe Reinach et jusque-là conservées au musée Guimet de Lyon[17]. Dès lors, ces bouleversements nécessitaient de repenser l’organisation du département des antiquités, mais aucun projet d’envergure ne fut entrepris. De plus, quelques années plus tard, le musée se décidait à donner toute son ampleur à la place de l’art moderne et contemporain dans ses collections en créant, en 1984, une section d’art contemporain dans l’aile dite du Nouveau Saint-Pierre, section qui devient vite autonome et développe rapidement ses collections[18]. Dans les années 1980, le manque de place dans les salles (qui oblige à entasser des œuvres importantes dans des réserves déjà encombrées), la vétusté et la faible étendue des structures d’accueil du public ainsi que le délabrement de certaines parties du bâtiment rendent une nouvelle fois nécessaire une rénovation complète et une extension du musée[18].

La rénovation et l'extension du musée[modifier | modifier le code]

En 1989, l’État, dans le cadre des Grands Travaux entrepris par le ministère de la culture, l'État et la Ville de Lyon se mettent d’accord sur un projet qui va durer près de dix ans. Les travaux sont confiés aux architectes Jean-Philippe Dubois et Jean-Michel Wilmotte. 4 500 m2 d’espaces sont gagnés sur l’aile du nouveau Saint-Pierre, ce qui oblige à reloger le musée d’art contemporain, qui part vers un nouveau bâtiment plus spacieux situé quai Achille-Lignon[18]. Des espaces d’expositions temporaires y sont créés. Les sculptures du XIXe siècle sont déplacées dans la Chapelle, les peintures (dont celles de l’école lyonnaise, autrefois exposées à part) sont regroupées au deuxième étage du palais où elles bénéficient d’un éclairage zénithal tandis qu’au premier étage sont installés les départements des Antiquités, des Objets d’art et le Cabinet d’arts graphiques. Enfin, des espaces d’accueil du public, dont une salle de conférence, sont créés au rez-de-chaussée et au premier étage de l’aile sud. En 1998, à la fin des travaux, qui ont été réalisés en cinq tranches pour éviter une fermeture totale au public, le musée se déploie sur 14 800 m2 entièrement rénovés et présente ses collections au travers de soixante-dix salles d’exposition permanente[18]. Cette renaissance du musée est heureusement accompagnée par le legs le plus important qu’il ait jamais connu depuis sa création[19] : celui de la lyonnaise Jacqueline Delubac (1907-1997). Épouse de Sacha Guitry, cette célèbre comédienne avait réuni au cours de sa vie une importante collection d’art moderne et avait également hérité de Myran Eknayan, son second mari, d’un ensemble majeur de peintures impressionnistes. Grâce à elle, à l’occasion de la réouverture complète du musée, ce sont des œuvres de Braque, Rouault, Léger, Picasso, Miró, Dubuffet, Bacon ainsi que de Manet, Degas, Renoir, Monet, Corot, Bonnard ou encore Vuillard, qui ont rejoint les collections[19].

Le 26 septembre 2012, le musée lance une souscription auprès du public pour finaliser l'acquisition d'un tableau de Jean-Auguste-Dominique Ingres, L'Arétin et l'envoyé de Charles Quint[20].

Le bâtiment[modifier | modifier le code]

Le palais Saint-Pierre dans son ensemble (hors parties classées) fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 28 mai 1927. Ses façades et toitures fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 8 août 1938[21].

Jardin[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Jardin du Palais Saint-Pierre.

Ce jardin municipal prend place au cœur de l’ancien cloître de l’abbaye bénédictine. Situé en plein centre ville, sur la presqu’île, il est particulièrement aimé des Lyonnais pour son calme et son atmosphère reposante. Son architecture a largement été modifiée au XIXe siècle. C'est de cette époque que datent les peintures murales sous les arcades, qui reproduisent notamment le nom de Lyonnais célèbres, ainsi que les médaillons ornant les frontons. La fontaine du bassin circulaire au centre du jardin se compose d'un sarcophage antique surmonté d'une statue d'Apollon, dieu des arts. Plusieurs statues d'artistes du XIXe siècle appartenant aux collections du musée ont par ailleurs été installées dans le jardin. Elles sont détaillées plus bas dans cet article. Font notamment partie de cet ensemble des œuvres d'Auguste Rodin et Léon-Alexandre Delhomme.

Réfectoire baroque[modifier | modifier le code]

Le réfectoire baroque, réalisé au XVIIe siècle sous la direction de Thomas Blanchet et rénové depuis, sert aujourd’hui à l’accueil des groupes. Par l'exubérance de son décor, il est l'un des principaux témoignages de l'art baroque à Lyon et du faste de l'abbaye royale des Dame de Saint-Pierre au XVIIe siècle. Assez étonnement, il a survécu aux destructions révolutionnaires du décor intérieur du musée, alors que sa décoration était entièrement à thème religieux. Le réfectoire est orné de deux peintures monumentales se faisant face de chaque côté de la pièce. Le thème de ces peintures est lié au repas, en fonction de la destination originelle du lieu. Il s’agit de la Multiplication des pains et de La Cène de Louis Cretey. Trois autres peintures de Cretey décorent les oculi du plafond. Le reste du décor, constitué de sculptures, a été réalisé par Nicolas Bidaut et Simon Guillaume. Enfin, Marc Chabry a réalisé les armoiries visibles à plusieurs endroits de la salle, notamment au plafond, dont celles des sœurs de Chaulnes.

Le musée a présenté une exposition sur Louis Cretey[22] du 22 octobre 2010 au 24 janvier 2011 qui a entraîné la restauration du réfectoire.

Les collections[modifier | modifier le code]

Peintures[modifier | modifier le code]

Une salle du département des peintures.

Le département des peintures propose un panorama de la peinture européenne du XIVe siècle jusqu'à la deuxième moitié du XXe siècle. Il détient au total 2 000 peintures dont 700 sont exposées au public, le reste étant conservé dans les réserves. Les œuvres sont réparties chronologiquement et par grandes écoles dans trente-cinq salles situées au deuxième étage du bâtiment afin de bénéficier d'un éclairage zénithal naturel. Les œuvres postérieures aux années 1980 sont conservées et exposée au musée d'art contemporain.

Les différentes écoles européennes de peinture, même si elles ne sont pas mêlées au sein d'une même salle (sauf pour les primitifs autres que ceux italiens), ne disposent pas chacune d'un parcours spécifique, comme c'est le cas, par exemple, au musée du Louvre. Ainsi, le parcours chronologique que propose le département permet au visiteur d'avoir une approche globale de l'évolution de la peinture occidentale depuis ses débuts jusqu'aux années 1980.

La collection possède plusieurs point forts : elle présente ainsi de riches ensembles, notamment pour la peinture vénitienne de la Renaissance, la peinture du XVIIe siècle tant en France qu'en Italie ou dans les Flandres et aux Pays-Bas. Cependant ce sont la peinture française du XIXe siècle et la peinture de la première moitié du XXe siècle qui forment les ensemble les plus riches et les plus complets des collections, notamment grâce au legs Jacqueline Delubac de 1997 qui a fait entrer au musée plusieurs œuvres majeures. D'une manière générale, le département des peintures présente :

École française[modifier | modifier le code]

La peinture française ancienne figure en bonne place dans les collections, le point fort étant le XVIIe siècle. On trouve également quelques primitifs et des œuvres du XVIIIe siècle. Parmi les artistes représentés, on remarque notamment Simon Vouet, avec un bel ensemble de tableaux dont son Autoportrait, Nicolas Poussin (La Fuite en Égypte, acquise en 2008), Philippe de Champaigne (La Cène notamment), les Lyonnais Jacques Stella, Thomas Blanchet et Louis Cretey, mais aussi Eustache Le Sueur, Charles Le Brun, Jean Jouvenet, Hyacinthe Rigaud, François Boucher (La Lumière du monde, 1750, rare sujet religieux de Boucher, peint pour décorer l'autel de la chapelle privée de Madame de Pompadour au château de Bellevue), Jean-Honoré Fragonard (deux paysages, L'Abreuvoir et Le Rocher, vers 1765, acquis en 2013[23]) Jean-Baptiste Greuze, Hubert Robert ou encore Claude Joseph Vernet.

La peinture française du XIXe siècle est très bien représentée, tous les courants majeurs du siècle, du néoclassicisme au postimpressionnisme étant illustrés par des œuvres d'artistes majeurs, une place particulière étant réservée à l'école de Lyon. Le parcours comprend ainsi des œuvres d'Ingres (dont L'Arétin et l'envoyé de Charles Quint, peint en 1848, acquis en 2012), Géricault (La Monomane de l'envie), Delacroix, Courbet, Corot, un bel ensemble de peintures de Daumier, plusieurs Manet, d'autres de Boudin, Morisot, Monet, Sisley, Pissarro, Degas, Gauguin (Nave Nave Mahana, la première toile de Gauguin acquise par un musée français), Van Gogh, Cézanne (Baigneurs), Renoir et des symbolistes comme Moreau, Fantin-Latour et Redon etc. L'école de Lyon, intégrée au sein du parcours, est naturellement très bien représentée avec des œuvres d'Antoine Berjon, Pierre Révoil, Hippolyte Flandrin, Louis Janmot (une salle entière est dédiée à son cycle du Poème de l'âme), Victor Orsel, Pierre Puvis de Chavannes et Alexandre Séon entre autres.

École italienne[modifier | modifier le code]

La peinture italienne ancienne forme un ensemble cohérent, du Trecento (XIVe siècle) jusqu'au XVIIIe siècle en passant par la Renaissance et le Seicento (XVIIe siècle), avec notamment, pour la Renaissance, Le Pérugin (dont le monumental retable de L'Ascension du Christ peint entre 1496 et 1500 accueille les visiteurs dans la première salle du musée), Lorenzo Costa (La Nativité), Le Corrège, Véronèse (deux œuvres dont Bethsabée au bain) et Tintoret (deux œuvres dont Danaé). Le XVIIe siècle est également riche d'œuvres importantes, avec Guido Reni, Pierre de Cortone (César remet Cléopâtre sur le trône d'Égypte), Le Dominiquin, Le Guerchin (La Circoncision), Salvator Rosa, Luca Giordano ou encore Alessandro Magnasco. Le XVIIIe siècle italien est moins bien représenté mais le musée présente néanmoins des toiles de Canaletto, Giovanni Paolo Panini, Francesco Guardi et Giandomenico Tiepolo.

Saint François d'Assise, Francisco de Zurbarán (vers 1645)

École espagnole[modifier | modifier le code]

La peinture espagnole ancienne forme un ensemble très réduit mais qui comprend quelques belles œuvres, notamment du XVIIe siècle, avec des tableaux d'Antonio de Pereda, Jusepe de Ribera, El Greco (Le Partage de la tunique du Christ, 1581-1586) ou encore Francisco de Zurbarán et son Saint François d'Assise (vers 1645).

Écoles allemande, flamande et hollandaise[modifier | modifier le code]

La peinture des écoles allemandes, flamandes et hollandaises du XVe siècle au XVIIIe siècle est présente avec, entre autres, pour les primitifs, Lucas Cranach l'Ancien, Gérard David, Joos Van Cleve et Quentin Metsys (Vierge à l'enfant entourée d'anges, vers 1509). La peinture du XVIIe siècle, le siècle d'or de la peinture flamande et hollandaise, figure en bonne place avec des œuvres de Jan Brueghel l'Ancien (ensemble de quatre tableaux illustrant le thème des Éléments), le premier tableau peint par Rembrandt (La Lapidation de saint Étienne, 1625), Rubens (deux œuvres de grand format dont L'Adoration des mages, vers 1617-1618), Anton Van Dyck, Jacob Jordaens (plusieurs œuvres dont Mercure et Argus, vers 1620), David Teniers le jeune, Gerard ter Borch, Adriaen Brouwer, Frans Snyders, Jan Van Goyen ou encore Salomon Van Ruisdael.

Peinture du XXe siècle[modifier | modifier le code]

La peinture du XXe siècle est très bien représentée, notamment grâce aux nombreuses œuvres majeures entrées au musée avec l'importante donation Jacqueline Delubac. On retrouve des œuvres illustrant la plupart des grands courants picturaux du siècle, avec des tableaux d'artistes comme Édouard Vuillard, Pierre Bonnard, Georges Rouault, Maurice Denis, Henri Matisse, André Derain, Maurice de Vlaminck, Raoul Dufy, Albert Marquet, Kees van Dongen, Georges Braque (Violon, œuvre cubiste de 1911), Pablo Picasso (plusieurs tableaux dont Femme assise sur la plage, 1937), Fernand Léger, Alexi von Jawlensky, Joan Miró (Figure, 1934), Giorgio de Chirico, Max Ernst, Maurice Utrillo, Modigliani, Marc Chagall, Nicolas de Staël, Francis Bacon (deux peintures dont Étude pour une corrida n° 2, 1969), Jean Dubuffet (Paysage blond, 1952) etc. L'école de Paris du XXe siècle est notamment bien représentée (Jean Bertholle, Jean Le Moal, Alfred Manessier, Gustave Singier, etc.).

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Sculptures[modifier | modifier le code]

Les sculptures du XIXe siècle dans la chapelle.

Le département des sculptures renferme 1 300 sculptures réalisées selon différentes techniques (pierre, marbre, bronze, plâtre, bois...) et couvrant une période chronologique allant du Moyen Âge au XXe siècle. On y note deux points forts : le Moyen Âge et la Renaissance d'une part et le XIXe siècle et le début du XXe siècle de l'autre.

Jusqu'au Second Empire, la collection s'est principalement étoffée par les envois de l'État ainsi que par l'achat d'œuvres de sculpteurs lyonnais tels que Joseph Chinard ou Jean-Joseph Carriès. Une salle des marbres modernes est ouverte en 1839 et présente notamment les portraits de lyonnais célèbres. C'est à partir des années 1880 que, grâce à l'action d'Édouard Aynard, président du conseil d’administration du musée à la fin du XIXe siècle, et de Jean-Baptiste Giraud, le musée s'enrichit de sculptures anciennes du Moyen Âge et de la Renaissance. C'est, par exemple, à cette époque que sont acquis le Jongleur roman du Berry et le groupe siennois de l'Annonciation, deux pièces phares de la collection. Cette politique d'achat ambitieuse se poursuit jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Les achats effectués au XXe siècle en matière de sculpture moderne sont, quant à eux, caractérisés par un certain éclectisme, sans qu'il y ait de préférence marquée pour un courant particulier ou certains artistes. Cette orientation a été renforcée à partir des années 1980, avec la reprise d'une politique d'acquisitions plus volontaire, les collections s'enrichissant également des œuvres entrées au musée grâce au legs Jacqueline Delubac.

Les salles du département sont séparées dans le musée : au premier étage, se trouvent les sculptures anciennes tandis que les œuvres plus récentes sont exposées dans la chapelle. Enfin, des bronzes et quelques marbres du XIXe siècle sont également visibles dans le jardin.

Sculpture jusqu'au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Le parcours de sculpture ancienne débute avec des œuvres romanes dont le Jongleur réalisé dans le Berry à la fin du XIIe siècle. L'Ange et la Vierge de l'Annonciation, œuvres toscanes grandeur nature et polychromes datant du milieu du XIVe siècle, sont un autre chef-d'œuvre de la section de sculpture médiévale, qui renferme également de belles œuvres flamandes. L'art de la Renaissance est représenté par des œuvres de qualité comme le Saint Jean-Baptiste (vers 1475-1478) de Mino da Fiesole et l'étonnant Buste de femme en médaillon (1532) d'un anonyme sculpteur français. On compte également de nombreuses sculptures d'école italienne des XVe et XVIe siècles (école de Verrocchio, de Della Robbia, de Donatello, de Michel-Ange...). Les XVIIe et XVIIIe siècles sont moins riches que la période précédente, mais l'on note tout de même des œuvres de sculpteurs français célèbres tels qu'Antoine Coysevox, Guillaume Coustou ou Augustin Pajou (Neptune, marbre de 1767).

Sculpture des XIXe et XXe siècle[modifier | modifier le code]

Pour le XIXe siècle, on retrouve Antonio Canova, plusieurs œuvres du Lyonnais Joseph Chinard, dont son Persée et Andromède (terre cuite, 1791), David d'Angers, Antoine Étex (Caïn et sa race maudits de Dieu, marbre, 1832-1839), James Pradier, Jean-Baptiste Carpeaux, Auguste Bartholdi, Jean Carriès, Medardo Rosso, François Pompon ou encore Pierre Auguste Renoir. Une place particulière doit être faite à Auguste Rodin, dont le musée possède le plus grand ensemble d'œuvres en province. Ce fonds, comportant marbres, bronzes et plâtres, a été constitué directement auprès du sculpteur, qui entretenait des relations amicales avec plusieurs amateurs lyonnais. Parmi les marbres, on remarque notamment La Tentation de saint Antoine.

Les bronzes et les marbres exposés dans le jardin complètent la section consacrée au XIXe siècle : ce sont deux sculptures d'Auguste Rodin, L'Âge d'airain (1876) et L'Ombre (1902), bronze fondu en un unique exemplaire dans cet état, une sculpture de Francisque Duret, Chactas en méditation sur la tombe d'Atala (1836), Giotto enfant dessinant une tête de bélier (1842) de Jean-François Legendre-Héral, Le Joueur de flûte (1861) de Joseph Delorme, Faune ivre (1863) de Léon Cugnot, Démocrite méditant sur le siège de l'âme (1868) de Léon-Alexandre Delhomme, Carpeaux au travail (1909) d'Antoine Bourdelle et Jeune athlète (1909) de Jean-Baptiste Larrivé. Trois groupes en marbre s'adjoignent à cet ensemble : Castalie (1883) d'Eugène Guillaume, Gilliatt et la pieuvre (1890) d'Émile Carlier et Agar (1897) de François-Léon Sicard.

Enfin, la sculpture du XXe siècle est illustrée par des œuvres de Jeanne Bardey (Torse de femme), Antoine Bourdelle (Héraklès tue les oiseaux du lac Stymphale, bronze, 1909), Aristide Maillol, Ossip Zadkine, Amedeo Modigliani, Pablo Picasso, Henri Laurens, Arman

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Wikimedia Commons possède d’autres illustrations sur les bustes du musée des beaux-arts de Lyon.

Antiquités[modifier | modifier le code]

L’Égypte[modifier | modifier le code]

L’Égypte constitue le thème principal du département des Antiquités. Sur les treize salles que compte le département, l'Égypte en occupe neuf. Cette place s’explique par l’importance historique de l’égyptologie à Lyon, animée par des hommes tels que Victor Loret, dont la famille a fait don au musée en 1954 de plus d'un millier d'objets. Dès 1895, le musée du Louvre fournit près de quatre cents objets (vases à onguent, figurines funéraires, etc.) pour constituer le fonds du département ; d'autres objets (vases canopes, éléments de parure, ainsi que des tissus de la nécropole d'Antinoé) complètent ce dépôt quelques années plus tard, augmenté, en 1936, d'objets provenant du village des artisans de Pharaon à Deir el-Médineh.

Les presque deux mille six cents pièces de la collection égyptienne conservées au musée des beaux-arts de Lyon, présentés dans neuf salles, sont exposées suivant un parcours à la fois thématique et chronologique.

Les points forts de la collection sont la vitrine des sarcophages (avec notamment le cercueil d'Isetemkheb, datant de la XXVIe dynastie) et les portes de Ptolémée III et Ptolémée IV du temple de Médamoud, ramenées par le Lyonnais Alexandre Varille en 1939 et offertes au musée par l'Institut d'archéologie orientale. À côté de ces chefs-d'œuvre et d'autres pièces exceptionnelles, de nombreux objets donnent un aperçu de la vie quotidienne en Égypte antique.

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Proche et Moyen-Orient[modifier | modifier le code]

Réunies dans une unique salle, les collections évoquent tout d'abord trois grandes civilisations de Mésopotamie et du Moyen-Orient à travers des sceaux-cylindres, des tablettes d'argile et des bas-reliefs :

On trouve ensuite des bronzes du Luristan, des céramiques et statuettes chypriotes et un bel ensemble d'objets provenant de Syrie, comme un sarcophage anthropoïde en marbre et des bas-reliefs.

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Grèce et Italie antiques[modifier | modifier le code]

Particulièrement connue des Lyonnais, la statue en marbre de coré (« jeune femme » en grec) du VIe siècle av. J.-C. dite coré de Lyon, provenant de l’Acropole d'Athènes, est un chef-d’œuvre du département des antiquités. Une salle entière lui est consacrée.

Une seconde salle est dédiée à la civilisation grecque : elle rassemble une belle série de vases attiques à figures noires ou rouges, des bronzes et des figurines en terre cuite de Tanagra.

Enfin, une petite salle est consacrée à la Grande Grèce, c'est-à-dire aux colonies grecques établies en Italie du Sud, avec là encore de nombreuses céramiques et des casques en bronze.

Dans la salle suivante, la civilisation étrusque, du VIIIe au IIe siècle av. J.-C., est illustrée par des vases en bucchero (céramique à pâte noire), des vases attiques et des bronzes.

La sculpture romaine est également présente à travers plusieurs ensembles : des sculptures en marbre (un torse de Vénus, un enfant au coq, des statues de personnages drapés, etc.) et également de petites figurines en bronze de dieux et déesses (Mercure, Vénus, Mars, etc.) ou d’objets familiers.

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Objets d'art[modifier | modifier le code]

Le département des objets d'art du musée des beaux-arts de Lyon présente 550 objets datant du Moyen Âge au XXe siècle, provenant d'Europe comme d'ailleurs.

Si la collection d'objets d'art du musée ne devient un véritable département qu'en 1878, avec la désignation d'un conservateur, le fonds, lui, est bien plus ancien puisque son histoire commence dès 1810, lorsque sont acquis 1 100 objets de la collection du marquis de Migieu. Et en 1850, surtout, survient le legs de Jacques-Antoine Lambert, le plus important dont le musée ait jamais bénéficié, qui fait entrer dans les collections pas moins de 1 390 antiques et objets d'art. Mais c'est bien à partir de 1878 qu'une véritable organisation se met en place : les salles des objets d'arts sont réaménagés et le département gagne de nouveaux espaces d'exposition ; les acquisitions ne sont pas en reste puisque c'est à cette époque que, grâce à des moyens financiers importants, la section d'art islamique du musée se constitue tout comme les collections d'émaux champlevés et de plaquettes de la Renaissance. Dans le même temps, des legs et des dépôts permettent d'étoffer les collections. En 1913, le département s'ouvre à la création moderne avec la constitution progressive d'une section dédiée aux arts décoratifs modernes, particulièrement autour des arts du feu (verrerie, céramique ou encore ferronnerie). De la même manière, le musée acquiert du mobilier Art déco. L'Art nouveau, lui, fait son entrée au musée après 1945, à travers le mobilier et la verrerie, avec la chambre à coucher d'Hector Guimard et des objets d'Emile Gallé. Dans un autre domaine, l'une des acquisitions majeures du XXe siècle survient en 1917, lorsque le musée achète la collection du peintre Raphaël Collin, ce qui donne naissance à une section dédiée aux grès chinois, coréens et japonais.

Le département des objets d'art occupe aujourd'hui une bonne partie du premier étage du musée, le parcours s'organisant de manière chronologique, du Moyen Âge au XXe siècle. Parmi les objets présentés dans les salles du Moyen Âge et de la Renaissance, on remarque notamment d'importants ivoires byzantins, une très belle collection d'émaux peints de Limoges, des faïences et des majoliques de la Renaissance (dont deux des célèbres « bassins rustiques » de Bernard Palissy). La section dédiée aux arts de l’Islam est l'une des plus importantes de France et présente de nombreux objets rares témoignant du degré de raffinement atteint par les artisans orientaux très tôt durant le Moyen Âge. Les céramiques extrême-orientales constituent un autre ensemble unique au sein des collections, avec les grès de Chine, de Corée et du Japon et notamment de rares pièces illustrant le rituel de la cérémonie du thé. À côté de ces œuvres, sont exposées des céramiques d’Art nouveau qui s’inspirent largement de l’art du grès japonais. Enfin, la chambre Art nouveau d’Hector Guimard clôt le parcours.

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Médaillier[modifier | modifier le code]

Le médaillier de Lyon est le deuxième médaillier de France après le Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale de France, à Paris. Il conserve près de 50 000 objets : monnaies, médailles, sceaux, etc. Il est connu au niveau européen et tient une place prépondérante dans la numismatique mondiale depuis sa création au début du XIXe siècle aux récentes découvertes des trésors des Terreaux en 1993 et des Célestins en 2004[24].

Les premières collections de numismatique du musée des Beaux-Arts sont constituées au début du XIXe siècle, lorsqu'en 1810, le musée, alors dirigé par François Artaud, reçoit 8 585 monnaies provenant des deux plus importantes collections lyonnaises d'avant la Révolution, celles du collège de la Trinité et celle du cabinet de la Ville. Durant la première moitié du siècle, des monnaies locales ainsi que des trésors gallo-romains rejoignent les collections. La richesse des séries celtiques et médiévales est due, quant à elle, aux grandes collections lyonnaises qui entrent au musée dans la seconde moitié du siècle, comme les collections Saussaye et Morin-Pons en 1863. À partir de 1878, le nouvel élan donné aux acquisitions par la direction du musée concerne également le médaillier : celui-ci gagne de nombreuses pièces et diversifie ses collections grâce à l'action de ses deux conservateurs, Jean-Baptiste Giraud et Paul Dissard, qui achètent aussi bien auprès de particuliers que d'experts. Le XXe siècle est marqué par les grands travaux de recherche scientifique entrepris pour inventorier le vaste fonds qui constitue désormais les collections : ils sont menés par Jean Tricou et Louis Chaurand à partir de 1936 et s'étendent sur plusieurs années. Récemment, le musée a pu s'enrichir de pièces importantes grâce à la découverte de trésors monétaires comme ceux des Terreaux et des Célestins.

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Arts graphiques[modifier | modifier le code]

Le cabinet d’Arts graphiques regroupe des œuvres sur papier : dessins, estampes, gravures, etc. Ces œuvres ont comme point commun d’être basées sur le trait, par opposition à la couleur. Cependant, le cabinet comprend aussi des aquarelles et des pastels.

C’est en tout près de 7 500 œuvres qui sont conservées dans ce département : 5 800 dessins et un fonds de 1 700 gravures. Sa création date du début du XIXe siècle. La collection de dessins comprend notamment des œuvres de Filippino Lippi, Parmigianino, Fra Bartolomeo, Leonetto Cappiello, Nicolas Poussin, Claude Lorrain, Charles Le Brun, François Boucher, Ingres, Théodore Géricault, Eugène Delacroix, Camille Corot, Honoré Daumier, Gustave Courbet, Odilon Redon, Puvis de Chavannes, Auguste Rodin, Edgar Degas, Henri Matisse, Raoul Dufy, Fernand Léger ainsi qu’une remarquable étude de Albrecht Dürer.

Fréquentation[modifier | modifier le code]

Le musée des beaux-arts est le musée le plus fréquenté non seulement de Lyon mais également de toute la région Rhône-Alpes selon les statistiques fournies par le ministère de la Culture. Au niveau national, selon ces mêmes statistiques, le musée se situe à la 22e place en termes de fréquentation annuelle pour l'année 2009[3]. Globalement, depuis le début des années 2000, la fréquentation annuelle du musée oscille autour des 250 000 visiteurs et approche les 300 000 visiteurs à la fin de la décennie.

Chiffres de fréquentation du musée 2003-2010[25],[3],[26]
2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010
359 774 250 432 244 275 253 290 241 916 250 138 294 610 291 150

Publication[modifier | modifier le code]

En 1952, à l'initiative de René Jullian, est créé le Bulletin des musées lyonnais. En 1960, cette publication change de titre et devient le Bulletin des musées et monuments Lyonnais. En 2003, il change de périodicité en devenant annuel et prend alors le nom de Cahiers du musée des Beaux-Arts de Lyon.

Accès[modifier | modifier le code]

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Ce site est desservi par la station de métro : Hôtel de Ville - Louis Pradel.

Le musée est également accessible par les lignes C3 et C13 à l'arrêt Terreaux.

En 1995, un parking souterrain nommé "Terreaux" est construit sous le musée. Étant donné sa localisation, on peut y trouver des objets anciens dans le tunnel d'accès du parking.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site officiel du musée des beaux-arts, « Le musée au XXIe siècle ». Consulté le 29 juin 2011
  2. Collectif, Le Musée des Beaux-Arts de Lyon de A à Z, article « Chiffres », Fage éditions, 2009, p. 36.
  3. a, b et c [PDF]« Muséostat 2009 », sur Développement culturel, Ministère de la Culture et de la Communication (consulté le 5 juillet 2011)
  4. Site officiel du musée, consulté le 23 juin 2011
  5. Collectif, Le Musée des Beaux-Arts de Lyon de A à Z, article « Révolution », Fage éditions, 2009, p. 135.
  6. a et b Rapport du 3 mars 1799, publié dans M.C. Chaudonneret, « Les origines du musée des Beaux-Arts de Lyon. 1791-1799 », Bulletin des musées et monuments lyonnais, 1986, vol. VII, n°1, p. 79-85.
  7. a et b Sous la direction de Philippe Durey, Le musée des Beaux-Arts de Lyon, Albin Michel, Paris, 1988, p. 9.
  8. Collectif, Le Musée des Beaux-Arts de Lyon de A à Z, Fage éditions, 2009, p. 167.
  9. a, b et c Gérard Bruyère, Brève histoire du musée des beaux-arts, 1re partie 1800-1830, Bulletin municipal de la Ville de Lyon, n° 5849 du 31 mai 2010.
  10. Collectif, Guide, Musée des Beaux-Arts, Lyon, Musée des Beaux-Arts de Lyon et Réunion des musée nationaux, Paris, 1998, p. 9.
  11. Collectif, Le Musée des Beaux-Arts de Lyon de A à Z, article « François Artaud », Fage éditions, 2009, p. 20.
  12. a, b et c Geneviève Galliano, Antiquités, Guide des Collections, Musée des Beaux-Arts de Lyon et Réunion des musée nationaux, Paris, 1997, p. 9
  13. a, b, c et d Collectif, Guide, Musée des Beaux-Arts, Lyon, Musée des Beaux-Arts de Lyon et Réunion des musée nationaux, Paris, 1998, p. 10.
  14. a et b Gérard Bruyère, Brève histoire du musée des beaux-arts, 2e partie 1830-1850, Bulletin municipal de la Ville de Lyon, n° 5879 du 27 décembre 2010.
  15. a, b et c Collectif, Guide, Musée des Beaux-Arts, Lyon, Musée des Beaux-Arts de Lyon et Réunion des musée nationaux, Paris, 1998, p. 11.
  16. a et b Collectif, Guide, Musée des Beaux-Arts, Lyon, Musée des Beaux-Arts de Lyon et Réunion des musée nationaux, Paris, 1998, p. 12.
  17. a, b et c Collectif, Guide, Musée des Beaux-Arts, Lyon, Musée des Beaux-Arts de Lyon et Réunion des musée nationaux, Paris, 1998, p. 13.
  18. a, b, c et d Collectif, Guide, Musée des Beaux-Arts, Lyon, Musée des Beaux-Arts de Lyon et Réunion des musée nationaux, Paris, 1998, p. 14.
  19. a et b Collectif, Guide, Musée des Beaux-Arts, Lyon, Musée des Beaux-Arts de Lyon et Réunion des musée nationaux, Paris, 1998, p. 15.
  20. Beaux Arts Lyon cherchent un mécène, Le Figaro, 26 septembre 2012.
  21. « Notice no PA00117981 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  22. Exposition « Louis Cretey, un visionnaire entre Lyon et Rome ». Consulté le 29 juin 2011
  23. Acquisition de deux Fragonard par le musée des Beaux-Arts de Lyon. Consulté le 11 septembre 2013
  24. Site officiel du musée des beaux-arts, échantillon de médailles représentatives de la richesse du médaillier. Consulté le 29 juin 2011
  25. Veille Info Tourisme. Consulté le 29 juin 2011
  26. Pour l'année 2010 : Chiffres clés 2012 pour l'année 2010, ministère de la Culture et de la Communication

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]