Antoine-Louis Barye

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Antoine-Louis Barye

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Portrait du sculpteur Barye (1884), par Charles Camino d'après Jean Gigoux, Walters Art Museum, Baltimore.

Naissance 24 septembre 1795
Paris
Décès 25 juin 1875 (à 79 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de France Français
Activités Sculpteur
Formation École des beaux-arts de Paris
Angélique et Roger montés sur l'hippogriffe (vers 1840), Walters Art Museum, Baltimore.

Antoine-Louis Barye, né le 24 septembre 1795 à Paris, mort dans la même ville le 25 juin 1875, est un sculpteur et un peintre français, renommé pour ses sculptures animalières.

Sa pratique du croquis fait sur nature d'après les animaux du jardin des Plantes à Paris l'amenèrent petit à petit à pratiquer aussi la peinture. En essayant de situer ses animaux dans leur milieu naturel, Barye les encadra de paysages exotiques qu'il traita avec vigueur et un très grand sens de la vérité.

Biographie[modifier | modifier le code]

Antoine-Louis Barye naît à Paris, le 2 Vendémiaire de l'An IV (24 septembre 1795) et y passe tout sa vie. Placé très tôt chez Fourier, un graveur sur acier qui fabrique des matrices destinées à exécuter les parties métalliques des uniformes de la Grande Armée, il s’initie à tous les métiers du traitement du métal et devient un ciseleur hors pair. Il entre à l’École des beaux-arts de Paris en 1818, où il reçoit une formation classique dans l’atelier du sculpteur François-Joseph Bosio et du peintre Jean-Antoine Gros. C’est en 1831 qu’il se fait connaître du public en exposant au Salon le Tigre dévorant un gavial, œuvre tourmentée et expressive, qui le classe aussitôt comme premier sculpteur romantique, alter ego d'Eugène Delacroix en peinture. Il ne cesse désormais de produire des chefs-d’œuvre, souvent de petites dimensions, qui vont enrichir les collections des cabinets d’amateurs, des deux côtés de l’Atlantique.

En complète rupture avec les tenants de l'académisme qui règnent alors sur l’Institut, Barye ouvre une fonderie et diffuse lui-même sa production, en employant les techniques modernes de son temps. Ses idées républicaines ne l’empêchent pas de se lier avec Ferdinand-Philippe d'Orléans, pour lequel il exécute un surtout de table, chef-d’œuvre des arts décoratifs de cette époque, et de devenir un des sculpteurs favoris de Napoléon III, sous le règne duquel il réalisera des œuvres monumentales telles que La Paix, La Force, La Guerre et L’Ordre pour la décoration du nouveau palais du Louvre, le Napoléon 1er d’Ajaccio, et une statue équestre de Napoléon III, pour les guichets du Louvre.

Malgré son activité commerciale et sa pratique de l’art qui déroutent les membres de l’Institut, ceux-ci finissent par l’accueillir en leur sein, le 30 mars 1868, et l’artiste connaît durant les dix dernières années de sa vie, aisance et reconnaissance. Barye s’éteint le 25 juin 1875, à 21 heures, d’une maladie de cœur dont il souffrait depuis plusieurs années. Il est inhumé à Paris au cimetière du Père-Lachaise (49e division)[1].

Son style[modifier | modifier le code]

Son romantisme des années 1830 s'exprime par la mise en scène de combats violents tels La Chasse au taureau sauvage ou Le Tigre et gavial, provoquant l'admiration de la critique au Salon de 1831. À l'instar des artistes romantiques de son temps, Barye apprécie l'exotisme et le Moyen Âge. Il préférera le bronze au marbre qu'il juge trop froid.

Le roi lui commande, en 1833, un grand groupe pour le jardin des Tuileries. Barye réalise alors Le Lion au serpent, une allégorie de la monarchie écrasant la sédition, trois ans après la Révolution de Juillet.

Unanimement appréciée, cette œuvre inspire le commentaire suivant d'Alfred de Musset : « Le lion en bronze de M. Barye est effrayant comme la nature. Quelle vigueur et quelle vérité ! Ce lion rugit, ce serpent siffle…[réf. nécessaire] »

Le style de Barye s'assagit à partir de 1843. Il donne à ses figures humaines inspirées des modèles grecs, tel le groupe en bronze de Thésée et le Minotaure, une énergie et un mouvement propres à la vision romantique.

Quelques œuvres[modifier | modifier le code]

Tigre se roulant, (1838-1842), Brooklyn Museum, New York.

À côté des innombrables éditions en bronze de sujets animaliers que Barye fondait et vendait lui-même, il réalisa aussi de la statuaire monumentale.

  • Lion assis, bronze 1847 et réplique en 1867, ces deux lions ont donné leur nom à la Porte des Lions du pavillon de Flore du palais du Louvre.
  • Le Buste de Napoléon Ier encadré d'allégories dans un fronton de l'aile Sully du palais du Louvre.
  • Thésée et le Minotaure, bronze, musée du Louvre.
  • Le Lion au serpent, bronze, Louvre-Lens.

Hommage[modifier | modifier le code]

Un monument à Barye se trouve square Barye, à la pointe amont de l'île Saint-Louis à Paris. Dans un style néo-classique, deux personnages à l'antique sont assis, entourés de deux enfants nus. Il s'agit de copies en pierre, réalisées par Laurent Marqueste, de deux groupes allégoriques de Barye, L'Ordre et La Force, que l'on retrouve en bronze à Baltimore au Maryland (États-Unis) et dont les originaux ornent le fronton de l'aile Richelieu du Louvre. Le groupe en bronze de Barye Thésée combattant le centaure Biénor et le lion également en bronze qui ornaient aussi ce monument ont été fondus sous le Régime de Vichy. Le 6 mai 2011, après le ravalement du monument, une copie du groupe sommital a été réinstallée[2]. Une plaque précise que le mécène de cette copie est un groupe chinois, et intitule ce bronze Combat du Centaure et du Lapithe.

Une rue porte également son nom dans le 17ème arrondissement de Paris.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Antoine-Louis Barye » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)
  • Michel Poletti et Alain Richarme, Barye - Catalogue raisonné des sculptures, Univers du Bronze, Paris, Édition Gallimard, 2000.
  • Michel Poletti, Monsieur Barye, Univers du Bronze, Paris, Édition Acatos, 2002.
  • Edith Mannoni, Barye, Paris, Éditions de l'amateur, 1996.
  • Jules Moiroux, Le cimetière du Père Lachaise, Paris, S. Mercadier,‎ 1908 (lire en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

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