Simon Vouet

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Simon Vouet, né le 9 janvier 1590 à Paris où il est mort le 30 juin 1649, est un artiste-peintre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Simon Vouet naît à Paris en 1590. Son père, le peintre Laurent Vouet, lui apprend les rudiments de l’art et Vouet s’adonne d’abord aux portraits.

Il voyage en Angleterre vers 1604-1606 et fait partie de la suite du baron de Sancy, ambassadeur de France en poste à Constantinople, où il séjourne de 1611 à 1612.Il y peint le portrait de Mustafa 1er. Il entame ensuite un long séjour en Italie de 15 ans, visitant Venise en 1612-1613, avant de s'établir à Rome où il demeurera jusqu'à son retour en France sauf de 1620 à 1622, où il est employé à Gênes par les princes Doria et se rend aussi à Milan. À Rome, il connaît un grand succès, travaillant à la décoration d'églises comme celle de San Lorenzo in Lucina et obtenant même une commande pour la Basilique Saint-Pierre (l'Adoration de la croix, œuvre détruite au XVIIIe siècle mais dont il subsiste plusieurs esquisses). Sa réputation est connue même en France puisque dès 1617, le roi augmente la pension qu'il lui était déjà allouée. Dans la cité papale, Vouet travaille notamment pour le cardinal Barberini, futur pape Urbain VIII et reçoit de nombreuses commandes privées en plus de celles des institutions religieuses. Il se lie d'amitié avec plusieurs des nombreux peintres français établis à Rome. Jacques de Létin est de ceux-là. Il est également en relation avec Nicolas Poussin et le Lorrain Claude Mellan ainsi qu'avec les grands peintres italiens contemporains. Devenu l'un des meilleurs représentants du baroque romain, il est, du fait de son prestige, nommé à la tête de l'Accademia di San Luca en 1624. En 1626, il épouse Virginia da Vezzo, elle-même peintre. Plusieurs des œuvres qu'il a réalisé durant sa période italienne demeurent in situ dans les églises pour lesquelles elles ont été peintes, à Rome, Gênes ou encore Naples. À Rome, son art est inspiré du Caravage et de son chiaroscuro mais montre aussi une très bonne connaissance et assimilation des leçons d'autres écoles de peinture, notamment celle bolonaise. Il y peint des scènes de genre et des sujets religieux.

Simon Vouet.
(Portrait par Nicolas Mignard).

Simon Vouet rentre brusquement en France en 1627, suivant les recommandations pressantes du duc de Béthunes. Il importe en France le style baroque italien. Il l’adapte aux grandes décorations de l'époque de Louis XIII et de Richelieu. Il est nommé premier peintre du Roi. Louis XIII lui commande des portraits, des cartons de tapisserie et des peintures pour les palais du Louvre, et du Luxembourg et pour le château de Saint-Germain-en-Laye. En 1632, il œuvre sur les chantiers du cardinal de Richelieu au palais cardinal (actuel Palais-Royal) et au château de Malmaison. Il décore encore en 1631 le château du président de Fourcy, à Chessy, l’hôtel Bullion, le château du maréchal d'Effiat à Chilly, l’hôtel du duc d’Aumont, la chapelle Séguier, la galerie du château de Wideville.

Sa gloire souffrit de l'arrivée à Paris de Poussin.

Simon Vouet est l'emblème d'une peinture baroque française. « Si Le Brun, David ou, d'une certaine façon, Delacroix existèrent, c'est qu'il y eut d'abord Simon Vouet », dit Denis Lavalle, inspecteur en chef des monuments historiques. Simon Vouet introduisit en France le gout des compositions amples, des perspectives théâtrales, des attitudes déclamatoires, des têtes d'expression, les poses recherchées et les couleurs brillantes.

Ami de Claude Vignon, l'un des peintres parisiens les plus actifs, il a eu pour élèves Valentin de Boulogne, Michel Dorigny, Charles Le Brun, Pierre Mignard, Eustache Le Sueur, Nicolas Chaperon, Claude Mellan, Michel Corneille l'Ancien et Abraham Willaerts. Son père Laurent Vouet et son frère Aubin Vouet (1595-1641) étaient également peintres. Sa femme, Virginia da Vezzo, figure sous les traits de ses vierges et ses madones.

Expositions[modifier | modifier le code]

  • 1990 : rétrospective de l'œuvre de Simon Vouet aux Galeries nationales du Grand Palais.
  • 2002-2003 : exposition Simon Vouet ou l'éloquence sensible au Musée des beaux-arts de Nantes, du 5 décembre 2002 au 20 février 2003, consacrée aux dessins de la période française de la Staatsbibliothek de Munich.
  • 2008-2009 : exposition (reconnue d'intérêt national[1]) Simon Vouet, les années italiennes (1613-1627) du 21 novembre 2008 au 23 février 2009 au Musée des Beaux-Arts de Nantes[2], réalisée en collaboration avec le Musée des beaux-arts et d'archéologie de Besançon[3], où elle a été présentée du 26 mars au 29 juin 2009.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Peintures[modifier | modifier le code]

Œuvre Titre Date Dimensions Musée
SVouet.jpg Crucifixion 1622 375 X 225 cm. Église du Gesù, Gênes
Vouet-Anges-instruments de la passion-Besançon.jpg Anges portant les Instruments de la Passion 1626 131 × 77 cm Musée des beaux-arts et d'archéologie, Besançon.
Simon Vouet 001.jpg Allégorie de la richesse 1630/1635 170 X 124 cm. Musée du Louvre, Paris
Simon Vouet - The Muses Urania and Calliope.JPG Les muses Uranie et Caliope 1634 79,8 X 125 cm. National Gallery of Art, Washington D.C.
Vouet-crucifixion-lyon.jpg Crucifixion vers 1636/1637 216 × 146 cm. Musée des beaux-arts de Lyon, Lyon
Simon (Werkstatt) Vouet 001.jpg Vénus Endormie 1630/1640 100,5 X 84 cm. Musée des beaux-arts de Budapest
Simon Vouet 002.jpg Apollon et les Muses 1640 Musée des Beaux-Arts, Budapest
Vouet temple louvre.jpg La Présentation au Temple 1641 393 × 250 cm. Musée du Louvre, Paris
Vouet Simon Vierge Hesselin.jpg Vierge à l'Enfant dite Vierge Hesselin vers 1640/1645 97 X 77 cm. Musée du Louvre, Paris
Assomption de la vierge Simont Vouet 2761.JPG Assomption de la vierge vers 1644 ? X ? cm. Musée des beaux-arts de Reims
  • Le spadassin, Brunswick (Basse-Saxe).
  • La Cène (1616-1620), Palazzo Apostolico, Lorette (Italie).
  • Portrait de jeune homme (1600-1650), Musée du Louvre, Paris.
  • Le Prince Marcantonio Doria d'Angri (1621), Musée du Louvre, Paris.
  • La Tentation de Saint François (1624-1625), église de Saint-Laurent-en-Lucina, Rome.
  • Saint François renonce à ses Biens (1624-1625), église de Saint-Laurent-en-Lucina, Rome.
  • La Sainte Famille avec sainte Elisabeth et le petit saint Jean (1625-1650), Musée du Louvre, Paris.
  • Autoportrait (1626-1627), Musée des Beaux-Arts, Lyon.
  • Le Temps vaincu par l'Amour, l'Espérance et la Renommée (1627), Musée du Prado, Madrid.
  • Décoration de l'église Saint-Nicolas-des-Champs à Paris :
    • L'Assomption (1629)
    • Les Apôtres au tombeau de la Vierge
  • Vénus Endormie (1630), Musée des Beaux-Arts, Budapest.
  • Suite des amours de Renaud et d'Armide (1631)
Saint Louis recevant la couronne d'épines des mains de Jésus, 1639, église Saint-Paul-Saint-Louis, Paris.
Saint Jérôme et l'ange, années 1620, Washington, National Gallery of Art.

Tapisseries Royales[modifier | modifier le code]

  • Renaud et Armide, Renaud dans les bras d'Armide (1630-1660), Paris, musée du Louvre
  • Moïse sauvé des eaux (Ancien Testament), Paris musée du Louvre
  • La vie d' Ulysse (travaux d'Ulysse)
  • Judith, Pinacothèque de Munich
  • Judith remet à sa servante la tête d'Holopherne, huile sur toile, 129 cm x 111 cm, vers 1630, (Collection de Lalive de Jully) vente Drouot avril 1989
  • Vénus et Adonis, (1642), Paul Getty Museum
  • Le Christ à la colonne, (Eustache Le Sueur?), Paris, musée du Louvre
  • Polymnie, Muse de l'éloquence, Paris, musée du Louvre
  • La Cène, Musée des beaux-arts de Lyon

Dessins[modifier | modifier le code]

Portrait d'Angélique Vouet (1635-1638), pastel sur papier, Musée du Louvre, Paris.

Portrait d'Angélique Vouet (fille de l'artiste) (1635-1638), pastel sur papier, Musée du Louvre, Paris

Peintures d'atelier[modifier | modifier le code]

Voici quelque peintures issues de l'atelier de Simon Vouet (d'où sont sorties des copies diverses) :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. http://www.nantes.fr/culture/actualites-culturelles/les-annees-italiennes-de-simon-vouet-au-musee-des-beaux-arts
  2. Voir le Site de l'exposition (Nantes)
  3. http://www.musee-arts-besancon.org/pages.php?idMenu=3&idPage=2&idExpo=17 Site de l'exposition (Besançon)