Simon Vouet
Simon Vouet
Autoportrait vers 1626-1627 (Musée des beaux-arts de Lyon)
| Naissance | 9 janvier 1590 Paris |
|---|---|
| Décès | 30 juin 1649 Paris |
| Nationalité | Française |
| Activité(s) | Peinture |
| Maître | Laurent Vouet (son père) |
| Élèves | Valentin de Boulogne, Michel Dorigny, Charles Le Brun, Pierre Mignard, Eustache Le Sueur, Nicolas Chaperon, Claude Mellan, Michel Corneille l'Ancien, Abraham Willaerts |
| Mouvement artistique | Baroque |
Simon Vouet, né le 9 janvier 1590 à Paris où il est mort le 30 juin 1649, est un artiste-peintre français.
Sommaire |
Biographie [modifier]
Simon Vouet naît à Paris en 1590. Son père, le peintre Laurent Vouet, lui apprend les rudiments de l’art et Vouet s’adonne d’abord aux portraits.
Il voyage en Angleterre vers 1604-1606 et fait partie de la suite du baron de Sancy, ambassadeur de France en poste à Constantinople, où il séjourne de 1611 à 1612.Il y peint le portrait de Mustafa 1er. Il entame ensuite un long séjour en Italie de 15 ans, visitant Venise en 1612-1613, avant de s'établir à Rome où il demeurera jusqu'à son retour en France sauf de 1620 à 1622, où il est employé à Gênes par les princes Doria et se rend aussi à Milan. À Rome, il connaît un grand succès, travaillant à la décoration d'églises comme celle de San Lorenzo in Lucina et obtenant même une commande pour la Basilique Saint-Pierre (l'Adoration de la croix, œuvre détruite au XVIIIe siècle mais dont il subsiste plusieurs esquisses). Sa réputation est connue même en France puisque dès 1617, le roi augmente la pension qu'il lui était déjà allouée. Dans la cité papale, Vouet travaille notamment pour le cardinal Barberini, futur pape Urbain VIII et reçoit de nombreuses commandes privées en plus de celles des institutions religieuses. Il se lie d'amitié avec plusieurs des nombreux peintres français établis à Rome. Jacques de Létin est de ceux-là. Il est également en relation avec Nicolas Poussin et le Lorrain Claude Mellan ainsi qu'avec les grands peintres italiens contemporains. Devenu l'un des meilleurs représentants du baroque romain, il est, du fait de son prestige, nommé à la tête de l'Accademia di San Luca en 1624. En 1626, il épouse Virginia da Vezzo, elle-même peintre. Plusieurs des œuvres qu'il a réalisé durant sa période italienne demeurent in situ dans les églises pour lesquelles elles ont été peintes, à Rome, Gênes ou encore Naples. À Rome, son art est inspiré du Caravage et de son chiaroscuro mais montre aussi une très bonne connaissance et assimilation des leçons d'autres écoles de peinture, notamment celle bolonaise. Il y peint des scènes de genre et des sujets religieux.
Simon Vouet rentre brusquement en France en 1627, suivant les recommandations pressantes du duc de Béthunes. Il importe en France le style baroque italien. Il l’adapte aux grandes décorations de l'époque de Louis XIII et de Richelieu. Il est nommé premier peintre du Roi. Louis XIII lui commande des portraits, des cartons de tapisserie et des peintures pour les palais du Louvre, et du Luxembourg et pour le château de Saint-Germain-en-Laye. En 1632, il œuvre sur les chantiers du cardinal de Richelieu au palais cardinal (actuel Palais-Royal) et au château de Malmaison. Il décore encore en 1631 le château du président de Fourcy, à Chessy, l’hôtel Bullion, le château du maréchal d'Effiat à Chilly, l’hôtel du duc d’Aumont, la chapelle Séguier, la galerie du château de Wideville.
Sa gloire souffrit de l'arrivée à Paris de Poussin.
Simon Vouet est l'emblème d'une peinture baroque française. « Si Le Brun, David ou, d'une certaine façon, Delacroix existèrent, c'est qu'il y eut d'abord Simon Vouet », dit Denis Lavalle, inspecteur en chef des monuments historiques. Simon Vouet introduisit en France le gout des compositions amples, des perspectives théâtrales, des attitudes déclamatoires, des têtes d'expression, les poses recherchées et les couleurs brillantes.
Ami de Claude Vignon, l'un des peintres parisiens les plus actifs, il a eu pour élèves Valentin de Boulogne, Michel Dorigny, Charles Le Brun, Pierre Mignard, Eustache Le Sueur, Nicolas Chaperon, Claude Mellan, Michel Corneille l'Ancien et Abraham Willaerts. Son père Laurent Vouet et son frère Aubin Vouet (1595-1641) étaient également peintres. Sa femme, Virginia da Vezzo, figure sous les traits de ses vierges et ses madones.
Expositions [modifier]
- 1990 : rétrospective de l'œuvre de Simon Vouet aux Galeries nationales du Grand Palais.
- 2002-2003 : exposition Simon Vouet ou l'éloquence sensible au Musée des beaux-arts de Nantes, du 5 décembre 2002 au 20 février 2003, consacrée aux dessins de la période française de la Staatsbibliothek de Munich.
- 2008-2009 : exposition (reconnue d'intérêt national[1]) Simon Vouet, les années italiennes (1613-1627) du 21 novembre 2008 au 23 février 2009 au Musée des Beaux-Arts de Nantes[2], réalisée en collaboration avec le Musée des beaux-arts et d'archéologie de Besançon[3], où elle a été présentée du 26 mars au 29 juin 2009.
Œuvres [modifier]
Peintures [modifier]
| Œuvre | Titre | Date | Dimensions | Musée |
|---|---|---|---|---|
| Crucifixion | 1622 | 375 X 225 cm. | Église du Gesù, Gênes | |
| Anges portant les Instruments de la Passion | 1626 | 131 x 77 cm | Musée des beaux-arts et d'archéologie, Besançon. | |
| Allégorie de la richesse | 1630/1635 | 170 X 124 cm. | Musée du Louvre, Paris | |
| Les muses Uranie et Caliope | 1634 | 79,8 X 125 cm. | National Gallery of Art, Washington D.C. | |
| Crucifixion | vers 1636/1637 | 216 × 146 cm. | Musée des beaux-arts de Lyon, Lyon | |
| Vénus Endormie | 1630/1640 | 100,5 X 84 cm. | Musée des beaux-arts de Budapest | |
| Apollon et les Muses | 1640 | Musée des Beaux-Arts, Budapest | ||
| La Présentation de Jésus au Temple | 1641 | 393 x 250 cm. | Musée du Louvre, Paris | |
| Vierge à l'Enfant dite Vierge Hesselin | vers 1640/1645 | 97 X 77 cm. | Musée du Louvre, Paris | |
| Assomption de la vierge | vers 1644 | ? X ? cm. | Musée des beaux-arts de Reims |
- Le spadassin, Brunswick (Basse-Saxe).
- La Cène (1616-1620), Palazzo Apostolico, Lorette (Italie).
- La Mise au tombeau, huile sur toile, Musée des beaux-arts André-Malraux, Le Havre.
- Portrait de jeune homme (1600-1650), Musée du Louvre, Paris.
- Le Prince Marcantonio Doria d'Angri (1621), Musée du Louvre, Paris.
- La Tentation de Saint François (1624-1625), église de Saint-Laurent-en-Lucina, Rome.
- Saint François renonce à ses Biens (1624-1625), église de Saint-Laurent-en-Lucina, Rome.
- La Sainte Famille avec sainte Elisabeth et le petit saint Jean (1625-1650), Musée du Louvre, Paris.
- Le Temps vaincu par l'Amour, l'Espérance et la Renommée (1627), Musée du Prado, Madrid.
- Vénus Endormie (1630), Musée des Beaux-Arts, Budapest.
- Suite des amours de Renaud et d'Armide (1631)
- Le ravissement de Saint Louis (1642), huile sur toile, 279,7 x 177 cm, Musée des Beaux-Arts, Rouen.
- Allégorie de la Richesse (1630-1635), Musée du Louvre, Paris (provient de Saint-Germain-en-Laye).
- Allégorie de la Charité (1630-1635), Musée du Louvre, Paris.
- Allégorie de la Vertu (1640), Saint-Germain-en-Laye.
- La Madeleine repentante (1633), Musée de Picardie, Amiens.
- La Présentation de Jésus au Temple (1641), Musée du Louvre, Paris.
- Saturne vaincu par l'Amour, Vénus et l'Espérance (1646), Musée des Arts Décoratifs, Hôtel Lallemant, Bourges.
- Saint Guillaume d'Aquitaine (1649), Musée du Louvre, Paris.
- L' Annonciation, Galerie des Offices, Florence.
- La Crucifixion, (v.1636-1637), huile sur toile, 216 x 146 cm (provient de la chapelle du chancelier Pierre Seguier, don du cardinal Fesch en 1816), Musée des beaux-arts, Lyon.
- Autoportrait (1626-1627), Musée des Beaux-Arts, Lyon.
- Gaucher de Châtillon (1250-1328) (1632-1635), Musée du Louvre, Paris.
- Loth et ses Filles (1633), Musée des Beaux-Arts, Strasbourg.
- Le Christ apparaissant à saint Antoine Abbé (vers 1638 - 1639), huile sur toile, 278 x 163 cm, musée de Grenoble.
- La Toilette de Vénus (1639)
- La victoire de l'amour
- Portrait de Louis XIII entre deux figures de Femmes symbolisant la France et la Navarre, Musée du Louvre, Paris.
- La Mort de Didon (vers 1642), huile sur toile, huile sur toile, 215 x 170 cm, Dole, musée des Beaux-Arts.
- L’Enlèvement d’Europe (1640), Musée Thyssen-Bornemisza, Madrid.
- Portrait de Louis XIII (1643), (copie du tableau du Louvre), château de Versailles.
- Les Quatre Vertus Cardinales (1638), Salon de Mars, château de Versailles :
- Allégorie de la Tempérance
- Allégorie de la Force
- Allégorie de la Prudence
- Allégorie de la Justice
- Décoration du Palais de la Justice
- Décoration du Palais Cardinal, Musée des hommes illustres
- Décoration des Châteaux de Rueil
- Décoration du Château de la Muette
- Décoration du Château Neuf de Saint-Germain-en-Laye : voir Les Quatre Vertus Cardinales"
- Décoration du Château de Fontainebleau
- Décoration du demeure du Chancelier Séguier (hôtel)
- Décoration du demeure du Maréchal de La Meilleraye
- Décoration du demeure du Président Tuboeuf
- Décoration de l'église Saint-Nicolas-des-Champs à Paris :
- L'Assomption (1629)
- Les Apôtres au tombeau de la Vierge
- Décoration de l'église Saint-Etienne à Chilly-Mazarin :
- L'Ensevelissement du Christ (1639)
- Décoration de l'Hôtel-Bullion
- Décoration de l'église Saint-Merry à Paris :
- Saint Merry délivrant les Prisonniers (1640)
Tapisseries Royales [modifier]
- Renaud et Armide, Renaud dans les bras d'Armide (1630-1660), Louvre
- Moïse sauvé des eaux (Ancien Testament)
- La vie d' Ulysse (travaux d'Ulysse)
- Judith, Pinacothèque de Munich
- Judith remet à sa servante la tête d'Holopherne HST, 129 cm X 111 cm - 1630c.(Collection de la Live de Jully) Drouot avril 1989
- Vénus et Adonis, (1642), Paul Getty Museum
- Le Christ à la colonne, (Eustache Le Sueur?) (Louvre)
- Polymnie, Muse de l'éloquence, Louvre
- La Cène, Musée des beaux-arts de Lyon
Dessins [modifier]
Portrait d'Angélique Vouet (fille de l'artiste) (1635-1638), pastel sur papier, Musée du Louvre, Paris
Peintures d'atelier [modifier]
Voici quelque peintures issues de l'atelier de Simon Vouet (d'où sont sorties des copies diverses) :
- Saint Sebastien (1618-1620), Sarah Campbell Blaffer Foundation (États-Unis)
- l'Intelligence, la Mémoire et la Volonté, Musée du Capitole, Rome
- Vierge à l'Enfant à la rose, Musée des Beaux-Arts de Marseille
- Sainte Marie Madeleine, Galerie Nationale, Rome
- Allégorie des Beaux-Arts, Galerie Nationale, Rome
- Allégorie de la Paix, Galerie Nationale, Rome
- Allégorie de la Charité (1640-1645), Musée de Draguignan
- Diane, Somerset House, Londres
- La Vierge et l'Enfant avec un ange, Musée des Beaux-Arts de Caen
- Le Suicide de Lucrèce, Narodni Galerie, Prague
- La Charité Romaine, Musée Bonnat, Bayonne
- Mise au tombeau, Fitzwilliam Museum, Cambridge
- Le Martyre de Saint-Eustache, église Saint-Eustache, Paris
- Diana, Royal Collection, Hampton Court
- Hercule parmi les Olympiens, Royal Collection, Hampton Court
- Minerve, Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg
- Vierge à l'Enfant, Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg
- Vierge à l'Enfant, Ashmolean Museum, Oxford
- Vierge à l'Enfant, Musée Magnin, Dijon
- Apollon et les Muses, Musée des Beaux-Arts, Budapest
Bibliographie [modifier]
- Loth et ses filles de Simon Vouet, Éclairages sur un chef-d'œuvre, 2005 (Collectif d'auteurs), Éditions Du Musées de Strasbourg.
- Vouet et son École (Collectif d'auteurs), Réunion des Musées nationaux.
- Jules Guiffrey, Histoire générale de la tapisserie. Les tapisseries françaises.
- Simon Vouet : les années italiennes 1613/1627, catalogue d'exposition du Musée des beaux-arts de Nantes et du Musée des beaux-arts et d'archéologie de Besançon, 2008, 207 pages.
- Jacques Bousquet : Documents sur le séjour de Simon Vouet à Rome. In: Mélanges d'archéologie et d'histoire T. 64, 1952. pp. 287-300.
Liens externes [modifier]
- (fr) la tribune de l'art, Simon Vouet
- (fr) Simon Vouet, les années italiennes (1613-1627) Art.actu
- (en) Simon Vouet dans Artcyclopedia
- (fr) Un article consacré aux œuvres gravées d'après Vouet