Ligne C du métro de Lyon

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Métro ligne C
Rame 207-208 au terminus de Cuire
Rame 207-208 au terminus de Cuire
Carte

Réseau Métro de Lyon
Date d’ouverture 9 décembre 1974 : Croix-Paquet à Croix-Rousse
Dernière modification Prolongement de Croix Rousse à Cuire le 8 décembre 1984
Terminus Hôtel de Ville - Louis Pradel
Cuire
Exploitant Keolis Lyon
Conduite (système) Conducteur (CMC)
Matériel utilisé MCL 80
(5 rames)
Dépôt d’attache Unité de transport métro C de Hénon
Points d’arrêt 5
Longueur 2,435 km
Temps de parcours 9 min
Distance moyenne entre points d’arrêt 613 m
Communes desservies 2
Jours de fonctionnement LMaMeJVSD
Fréquentation
(moy. par an)
9 265 776 (2011)[1]
4e/4 (2011)
Lignes connexes Métro de Lyon Ligne A Ligne B Ligne C Ligne D

La ligne C du métro de Lyon est une ligne du réseau métropolitain de la l'agglomération française de Lyon. Cette troisième ligne, dont le premier tronçon a été ouvert en 1974, relie aujourd'hui la station Hôtel de Ville - Louis Pradel au cœur de Lyon, au sud, à la station Cuire, au nord. Avec une longueur de 2,435 km, elle est la ligne la plus courte du réseau. Issue d'un ancien funiculaire transformé, elle présente la particularité de posséder une crémaillère sur une partie de son parcours due à la forte déclivité qui atteint 17,6 %, ce qui constitue un cas unique au monde pour un métro.


Histoire[modifier | modifier le code]

Station Croix-Paquet du funiculaire.

Chronologie[modifier | modifier le code]

Avant le métro : la « ficelle » de Croix-Paquet[modifier | modifier le code]

En 1891, la Compagnie du chemin de fer de Croix-Paquet à la Croix-Rousse met en service le funiculaire Croix Paquet - Croix-Rousse.

La « ficelle » initialement équipée de treuils à vapeur est électrifiée en 1908, puis intégrée à l'OTL, qui deviendront les TCL.

Alors que le funiculaire de la rue Terme est démantelé en 1967, celui de Croix-Paquet est conservé mais est à bout de souffle.

Lors des études pour la construction du métro, il est jugé idéalement placé pour constituer une antenne vers la Croix-Rousse. La « ficelle » de Croix-Paquet est arrêtée le 2 juillet 1972 pour les travaux.

Du funiculaire au métro à crémaillère[modifier | modifier le code]

La transformation en métro passe nécessairement par l'équipement de la ligne avec une crémaillère : la rampe de 17,5 % est beaucoup trop raide pour un matériel sur fer classique ou même sur pneus.

Elle est séparée en deux opérations : la transformation proprement dite de la ligne existante et le prolongement à Hôtel de Ville pour donner correspondance à la ligne A ; l'ampleur du chantier de la deuxième nécessite des travaux plus importants et donc plus longs.

Les travaux durent un peu plus de deux ans. Si le génie civil (le tunnel et le bâtiment de Croix-Paquet) est conservé, la ligne est totalement reconstruite, avec une voie nouvelle équipée d'une crémaillère Von-Roll. Elle est électrifiée par un fil de contact (LAC) similaire à ceux des tramways. Un micro-atelier pour l'entretien du matériel roulant est installé dans un petit bâtiment juxtaposé à la station Croix-Paquet et embranché sur voie principale à l'entrée du tunnel.

Ainsi équipée, le 9 décembre 1974, la première ligne du réseau métro de Lyon (déjà nommée ligne C) entre en service.

Pendant ce temps, des travaux beaucoup plus lourds continuent : le percement d'un tunnel entre Croix-Paquet et Hôtel de Ville, puis l'équipement ferroviaire ; la station Croix-Paquet doit être adaptée pour intégrer le débouché du tunnel avec deux voies de passage et des quais latéraux. La station Hôtel de Ville est implantée en dessous de celle de la ligne A, décalée dans son prolongement vers le nord, ce qui permet une bonne correspondance.

La nouvelle ligne, établie en tunnel (sauf à Croix-Paquet), est intégrée au reste du réseau lors de l'ouverture des lignes A et B en 1978.

Plus loin sur le Plateau[modifier | modifier le code]

L'emprise de l'ancienne voie ferrée Lyon-Croix-Rousse - Sathonay - Trévoux, désaffectée depuis 1975, donne une possibilité de prolongement vers le nord à travers le quartier du Plateau de la Croix-Rousse.

La ligne est prolongée jusqu'au niveau de l'ancienne gare de Cuire le 8 décembre 1984, jour de la Fête des Lumières ; deux nouvelles stations ouvrent pour l'occasion : Hénon et Cuire. Cette dernière, comme Charpennes pour la ligne B, n'a qu'un quai commun à la descente et montée des voyageurs. Cette disposition devait réserver la possibilité d'aller au-delà vers le centre de Caluire voire Sathonay.

Cette section qui ne comporte pas de rampes particulières a été construite en tranchée couverte et « en adhérence » : la voie est classique, sans crémaillère. Ce prolongement a été l'occasion d'une opération d'urbanisme avec l'ouverture du boulevard des Canuts sous lequel se trouve la ligne.

Tracé et stations[modifier | modifier le code]

Tracé géographique de la ligne C.

La ligne C du métro de Lyon a un tracé orienté globalement nord-sud. Bien qu'assez courte, elle comprend quelques sections sinueuses pour faire la jonction entre ses grandes sections : correspondance avec la ligne A, ancien funiculaire et tracé de l'ancienne ligne de la Croix-Rousse.

Le tracé a son origine à la station Hôtel de Ville Louis Pradel située sous celle de la ligne A. Au-delà des communications entre les deux voies, la ligne, établie en tunnel assez profond, commence à monter par un tracé sinueux pour rejoindre la station à l'air libre Croix-Paquet, datant de l'ancien funiculaire. Replongeant en tunnel, la ligne monte en ligne droite vers la Croix-Rousse.

Au sud du boulevard de la Croix-Rousse, elle passe sur le site disparu de la gare d'arrivée de l'ancien funiculaire, puis effectue une courbe sur la gauche pour atteindre la station Croix-Rousse établie dans l'axe du boulevard.

Après avoir quitté la crémaillère et franchi une courbe serrée à droite et une petite à gauche, la ligne effectue jusqu'à son terminus une grande courbe correspondant à l'ancienne ligne de la Croix-Rousse à Sathonay. Il est d'abord établi en souterrain sous le boulevard des Canuts ; au-delà de la station Hénon, la ligne émerge pour venir sur un remblai côté ouest du boulevard, longe les ateliers d'Hénon et traverse la rue de Cuire par un pont jumelé à celui du boulevard des Canuts.

La ligne redescend au niveau du sol juste avant d'arriver au terminus : cette disposition devait permettre un prolongement ultérieur au nord. La station Cuire est à voie et quai uniques, au sud de la place Jules Ferry.

Liste des stations[modifier | modifier le code]

Les stations de métro de la ligne sont présentées du sud au nord :

      Station Communes desservies Correspondances[2]
    Hôtel de Ville - Louis Pradel Lyon 1er Métro de Lyon Ligne A, Bus en mode C Ligne C3 Ligne C5 Ligne C13 Ligne C14 Ligne C18
    Croix-Paquet Lyon 1er
    Croix-Rousse Lyon 1er et Lyon 4e Bus en mode C Ligne C13
    Hénon Lyon 4e
    Cuire Caluire-et-Cuire Bus en mode C Ligne C1 Ligne C13, P+R


Stations à thème ou particulières[modifier | modifier le code]

Les stations de la ligne C n'ont pas fait l'objet d'une décoration particulière. Mais l'histoire de la ligne et son équipement ont des répercussions sur plusieurs stations qui ont une configuration particulière.

Hôtel de Ville - Louis Pradel, bien qu'équipée de deux voies, a une organisation qui ne permet pas de les utiliser complètement en service commercial : la voie principale est desservie par un quai latéral destiné au départ des voyageurs vers Cuire et un quai central pour l'arrivée. Ce quai est longé de poteaux, dont certains empêchent l'utilisation de plusieurs portes de la rame. Ce quai dessert aussi une voie utilisée en garage ou en secours.

Croix-Paquet est caractérisée par sa pente rendant difficile l'accessibilité aux personnes en fauteuil et par sa situation à l'air libre en bordure de la place Croix-Paquet.

Cuire est au niveau du sol, ce qui la rend très proche dans son intégration dans l'environnement urbain et dans son accessibilité d'une station de tramway.

Raccordement[modifier | modifier le code]

La ligne C est exploitée avec des rames à roulement sur fer, alimentées par caténaire. Elle ne possède de ce fait aucun raccordement avec les trois autres lignes du réseau lyonnais.

Ceci implique que pour toute opération de maintenance qui ne peut être réalisée à Hénon, le transport doit être effectué sur remorque routière.

Ateliers[modifier | modifier le code]

Le matériel roulant est entretenu aux ateliers d'Hénon, situés dans le 4e arrondissement de Lyon. Ils ont été construit sur l'emplacement de l'ancienne gare de marchandises de la Croix-Rousse sur la ligne de Lyon-Croix-Rousse à Trévoux.

Plan de voies[modifier | modifier le code]

La ligne est à voie double, à l'exception des 385 derniers mètres côté Cuire, établis en voie unique. Les communications entre les deux voies sont assez nombreuses : en avant-gare Hôtel de Ville (le terminus est effectué en station, il n'y a pas d'arrière-gare), à l'ouest de Croix-Rousse, et au nord d'Hénon[3].

Exploitation[modifier | modifier le code]

Crémaillère équipant la ligne entre les stations Hôtel de Ville et Croix-Rousse.

Le temps de parcours total est de 9 minutes entre terminus. La fréquence est d'une rame toutes les 5 minutes trente secondes en heures de pointe, et de 7 minutes trente secondes en heures creuses ; la vitesse commerciale est de 16,6 km/h[4]. Quatre trains circulent simultanément en heures de pointe. La première circulation quitte Hénon à 4h51, le dernier train à 0h25[5].

Les deux voies sont banalisées entre les stations Hôtel de Ville et Croix-Rousse et équipées d'une crémaillère. Elles permettent une exploitation comme simple navette avec une circulation aller-retour sur la même voie. Le terminus de Cuire est atteint par une voie unique. Le PCC, commun aux quatre lignes, se situe en souterrain, à côté de la station Part-Dieu.

Matériel roulant[modifier | modifier le code]

Article détaillé : MCL 80.
Premier matériel à crémaillère employé.
Rame MCL 80 à la station Croix-Paquet.

Le premier matériel roulant de la ligne consistait en deux automotrices construites sur mesure par SLM et Brown-Boveri et livrées en 1974. Immatriculées MC1 et MC2, ces engins portant la livrée historique lyonnaise rouge à bande blanche (comme encore de nos jours le funiculaire de Fourvière), circulaient généralement en solo, bien qu'étant aptes à la circulation en unité multiple (UM). Elles ont été rejointes par une troisième, MC3, pour le prolongement de 1978 à Hôtel de Ville. Contrairement à ses sœurs, MC3 ne pouvait rouler en UM.

Lors du prolongement à Cuire de 1984, le parc a dû être agrandi, et la capacité des rames augmentée. De nouvelles rames étant nécessaires, et pour que le parc soit homogène, les anciennes automotrices, âgées de dix ans seulement, ont été retirées du service. Elles ont été garées aux ateliers de la Poudrette des lignes A et B. Depuis fin 2007, elles se trouvent aux ateliers de Meyzieu de T3.

Le service est assuré depuis 1984 par un parc de cinq rames MCL 80 (Métro Crémaillère Lyon année 1980) composées de deux motrices (M+M) et d'une capacité de 252 places, construites par Alstom Vevey et immatriculées 201/202 à 209/210.

Ces cinq rames ont bénéficié, à l'instar des rames des lignes A et B, d'une rénovation à mi-vie entre 2005 et janvier 2008, comprenant la révision technique et une remise à niveau « commerciale » : application de la nouvelle livrée blanche avec bande rouge en haut de caisse et portes grises, et reprise des aménagements intérieurs, avec nouveaux sièges et nouvelles couleurs. Cette modernisation a été réalisée par l'entreprise Safra à Albi ; le transport des motrices a dû être effectuée par remorques routières.

Ateliers de maintenance[modifier | modifier le code]

Les rames sont remisées et entretenues aux ateliers d'Hénon (Unité de Transport Métro C) situés sur le Boulevard des Canuts dans le 4e arrondissement.

La ligne à crémaillère[modifier | modifier le code]

La crémaillère est installée sur 936 mètres de ligne. Cette particularité unique pour un métro implique quelques contraintes pour l'exploitation, notamment des vitesses réduites : 35 km/h techniques, limitée à 21 km/h en montée et seulement 17 km/h en descente.

La ligne n'étant que partiellement équipée de crémaillère, un système pour la quitter ou l'enclencher a été mis en œuvre à la sortie de la station Croix-Rousse : il est constitué une partie mobile de crémaillère, articulée autour d'un axe horizontal, qui s'abaisse au passage de la roue crantée quand elle s'engage. La manœuvre se fait à vitesse réduite : 7 km/h.

Le personnel d'exploitation[modifier | modifier le code]

Rame rénovée à Croix-Rousse

L'unité se compose d'un coordinateur, d'un chef de groupe pour une vingtaine de conducteurs, d'un responsable ordonnancement, d'une secrétaire, d'une dizaine de techniciens et d'une dizaine d'agents de ligne qui opèrent par roulement (2 le matin, 2 l'après midi et 2 la nuit).

Tarification et financement[modifier | modifier le code]

L'infrastructure et le matériel roulant sont propriété du Syndicat mixte des transports pour le Rhône et l'agglomération lyonnaise (SYTRAL), autorité organisatrice de transport urbain de l'agglomération lyonnaise, qui en a confié l'exploitation et l'entretien dans le cadre d'une délégation de service public à la société Keolis-Lyon, filiale du groupe Keolis. Le SYTRAL définit les conditions générales d'exploitation ainsi que la durée et la fréquence des services.

La tarification de base est identique sur tout le réseau et accessible avec les mêmes abonnements. Un ticket à l'unité permet un trajet simple quelle que soit la distance avec une ou plusieurs correspondances possibles avec les autres lignes de métro, tramway et bus dans la limite d'une heure. Certaines lignes telles que les navettes et funiculaires, bénéficient de tarifs dédiés mais restent aussi toujours accessibles avec un simple ticket unitaire 1 heure…

Trafic[modifier | modifier le code]

La ligne C avait une fréquentation moyenne par jour ouvrable de 33 000 voyageurs en octobre 2006[6]. Elle a une fréquentation moyenne de 33 466 voyageurs par jour[Quand ?].

Fréquence en heure de pointe 3 min 30

Fréquence en heure creuse 7 min 30

Fréquence en heures de nuit 10-11 min [7]

L'avenir de la ligne[modifier | modifier le code]

Un prolongement au nord ?[modifier | modifier le code]

Détail d'une rame

L'idée du prolongement au nord semble avoir toujours fait partie de l'histoire de la ligne C sans jamais aboutir : la plate-forme de l'ancienne voie ferrée pourrait offrir une possibilité de tracé relativement facile et économique jusqu'à la gare de Sathonay - Rillieux.

Cette solution est actuellement écartée par le Sytral au profit de la ligne forte C1 qui effectue le trajet entre Cuire et la Montée des Soldats (puis se dirige vers la Part-Dieu) et la ligne forte C2 qui effectue le trajet entre la Montée des Soldats et Rillieux. Les lignes y sont partiellement en sites propres.

Plus généralement…[modifier | modifier le code]

La ligne C est limitée par deux contraintes techniques : sa capacité relativement faible et la crémaillère.

La capacité est essentiellement limitée aux deux terminus et par le parc de matériel roulant. Si le problème de Cuire peut être amélioré sans trop de difficultés en prolongeant la deuxième voie, la configuration de la station Hôtel de Ville, en particulier les quais étroits, peut très difficilement être améliorée sans travaux de génie civil très coûteux.

La deuxième contrainte est la crémaillère : la nécessité d'un matériel adapté limite le nombre de constructeurs pour le matériel roulant, que ce soit pour une extension du parc dû à un prolongement, ou au renouvellement aux environs de 2025 des cinq rames MCL 80[8].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Rame en livrée d'origine au terminus Cuire.

La ligne C n'a une vocation touristique que sur sa première section jusqu'à Croix-Rousse.

Partant du quartier touristique de la Presqu'Île, près de l'hôtel de ville, de l'opéra, de la place des Terreaux, du palais Saint-Pierre, la ligne dessert par ses trois premières stations (Hôtel de Ville, Croix-Paquet et Croix-Rousse) tout l'est du quartier des Pentes de la Croix-Rousse, avec ses rues en pente, les montées, et les fameuses traboules.

La ligne dessert aussi la place de la Croix-Rousse, point central d'un quartier qui a conservé une vie proche de celle d'un village, avec le Gros Caillou, sa vogue des marrons

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rapport du délégataire Keolis au Sytral le 18 Octobre 2011
  2. Pour alléger le tableau, seules les correspondances SNCF, métro, funiculaire, tramway et lignes majeures « C » sont données. Les correspondances bus sont reprises dans les articles de chaque station.
  3. D'après le site Carto. métro
  4. Sytral - Le métro C
  5. Lyon en lignes - Ligne C
  6. Site internet du SyTRAL (ancienne version)
  7. [1]l
  8. En prévoyant une durée de vie du matériel de quarante ans.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • José Banaudo, Sur les rails du Lyonnais, vol. 2, Breil-sur-Roya Clermont-Ferrand, les Éd. du Cabri De Borée,‎ 2002 (ISBN 2-914-60305-3).
  • René Waldmann , Les charmes de Maggaly, Lyon, LUGD, éditions lyonnaises d'art et d'histoire, coll. « Entreprises et entrepreneurs en Rhône-Alpes »,‎ 1993, 24cm, relié, 311 p. (ISBN 2-905-23095-9, OCLC 464982820)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]