Claude Bonnefond

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Le Vœu à la madone, 1835, musée des beaux-arts de Lyon.

Claude Bonnefond[1], né le 27 mars 1796 à Lyon, où il est mort le 27 juin 1860, est un peintre et lithographe français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Peintre lyonnais, élève d'Alexis Grognard (1752-1840) et de Pierre Révoil à l'École des beaux-arts de Lyon, Claude Bonnefond reçoit le « Laurier d'or » de l'école de dessin de Lyon en 1813 et expose à Paris au Salon de 1817 son œuvre La Chambre à coucher des petits savoyards qui lui vaut une médaille de deuxième classe, et est achetée par le duc de Berry.

En 1822, il fréquente pendant six mois l'atelier de Pierre-Narcisse Guérin, et quitte la France en 1824 pour l'Italie, alors que l'achat par la ville de Lyon de l'un de ses tableaux lui permet d'entreprendre ce voyage et que Guérin est nommé directeur de la villa Médicis à Rome. La décision d'entreprendre un voyage en Italie vient notamment de la volonté de Claude Bonnefond de renouveler son style, hollandisant et minutieux (comme son maître Révoil) et qui s'essouffle.

En Italie, Bonnefond visite Rome, mais aussi la Campanie et la Toscane. Il fréquente des artistes comme Jean-Victor Schnetz, Léopold Robert, Horace Vernet, et Victor Orsel, chez qui il rencontre en 1829 le graveur Vibert. Il entretient également des relations avec des artistes nazaréens allemands comme Julius Schnorr von Carolsfeld, Joseph Anton Koch, et Johann Friedrich Overbeck. Il entreprend un bref retour à Paris en 1828 pour recevoir sa récompense au Salon et visiter sa mère, avant de retourner en Italie.

En 1830, le maire de Lyon, Prunelle, lui propose de devenir directeur de l'École des beaux-arts de la ville, ce que Bonnefond accepte. Il entre en fonction le 4 avril 1831, après un détour par Paris pour présenter ses œuvres au Salon. Il effectue alors plusieurs séjours en Italie, y retournant dès 1834, et y faisant de nouveaux voyages avec son épouse.

Œuvres et style[modifier | modifier le code]

Les œuvres italiennes de Claude Bonnefond reflètent l'influence de Léopold Robert et Jean-Victor Schnetz dont il reprend les thèmes remis à la mode par ces derniers. Il illustre ainsi les coutumes, souvent religieuses, du petit peuple italien et exploite le thème des « brigands » (Brigand italien faisant le guet, 1826)[2]. Son œuvre transcrit ainsi son intérêt pour la vie quotidienne mais aussi son goût pour le pittoresque et pour l'exotisme (Tête de Turc) et ses découvertes des cérémonies grecques orthodoxes. Il participe ainsi à l'image romantique de l'Italie et traduit une vision idyllique d'un peuple pauvre mais aux allures fières et au bonheur dans la simplicité et la modestie. Cette vision de l'Italie idéalisée permettra l'émergence de stéréotypes qui perdureront jusqu'en 1850 et même au delà.

Le Mauvais propriétaire, musée des beaux-arts de Lyon.

Même si son premier voyage en Italie a pour but de revivifier son style, la veine mélodramatique de ses œuvres françaises se retrouve, avec quelques nuances : ainsi peut-on noter le Berger endormi, les Chanteurs napolitains et surtout La fileuse d'Albano (1826)[3]. Mais c'est à partir de 1826, avec Chevrier et son fils pleurant leur chèvre malade (1826)[4] que Bonnefond entame le renouvellement réel de sa « manière française ». En 1825 en effet, Bonnefond ne peint aucun tableau et cette année est pour lui celle de l'observation, d'où découlent un grand nombre de dessins, études et croquis. À partir de là, l'œuvre de Bonnefond va prendre une autre tournure : il va chercher la sobriété des attitudes et des mouvements qui se retrouve notamment dans l'attitude du chevrier dans Chevrier et son fils pleurant leur chèvre malade et de la cliente dans La Diseuse de bonne aventure (1830)[5]. Son œuvre gagne en luminosité et Bonnefond met de côté son image de peintre « sombre », faisant dire à Dupasquier qu'il « trempe son pinceau dans le soleil »[6]. Enfin, il se tourne davantage vers la représentation de scènes de plein air.

À son retour en France, et lors de la présentation de ses tableaux au Salon, le renouveau de son style est remarqué. Delécluze, dans le Journal des Débats du 20 décembre 1827, note « l'heureuse modification que l'auteur a apporté à son talent pendant son séjour en Italie ». Ce changement est également perçu par Jal, les journalistes du Moniteur Universel, et Gustave Planche dans son Étude sur l'École française (1855).

Bonnefond continue sur cette lancée avec l'Italienne à son rouet (1833)[7], Le Vœu à la Madone (1835)[8], La Pèlerine blessée (1837) et Le patriarche d'Alep (1840)[7], sans doute l'une des dernières œuvres italiennes du peintre. Il exploite ainsi la veine qui a fait sa popularité jusqu'en 1840, date à laquelle il devient le portraitiste de la bourgeoisie lyonnaise et où l'Italie cesse de l'inspirer.

Claude Bonnefond figure également parmi les artistes français s'intéressant à la guerre d'Indépendance grecque qui fait rage à cette époque et qui puisent dans ces évènements des thèmes propres à soulever un élan dramatique, alors très en vogue. Ainsi Bonnefond peint L'Officier grec blessé (1826)[9] et, s'inspirant de la culture grecque, La Cérémonie de l'Eau-sainte dans l'église Saint-Athanase à Rome (1830)[4].

Bonnefond éprouve parfois des difficultés dans la pratique du dessin. Ainsi on note une disproportion de certains éléments du corps, ou de certains personnages, notamment lorsqu'il est question de figurer l'éloignement : par exemple dans le Moine secourant un pèlerin[10], le moine apparaît plus grand que le pèlerin alors qu'il se trouve derrière lui. Bonnefond cherchera à combler cette faiblesse en s'appuyant notamment sur une lithographie de Victor Orsel, La Cérémonie du Grand pénitencier, que Bonnefond lui empruntera et ne lui rendra qu'après avoir réalisé la Cérémonie de l'Eau-sainte dont la composition se révèle sans faute[11].

On peut également citer de lui Saint-Jacques-le-Majeur[12], Un Maréchal ferrant près d'une forge (1822)[13] ainsi qu'une œuvre d'étude, La Crosse de Humbert[14].

Élèves[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nelly Colin, « Jean-Claude Bonnefond et l'Italie », dans Lyon et l'Italie : six études d'Histoire de l'art, sous la direction de Daniel Ternois, Paris, CNRS, 1984, p. 213-235.
  • Marie-Claude Chaudonneret, « Missolonghi ou la Grèce martyre, l'Officier grec blessé de Jean-Claude Bonnefond », dans Bulletin des Musées et Monuments Lyonnais, 1993-1994, p. 18-23.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Né Jean-Claude Bonnefond.
  2. Collection particulière, présentée à l'exposition Crimes et châtiments au musée d'Orsay, en 2010.
  3. Musée d'art et d'industrie de Saint-Étienne.
  4. a et b Musée des beaux-arts de Lyon.
  5. Château de Compiègne.
  6. Dupasquier, L'art à Lyon en 1836, 1837, Lyon, p.59.
  7. a et b Localisation inconnue.
  8. Huile sur toile, 193,5 × 147,5 cm, musée des beaux-arts de Lyon.
  9. Musée de Chypre.
  10. Musée de Moulins.
  11. Gilles Chomer, Victor Orsel, thèse à l'Université de Lyon II, 1982, t.I, p.167-168.
  12. Huile sur toile, 40,5 × 32,5 cm, musée des beaux-arts de Lyon.
  13. Huile sur toile, 99 × 124,5 cm, Hood Museum of Art, New Hampshire.
  14. musée du Louvre, Paris.

Liens externes[modifier | modifier le code]