Pierre Bonnard

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Pierre Bonnard
Portrait par Odilon Redon (1902)
Portrait par Odilon Redon (1902)

Autres noms Nabi japonard
Activité Peintre - Graveur - Illustrateur - Dessinateur
Naissance 3 octobre 1867
Fontenay-aux-Roses, Drapeau de la France France
Décès 23 janvier 1947 (à 79 ans)
Le Cannet, Drapeau de la France France
Mouvement Nabi
Formation Académie Julian
École des beaux-arts de Paris

Pierre Bonnard, né le 3 octobre 1867 à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine) et mort le 23 janvier 1947 au Cannet (Alpes-Maritimes), est un peintre français. Peintre de personnages, figures, nus, portraits, paysages animés, intérieurs, natures mortes, fleurs et fruits, il était aussi graveur, dessinateur et illustrateur. Artiste postimpressionniste, il faisait partie du groupe des Nabis.

Sommaire

Biographie[modifier]

Maison de Fontenay-aux-Roses où naquit Pierre Bonnard.

Formation[modifier]

Très tôt, Pierre Bonnard montre un intérêt pour les lettres, le latin, le grec et la philosophie ainsi que pour le dessin et la couleur. En 1885, après avoir obtenu son baccalauréat, il entre en faculté de droit, selon les désirs de son père. Il obtient sa licence en 1888. Il suit en même temps les cours de l'Académie Julian et est admis à l'École des beaux-arts de Paris, où il rencontre Vuillard, de qui il se rapproche. Il découvre les peintures de Gauguin, Degas, Monet, Cézanne.

Les Nabis[modifier]

Pierre Bonnard adhère au groupe artistique des Nabis, composé, entre autres, d'Édouard Vuillard, Maurice Denis et Félix Vallotton. Il est fortement influencé par les idées de Paul Gauguin et également très intéressé par la vogue du japonisme. Tout particulièrement marqué par cette dernière tendance et la conception différente de la perspective et de l'espace que l'on retrouve dans le kakemono, Pierre Bonnard reçoit alors le surnom de « Nabi japonard ». Ce mouvement a également pour caractéristiques l'exaltation de la couleur, la simplification de la forme et la sublimation du quotidien, auquel les Nabis confèrent un caractère atemporel.

En novembre 1889, Bonnard prête serment d'avocat. Pendant l'année 1890, il se rend tous les jours au prétoire. Il y dessine des hommes de loi. Cette année-là, il effectue son service militaire, comme soldat de 2e classe, au 52e régiment d'infanterie à Bourgoin. C'est l'origine de sa toile L'Exercice, où il manie des tons purs.

Les Nabis s'avèrent également novateurs dans le domaine des arts graphiques, en réalisant des albums d'estampes et des livres illustrés. Pierre Bonnard est le premier Nabi à s'intéresser à l'affiche. Rejetant au départ le modelé de la peinture traditionnelle en faveur d'aplats de couleurs franches, cernés par une ligne évocatrice et élégante qui vise à l'effet décoratif, il trouve progressivement une voie toute personnelle, où il emploie pour peindre des sujets intimes, intérieurs, nus, fenêtres ouvertes sur le jardin, des effets impressionnistes servis par des palettes de couleurs légères et lumineuses, le tout soutenu par un sens très sûr de la composition et du dessin.

En 1891, il présente 5 tableaux et quatre panneaux décoratifs au Salon des indépendants. Cette même année, il exécute une commande pour France-Champagne, et abandonne du même coup sa carrière juridique. Il fait alors la connaissance de Toulouse-Lautrec, avec qui il se lie d'amitié. Ils se retrouvent en concurrence pour un projet destiné au Moulin Rouge ; Lautrec l'emporte.

Au Salon des indépendants de 1892, Bonnard présente Le Corsage à carreaux et La partie de croquet.

En 1893, il rencontre Marthe, née Maria Boursin, qui se fait appeler Marthe De Meligny. Elle devient son modèle puis son épouse. La même année est publiée Scène de famille, l'une des premières lithographies de Bonnard, dans la revue L'Estampe. Après quoi il réalise d'autres lithographies pour La Revue blanche, dont Parisiennes et La Femme au parapluie.

En 1897, Bonnard illustre de 18 dessins au pinceau un roman du Danois Peter Nansen, Marie, paru dans La Revue blanche. Il est alors remarqué par Ambroise Vollard et produit, sur sa demande, 109 lithographies pour un ouvrage de poésies libres de Verlaine, Parallèlement. Il renouvelle l'expérience, toujours à la demande de Vollard, pour Daphnis et Chloé.

Maturité[modifier]

Au début des années 1900, Bonnard voyage beaucoup à l'étranger, d'abord à Venise et à Milan en 1899, avec Roussel et Vuillard, puis en Espagne en 1901, Séville, Grenade, Tolède, Madrid. En 1905 et 1906, il entreprend une croisière en Belgique et aux Pays-Bas.

Bonnard semble trouver sa voie dans un retour à un certain impressionnisme, introduisant le mystère dans l'apparence visible. Il représente de nombreux nus, tous de Marthe, auxquels il associe des motifs de son quotidien (jardin, fruits). L'étude de la femme à la toilette devient primordiale dans ces années du début du siècle.

En 1924, une rétrospective de son œuvre lui est consacrée à la galerie Eugène Druet[1].

Il achète en 1926 la villa Le Bosquet au Cannet, où il se retire pendant la guerre de 1939 et où il passera les dernières années de sa vie. Là, il vit une osmose complète avec la nature. La même année, il illustre Les Histoires du petit Renaud de l'écrivain et illustrateur Léopold Chauveau. Il traverse ensuite une période d'introspection, durant laquelle il peint des intérieurs et des scènes de rues nocturnes. Ces thèmes anodins sont à la fois joyeux et poignants, comme s'il cherchait à représenter une certaine idée du temps perdu. Son épouse, Marthe, meurt en 1942.

Musée[modifier]

Le musée Pierre Bonnard du Cannet est dédié entièrement à l'artiste. Il est ouvert depuis le 25 juin 2011.

Anecdotes[modifier]

Pierre Bonnard, devenu célèbre, ne pouvait s’empêcher de retoucher ses toiles une fois celle-ci achetées et exposées dans un musée. Ses amis appelaient ça "bonnarder" ou "bonnardiser". Un journaliste relate, en 1943, cette attitude devenue visiblement coutumière. "Au Musée de Grenoble puis au Musée du Luxembourg, il lui arriva de guetter le passage d'un gardien d'une salle à l'autre, de sortir d'une poche une minuscule boîte garnie de deux ou trois tubes et, d'un bout de pinceau, d'améliorer furtivement de quelques touches un détail qui le préoccupait. Et, son coup fait, de disparaître, radieux, comme un collégien après une inscription vengeresse au tableau noir".[2][3]

Œuvres[modifier]

Voir la catégorie : Tableau de Pierre Bonnard.

Livres illustrés par Pierre Bonnard[modifier]

Notes et références[modifier]

  1. Article concernant Bonnard sur l'encyclopédie Larousse
  2. Annick Colonna-Césari, « L'éblouissement Bonnard », lexpress.fr, le 26 janvier 2006. Consulté le 25 mai 2013
  3. Agnés Cazenave, « Bonnard du soleil sur la tamise », lavie.fr, le 26 mars 1998. Consulté le 26 mai 2013

Voir aussi[modifier]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Christel Haffner Lance, « Pierre Bonnard et les saisons d'Arcachon », dans la revue Le Festin (éditions d'art en Aquitaine), n° 74, été 2010, p. 34-43.

Sources[modifier]

Liens externes[modifier]