Psyché (mythologie)

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Psyché (en grec ancien Ψυχή / Psykhế) est un personnage qui apparaît dans le roman d'Apulée, les Métamorphoses, épisode que l'on a longtemps cru inspiré d'un original grec. La Psyché, qui est allégorie de l'âme, est souvent représentée avec des ailes de papillon. Le personnage d'Apulée en est distinct.

Dans Les Métamorphoses, l'histoire de Cupidon (Désir ou Amour) et Psyché est présentée sous la forme d'un récit enchâssé dans l'œuvre principale, raconté par une vieille femme à une jeune fille enlevée par des brigands, dans le but de lui changer les idées. L'histoire terminée, Apulée fait malicieusement dire à son héros, Lucius (changé en âne) qu'il « se désolait de ne pas avoir de tablettes ni de stylet pour prendre en note une si belle histoire », ce qui peut signifier que l'auteur s'est réellement fondé sur un conte oral. Il est vraisemblable qu'Apulée ait modifié un conte amazigh (berbère) pour l'adapter au goût des lecteurs de l'empire romain.

Histoire[modifier | modifier le code]

Mosaïque d'époque romaine trouvée dans une villa à Cordoue (Espagne)

Psyché est la fille d'un roi. Elle est d'une beauté si parfaite qu'elle excitera la jalousie de Vénus, à laquelle on la compare. Elle a deux sœurs aînées, d'une grande beauté également, mais sur lesquelles Psyché l'emporte de loin ; toutefois, contrairement à ses sœurs, elle ne trouve pas d'époux, car les foules se contentent de venir la contempler comme une œuvre d'art et la vénérer comme une déesse. Vénus, jalouse de cette rivale et offensée par un tel sacrilège, ordonne à Cupidon de la rendre amoureuse du mortel le plus méprisable qui soit. Cependant, alors que le dieu s'apprête à remplir sa mission, il tombe lui-même amoureux de Psyché en se blessant avec l'une de ses propres flèches.

Le père de Psyché, désespéré de voir que sa fille ne trouve pas d'époux, se rend à Didymes pour supplier Apollon de permettre à Psyché de se marier. L'oracle est catégorique : Psyché doit être abandonnée sur un rocher au sommet d'une colline, où viendra la chercher son futur époux, un monstrueux serpent volant. Désolé mais résigné, le père de Psyché exécute les ordres divins et abandonne Psyché à son funeste destin. Cependant, Zéphyr, le doux Vent de l'ouest, emporte la jeune femme jusqu'à une merveilleuse vallée. Il dépose délicatement la princesse dans l'herbe tendre, non loin d'un magnifique palais. Psyché y pénètre et y découvre un savoureux festin qui l'attendait ; elle est servie par des personnages invisibles, dont elle entend seulement les voix. Elle s'endort ensuite dans une chambre somptueuse.

Plus tard dans la nuit, son mystérieux époux (Cupidon) la rejoint, lui demandant de ne jamais chercher à connaitre son identité, cachée par l'obscurité de la chambre. Toutes les nuits, il lui rend visite puis la quitte avant l'aurore. La jeune femme apprécie de plus en plus les étreintes et les mots doux qu'ils échangent alors. Rien ne manque au bonheur de Psyché, si ce n'est de connaître le visage et le nom de son amant nocturne, et de revoir sa famille. Ses deux sœurs, amenées au palais par Zéphyr, sont folles de jalousie face à tant de richesse et de bonheur. Elles cherchent à persuader Psyché que son époux n'est rien d'autre qu'un horrible monstre qui finira par la dévorer. Terrifiée à cette idée, elle profite du sommeil de son amant pour allumer une lampe à huile afin de percer le mystère. Elle découvre alors le jeune homme le plus radieux qu'elle ait jamais vu. Mais une goutte d'huile brûlante tombe sur l'épaule du dieu endormi, qui se réveille aussitôt et s'enfuit, furieux d'avoir été trahi.

L'Enlèvement de Psyché, par William Bouguereau.

Folle de chagrin et de remords, Psyché se jette dans une rivière. Mais la rivière, compatissante, la dépose sur la berge, où est assis le dieu Pan. Ce dernier conseille à Psyché de tout faire pour reconquérir l'amour de Cupidon. Alors la princesse part à la recherche de son amant. Elle erre de temple en temple, rencontrant Céres et Junon, déesses qui refusent de l'aider dans sa quêtre. Enfin, elle parvient au palais de Vénus, qui la soumet à toutes sortes d'épreuves, comme une esclave :

  • D'abord, elle doit trier, en une soirée, un énorme tas de grains de variétés différentes. Par bonheur, des fourmis, prises de pitié, l'aident à accomplir sa tâche, et le tas est trié à temps.
  • Ensuite, elle est contrainte de rapporter à Vénus de la laine de moutons à la toison d'or, qui paissent dans un pré au-delà d'une dangereuse et profonde rivière. Un roseau, ému par l'infortune de la jeune femme, lui indique la marche à suivre.
  • Puis elle doit rapporter de l'eau du Styx, puisée à même la source. Cette dernière se situe au sommet d'une haute montagne gardée par des dragons. Cette fois, c'est l'aigle de Jupiter (le roi des dieux) qui vient au secours de Psyché tandis qu'elle gravit la montagne. L'aigle va remplir une fiole avec de l'eau du Styx, et la remet à Psyché.
  • Enfin, la jeune femme doit mettre dans une boîte une parcelle de la beauté de Proserpine, la reine des Enfers. Épuisée, Psyché est à nouveau tentée de mettre fin à ses jours. Elle est sur le point de se jeter du haut d'une tour quand, soudain, la tour commence à lui parler, la convainc de rester en vie et lui indique même comment réussir cette épreuve. Ainsi, elle parvient à récupérer une parcelle de la beauté de Proserpine. Mais sa curiosité la perd : pensant que la beauté de la déesse l'aidera à reconquérir Cupidon, Psyché ouvre la boîte et, aussitôt, plonge dans un profond sommeil, pareil à la mort.

Entre-temps, Cupidon s'est échappé du palais de Vénus, qui l'y avait enfermé. Toujours épris de Psyché, il la ranime doucement avec la pointe d'une de ses flèches. Puis il l'emmène devant Zeus en personne, qui convoque les dieux de l'Olympe (dont Vénus, enfin apaisée), et annonce publiquement le mariage de Cupidon et Psyché. Celle-ci est invitée à consommer l'ambroisie, ce qui lui confère l'immortalité. Le dieu et la nouvelle déesse sont alors unis en présence de tout le Panthéon, et un merveilleux banquet s'ensuit.

Quelque temps plus tard, Psyché donne à Cupidon une fille, nommée Volupté (plaisir). L'amour (Cupidon) et l'âme (Psyché) sont ainsi réunis pour l'éternité.

Évocations artistiques[modifier | modifier le code]

Peintures :

L'Enlèvement de Psyché par Paul Baudry (1885)

Sculptures :

  • Psyché ranimée par le baiser de l'Amour, groupe sculpté d'Antonio Canova (1793), musée du Louvre ;
  • L'Amour et Psyché, groupe sculpté d'Antonio Canova (vers 1793) ;
  • Psyché, statue d'Antonio Canova (vers 1793) ;
  • Psyché, statue d'Albert Bertel Thorvaldsen (1806) ;
  • L'Amour et Psyché, groupe sculpté de Reinhold Begas (1857) ;
  • Pan réconfortant Psyché, groupe sculpté de Reinhold Begas (1858) ;
  • Cupidon et Psyché, groupe sculpté d'Auguste Rodin (1893) ;
  • Psyché, statue d'Auguste Rodin (vers 1905).

Tapisseries :

Vitraux :

Littérature :

Contes populaires :
De nombreux motifs du récit réapparaissent dans les contes populaires de divers pays, par exemple :

Musique :

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Emmanuel et Nedjima Plantade, "Psyche Libyca: Apuleius and the Berber Folktales", dans B.T. Lee, E. Finkelpearl, L. Graverini (éd.), Apuleius and Africa, Routledge, New York/London, 2014, 174-202.
  • Apulée, L'Âne d'or ou Les Métamorphoses, préface de Jean-Louis Bory, trad. et notes de Pierre Grimal, Gallimard / Folio classique, 1998 (ISBN 2-07-036629-4) (pp.110-151)
  • Henri Lemaître, Essai sur le mythe de Psyché dans la littérature française des origines à 1890, Boivin, Paris, 1939 ;
  • Jean de Palacio, Les Métamorphoses de Psyché, Séguier, Paris, 1999 ;
  • Sonia Cavicchioli, Eros et Psyché, Flammarion, Paris, 2002 ;
  • Véronique Gély, L'Invention d'un mythe : Psyché. Allégorie et fiction, du siècle de Platon au temps de La Fontaine, Honoré Champion, Paris, 2006.
  • Ouvrage collectif écrit en grec, dédié à Cornelius Castoriadis, l'un des auteurs est Yorgos Oikonomou "Psyché, Logos, Polis", éditions Epsilon, Athènes, 2007.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Vittet, L'énigme de « L'Histoire de Psyché », L'Objet d'Art hors-série n°43, mai 2009, pp.33-43.
  2. Nicole Garnier-Pelle, Les vitraux de la Galerie de Psyché, L'Objet d'Art hors-série n°43, mai 2009, pp.56-63.