Art de la Grèce antique

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L'aurige de Delphes, Musée archéologique de Delphes. Un des plus beaux vestiges de la sculpture grecque, il date de 470 av. J.-C. et fait partie d'un plus large ensemble de statues qui fut offert au sanctuaire d'Apollon à Delphes par Polyzalos, frère d'un tyran de Syracuse. Il s'agit d'un bronze de la première époque classique, un des rares à avoir conservé ses yeux de verres originaux

L’art de la Grèce antique a exercé une influence considérable sur la culture de nombreux pays des temps anciens à nos jours, en particulier dans les domaines de la sculpture et de l'architecture. À l'ouest, l'art de l'Empire romain s'est largement inspiré des modèles grecs.

À l'est, les conquêtes d'Alexandre le Grand ont permis plusieurs siècles d'échanges entre les Grecs, l'Asie centrale et les cultures indiennes, ce qui a donné naissance à l'art gréco-bouddhique, avec ses ramifications jusqu'au Japon lui-même. Après la Renaissance en Europe, l'esthétique humaniste et les techniques sophistiquées de l'art grec ont inspiré plusieurs générations d'artistes européens. Jusqu'au XIXe siècle, le classicisme de l'art grec a fortement influencé l'art du monde occidental.

Définitions[modifier | modifier le code]

Les historiens de l'art définissent généralement l'art grec ancien comme l'art produit dans la région parlant le grec entre le Xe et le Ier siècle av. J.-C. Ils excluent généralement l'art des civilisations minoenne et mycénienne, qui existaient entre le XVe et le XIIe siècle av. J.-C. Bien qu'il se soit agi de cultures parlant le grec, il n'existe que peu ou pas de continuité entre l'art de ces civilisations et l'art grec ultérieur.

À l'autre bout de l'échelle de temps, les historiens d'art s'accordent généralement pour dire que l'art grec ancien se termine avec l'établissement de la culture romaine dans le monde parlant le grec. Après cette date, ils estiment que l'art gréco-romain, malgré ses réalisations monumentales, s'est inspiré des modèles grecs plus anciens et a décliné lentement en qualité jusqu'à ce que l'avènement du christianisme mette fin à la période classique vers le Ve siècle (pour les périodes suivantes, voir Art romain et Art byzantin).

Il y a aussi une interrogation par rapport au mot « art » dans la Grèce ancienne. Le mot grec pour « art » est τέχνη / tékhnê, mais ce mot évoque avant tout la « compétence » ou l'« habileté ». Les peintres et les sculpteurs grecs ont acquis leur technique par l'apprentissage, souvent initiés par leur père puis par de riches patrons. Bien que certains soient devenus connus et admirés, ils n'avaient pas le même statut social que les poètes ou les dramaturges. Ce ne fut qu'à partir de la période hellénistique (après 320 av. J.-C.) que les artistes commencent à être reconnus comme une catégorie sociale à part entière

Styles et périodes[modifier | modifier le code]

L'art de la Grèce ancienne est traditionnellement divisé en trois périodes stylistiques : la période archaïque, la période classique et la période hellénistique.

Comme dit plus haut, la période archaïque débute généralement au Xe siècle av. J.-C., bien qu'en réalité on sache peu de choses sur l'art grec durant les 200 ans précédents : ce sont les « siècles obscurs ». Les guerres médiques (480448 av. J.-C.) sont souvent retenues comme limite entre la période archaïque et la période classique ; le règne d'Alexandre le Grand (336323 av. J.-C.) sépare la période classique de la période hellénistique.

En réalité, il n'y eut pas de transition nette d'une période à l'autre. Les différentes formes d'art se développèrent à des vitesses différentes dans le monde grec et comme dans toute l'Histoire certains artistes travaillaient dans des styles plus innovants et avant-gardistes que d'autres.

Vestiges et restes d'art grec antique[modifier | modifier le code]

Une des sept merveilles du monde en ruine : cet ensemble de colonnes marque le site du Temple d'Artémis à Éphèse

L'art grec ancien a survécu jusqu'à nous sous la forme de sculpture et d'architecture mais également sous des formes d'art plus mineures comme la fabrication de pièces de monnaie, de poterie et de joaillerie. De la période archaïque, il reste beaucoup de poteries peintes mais ces restes donnent une fausse impression de l'étendue de l'expression artistique grecque. Les Grecs, comme d'autres cultures européennes, considéraient la peinture comme la plus noble forme d'art. Le peintre Polygnote de Thasos, qui travaillait dans le milieu du Ve siècle av. J.-C., était considéré par les grecs de la même façon qu'étaient considérés plus tard Léonard de Vinci ou Michel-Ange.

Les peintres grecs travaillaient principalement sur des panneaux de bois, qui furent rapidement abîmés après 400 av. J.-C., car ils n'étaient plus entretenus. Aujourd'hui, bien peu a survécu de la peinture grecque. Il demeure quelques exemples de terre cuite peinte et des peintures sur les murs de tombes, surtout en Macédoine et en Italie, mais aussi à Alexandrie, à Cyrène ou en Thessalie. Des chefs d'œuvre de la peinture grecque, nous avons seulement quelques copies romaines, mais la plupart sont de qualité inférieure. La peinture sur la poterie, dont il reste beaucoup de vestiges, donne une idée de l'esthétique de la peinture grecque. Cependant, les techniques utilisées étaient très différentes de celles utilisées pour des peintures plus grandes.

Même dans les domaines de la sculpture et de l'architecture, seules quelques œuvres sont parvenues jusqu'à nous. Pour les chrétiens du IVe et du Ve siècle, détruire une œuvre païenne était un acte de piété. Le marbre brûlé était utilisé comme de la chaux et ce fut le destin de nombreuses statues de l'Antiquité au Moyen Âge. De même, par manque de métal pendant le Moyen Âge, on détruisit les statues en bronze de l'époque grecque ancienne. Les statues qui sont parvenues jusqu'à nous avaient été enterrées ou oubliées, ou dans le cas des bronzes, perdues en mer.

La grande majorité des constructions grecques n'ont pas survécu jusqu'à nos jours : soit elles ont été pillées pendant les guerres, soit elles ont été démontées pour utiliser les matériaux ou encore elles ont été détruites par des tremblements de terre fréquents en Grèce. Seuls quelques édifices, comme le Parthénon et le Temple d'Héphaïstos, à Athènes, ont été préservés. Des quatre merveilles du monde construites par les Grecs (la statue de Zeus à Olympie, le Temple d'Artémis à Éphèse, le Colosse de Rhodes et le Phare d'Alexandrie) aucune n'a survécu.

Comme pour la période archaïque, la poterie peinte et la sculpture sont presque les seules formes d'art qui ont été conservées en qualité et en quantité. La peinture était à ses balbutiements à cette époque, et aucune œuvre n'a passé les siècles. Bien que le monnayage frappé ait été inventé au milieu du VIIe siècle av. J.-C., il était peu répandu en Grèce jusqu'au VIe siècle av. J.-C. (voir économie de la Grèce antique).

La céramique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : céramique grecque antique.

Les anciens Grecs fabriquaient de la poterie pour un usage quotidien et non pas pour les exposer ; les trophées gagnés aux jeux sont des exceptions. La plus grande partie de la poterie est constituée de récipients pour boire comme des amphores, des cratères (récipients pour mélanger le vin et l’eau), des jarres à eau (hydries), des bols de libation, des cruches et des coupes. Des urnes funéraires peintes ont également été retrouvées. Beaucoup de figurines en terre cuite étaient également produites, principalement pour servir d'offrandes dans les temples. Pendant la période hellénistique, une grande variété de poteries fut produite, mais la plupart n'ont que peu d'intérêt artistique.

Pendant les plus anciennes périodes, même les petites cités grecques produisaient de la poterie pour le marché local. Les styles et modèles étaient ainsi très variés. Vers la fin de la période archaïque et le début de la période classique, cependant, Corinthe et Athènes dominèrent sur le marché de la poterie. Leur production fut exportée vers tout le monde grec, chassant les variétés locales. Des productions de Corinthe et Athènes ont été retrouvées de l'Espagne à l'Ukraine et elles sont si communes en Italie qu'au XVIIIe siècle elles furent classées dans l'art étrusque. La plupart de ces poteries sont des productions de masse de qualité inférieure. En fait, à partir du IVe siècle av. J.-C., la poterie devient une industrie et la peinture sur poterie cesse d'être une importante forme d'art.

L'histoire de la poterie grecque ancienne est divisée stylistiquement en périodes :

  • la période protogéométrique à partir d'environ 1050 av. J.-C. ;
  • la période géométrique à partir d'environ 900 av. J.-C. ;
  • la période géométrique récente ou période archaïque à partir d'environ 750 av. J.-C. ;
  • la période des figures noires à partir de 700 av. J.-C. ;
  • et la période des figures rouges à partir de 530 av. J.-C..
Oenochoé ionique orientalisante de style des "Chèvres sauvages" - Rhodes ou Milet, vers 640-630 av. J.-C. - Musée du Louvre
Kylix à motif rouge (environ -500) British Museum, Londres.

La gamme de couleurs qui pouvait être utilisée sur les poteries était restreinte par les techniques de cuisson : noir, blanc, rouge et jaune étaient les couleurs les plus courantes. Pendant les trois premières périodes, les poteries gardaient leur couleur naturelle claire avec quelques motifs noirs.

La poterie à figures noires, avec des détails en rouge et blanc et des incisions pour les contours et les détails est originaire de Corinthe (700 av. J.-C.) et fut introduite en Attique une génération plus tard. Elle fut très répandue jusque vers 500 av. J.-C. La poterie à figures rouges, inventée vers 530 av. J.-C., inversa cette tradition, en créant des poteries peintes en noir ornées de motifs rouges. Ce dernier style fit lentement disparaître le précédent.

Pendant les périodes protogéométriques et géométriques, la poterie grecque était décorée avec des motifs abstraits. Au cours des périodes suivantes avec les changements esthétiques et l'amélioration des techniques des potiers, les décorations prirent la forme de figures humaines, représentant souvent des dieux ou des héros de l'histoire et de la mythologie grecque. Les scènes de bataille et de chasse étaient également très populaires, avec des représentations de chevaux, que les grecs adoraient. Dans les dernières périodes, les représentations érotiques, hétérosexuelles ou pédérastiques devinrent communes.

La poterie grecque est souvent signée, parfois par le potier lui-même et plus rarement par le peintre. Des centaines de peintres sont cependant identifiables par leur style artistique.

La sculpture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sculpture grecque antique.
Kouros de la période archaïque, Musée archéologique de Thèbes

La sculpture est de loin la forme la plus importante d'art parvenu jusqu'à nous de la Grèce antique, même si seuls quelques vestiges restent. La sculpture grecque, souvent sous la forme de copies romaines, a beaucoup influencé la Renaissance italienne et est resté le modèle classique de la culture européenne jusqu'à la fin du XIXe siècle.

Les Grecs ont considéré très tôt que la représentation du corps humain était le sujet le plus important du travail artistique. Puisque leurs Dieux avaient une apparence humaine, il n'y avait pas de distinction entre le sacré et le profane ; le corps humain était à la fois profane et sacré. Un homme nu pouvait être aussi facilement Apollon ou Hercule ou un champion de boxe olympique. Pendant la période archaïque, la forme la plus importante de sculpture était le kouros (pluriel kouroi), un homme nu debout. La korê (pluriel korai), une femme debout, était également répandue mais comme la société grecque ne permettait pas l'exposition de la nudité féminine (jusqu'au IVe siècle av. J.-C.) elle reste toujours vêtue.

La période archaïque[modifier | modifier le code]

Comme pour la poterie, les Grecs ne produisaient pas des sculptures pour des expositions artistiques. Les statues étaient commandées par des aristocrates ou par l'État et utilisées pour des mémoriaux, comme offrandes à des temples, des oracles ou des sanctuaires (comme souvent indiqué sur les statues), ou sur des tombes. Pendant la période archaïque, les statues n'étaient jamais des représentations de personnages contemporains. Elles étaient la représentation d'un idéal de beauté, piété, honneur ou sacrifice. Il s'agissait toujours de représentations de jeunes hommes, entre l'adolescence et l'âge adulte, même quand les statues étaient placées dans les tombes de personnes (présumées) plus âgées.

La période classique[modifier | modifier le code]

Pendant la période classique, il y eut une révolution dans la statuaire grecque souvent associée à l'avènement de la démocratie athénienne et la fin de la culture aristocratique associée aux kouroi. La période classique vit des changements autant dans le style que dans la fonction de la sculpture. Les poses devinrent plus naturelles (voir l’aurige de Delphes) et la technique évolua beaucoup dans la description du mouvement des corps. À partir du Ve siècle av. J.-C., les statues commencèrent à représenter de vraies personnes.

Pendant cette période, les statues eurent d'autres utilités. Les grands bâtiments publics de l'ère classique comme le Parthénon à Athènes, ont créé le besoin de statues décoratives, particulièrement pour remplir la forme triangulaire des chapiteaux : une difficulté esthétique et un défi technique qui firent beaucoup pour stimuler l'innovation dans la sculpture. De ces sculptures, il ne reste que des fragments, les plus fameux d'entre eux étant les marbres du Parthénon, dont la plupart sont visibles au British Museum.

La statuaire funéraire évolua des kouroi statiques et impersonnels de la période archaïque vers des groupes familiaux très personnalisés de la période classique. Ces monuments funéraires sont le plus souvent situés autour d'Athènes, où se situaient à l'époque les cimetières. Bien que certaines de ces statues représentent des situations idéalisées : la mère en pleurs, le brave fils ; elles représentaient de plus en plus des personnes réelles. Ce sont les restes les plus intimes et touchants de la civilisation grecque antique.

Les plus grandes œuvres de la période classique, la statue de Zeus à Olympie et la statue d'Athéna Parthénos (toutes les deux réalisées par Phidias ou sous sa direction), ont été perdues, bien que des copies plus petites et de bonnes descriptions demeurent. Leur taille et leur magnificence ont amené plusieurs empereurs de l'époque byzantine à les confisquer pour les amener à Constantinople, où elles furent détruites plus tard dans des incendies.

La période hellénistique[modifier | modifier le code]

Groupe du Laocoon (fin de la période hellénistique), musée Pio-Clementino

La transition de la période classique à la période hellénistique eut lieu pendant le IVe siècle av. J.-C. Après les conquêtes d' Alexandre le Grand (de 336 à 323 av. J.-C.), La culture grecque s'étendit largement jusqu'à l'Inde. Elle devint ainsi plus diversifiée et plus influencée par les cultures orientales, au détriment de la qualité et de l'originalité des œuvres. De nouveaux centres de la culture grecque se développèrent à Alexandrie, Antioche, Pergame, et dans d'autres cités. Vers le IIe siècle av. J.-C., le pouvoir croissant de Rome absorba beaucoup des traditions grecques ainsi qu'une proportion croissante de ses produits.

Pendant cette période, la sculpture devint de plus en plus naturaliste. Les gens du peuple, les femmes, les enfants, les animaux et les scènes domestiques devinrent des sujets de sculpture, qui étaient commandées par de riches familles pour l'ornement de leurs maisons et de leurs jardins. Des portraits réalistes d'hommes et de femmes de tous âges furent produits, et les sculpteurs n'étaient plus obligés de les représenter comme des idéaux de beauté et de perfection physique. Pendant ce temps, les nouvelles cités hellénistiques s'érigeant en Égypte, en Syrie et en Anatolie avaient besoin de statues montrant les dieux et les héros de la Grèce pour orner leurs temples et leurs places publiques. Ces besoins firent de la sculpture, comme de la poterie, une industrie avec comme conséquences une certaine standardisation et une baisse de qualité. Pour ces raisons, beaucoup des statues de la période hellénistique ont survécu.

Les sculptures hellénistiques les plus connues sont la Victoire de Samothrace (Ier ou IIe siècle av. J.-C.), la statue d'Aphrodite de l'île de Melos connue sous le nom de la Vénus de Milo (milieu du IIe siècle av. J.-C.), le Gaulois mourant (v/ 230 av. J.-C.) et le groupe monumental groupe du Laocoon (fin du Ier siècle av. J.-C.). Toutes ses statues montrent des thèmes classiques, mais leur traitement est beaucoup plus émotionnel que les statues austères de la période classique.

La sculpture hellénistique fut aussi marquée par une augmentation d'échelle, qui trouve son apogée dans le Colosse de Rhodes (fin du IIIe siècle av. J.-C.), qui était de la même taille que l'actuelle Statue de la Liberté. Les conséquences combinées des tremblements de terre et des pillages ont détruit ce chef d'œuvre comme beaucoup d'autres œuvres de cette période.

L'architecture[modifier | modifier le code]

L'architecture prospéra en Grèce à la fin de la période mycénienne (du XIIe jusqu'au VIIe siècle av. J.-C.). Cependant ces constructions étaient en bois ou en briques, ce qui explique qu' il n'en reste rien à part quelques bases ; c'est à l'époque archaïque (au début du VI°s) que les matières légères furent remplacées par de la pierre ou du marbre. La plus grande partie des connaissances sur l'architecture grecque provient des quelques restes de constructions des époques classique, hellénistique ou romaine — puisque l'architecture romaine a beaucoup copié celle de la Grèce et qu'il n'y a presque pas de sources écrites sur l'architecture plus ancienne ou sur la description de bâtiments. Les temples sont les seules constructions qui ont survécu en nombre.

Stoa d'Attale restaurée, Athènes

L'architecture, comme la peinture et la sculpture, n'était pas considérée comme un art au sens moderne par les Grecs anciens. L'architecte était un artisan, employé par l'État ou un riche client privé. Il n'y avait pas de distinction entre l'architecte et l'entrepreneur. L'architecte faisait les plans du bâtiment, engageait les travailleurs et les artisans pour le construire et il était responsable aussi bien du budget que des délais de livraison. Il n'avait pas le statut élevé qu'ont les architectes de nos jours. Les noms des architectes ne sont même pas connus avant le Ve siècle av. J.-C. Un architecte comme Ictinos, qui a dessiné le Parthénon, qui serait considéré aujourd'hui comme un génie, fut considéré toute sa vie comme un très bon artisan, pas plus.

Le style typique des constructions grecques est très connu grâce à quelques vestiges comme le Parthénon et plus encore grâce aux bâtiments romains construits en partie sur des modèles grecs, comme le Panthéon à Rome. Le bâtiment était souvent soit un cube, soit un parallélépipède, fait en pierre à chaux, abondante en Grèce, qui était coupée en larges blocs avant d'être utilisée. Le marbre était un matériau assez cher en Grèce : les marbres de bonne qualité venaient principalement du mont Pentélique en Attique ou de quelques îles comme Paros et leur transport en gros blocs était difficile. Il était utilisé pour les sculptures décoratives, mais pas pour les structures, sauf pour la plupart des grands bâtiments de l'ère classique.

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Le cube ou le parallélépipède de base était souvent flanqué d'une colonnade (rangée de colonnes) soit sur deux, soit sur quatre côtés. C'est le cas du Parthénon. Parfois, les bâtiments cubiques avaient à l'entrée un portique, comme plus tard au Panthéon. Les Grecs connaissaient le principe de l'arche de maçonnerie mais l'utilisaient peu, car ils en posaient peu de dômes sur leurs bâtiments ; ces raffinements furent laissés aux Romains. Les Grecs couvraient leurs bâtiments avec des poutres en bois couvertes de tuiles de terre cuite (ou parfois de marbre).

La faible hauteur des toits grecs produisait une forme triangulaire à chaque extrémité des bâtiments, le fronton, qui était souvent orné de sculptures. Sur les côtés du bâtiment, entre le haut des colonnes et le toit, se trouvait une rangée de blocs appelée actuellement entablure dont les surfaces apparentes portaient souvent des sculptures appelées frises, qui alternaient des métopes et des triglyphes (pour l'ordre dorique) ou étaient continues (pour l'ordre ionique). Aucun des bâtiments grecs n'a conservé intactes ces sculptures, mais on peut les voir sur des copies modernes de temples grecs comme à l'Académie nationale grecque à Athènes.

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Le temple était la forme la plus commune et la plus connue des formes d'architecture grecque. Le temple n'avait pas les mêmes fonctions que les églises actuelles. Certains temples abritaient l'autel d'un dieu ou d'une déesse, qui leur était dédié, mais beaucoup d'autres avaient d'autres fonctions. Certains temples servaient d'abri pour le trésor associé au culte d'un dieu (comme par exemple une statue de ce dieu) et ils accueillaient aussi les offrandes des croyants. La partie intérieure du temple (la cella) servait également de chambre forte et de dépôt.

D'autres formes communes d'architecture utilisées par les Grecs sont le tholos, un bâtiment circulaire comme le très connu tholos de Delphes qui était réservés à des cérémonies religieuses ; le propylée ou porche, qui entourait les entrées des temples ou des sanctuaires (le plus connu est sur l'Acropole à Athènes) et la stoa (portique), un hall long et étroit avec une colonnade ouverte d'un côté, qui servait à abriter des boutiques sur l'Agora (centre commercial) des cités grecques. Un portique entièrement restauré se trouve à Athènes : la Stoa d'Attale.

Chaque cité grecque, quelle que soit sa taille, avait une palaistra (palestre) ou un gymnasion (gymnase). Il s'agissait d'espaces fermés, mais à ciel ouvert, entourés de colonnes, utilisés pour l'entraînement et les compétitions athlétiques : ils étaient le lieu de réunion des citoyens hommes. Les cités grecques avaient également besoin d'au moins un Bouleutérion ou chambre du conseil, un grand bâtiment carré qui servait à la fois de lieu de réunion pour le conseil (la Boulè) et de palais de justice. Comme les Grecs ne construisaient pas d'arches ou de dômes, ils ne pouvaient pas ériger de grandes pièces supportant des toits : le Bouleutérion avait donc des rangées de colonnes à l'intérieur pour soutenir le toit. Il ne reste pas de vestiges de ces bâtiments.

Enfin, chaque cité grecque avait un théâtre. Il était utilisé à la fois pour les réunions publiques et pour les représentations théâtrales. Ces représentations étaient à l'origine des cérémonies religieuses ; elles devinrent ensuite la forme la plus appréciée de la culture grecque vers le VIe siècle av. J.-C. (cf. théâtre grec antique). Le théâtre était souvent construit sur une colline à l'extérieur de la cité et possédait des rangées de gradins en forme de demi-cercle disposés autour d'une aire centrale, l'orchestre. Derrière l'orchestre, se trouvait un bâtiment appelé la σκηνή / skênê (qui a donné le mot « scène », qui servait d'entrepôt, de vestiaire mais aussi de toile de fond pour la représentation se déroulant dans l'orchestre. Quelques théâtres grecs ont survécu jusqu'à nos jours, le plus connu étant celui d'Épidaure.

Il y avait deux principaux styles (appelés ordres) dans l'architecture grecque : le dorique et l'ionique. Ces noms étaient utilisés par les Grecs eux-mêmes et reflétaient leur croyance selon laquelle les styles venaient des peuples grecs anciens appelés les Doriens et les Ioniens — même si cela est peu probable. Le style dorique était principalement utilisé en Grèce puis s'étendit jusqu'à l'Italie. Le style ionique était employé dans les cités de l'Ionie (actuellement les côtes Ouest de la Turquie) et certaines îles de la mer Égée. Le style dorique était plus conventionnel et austère, le style ionique plus décoratif et créatif. Le style corinthien, plus ornementé, fut une évolution tardive du style ionique. Ces styles sont bien connus à travers les trois formes de chapiteaux surplombant les colonnes, mais il se reconnaît aussi dans les éléments architecturaux et décoratifs des bâtiments (voir Ordre architectural).

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La plupart des bâtiments restants de la Grèce antique, comme le Temple d'Héphaïstos à Athènes, sont doriques. Le temple d'Héra à Samos (570 av J.C.) est l'une des premières manifestations du ionique, tout comme le temple d'Artémis à Ephèse, tout proche mais un peu plus tardif (570-560 av J.C.). Le Parthénon est l'un des rares bâtiments à mélanger les deux styles: il comporte, notamment, une frise constituées de triglyphes et de métopes (dorique) ainsi qu'une frise sculptées en bandeau continu (ionique). L'ordre ionique est devenu dominant à la période hellénistique, car son style décoratif convenait mieux à l'esthétique de cette période que l'austère dorique. Certains des plus beaux vestiges de la période hellénistique comme la Bibliothèque de Celsus, peuvent être admirés en Turquie, dans des cités comme Éphèse ou Pergame. Mais, d'une des plus grandes cités de l'époque hellénistique, Alexandrie en Égypte, il ne reste pratiquement rien.

La musique[modifier | modifier le code]

Article connexe : Musique de la Grèce antique.

Le théâtre[modifier | modifier le code]

Article connexe : Théâtre grec antique.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lexicon Iconographicum Mythologiae Classicae (LIMC)
  • John Boardman :
    • L'Art grec, Thames & Hudson, coll. « L'univers de l'art », 2003 (ISBN 2-87811-001-3),
    • (dir.) The Oxford History of Classical Art, Oxford University Press, 2001 ;
  • René Ginouvès, L'Art grec, PUF, coll. « Quadrige », 1993 (1re édition 1964) (ISBN 2130424635) ;
  • B. Holtzmann et A. Pasquier, Histoire de l'art antique : l'art grec, Documentation française, coll. « Manuels de l'École du Louvre », Paris, 1998 (ISBN 2-11-003866-7) ;
  • Roland Martin, L'Art grec, Livre de Poche, coll. « Pochothèque », 1994 (ISBN 2253065730).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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