Horus

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Horus
Divinité égyptienne
Image illustrative de l'article Horus
Caractéristiques
Autre(s) nom(s) Horos, Hor
Nom en hiéroglyphes
G5 G7

ou
G9

ou
H Hr
r
Translittération Hannig Ḥr
Représentation homme à tête de faucon
Parèdre Hathor
Culte
Région de culte Égypte antique
Temple(s) Nekhen
Lieu principal de célébration Héliopolis, Kom Ombo, Edfou
Symboles
Attribut(s) Œil Oudjat

Horus est le nom latin d’une des plus anciennes divinités égyptiennes, le dieu faucon Ḥr, dont le nom signifie probablement « celui qui est au-dessus » ou « celui qui est lointain ». Le culte d’Horus remonte sans doute à la préhistoire, car la liste royale du Canon royal de Turin qualifie de Suivants d’Horus les rois légendaires qui gouvernèrent l’Égypte après le règne des dieux (on peut noter ici que Horus au serekh est le plus ancien roi égyptien qui puisse être nommé). Aux débuts de l’époque historique, le faucon sacré est figuré sur la palette du roi Narmer et dès lors il sera constamment associé à la monarchie pharaonique. Dans l’iconographie et la statuaire Horus ne doit pas être confondu avec Khonsou autre dieu hiéracocéphale, ce dernier étant coiffé du disque lunaire tandis qu'Horus arbore le plus souvent la double couronne.

Sommaire

Présentation[modifier | modifier le code]

Dieu faucon[modifier | modifier le code]

ḥr "Horus"
G5
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Horus est l'une des plus anciennes divinités égyptiennes. Ses origines se perdent dans les brumes de la Préhistoire africaine. À l'instar des autres principales déités du panthéon égyptien sa présence se manifeste dans l'iconographie dès le IVe millénaire av. J.-C.[1]. La dénomination contemporaine d'Horus est issue du théonyme grec Ὧρος (Hōros) élaboré au cours du Ier millénaire av. J.-C. au moment de la rencontre des cultures égyptienne et grecque. Ce théonyme est lui-même issu de l'Égyptien ancien Hor qui étymologiquement signifie « le Lointain », « le Supérieur ». L'écriture hiéroglyphique ne restituant pas les voyelles, l'exacte prononciation égyptienne n'est plus connue, probablement Horou ou Hârou[2]. Dans la langue Proto-égyptienne, Horus devait désigner le faucon d'où son idéogramme représentatif. Dès la Période protodynastique (aux alentours de 3300 av. J.-C.), le hiéroglyphe du faucon Hor désigne aussi le souverain, qu'il soit en exercice ou défunt, et peut même équivaloir au mot netjer « dieu » avec toutefois une connotation de souveraineté. Dans les Textes des Pyramides, l'expression Hor em iakhou « Horus dans le rayonnement » désigne ainsi le roi défunt, devenu un dieu parmi les dieux à son entrée dans l'au-delà[3].

En Égypte antique plusieurs variétés de faucons ont coexisté. Les représentations de l'oiseau d'Horus étant le plus souvent très stylisées, il est assez difficile de l'identifier formellement à une variété en particulier. Il semble toutefois que l'on puisse y voir une image du Faucon pèlerin (Falco peregrinus). Ce rapace de taille moyenne et au cri perçant est réputé pour sa rapidité en piqué quand, du haut du ciel, il fond sur ses petites proies terrestres. Ce faucon présente aussi la particularité d'avoir des plumes sombres sous les yeux, (la « moustache » selon les ornithologues) qui dessinent une sorte de croissant. Cette marque distinctive n'est pas sans rappeler le graphisme de l'œil-Oudjat attribué à Horus et aux autres dieux hiéraconcéphales[4].

Iconographie[modifier | modifier le code]

dessin
Relevé de la Stèle de Qahedjet, Musée du Louvre.

La divinité d'Horus se manifeste dans l'iconographie sous de multiples façons. Dans la plupart des cas, il est représenté comme un faucon, comme un homme à tête de faucon ou, pour évoquer sa jeunesse, comme un jeune enfant nu et chauve. La forme animale est la plus ancienne. Jusqu'à la fin de la Période protodynastique, les animaux, dont le faucon, apparaissent comme étant bien plus efficace et bien plus supérieur aux hommes. De ce fait, les puissances divines sont alors exclusivement figurées sous la forme animale. Le faucon et son majestueux vol planant dans le ciel ont été manifestement interprétés comme la marque ou le symbole du soleil, son nom « le Lointain » faisant référence à l'astre diurne. Vers la fin de la Ire dynastie, aux alentours de 2800 av. J.-C., en parallèle au développement de la civilisation égyptienne (diffusion de l'agriculture, de l'irrigation et de l'urbanisme), la mentalité religieuse s'infléchit et les forces divines commencent à s'humaniser. À cette époque apparaissent les premiers dieux entièrement anthropomorphe et momiforme (Min et Ptah). Concernant Horus, durant les deux premières dynasties la forme animale reste la règle. Les premières formes composites (hommes à tête animale) font leur apparition à la fin de la IIe dynastie et en l'état des connaissances, la plus ancienne représentation connue d'Horus en homme hiéraconcéphale date de la IIIe dynastie. Elle figure sur une stèle à présent conservée au Musée du Louvre[n 1] où le dieu est montré en la compagnie du roi Houni-Qahedjet (≈ 2580 av. J.-C.)[5].

Parmi les plus célèbres représentations figure un fragment d'une statue conservée au Musée égyptien du Caire et montrant Khéphren assis sur son trône (IVe dynastie). Le faucon est debout sur le dossier du siège et ses deux ailes ouvertes enveloppent la nuque royale afin de signifier sa protection. Dans le même musée est conservée la statue en or de l'Horus de Nekhen. Sa datation est discutée ; VIe ou XIIe dynastie[n 2]. Il ne subsiste plus que la tête du falconidé coiffée d'une couronne constituée de deux hautes plumes stylisées. Ses yeux en pierre d'obsidienne imitent admirablement le regard perçant de l'oiseau vivant. Le Metropolitan Museum of Art de New York possède quant à lui une statuette où le roi Nectanebo II de la XXXe dynastie, le dernier pharaon de l'Égypte indépendante, est montré petit et debout entre les pattes d'un majestueux faucon couronné du pschent[6].

Un dieu complexe[modifier | modifier le code]

Horus est un dieu à multiples facettes, au point qu’on s’est demandé si le nom ne désigne pas en fait des divinités distinctes :

  • Il est le faucon céleste dont l’œil droit est le soleil et l’œil gauche la lune. Quand la lune et le soleil sont absents du ciel on dit que Horus est aveugle. C’est sous cet aspect qu’il recevait un culte à Nekhen, l’Hiérakonpolis grecque.
  • À Héliopolis, il était vénéré en tant que Horakhty, l’Horus de l’Horizon, concurremment avec . En tant que tel, il était à la fois le soleil du matin et le soleil du soir. Dans les textes des pyramides, le roi défunt ressuscite sous cette apparence de faucon solaire. Par un syncrétisme fréquent dans la religion égyptienne, Horakhty finit par fusionner avec le démiurge héliopolitain, sous la forme de Rê-Horakhty.
  • Dans le mythe osirien enfin, Horus est le fils d'Osiris et d'Isis. Osiris, assassiné par son frère Seth, est ramené à la vie, le temps d'une union, grâce aux efforts conjugués d'Isis et de Nephtys. C'est de cette union miraculeuse que naît Horus l’Enfant, que les Grecs appelleront Harpocrate, ou Harsiésis, Horus fils d’Isis.

Pour venger la mort de son père Osiris, Horus affronte son oncle Seth, il gagne le combat et reçoit le trône d'Égypte en héritage. D'où son surnom de « vengeur de son père ». Il est par-là même le premier des pharaons après son père. Cependant, sa légitimité sera sans cesse contestée par Seth. Horus est borgne : lors du combat qui l’oppose à Seth, Horus a perdu son œil gauche, qui est reconstitué par Thot. Appelé Oudjat, cet œil, que les Égyptiens portèrent sous forme d’amulette, possédait des vertus magiques et prophylactiques. Cet œil gauche reconstitué morceau par morceau par Thot représente la lune qui jour après jour s'accroit.

À l'opposé donc de Seth, qui représente la violence et le chaos, Horus pour sa part incarne l’ordre et, tout comme pharaon, il est l’un des garants de l’harmonie universelle ; cependant, il ne faut pas réduire la théologie complexe des Égyptiens à une conception manichéenne du Bien et du Mal, car, dans un autre mythe, Seth est l’auxiliaire indispensable de dans son combat nocturne contre le serpent Apophis. Bien et mal sont des aspects complémentaires de la création, tous deux présents en toute divinité. (Voir Personnification du principe du mal).

Mythe archaïque[modifier | modifier le code]

Dès les origines de l'État pharaonique, Horus est la divinité protectrice de la monarchie. Le dieu faucon, plus particulièrement celui adoré à Nekhen, est la puissance à laquelle Pharaon s'identifie en se voyant comme son successeur et son héritier. Avant même la création du mythe osirien, le combat d'Horus et Seth est à la base de l'idéologie royale. La réconciliation des deux divinités rivales en la personne du roi en exercice est lourde de signification et transparaît notamment lors des cérémoniels d'investiture.

Origines de l'État pharaonique[modifier | modifier le code]

Pouvoir pharaonique[modifier | modifier le code]

Article connexe : Pharaon.
photo d'un objet
Réplique de la Palette de Narmer.

Le pouvoir pharaonique apparaît vers 3300 av. J.-C. ce qui fait de l'Égypte antique le premier État connu au monde. Sa durée recouvre plus de trente-cinq siècles et, durant toute cette période, le faucon Horus est le dieu protecteur des pharaons. Depuis l'historien Manéthon, un égyptien hellénisé au service de Ptolémée II, la chronologie des règnes est découpée en trente dynasties, depuis le origines et jusqu'à la conquête du pays par Alexandre le Grand en 322 av. J.-C. Le premier nom de cette liste royale est celui du pharaon Ménès « Celui qui fonde » ou « Celui qui établit l'État ». L'identité de ce personnage reste problématique ; il s'agit soit d'un personnage mythique soit d'un souverain réel, Narmer ou Aha selon les propositions communément avancées. L'émergence d'une autorité unique sur le territoire égyptien résulte de multiples facteurs (géographie, économie, politique, etc.). Les détails de ce processus d'unification restent encore nébuleux. Il s'est peut-être d'abord produit une agrégation des populations dans le sud de la vallée du Nil, en Haute-Égypte autour de deux ou plusieurs chefs puis d'un seul (victoire de la ville de Nekhen sur Noubt). Puis soumission de la Basse-Égypte par Ménès et ses successeurs. Dès les origines, le mythe de la victoire d'Horus le faucon sur Seth, la créature du désert, sert à symboliser le pouvoir de pharaon. Les actions royales, qu'elles soient guerrières ou pacifiques, s'inscrivent dans des rituels politico-religieux où le roi, considéré comme le successeur d'Horus, est capable d'influer sur les cycles naturels (crue du Nil, courses solaire et lunaire) afin de satisfaire aux besoins matériels de ses sujets[7]. La Palette de Narmer inaugure une scène rituelle que l'on retrouvera jusqu'à la fin de la civilisation égyptienne. Il s'agit du massacre des ennemis, la tête fracassée par une massue vigoureusement brandie par Pharaon. Sur la palette, Narmer debout et coiffé de la couronne blanche assomme un ennemi agenouillé qu'il maintient immobile en l'empoignant par les cheveux. Au dessus de la victime la présence et l'approbation d'Horus se manifeste sous la forme d'un faucon qui maintient enchaîné un fourré de papyrus muni d'une tête, symbole probable de la victoire du Sud sur le Nord[8].

Suivants d'Horus[modifier | modifier le code]

photo d'une statuette
Horus-roi couronné du Pschent.

D'après les découvertes archéologiques, il semble qu'aux alentours de 3500 av. J.-C., dans la vallée du Nil, les villes dominantes sont Nekhen et Noubt, respectivement patronnées par les dieux Horus et Seth. Après la victoire de la première sur la seconde, les rois de Nekhen ont réalisé l'unification politique de l'Égypte. Avant le règne du pharaon Narmer-Ménès (vers 3150 av. J.-C.), le premier représentant de la Ire dynastie, une douzaine de roitelets se sont succédé à Nekhen (dynastie 0). Ces princes se sont tous placés sous la protection du dieu faucon en adoptant un « Nom d'Horus » (Hor, Ny-Hor, Hat-Hor, Pe-Hor, etc.). À des degrés divers, tous ont joué un rôle éminent dans la formation du pays. Dans la pensée religieuse égyptienne, le souvenir de ces roitelets a perduré sous l'expression des « Suivants d'Horus ». Dans le Papyrus de Turin, ces Suivants sont magnifiés et idéalisés en voyant placée leur lignée entre la dynastie de dieux de l'Ennéade et celles des pharaons humains historiques. Les Textes des Pyramides, les plus anciens textes religieux égyptiens, accordent très naturellement une place importante au dieu faucon de Nekhen adoré par les Suivants d'Horus. On le trouve désigné sous différentes expressions « Horus de Nekhen », « Taureau de Nekhen », « Horus du Sud », « Horus, seigneur de l'élite », « Horus qui réside dans la Grande Cour », « Horus qui est dans la Grande Cour », etc[9].

Nekhen (Hiérakonpolis)[modifier | modifier le code]

Article connexe : Nekhen.
Objet en or
Tête en or de l'Horus de Neken.

Nekhen, connue des Grecs sous le nom de Hiérakonpolis la « Ville du Faucon », est une très antique cité aujourd'hui identifiée aux ruines arasées du Kôm el-Ahmar la « Butte Rouge »[10]. Fondée à la Préhistoire, vers la fin du IVe millénaire av. J.-C., Nekhen est durant la Période prédynastique la capitale de la Haute-Égypte. Par la suite, durant la période pharaonique, Nekhen sur la rive gauche et Nekheb sur la rive droite du Nil forment la capitale du IIIe Nome de Haute-Égypte. Dès sa fondation, Nekhen dispose d'une forte enceinte en briques crues large de dix mètres qui enserre un espace de sept hectares. D'après les secteurs fouillés, la ville s'organise d'après des rues quasi-rectilignes se coupant à angle droit. Le centre est occupé par un bâtiment officiel, sans doute un palais résidentiel muni de sa propre enceinte afin de l'isoler du reste de la ville. Le temple d'Horus, souvent remanié, occupait l'angle sud-ouest mais ses vestiges ne se signalent plus que par un butte artificielle vaguement circulaire[11].

En 1897, deux fouilleurs anglais James Edward Quibell (1867-1935) et Frederick William Green (1869–1949), en explorant le site du temple de Nekhen, ont découvert un « trésor » de pièces archéologiques (une tête de faucon d'or, des objets en ivoire, des vases, des palettes, des étiquettes commémoratives, des statuettes humaines et animales, etc.). Ces reliques de la période prédynastique et conservées par les premiers pharaons memphites ont probablement été confiés, pour préservation, aux prêtres de l'Horus de Nekhen. Il est tentant d'imaginer que ce don pieux soit l'œuvre de Pépy Ier (VIe dynastie), une statue en cuivre grandeur nature le représentant avec son fils Mérenrê ayant été découverte près du dépôt principal[12].

Dieu dynastique[modifier | modifier le code]

Les Deux Combattants[modifier | modifier le code]

photo d'un bloc sculpté
Seth, rival d'Horus.

Dans la mythologie égyptienne, Horus est surtout connu pour être le fils d'Osiris et le neveu de Seth, l'assassin de son père. Si les déités Horus et Seth sont très anciennement attestée ; dès la Période prédynastique, la figure d'Osiris est apparue bien plus tardivement, au tournant des IVe et Ve dynasties. L'intégration d'Osiris, au cours du XXVe siècle av. J.-C., dans le mythe d'Horus et Seth est par conséquent le résultat d'une reformulation théologique (qualifiée par l'égyptologue français Bernard Mathieu de « Réforme osirienne »)[13]. Les Textes des Pyramides sont les plus anciens écrits religieux disponibles. Ces formules magiques et religieuses apparaissent gravés sur les murs des chambres funéraires à la fin de l'Ancien Empire. Leur élaboration est cependant bien plus primitive et certaines strates rédactionnelles semblent remonter à la Période thinite (Ire et IIe dynasties). Là, certains passages mentionnent un conflit entre Horus et Seth sans que n'intervienne la personne d'Osiris. Ces données peuvent être interprétées comme les traces ténues d'un mythe archaïque pré-osirien. Plusieurs expressions lient Horus et Seth en un binôme en les appelant les « Deux Dieux », les « Deux Seigneurs », les « Deux Hommes », les « Deux Rivaux » ou les « Deux Combattants ». Leur mythe n'est pas exposé en un récit suivi mais seulement évoqué, çà et là, au moyen d'allusions éparses qui mentionnent qu'Horus et Seth se chamaillent et se blessent l'un l'autre ; le premier perdant son œil, le second ses testicules[14] :

« Horus est tombé à cause de son œil, Seth a souffert à cause de ses testicules. (§.594a) »
« Horus est tombé à cause de son œil, le Taureau a filé à cause de ses testicules. (§.418a) »
« pour qu'Horus se purifie de ce que lui a fait son frère Seth,
pour que Seth se purifie de ce que lui a fait son frère Horus (§.*1944d-*1945a) »

— Textes des Pyramides (extraits). Traduction de Bernard Mathieu[15].

Horus ou la victoire sur la confusion[modifier | modifier le code]

photo d'un objet en pierre
Palette à fard trouvée à Nekhen.

Dès les plus anciennes attestations écrites le faucon Horus est lié à la ville de Nekhen (Hiéraconpolis) et son rival Seth à la ville de Noubt (Ombos). À la fin de la période protohistorique, ces deux cités de Haute-Égypte jouent un rôle politique et économique essentiel. D'après certains égyptologues comme l'Allemand Kurt Sethe (1869-1934) le mythe du conflit entre Horus et Seth trouve son élaboration dans les tensions tribales qui existaient alors entre les deux villes concurrentes. La lutte des « Deux Combattants » pourrait symboliser les guerres menées par les fidèles d'Horus contre ceux de Seth. Sous le roi Narmer, probablement le légendaire Ménès, ce conflit s'est soldé par la victoire de Nekhen. D'autres universitaires comme les Néerlandais Henri Frankfort (1897-1954) et Adriaan de Buck (1892-1959) sont revenus sur cette théorie en considérant que les Égyptiens, à l'instar d'autres peuplades antiques ou primitives, appréhendent l'univers selon des termes dualistes fondées sur des paires contraires mais complémentaires : homme / femme ; rouge / blanc ; ciel / terre ; ordre / désordre ; Sud / Nord, etc. Dans ce cadre, Horus et Seth sont les parfaits antagonistes. Leur lutte symbolise tous les conflits et toutes les disputes où finalement l'ordre incarné par Horus doit soumettre le désordre personnifié par Seth. En 1967, leur compatriote Herman te Velde estime que le mythe archaïque de l'affrontement d'Horus et Seth ne peut avoir été inspiré (ou de moins pas entièrement) d'événements guerriers survenus à l'aube de la civilisation pharaonique. Les origines du mythe se perdent dans les brumes des traditions religieuses de la préhistoire. Les mythes ne sont pas inventés de toute pièces mais résultent de reformulations successives. Les maigres données archéologiques qui nous sont parvenus de cette lointaine époque sont d'interprétation délicate et ne peuvent guère nous aider à reconstituer la genèse de cette légende[16]. Contrairement à Horus qui incarne l'ordre pharaonique, Seth est un dieu sans limites, irrégulier et confus qui veut avoir des relations tantôt hétérosexuelles, tantôt homosexuelles. Les testicules de Seth symbolisent tant les aspects déchaînés du cosmos (tempête, bourrasques, tonnerre) que ceux de la vie sociale (cruauté, colère, crise, violence). D'un point de vue rituel, l'Œil d'Horus symbolise les offrandes offertes aux dieux et a pour contrepartie les testicules de Seth. Pour que l'harmonie puisse advenir, Horus et Seth doivent être en paix et départagé. Une fois vaincu, Seth forme avec Horus un couple pacifié symbole de la bonne marche du monde[17].

Investiture pharaonique[modifier | modifier le code]

Titulature de Khâsekhemoui.

Le couronnement de pharaon est un enchaînement complexe de rituels variés dont l'ordonnancement exact n'est pas encore bien reconstitué. Le Papyrus dramatique du Ramesséum, très fragmentaire, semble être un commentaire illustré du rituel mis en place lors de l’avènement de Sésostris Ier de la XIIe dynastie. L'interprétation de ce document difficile à comprendre est encore débattue. Selon l'Allemand Kurt Sethe (1869-1934) et le Français Étienne Drioton (1889-1961), l'investiture pharaonique est une sorte de spectacle sacré avec le nouveau souverain pour principal acteur. L'action est centrée sur les dieux Osiris et Horus et son déroulement s'inspire du mythe archaïque de l'affrontement d'Horus et Seth augmenté de l'épisode plus récent d'Horus condamnant Seth à porter la momie d'Osiris[18]. L'Égypte antique a fondé sa civilisation sur le concept de la dualité. Le pays est ainsi perçu comme l'union des « Deux Terres ». Principal symbole de la royauté, la couronne Pschent « les Deux Puissantes » est la fusion de la couronne rouge de Basse-Égypte avec la couronne blanche de Haute-Égypte. Le pharaon incarne dans sa personne les « Deux Combattants » à savoir Horus de Nekhen et Seth de Noubt. Le second est toutefois subordonné au premier et, dans les textes, la préséance est toujours accordée à Horus. Emblème de l'unification rituelle du pays, Horus et Seth désignent l'autorité monarchique. Dès la Ire dynastie, le roi en exercice est un « Horus-Seth » comme l'indique une stèle datée du roi Djer où la reine est « Celle qui voit Horus, sceptre hétes d'Horus, celle qui épaule Seth ». Plus tard, sous Khéops, ce titre est simplifié et la reine est « Celle qui voit Horus-Seth ». Sous la IIe dynastie, le faucon d'Horus et le canidé de Seth surmontent conjointement le Serekh du roi Khâsekhemoui. Dès l'Ancien Empire, l'iconographie royale montre le binôme Horus et Seth en train de couronner le pharaon ou sous le Moyen Empire en train d'unir les plantes héraldiques des deux royaumes dans les scènes du Sema-taouy ou rite de la « Réunion des Deux-Terres »[19].

Horus et la titulature royale[modifier | modifier le code]

Article connexe : Titulature des pharaons.
photo d'une stèle
Stèle dédiée au Serekh du roi Ouadji, le « Serpent », IIe dynastie.

La titulature du pharaon avait une grande importance et était chargée d'une puissance magique considérable. Elle s'enrichit et développe à partir de la Ire dynastie et parvient à son aboutissement — cinq noms différents mis ensemble — sous la Ve dynastie. L'assemblage des cinq composantes constituent le ren-maâ ou « nom authentique » par lequel pharaon définit sa nature divine. La titulature était fixée lors du couronnement mais pouvait évoluer au cours du règne selon les circonstances politiques et religieuses du moment. La modification signalait ainsi des inflexions dans les intentions royales ou des désirs divins nouveaux imposés au souverain. Quels que soient son aspect et son rôle — faucon céleste, dieu créateur ou fils d’Osiris — Horus est le dieu dynastique par excellence. Aussi la première composante de la titulature royale est le Nom d'Horus déjà portée par les souverains de la Dynastie 0 à savoir les prédécesseurs de Narmer, considéré dans l'historiographie comme le premier des pharaons[20].

Dès les origines, le nom d'Horus s'est inscrit dans le Serekh, un rectangle toujours surmonté du faucon sacré. Le registre inférieur représente la façade stylisée du palais royal vue de face tandis que l'espace où est inscrit le nom est le palais vu en plan. La signification du Serekh est évidente. Le roi dans son palais est l’Horus terrestre, à la fois l’incarnation du dieu faucon et son successeur légitime sur le trône d’Égypte[21].

Sous la Ire dynastie, se met en place le Nom de Nesout-bity, symbole de l'union des Deux-Terres et le Nom de Nebty patronné par les déesses Ouadjet et Nekhbet. Plus tard, sous la IVe dynastie s'ajoute le Hor Noubt ou « Nom de l'Horus d'Or ». Son l’interprétation est incertaine mais il semble que sous l'Ancien Empire, il ait été perçu comme l'union des dieux Horus et Seth réconciliés en la personne royale[22]. Finalement, sous le règne de Djédefrê apparaît le cinquième nom, le Nom de Sa-Rê ou « Fils de Rê » qui place le pharaon sous la filiation spirituelle de , autre dieu faucon aux aspects céleste et solaire[23].

Horus dans le Mythe osirien[modifier | modifier le code]

Horus, protecteur d'Osiris[modifier | modifier le code]

Horus, fils d'Osiris[modifier | modifier le code]

fresque murale
Osiris protégé par ses fils Anubis et Horus.

Selon l'égyptologue français Bernard Mathieu, l'apparition d'Osiris au tournant des IVe et Ve dynasties est le résultat d'une réforme religieuse de grande ampleur menée par les théologiens d'Héliopolis[24]. Le mythe osirien provient d'un processus de reformulation où le très archaïque Horus, archétype du dieu-souverain a d'abord été assimilé aux dieux Atoum-Rê et Geb puis s'est vu doté d'un aspect purement funéraire sous les traits d'Osiris le chef des esprits défunts[25]. La réforme conduit à la création d'une lignée de neuf divinités, l'Ennéade d'Héliopolis composée d'Atoum, Chou, Tefnout, Geb, Nout, Osiris, Isis, Seth et Nephtys. Dans ce mythe renouvelé, Horus devient le fils du couple Osiris-Isis et le neveu de Seth. Ce dernier tue Osiris qui ressuscite grâce à l'intervention d'Isis. Les Textes des Pyramides attestent des nouveaux liens familiaux attribués à Horus. L'expression Hor sa Ousir « Horus fils d'Osiris » apparaît dans de nombreux passages. Dans une moindre mesure, on rencontre les appellations Hor renpi « Horus le jeune » et Hor khered nechen « Horus l'enfant nourrisson », préfigurations du théonyme tardif de Hor pa khered « Horus l'enfant » (Harpocrate) seulement forgé après la fin du Nouvel Empire. L'expression Hor sa Aset « Horus fils d'Isis » (Horsaïsé) n'apparaît qu'au sortir de la Première Période intermédiaire. Les Textes des Pyramides n'ignorent toutefois la filiation par la mère avec les expressions « son Horus à elle », « son Horus » en parlant d'Isis[26].

Osiris, le dieu assassiné[modifier | modifier le code]

Articles principaux : Osiris et Mystères d'Osiris.
statuette en bronze
Statuette d'Osiris

Osiris est le plus célèbre des dieux funéraires égyptiens. Avec Isis, son épouse, sa popularité ira croissante durant toute l'histoire religieuse égyptienne. À la Basse Époque puis durant la Période gréco-romaine, le dieu bénéficie de chapelles dans les principaux temples du pays. Là, durant le mois de Khoiak, s'exercent le cérémonial des Mystères d'Osiris qui sont la réactualisation du mythe par la grâce du rite. L'histoire de son assassinat et de son accès à la vie éternelle à fait sa gloire ; chaque individu en Égypte s'identifiant à son sort. Les grandes lignes du mythe ont été exposées pour la première fois par le Grec Plutarque au II siècle. Seth, jaloux de son frère, assassine le roi Osiris en l'enfermant dans un coffre puis en le jetant dans le fleuve. Après de longues recherches, Isis retrouve la dépouille à Byblos, la ramène au pays et la cache dans les marais du Delta. Au cours d'une partie de chasse, Seth découvre le corps et, fou furieux, démembre Osiris en quatorze morceaux qu'il jette au loin. Après une longue quête, Isis retrouve les membres épars et reconstitue le corps en le momifiant. Transformé en oiseau-rapace, Isis s'accouple avec son défunt mari et conçoit Horus un fils prématuré et malingre. Devenu adulte, Horus entre en lutte contre Seth, son oncle assassin. Après plusieurs combats, Horus défait son rival et se fait proclamer roi d'Égypte (Sur Isis et Osiris, §§. 13-19)[27].

Harendotès ou la solidarité familiale[modifier | modifier le code]

bijou pectoral
Horus, Osiris et Isis.

Connu en égyptien sous Hor-nedj-itef « Horus le défenseur de son père » ou « Horus qui prend soin de son père », Harendotès est la forme d'Horus sous l'apparence du fils attentionné. En Égypte antique, l'amour du fils envers le père est une des plus hautes valeurs morales. Cet amour filial est tout aussi important que l'amour qui doit régner au sein du couple homme-femme incarné par la relation Osiris-Isis. Bien que fils posthume, Horus est le défenseur pugnace des droits de son père usurpés par Seth. Après son assassinat, Osiris se trouve retranché de la communauté des dieux et privé de son statut royal. Devenu adulte, Horus ne poursuit qu'un seul but ; celui de rétablir Osiris dans sa dignité et son honneur de roi. Dès les Textes des Pyramides, nombre de textes affirment qu'Horus a rendu à son père ses couronnes et qu'il a fait de lui le roi des dieux et le souverain de l'empire des morts. Le rétablissement social d'Osiris s'incarne dans deux images constamment rappelées dans les liturgies funéraires ; celle du redressement de la momie (Osiris ne gît plus mais est debout) et celle de l'humiliation de Seth, condamné par Horus à porter le corps d'Osiris[28] :

« Ô Osiris (roi) ! Horus t'a mis à la tête des dieux, il a fait en sorte que tu prennes possession de la couronne blanche, de la dame (ou tout ce qui est tient). Horus t'a trouvé, et c'est heureux pour lui. Sors contre ton ennemi ! Tu es plus grand que lui en ton nom de « grand sanctuaire ». Horus a fait en sorte de te soulever en ton nom de « grand soulèvement », il t'a arraché à ton ennemi, il t'a protégé en son temps. Geb a vu ta forme et t'a mis sur ton trône. Horus a étendu pour toi ton ennemi sous toi, tu es plus ancien que lui. Tu es le père d'Horus, son géniteur en ton nom de « géniteur ». Le cœur d'Horus occupe une place prééminente auprès de toi en ton nom de Khentimenty. »

— Textes des Pyramides, chap. 371. Traduction de Jan Assmann[29].

Horus l'Enfant[modifier | modifier le code]

Naissance[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Famille osirienne.

Horus est le fils de la déesse Isis et de son époux et frère Osiris.

Après l'assassinat de son époux, Isis a retrouvé et reconstitué son corps démembré, à l'exception de son pénis, mangé par un poisson-chat[30],[31]. Elle a utilisé ses pouvoirs magiques pour revivifier Osiris et lui façonner un phallus d'or[32] afin de concevoir son fils.

Lorsque Isis a su qu'elle était enceinte de Horus, elle a fui dans le Delta du Nil afin de se cacher de son frère Seth, qui par jalousie, avait tué Osiris et dont elle pensait qu'il voudrait tuer son fils[33].

Harpocrate[modifier | modifier le code]

Article connexe : Harpocrate.
statuette en bronze
Statuette en bronze d'Harpocrate, Basse Époque.

Sous sa forme juvénile, le dieu Horus est connu sous le nom d'Harpocrate (du grec Ἁρποκράτης / Harpokratês) issu de l'expression égyptienne Hor-pa-khered qui signifie « Horus l'enfant ». Dans l’iconographie, Harpocrate apparaît sous les traits d'un jeune enfant entièrement nu et chauve à l'exception de la mèche de l'enfance, une boucle de cheveux tressée qui depuis la tempe s'enroule autour de son oreille. Le jeune dieu approche généralement une de ses main vers la bouche pour sucer un doigt. Durant la Période gréco-romaine, ce geste a été réinterprété comme un geste incitant au silence et à la discrétion et a été perçu comme le symbole des enseignements secrets professés par les prêtres égyptiens aux jeunes initiés. Son culte se développe à partir de la fin du Nouvel Empire pour connaitre son apogée aux alentours du IIe siècle de notre ère. Le jeune dieu, très populaire au sein des familles, est alors présent dans les foyers sous la forme de statuettes en terre cuite ou en bronze. Ces figurines qui mêlent les styles égyptien et grec montrent Harpocrate debout, assis, couché ou chevauchant un animal (chien, âne, cheval, oie, grenouille, etc.)[34]. D'après le mythe osirien, Horus a été conçu d'une manière posthume par Isis transformée en oiseau Milan lors de son union avec la momie d'Osiris. Selon le Grec Plutarque, cet enfant serait né prématuré et imparfait car faible des membres inférieurs (Sur Isis et Osiris, §§. 19 et 65.)[35]

Création d'Harpocrate[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Khonsou et Mammisi.
photo d'une statuette
Statuette de Khonsou-l'enfant (Basse Époque).

Dès le IIIe millénaire av. J.-C., les Textes des Pyramides évoquent la naissance, la jeunesse et l'âge adulte du dieu Horus. Toutefois son image de dieu-enfant ne se fixe que bien plus tard, au Ier millénaire av. J.-C. quand les théologiens égyptiens ont pris pour habitude d'adjoindre des figures spécifiquement enfantines aux dieux adultes. Du point de vue historique, Harpocrate est une création artificielle due aux prêtres de Thèbes qui, par la suite, s'est développée dans les couches populaires en dehors de la religion officielle. Les premières mentions écrites d'Harpocrate remontent à la XXIe dynastie dans la titulature des prêtresses affectée à la triade thébaine constituée par le dieu Amon, la déesse Mout et le dieu-fils Khonsou. Quant à sa première représentation connue, elle figure sur une stèle érigée à Mendès durant le règne de Sheshonq III (XXIIe dynastie libyenne) pour commémorer une donation du flûtiste Ankhhorpakhered. À l'origine, Harpocrate est élaboré comme un doublet de Khonsou-enfant (Khonsou-pa-khered). Il s'agissait alors de donner un dieu-fils aux allures strictement enfantines au couple formé par les dieux funéraires Osiris et Isis. À l'inverse d'Horus qui jusqu'alors est essentiellement perçu comme un dieu adulte, la nature de Khonsou, dieu lunaire, se caractérise par la jeunesse. Initialement, les cultes d'Harpocrate et Khonsou se combinent dans un sanctuaire situé dans l'Enceinte de Mout. Ce sanctuaire, transformé en Mammisi sous la XXIe dynastie, célèbre la naissance divine du pharaon dans des scènes où la maternité de la reine-mère est assimilée à celles de Mout et d'Isis. La conjonction des croyances amoniennes et osiriennes font que le dieu Harpocrate se voit d'abord gratifié d'une double ascendance comme dans les graffitis des carrières du Ouadi Hammamat « Horus-l'enfant, fils d'Osiris et d'Isis, le Grand, l'Ancien, le premier né d'Amon ». Cependant, la vitalité de la religion osirienne fit d'Harpocrate le parangon des dieux-enfants dans le seul cadre de la famille osirienne (Osiris, Isis, Horus) érigée comme le modèle parfait et idéal de la solidarité familiale[36].

Stèles d'Horus[modifier | modifier le code]

image en noir et blanc
Dessin de la partie supérieure de la Stèle de Metternich.

Les « Stèles d'Horus », aussi appelées « Cippes d'Horus », sont des pièces archéologiques de tailles variables (de 80 cm à moins de 5 cm) en pierre dure foncée (basalte ou schiste) dont la fonction principale est de protéger magiquement ou de guérir une personne qui a été atteinte par un animal venimeux ; l'Égypte étant infesté de nombreuses sortes de scorpions et de serpents. Ces stèles se caractérisent par une représentation centrale du dieu Harpocrate vu de face et surmonté du masque hideux du nain Bès. Harpocrate est montré debout sur un ou plusieurs crocodiles et tenant dans ses mains des serpents, des lions, des gazelles et des scorpions. Selon la taille des stèles, elles étaient soit conservées dans les sanctuaires ou les foyers domestiques soit transportées tel des talismans par des individus lors de leurs déplacements. Dès les origines de la civilisation égyptienne, les prêtres se sont préoccupés des possibles attaques de ces animaux malfaisants. Dans les pyramides à textes, de nombreuses formules viennent ainsi en aide aux souverains défunts occupés à voyager dans l'au-delà. Les stèles d'Horus sont quant à elles attestées entre le Nouvel Empire et la Période romaine et ont été trouvées sur une vaste zone qui dépasse largement les frontières de leur pays d'origine (Italie, Iraq, Liban, Soudan, Éthiopie). Les plus anciens exemplaires remontent à XIXe dynastie et s'inspirent de stèles dédiées à Shed « Le Sauveur » que des particuliers vivants à Amarna conservaient auprès d'eux. Quelques 400 stèles d'Horus sont connues et conservées à travers le monde. Le Musée du Louvre en possède une quarantaine dont la Statue guérisseuse Tyszkiewicz (67 cm de haut) qui montre un prêtre debout, le vêtement couvert d'inscriptions et arborant dans ses mains une petite stèle horienne[37]. Parmi les pièces les plus considérables, la Stèle de Metternich est toutefois la plus fameuse avec ses 240 représentations et ses 250 lignes de texte hiéroglyphique. Cet artéfact est à présent exposé au Metropolitan Museum de New York et a été réalisé pour le compte du prêtre-médecin Nestoum sous le règne de Nectanébo Ier (XXXe dynastie). Le procédé d'utilisation de ces objets magique est simple. Le guérisseur versait de l'eau sur la stèle. Il recueillait ensuite le liquide chargé de la puissance magique des textes gravés pour le donner à boire à son patient tout en récitant les formules appropriées. Sur la plupart des exemplaires, le visage d'Horus est fortement érodé. Il est alors probable que les patients se devaient de toucher ou caresser la divine face en signe de soumission et d'adoration[38].

Enfance menacée[modifier | modifier le code]

Article connexe : Isis.

L'efficacité magique des « Stèles d'Horus » repose sur la mention d'épisodes mythologiques qui mettent en scène le jeune Horus comme la victime des maléfices de son oncle Seth puis comme le bénéficiaire des pouvoirs bénéfiques de sa mère Isis. Dans les formules magiques gravées sur les stèles (ou inscrites sur les pages des grimoires tardifs) Horus est le modèle divin de l'enfant sauvé et sauveur car en fin de compte invincible. Le guérisseur, en faisant revivre à son patient la maladie puis la guérison d'Horus, le place dans une situation archétypique où les dieux sont appelés à venir en aide à l'un des leurs plongé dans la détresse[39]. Parmi toutes les stèles découvertes à ce jour, les inscriptions magiques gravées sur la Stèle de Metternich sont les plus remarquables. Le texte a été publié pour la première fois en 1877 par le Russe Vladimir Golenichtchev dans une traduction en langue allemande. Depuis lors, le document à été transposé à plusieurs reprises en langue française, les précurseurs étant les égyptologues Alexandre Moret (1915)[40] et François Lexa (1925)[41].

photo d'une stèle
Scène centrale de la Stèle de metternich.

La stèle rapporte ainsi un épisode de l'enfance tumultueuse d'Horus. Après le meurtre d'Osiris, son épouse Isis cache son fils Horus dans les marais de Chemnis situés autour de la ville de Bouto. Le jeune dieu est en effet constamment sous la menace de son oncle Seth qui cherche à l'éliminer physiquement afin de mieux asseoir son pouvoir despotique sur le pays égyptien. Délaissé par sa mère occupée à trouver des moyens de subsistance, Horus est la victime d'une piqûre de scorpion. Le soir, Isis retrouve son fils inanimé proche de la mort. Désespérée, Isis cherche de l'aide auprès des Égyptiens. Personne ne parvient à guérir la jeune victime mais les plaintes continuelles d'Isis font accourir Nephtys et Selkis. Cette dernière conseille aussitôt la mère en détresse de faire appel à . Ému par le désespoir d'Isis, le dieu solaire arrête sa course céleste, s'immobilise dans le ciel et envoie Thot auprès du jeune agonisant. Après de nombreuses paroles incantatoires, Thot réussit à évacuer le poison du corps d'Horus qui aussitôt revient à la vie. Ceci fait, Thot ordonne aux habitants de Bouto de veiller constamment sur le jeune dieu en l'absence d'Isis. Il retourne ensuite auprès de Rê dans le ciel et annonce à son maître que la course solaire peut à présent se poursuivre normalement[42].

Horus contre Seth[modifier | modifier le code]

Aventures d'Horus et Seth[modifier | modifier le code]

Papyrus Chester Beatty I[modifier | modifier le code]

photo des ruines
Vestiges du village de Deir el-Médineh où fut découvert le papyrus des Aventures d'Horus et Seth.

Le mythe de l'affrontement d'Horus et Seth est attesté dans les plus anciens écrits égyptiens que sont les Textes des Pyramides. Cet ensemble de formules magico-religieuses se trouve gravés dans les chambres funéraires des derniers pharaons de l'Ancien Empire (XXIVe siècle av. J.-C.). Il ne s'agit toutefois là que d'allusions éparses, ces écrits étant des liturgies destinées à la survie post mortem et non pas des récits mythologiques. Par la suite, ce conflit est évoqué tout aussi allusivement dans les Textes des Sarcophages et le Livre des Morts. Il faut attendre la fin du Nouvel Empire et la Période ramesside (XIIe siècle av. J.-C.) pour voir rédigé un véritable récit suivi des péripéties des deux divinités rivales. Le mythe est consigné sur un papyrus en écriture hiératique trouvé à Deir el-Médineh (Thèbes) dans les restes d'une bibliothèque familiale. Après sa découverte, le papyrus intègre la collection de l'industriel millionnaire Alfred Chester Beatty (1875-1968) et demeure depuis conservé à la Bibliothèque Chester Beatty à Dublin. Son premier traducteur est l'égyptologue britannique Alan Gardiner (1879-1963) publié en 1931 par l'Oxford University Press. Depuis lors ce récit est connu sous le titre des Aventures d'Horus et Seth (en anglais The Contendings of Horus and Seth). Ce savant a porté un regard assez condescendant sur ce récit qu'il jugeait appartenir à la littérature populaire et ribaude, sa morale désapprouvant certains épisodes comme les mutilations d'Isis et Horus ou les penchants homosexuels de Seth. Depuis cette date, les Aventures ont été maintes fois traduites en langue française ; la première étant celle de Gustave Lefebvre en 1949[43]. Dans les travaux égyptologiques récents, on peut se borner à citer la traduction commentée livrée en 1996 par la Belge Michèle Broze[44]. Cette analyse poussée a démontré la richesse littéraire et la cohérence subtile d'une œuvre élaborée par un scribe érudit, très habile dans une narration non dénuée d'humour[45].

Résumé du mythe[modifier | modifier le code]

statuette
Statuette de Seth.

Après la disparition d'Osiris, la couronne d'Égypte revient de droit au jeune Horus, son fils et héritier. Mais son oncle Seth, le jugeant trop inexpérimenté, désire ardemment se faire proclamer roi par l'assemblée des dieux. Horus, appuyé de sa mère Isis, fait convoquer le tribunal des dieux à toute fin de régler ce contentieux. préside, tandis que Thot tient le rôle du greffier. Quatre-vingts ans s'écoulent sans que le débat progresse. Le tribunal est partagé entre les tenants de la royauté légitime (revenant à Horus), et Rê qui voit en Seth son perpétuel défenseur contre Apophis (le monstrueux serpent des origines)[46]. Les débats, tournent en rond et nécessitent un avis extérieur. C'est donc à Neith, déesse de Saïs, réputée pour son infinie sagesse, que Thot adresse une missive. La réponse de la déesse est sans ambiguïté : la couronne doit revienir à Horus. Cependant, pour ne pas pénaliser Seth, Neith propose de lui offrir les déesses Anat et Astarté comme épouses[47].

Le tribunal se réjouit de cette solution, mais Rê, lui, reste sceptique. Horus ne serait-il pas un peu jeune pour assumer la direction du royaume ? Après quelques heurts entre les deux parties et excédé par tant de tergiversations Rê ordonne le déplacement des débats vers l'Île-du-Milieu[n 3]. Furieux contre Isis, Seth demande que les débats se poursuivent en son absence. La requête est acceptée par Rê qui ordonne à Anti d'en interdire l'accès à toute femme[48].

Mais c'était compter sans la ténacité de la déesse. Elle soudoie Anti et se réintroduit dans l'enceinte du tribunal sous les traits d'une belle jeune femme. Rapidement, elle ne manque pas d'attirer l'attention de Seth. Tous deux finissent par converser et, troublé par tant de beauté, Seth s'égare dans des propos compromettants en reconnaissant sous cape la légitimité filiale d'Horus ! La rusée Isis se dévoile alors. Le coup de théâtre laisse Seth sans voix. Quant à Rê, il ne peut que juger de l'imprudence de Seth qui s'est confié, sans prendre garde, à une inconnue. Dépité, il ordonne le couronnement d'Horus et punit Anti pour s'être laissé corrompre par Isis[49].

Mais le colérique Seth n'est pas décidé à en rester là. Il propose à Horus une épreuve aquatique où les deux dieux se transforment en hippopotames. Celui qui restera le plus longtemps sous l'eau pourra devenir roi. Mais Isis, qui suit de près les mésaventures de son fils, perturbe la partie. Elle s'attire finalement le mécontentement d'Horus qui fou de rage la décapite. Transformée en statue de pierre, Thot lui redonne vie en lui fixant au cou une tête de vache. Après son méfait, Horus, prend la fuite vers le désert. Mais, coursé par Seth il est rapidement rattrapé. Prestement, Seth jette Horus à terre et lui arrache les deux yeux qu'il enterre[n 4]. La déesse Hathor, émue par le triste sort d'Horus le guérit grâce à un remède de lait d'antilope[50].

statue
Horus-roi couronné du pschent.

Apprenant cette histoire et lassé, , ordonne une réconciliation des deux belligérants autour d'un banquet. Mais une fois encore, Seth trouble la situation. Il invite son neveu à passer la soirée chez lui ce que ce dernier accepte. La nuit, Seth s'essaye à féminiser Horus lors d'une relation homosexuelle afin de le rendre indigne du pouvoir royal. Toutefois, Horus parvient à éviter l'assaut et recueille la semence de son oncle entre ses mains. Le jeune dieu accourt vers sa mère. Horrifiée, elle coupe les mains de son fils et les jette dans le fleuve pour les purifier. Par la suite, elle masturbe son fils, recueille sa semence et la dépose sur une laitue du jardin de Seth. Insouciant, Seth mange la laitue et se trouve engrossé. Devant tous les dieux, il donne naissance au disque lunaire qui s'élance hors de son front. Seth veut le fracasser à terre mais Thot s'en saisit et se l'approprie[51].

Après une ultime épreuve aquatique, proposée par Seth et remportée par Horus, Osiris, resté jusqu'alors silencieux, intervient depuis l'au-delà et met directement en cause le tribunal qu'il juge trop laxiste. En tant que dieu de la végétation, il menace de couper les vivres à l'Égypte et de décimer la population par la maladie. Les dieux, bousculés par tant d'autorité, ne tardent pas à rendre un verdict favorable à Horus. Mais Seth n'est pas oublié. Placé aux côtés de Rê, il devient « celui qui hurle dans le ciel », le très respecté dieu de l'orage[52].

Mythe de l'Œil d'Horus[modifier | modifier le code]

Horus aveuglé par Seth[modifier | modifier le code]

Article connexe : Décapitation d'Isis.
relief d'un temple
L'Œil d'Horus posé sur une chapelle, temple de Kôm Ombo.

Dans le papyrus des Aventures d'Horus, Seth pour se départager d'Horus lui propose qu'ils se transforment en hippopotames et de plonger dans les eaux du fleuve. Celui qui remonte avant trois mois révolus, ne sera pas couronné. Les deux rivaux plongent mais Isis intervient et veut harponner Seth pour interrompre sa course et l'obliger à émerger. Elle lance son harpon ; celui-ci touche malheureusement Horus. Sans s'interrompre, la déesse lance une seconde fois son harpon et touche Seth. Ce dernier l'implore piteusement de le retirer hors son corps ; ce qu'elle fait. En constatant cette clémence, Horus se met en colère et décapite sa mère qui aussitôt se transforme en statue acéphale :

« Rê-Harakhty poussa un grand cri et dit à l'Ennéade: « Hâtons-nous et infligeons-lui un grand châtiment ». L'Ennéade grimpa dans les montagnes pour rechercher Horus, le fils d'Isis. Or, Horus était couché sous un arbre au pays de l'oasis. Seth le découvrit et s'empara de lui, le jeta sur le dos sur la montagne, arracha ses deux yeux Oudjat de leur place, les enterra dans la montagne pour qu'ils éclairassent la terre (...) Hathor, Dame du sycomore du sud, s'en alla et elle trouva Horus, alors qu'il était effondré en larmes dans le désert. Elle s'empara d'une gazelle, lui prit du lait et dit à Horus : « Ouvre les yeux, que j'y mette du lait ». Il ouvrit les yeux, et elle y mit le lait (elle en plaça dans le droit, elle en plaça dans le gauche, et (...) elle le trouva rétabli. »

— Aventures d'Horus et Seth (extraits). Traduction de Michèle Broze[53]

Durant la Période gréco-romaine, soit plus d'un millénaire après la rédaction des Aventures d'Horus et Seth, le Papyrus Jumilhac, une monographie consacrée aux légendes anubiennes de la Cynopolitaine, ne manque pas d'évoquer le mythe de la perte des yeux d'Horus. Seth ayant appris que les yeux étaient enfermés dans deux lourds coffrets en pierre ordonne à des complices de les voler. Une fois en ses mains, ils charge les coffrets sur son dos, les dépose au sommet d'une montagne et se transforme en gigantesque crocodile pour se les surveiller. Mais Anubis transformé en serpent ,se glisse auprès des coffrets, prend possession des yeux et les dépose dans deux nouveaux coffrets en papyrus. Après les avoir enterré plus au nord, Anubis s'en retourne auprès de Seth afin de le consumer. À l'endroit où Anubis enterra les yeux émergea un vignoble sacré où Isis établit une chapelle pour rester au plus près d'eux[54].

Thot, fils d'Horus et Seth[modifier | modifier le code]

Article connexe : Filiation de Thot.
statuette d'un singe
Thot-babouin coiffé du disque lunaire.

Dans la pensée religieuse égyptienne, la naissance de la Lune est assimilée à l'apparition de l'Œil d'Horus et à la venue au monde du dieu Thot. D'après les Aventures d'Horus et Seth le disque lunaire est sorti du front de Seth après que ce dernier eut avalé une laitue imprégnée du sperme d'Horus. La semence d'Horus « jaillit sous la forme d'un disque d'or sur la tête de Seth. Seth entra dans une rage folle et tendit la main pour se saisir du disque d'or. Thot le lui enleva et le plaça comme couronne sur sa tête[55] ». Cet épisode mythologique est manifestement déjà connu à l'époque des Textes des Pyramides car une allusion indique que Thot est issu de Seth. Une autre rapporte que l'Œil d'Horus, c'est-à-dire la Lune, a été ôtée du front de Seth[n 5]. Dans les Textes des Sarcophages, Thot informe Osiris qu'il est « le fils de son fils, la semence de sa semence », autrement dit le petit-fils d'Osiris à travers Horus[n 6]. Ailleurs, Thot est appelé « le fils des Deux Rivaux » ou « le fils des Deux Seigneurs» ou encore « le fils des Deux Seigneurs qui est sorti du front ». L'étrange naissance de Thot symbolise de la fin du conflit. En tant que « Maître de la Maât », (l'harmonie cosmique) et fils commun d'Horus et Seth, il est « Celui qui sépare les Deux Compagnons ». Aussi joue-t'il les médiateurs pour mettre fin à cette incessante lutte[56].

Symbolisme lunaire de l'Œil[modifier | modifier le code]

Œil Oudjat[modifier | modifier le code]

Si dans le papyrus des Aventures d'Horus et Seth, Horus se voit arraché les deux yeux, d'une manière plus générale, les textes égyptiens ne mentionnent l'énucléation que d'un seul. Représenté comme un œil humain fardé, l'Oudjat « L'intacte » représente l'œil arraché à Horus par Seth lors de leur combat. Jeté à terre et déchiré en six morceaux, l'œil est reconstitué par Thot, qui le complete et le rend guéri et sain à son propriétaire[57]. Les Textes des Sarcophages évoquent à plusieurs reprises ce mythe. Un passage indique que Thot a cherché les morceaux et qu'il les a rassemblé :

amulette
Thot avec l'œil Oudjat dans les mains (amulette en faïence).

« Je suis Thot (...). Je suis revenu de la quête de l'œil d'Horus : je l'ai ramené et compté, je l'ai trouvé complet, compté et intacte ; son flamboiement monte jusqu'au ciel, et son souffle vers le haut et le bas »

— Textes des Sarcophages, chap. 249 (extraits). Traduction de Paul Barguet[58].

Un autre évoque le combat d'Horus et Seth et l'heureuse intervention de Thot :

« J'ai reconstitué l'œil après qu'il eut été mutilé en ce jour de la lutte des Deux Compagnons ; — Qu'est ce que la lutte des Deux Compagnons ? C'est le jour où Horus lutta avec Seth, quand Seth envoya des miasmes à la face d'Horus et quand Horus arracha les testicules de Seth. Mais c'est Thot qui traita cela avec ses doigts. »

— Textes des Sarcophages, chap. 334 (extrait). Traduction de Paul Barguet[59].

L'arrachage de l'œil est une allégorie de la phase décroissante de la Lune et sa reconstitution celle de la phase croissante. Selon Plutarque, la mutilation peut aussi signifier les éclipses lunaires (Sur Isis et Osiris, §.55). Dans les temples, les prêtres s'assuraient de la bonne marche du cosmos en effectuant le rituel de « Compléter l'Œil d'Horus » qui consistait en une série d'offrandes livrées journellement à l'Œil afin de l'aider à se reconstituer.

Évocation de la phase ascendante de la Lune (temple de Dendérah).

Œil et offrandes[modifier | modifier le code]

Dans les Textes des Pyramides, l'Œil d'Horus tient une place considérable. Dans de nombreuses occurrences, cet œil symbolise les offrandes funéraires (pains, eau, vin, bière, encens, étoffes, onguents) apportées au pharaon défunt par les prêtres officiants. Selon cette liturgie, le pharaon est assimilé à Osiris. Horus, en tant que fils aimant, veut le faire revivre. Pour ce faire, Horus lui offre son propre Œil afin qu'il puisse à nouveau voir et se redresser sur ses jambes. Dans ce contexte, la possession de la vision a pour signification le retour de toutes les capacités sensitives, psychiques et physiques que le royal personnage a perdu au moment de sa mort. Bon nombres d'affirmations montrent que le contexte est lunaire. Le mythe archaïque du combat d'Horus et Seth, les « Deux Combattants » est inlassablement évoqué. Lorsque qu'un prêtre, tout en déposant une offrande dit que l'Œil d'Horus est blessé, qu'il souffre, qu'il est aveuglé, qu'il rebondit ou que Seth le mange, il fait référence aux tribulation célestes de la Lune, astre instable qui disparaît et réapparaît inlassablement depuis la blessure originelle qui lui a été infligé par Seth[60] :

photo de statuettes
Porteuses d'offrandes (Musée du Louvre).

(paroles dites quatre fois) Offrande que donne le roi au ka d'Ounas.
Osiris Ounas prends l'œil d'Horus :
ton pain d'offrande afin que tu puisses manger !
un pain d'offrande
Osiris Ounas, prends l'œil d'Horus qui a été arraché à Seth,
que tu as saisi pour ta bouche et avec lequel tu ouvriras ta bouche !
une cruche-hatjès de vin en pierre-menou blanche
Ounas, prends l'œil d'Horus ! Pourvois-t'en !
une coupe-hénout de bière en galène
Osiris Ounas, j'ai complété pour toi ton œil avec de l'onguent !
parfum de fête
Osiris Ounas, prends l'œil d'Horus à cause duquel il a souffert !
huile-sefetj

(Textes des Pyramides, traduction de Raphaël Bertrand[61])

Le monceau d'offrandes offert au pharaon n'est pas à voir comme un cadeau offert aux dieux. L'offrande est un geste rituel sacré qui vise à rétablir la Maât, l'ordre cosmique bouleversé par les « Deux Combattants ». Cette harmonie n'est atteinte que lorsque Horus dispose à nouveau de son œil blessé par Seth et que Seth dispose à nouveau de ses testicule endolories par Horus. Toutefois, les offrandes sont seulement appelées au nom de l'œil d'Horus et jamais au nom des testicules de Seth, du moins explicitement. Seth étant le dieu de la confusion, son symbole est trop dangereux pour être invoqué indépendamment de celui d'Horus. Certains passages présupposent néanmoins une union nécessaire des deux forces contraires lors du rituel, leur apaisement étant symbolisé par la présence de Thot, le « Fils des Deux Rivaux », dieu des scribes et des ritualistes[62] :

Formule à réciter
Flamboyante, bien-aimée d'Horus, au front noir,
préposée au cou de Rê, puisses-tu dire au ciel que Téti est destiné au ciel !
Formule à réciter
Porteurs d'Horus qui a aimé Téti car il lui a apporté son Œil !
Porteur de Seth qui a aimé Téti car il lui a apporté ses testicules !
Porteur de Thot qui aime Téti !
C'est pour eux qu'a tremblé la Double Ennéade !
Mais les porteurs qu'aime Téti, ce sont les porteurs vers la table d'offrandes !

(Textes des Pyramides, traduction de Claude Carrier[63])

Horus d'Edfou[modifier | modifier le code]

Dieu local[modifier | modifier le code]

Temple d'Edfou[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Edfou et Temple d'Horus.

Horbehedety ou « Horus de Behedet » est la forme d'Horus vénérée à Edfou, le mot égyptien behedou signifiant le « Lieu du trône » et le nom Behedet étant l'un des toponymes égyptiens de la ville. Ce dieu peut être représenté comme un faucon accroupi couronné ou non du pschent mais, en tant que soleil en mouvement, il est figuré sous la forme d'un disque solaire ailé accompagné de deux serpents-uræi[64].

photo d'un monunent
Horus d'Edfou sous l'apparence d'un soleil ailé

Capitale du IIe Nome de Haute-Égypte, Edfou est dès l'Ancien Empire une puissante cité régionale. À la VIe dynastie, elle est un poste avancé pour surveiller les activités de la Nubie et fait figure de grenier à blé pour les nomes voisins moins généreusement pourvu. Edfou est aussi tournée vers les routes caravanières menant au Désert Libyque. Durant la Période Ptolémaïque, Edfou se dote d'un nouvel édifice cultuel, actuellement l'un des mieux préservés ; le temple d'Horus. La construction débuta le 23 août 237 et pris fin en l'an 57 (avant notre ère). Le temple est long de quelques 140 mètres et suit un axe sud-nord parallèle au Nil. L'édifice est constitué de trois grands ensembles architecturaux ; le sanctuaire (ou partie principale) constitué de plusieurs chapelles destinées au culte divin, le pronaos, c'est-à-dire un avant-corps qui donne sur une cour intérieur et le parvis dominé par son pylône d'entrée. Des fouilles ont permis de découvrir quelques vestiges d'un édifice antérieur, des fragments datant de la XVIIe dynastie ainsi que des éléments d'un portail de la XXVe dynastie. Le naos qui renfermait la statue d'Horus remonte lui aussi à l'édifice antérieur. Il s'agit d'un monolithe en granit gris, haut de 4 mètres, et datant du règne de Nectanébo II (XXXe dynastie). Les murs sont recouverts d'inscriptions. Certaines illustrent les gestes du culte quotidien, d'autres sont de savantes synthèses théologiques issues d'anciennes traditions recopiées depuis des papyrus conservés dans les archives sacrées[65].

Faucon sacré[modifier | modifier le code]

Photo d'un bas-relief
Intronisation du faucon sacré d'Edfou.

À Edfou, mais aussi à Philæ et à Athribis, l'âme-Bâ du dieu Horus se manifestait dans un représentant vivant considéré comme sacré. Selon le géographe grec Strabon, le rapace de Philæ était vénéré sa vie durant. À sa mort, un successeur était ensuite cherché depuis le sud, en Nubie (Géographie, XVII, 49). Le faucon sacré du Temple d'Edfou est le mieux connu ; du moins pour la Période Ptolémaïque. L'oiseau sacré était remplacé chaque année par un autre puis intronisé comme un nouvel Horus vivant. Pour procéder au choix du nouveau rapace, la statue d'Horus était sorti hors de son sanctuaire. Elle était alors conduite en procession, portée par des officiants affublés de masques de chacal et de faucon pour la conduire jusqu'au Temple du Faucon vivant. Cet édifice n'existe plus de nos jours. Il était probablement situé près de l'entrée de l'enceinte sacrée. La statue passait alors en revue plusieurs rapaces considérés, de par leur apparence visuelle, comme semblable à la beauté de . Ces oiseaux étaient sans doute élevé dans une volière sacrée et nourris par des officiants spécialement chargés de leurs soins. Pour signifier son choix la statue d'Horus s'immobilisait puis s'inclinait devant le représentant de l'année à venir. Durant plusieurs jours se déroulait alors un long cérémonial de couronnement où, tout le long, le faucon vivant et la statue cultuelle d'Horus étaient associés. Dans le temple, l'oiseau se voyait conféré les attributs de la royauté par les dieux, en particulier par Hathor. L'intronisation terminée, l'oiseau partait pour aller résider dans l'enclos du Temple du faucon. On ne sait toutefois pas si au bout de l'année, l'oiseau était sacrifié pour être inhumé ou s'il rejoignait ses congénères dans la volière collective[66].

Mythologie d'Edfou[modifier | modifier le code]

Combat primordial[modifier | modifier le code]

Le nom actuel d'Edfou provient du copte Atbô qui est une déformation du nom égyptien Djebaou « La Ville du Flotteur »[67]. En divers points de la muraille d'enceinte du temple d'Horus d'Edfou des allusions textuelles complémentaires entre-elles relatent les origines mythiques et expliquent le nom donné à la ville par le dieu créateur[68]. Avant que le monde vienne à l'existence, il n'existait que les eaux chaotiques du Noun. Dans cette fange boueuse, un amas de joncs et de roseaux forma une île à la dérive[n 7]. Or, au même moment, dans le ciel planait une puissance divine, le Faucon, à la recherche d'un endroit où se poser. Il remarqua l'amas de joncs et s'y posa. Le Créateur approuva cette halte et se fit visible en se transformant en un oiseau gigantesque au plumage de pierres précieuses et à visage humain. Il descendit du plus des cieux vers l'îlot végétal, en fit une terre solide et ferme et la donna en cadeau au Faucon. Le Créateur rejoignit ensuite le ciel et disparu non sans proclamer que l'univers avait le Faucon pour maître[69] :

« Dès que les roseaux vinrent en tant que rivage du commencement, les Deux Seigneurs rendirent immobile sur les eaux le flotteur-djeba ; quand le territoire eut été vu par lui en planant en cercle, le Faucon vint et les roseaux le portèrent. Ainsi vint à l'existence le Flotteur-djeba, ainsi vint à l'existence le Support-du-faucon-Outjesek-Bik. »

— Cosmogonie d'Edfou (extrait). Traduction de J.-Cl. Goyon[70].

photo extérieure du temple
Pylône du Temple d'Horus.

Aussitôt la terre formée, les forces du Mal se manifestèrent sous la forme du serpent Apophis. Le Faucon repoussa l'attaque et détruisit le monstre aquatique. Pour venir à bout du reptile le Créateur inventa une arme magique, l'épieu-segmeh et en fin don au Faucon. Depuis cette époque Edfou est protégée par quatre génies, émanations du Faucon, à l'ouest par le taureau « Puissant de Mugissement », à l'est par le lion « Seigneur du Couteau », au sud par le faucon « Seigneur du harpon » et au nord par le serpent « Grand de Terreur ». Ces quatre défenseurs créèrent à leur tour quatre bataillons constitués de 60 dieux gardiens à leur ressemblance qui depuis lors se manifestent sous la forme du mur d'enceinte du temple[71] :

« Mais alors le grand dieu créa son apparence de Faucon ; il s'éleva vers le haut du ciel jusqu'au-dessus de son ennemi ; grande était sa taille, puissante étaient ses ailes et il chassa le serpent-sebty hors de son territoire. C'est ainsi que vint à l'existence « Horus d'Edfou grand dieu, seigneur du ciel » comme grand nom de ce dieu. »

— Cosmogonie d'Edfou (extrait). Traduction de J.-Cl. Goyon[72].

Harponneur de Seth[modifier | modifier le code]

Article connexe : Proscription de Seth.
photo d'une scène gravée
Horus harponnant un hippopotame séthien.

Outre le combat primordial contre le serpent Apophis, les murs du temple d'Edfou relatent le combat qu'Horus a mené contre son oncle Seth transformé en hippopotame. Cet épisode mythique est consigné sur la façade intérieure du mur d'enceinte du côté ouest et se présente comme une série de onze bas-reliefs sculptés séparés entre eux par des colonnes de hiéroglyphes. Sous une forme idéalisée, ces inscriptions présentent les différentes phases d'un rituel célébré chaque année dans le temple le 21 Méchir (sixième mois du calendrier nilotique). Au cours du cérémonial, un prêtre placé devant la statue d'Horus-le-Harponneur transperce une figurine d'hippopotame de dix coups de couteau puis la découpait pour offrir les morceaux aux dieux. Le but du rituel est de tenir éloigné, loin du temple, les ennemis d'Horus et de Pharaon. Durant l'exécution, un officiant psalmodie les psaumes reproduit sur les murs. L'action du mythe est double ; elle se situe pour une part à Bousiris et pour une autre part à Bouto, deux villes du delta du Nil en Basse-Égypte. Seth et ses complices, personnification des ennemis du royaume menacent Rê et envahissent le pays sous la forme de crocodiles et d'hippopotames. Ces animaux sont tués par Horus sous les encouragements de sa mère Isis[73] :

« Affermis tes jambes contre cet hippopotame, saisis-le de ta main. Devenu sujet, tu remédieras au mal, tu maltraiteras qui t'a maltraité, mon fils Horus ! Qu'il fera bon marcher sur la rive sans obstacle, passer l'eau sans que le sable cède sous tes pieds, sans qu'une épine les pique, sans que l'Aquatique se montre, jusqu'à ce que l'on voie ta force, jusqu'à ce que ta lance soit plantée en lui, mon fils Horus ! Te voici sur une berge sans broussailles, un rivage sans buissons. Tes traits sauteront au milieu du fleuve comme l'oie sauvage auprès de son petit. Tire, je t'en prie, sur la surface du Nil, plonge ton trait en lui, mon fils Horus ! Demain on verra tes exploits comme ceux d'Haroéris sur les rives. Ne crains pas sa puissance, ne te dérobe pas devant l'Aquatique ! Puisses-tu prendre ton javelot et en finir avec lui. Mon fils Horus, ô doux d'amour ! »

— Rituel du massacre, paroles d'Isis à Horus. Traduction d'Étienne Drioton[74].

Triade d'Edfou[modifier | modifier le code]

Visite d'Hathor de Dendérah[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Calendrier nilotique et Hathor.
photo d'un bas-relief
Hathor allaitant son fils Ihy, mammisi de Dendérah.

Dans chaque temple, l'année cultuelle est ponctuée de fêtes. Chaque sanctuaire a son propre cycle calendaire mais les festivités les plus communes sont les rituels de la Nouvelle Année et les Mystères d'Osiris. Pour le Temple d'Hathor de Dendérah et le Temple d'Horus d'Edfou, la célébration la plus typique est la « Bonne Rencontre » quand la statue d'Hathor de Dendérah remonte le fleuve en barque pour aller rejoindre Horus son époux d'Edfou. Durant le mois d'Epiphi, lors de l'étiage du Nil — quand les eaux sont au plus bas niveau —, Hathor quitte son sanctuaire et fait route vers le sud. Tous les détails du cortège fluvial ne sont pas connus. Lors de son voyage, la barque sacrée d'Hathor s'arrêtait et faisait station devant les principaux temples qui ponctuaient son trajet. La statue d'Hathor visitait ainsi les divinités de Coptos, de Thèbes et d'Hiérakonpolis avant d'atteindre la ville d'Edfou et son dieu Horus. L'union des statues d'Horus et Hathor s'effectuait durant la phase ascendante de la Lune au cours du mois d'Epiphi. Après cette période, Hathor s'en retourne chez elle. Selon le mythe, après dix mois de gestation, un enfant divin venait au monde durant le mois de Pharmouti, un fils qui prenait le nom d'Ihy à Dendérah et d'Harsomtous à Edfou[75].

Harsomtous, fils d'Horus d'Edfou[modifier | modifier le code]

D'après le système théologique d'Edfou, le dieu Horus, sa compagne Hathor et leur fils Harsomtous forme une triade, c'est-à-dire une famille divine. Le dieu-enfant Harsomtous tire son nom grec de l'expression égyptienne Hor-sema-taouy qui signifie « Horus qui réunit les Deux-Terres ». Son iconographie la plus commune est très proche de celle d'Harpocrate, nu avec un doigt porté vers la bouche. Très proche de Somtous de Hérakléopolis, sans toutefois se confondre avec lui, Harsomtous représente l'héritier divin et royal en qui le pays place ses espérances de continuation et de renouveau, de paix et de stabilité. Son assimilation au soleil primordial fait qu'il est aussi montré comme un jeune enfant né assis hors d'une fleur de lotus, coiffé du Hemhem et triomphant des eaux chaotique du Noun[76].

Horus l'Ancien[modifier | modifier le code]

Dieu primordial[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Haroéris et Horsemsou.
photo d'une colonne gravée
Horus l'Ancien.

Hor-Our (connu des Grecs sous Haroéris) est un dieu dont le nom signifie littéralement « Horus le Grand », une expression qu'il faut comprendre dans le sens de « Horus l'Ancien » ou de « Horus l'Aîné ». Ce dieu est très tôt représenté comme un faucon debout sur ses pattes ou accroupi. Il peut aussi apparaître comme entièrement anthropomorphe ou, plus communément, comme un homme à tête de faucon coiffé du pschent ou du disque solaire. Il peut aussi être figuré sous la forme d'un lion ou d'un lion à tête de faucon[77]. Le Grec Plutarque rapporte que ses parents Osiris et Isis s'aimaient déjà, avant de naître, dans l'obscurité du ventre de leur mère Nout et qu'il est né de cette union précoce le deuxième des cinq jours épagomènes (Sur Isis et Osiris, §.12)[78]. Horus l'Ancien a été vénéré en plusieurs cités ; à Qûs il est connu dès l'Ancien Empire mais sa présence est aussi attestée à Létopolis dans le Delta où il protège l'omoplate d'Osiris, le dieu démembré par Seth. À Edfou, il ne fait qu'un avec Horbehedety. Dans son temple de Kôm Ombo, il est assimilé à Chou, le dieu du souffle vital, au dieu Heh la personnification de l'éternité et avec le faucon géant primordial Mekhenty-Irty dont les deux yeux sont le soleil et la lune. Dans ce rôle, il est plus ou moins aveugle selon le cycle lunaire. Il recouvre progressivement la vue entre les journées qui séparent la néoménie (nouvelle lune) de la pleine lune. Selon la croyance qui veut que les rituels religieux aident le cosmos à se perpétuer, il retrouve son œil lunaire par l'offrande sacrée de l'Oudjat (aussi nommé Œil d'Horus). Lorsque son œil est enfin sain et reconstitué, Pharaon lui offre l'épée-iyt « Celle qui vient ». Par ce geste d'offrande, il devient « Horus au bras armé » qui, la nuit, chasse efficacement les ennemis maléfiques de et leur tranche prestement la tête[79].

Détail d'un pilier du temple de Kôm Ombo
Horus l'Ancien sous la forme d'un lion assis à tête de faucon.

Son image magnifique est la forme du dieu-de l'horizon,
Khenti-irti sous forme de Figure [...]
Seigneur des deux yeux divins,
en la face de qui sont le soleil et la lune.
Son œil droit et son œil gauche sont Aton et Atoum.
Ses yeux divins luisent matin et soir.
Il se montre à l'Est, en face de sa ville.
Il aborde en sa véritable figure.
C'est aussi l'air situé entre ciel-lointain et terre
qui, sans cesse, dirige les Deux-Tourneurs par le vent.
C'est lui qui commande la vie pour tous dieux et déesses,
qui produit la stabilité par son corps,
qui amène le Nil pour faire pousser les champs, (...)
Sa fille Maât apparaît glorieuse en face de lui,
lorsqu'il est "Horus au bras armé",
Seigneur de "Celle-qui-vient" en protectrice de Rê,
grand de force terrassant ses ennemis,
sauveur vaillant pour ceux qui sont hostiles,
furieux, grand de force, fort en colère, grand de puissance,
mais vite apaisé, en un court clin d'œil ;
dieu vrai, qui n'a pas de semblable (...)

(A. Barucq et Fr. Daumas, Hymne à Horus l'Ancien de Kôm Ombo, extraits[80])

Temple de Kôm Ombo[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Kôm Ombo et Temple de Sobek et Haroëris.
plan
Plan du temple de Kôm Ombo.

À Kôm Ombo (l'antique Ombos)[n 8], dans le Ier Nome de Haute-Égypte, le faucon Horus l'Ancien est conjointement vénéré avec le crocodile Sobek. Des fouilles ont démontrées l'existence d'un sanctuaire édifié par Thoutmosis III durant le Nouvel Empire mais l'édifice ruiné qui nous est parvenu est toutefois plus récent. D'après les noms royaux inscrits, le temple a été réédifié entre les règnes de Ptolémée VI et Ptolémée VIII (Période Ptolémaïque). Le plan de l'édifice (un sanctuaire précédé de deux salles hypostyles) est classique mais présente la particularité d'être un temple double dédié à deux triades assimilées entre-elles. Au sud, la première famille divine se compose de Sobek, de Hathor et du dieu-fils Khonsou. Au nord, la seconde est constituée par Horus l'Ancien et par deux déités artificielles, la déesse Tasenetnofret « La Sœur Parfaite » et le dieu-enfant Panebtaouy « Le Seigneur des Deux-Terres ». La déesse n'est qu'une forme locale d'Hathor tandis que son fils représente le dieu Horus dans sa jeunesse. Dans les scènes gravées sur les murs, de nombreuses combinaisons théologiques sont employées en particulier avec les divinités de l'Ennéade d'Héliopolis ; Horus l'Ancien apparaît comme Chou et Sobek comme Geb. Aussi Sobek est-il perçu comme le continuateur d'Horus l'Ancien, le dieu Chou étant le père de Geb. Les déesses-mères Tasenetnofret et Hathor sont naturellement confondues entre elles et approchées de Tefnout et Nout. Il en va de même avec Khonsou et Panebtaouy considérés comme un seul dieu-fils. Finalement, l'idée maîtresse du temple est la perpétuation de la vie à travers le modèle des triades divines que les dieux ont donné aux humains. Des animaux sacrés étaient présents dans l'enceinte sacrée, des momies de crocodiles consacrées à Sobek ayant été retrouvées dans les proches nécropoles[81].

Quatre Fils d'Horus[modifier | modifier le code]

Article connexe : Fils d'Horus.

Les Fils d'Horus ou plus justement les Enfants d'Horus (de l'égyptien Mesou Hor) sont un groupe de quatre dieux protecteurs composé d'Amset à tête d'homme, de Hâpi à tête de babouin, de Douamoutef à tête de chacal et de Qébehsénouf à tête de faucon. Il ne s'agit pas des enfants d'Horus le Jeune, le fils posthume d'Osiris, mais de ceux d'Horus l'Ancien, une forme funéraire du dieu créateur et donc aussi une forme d'Osiris. Un passage des Textes des Sarcophages indique leur parenté véritable :

« Amset, Hâpi, Douamoutef et Qébehsénouf, leur père c'est Horus l'Ancien, leur mère, c'est Isis. »

— Textes des Sarcophages, CT II, 345c - 346a.

Dans les Textes des Pyramides, ces quadruplés sont, entre-autres, aussi connus sous les appellations d' « Enfants d'Atoum » et de « Quatre Émanations ». Ces désignations montrent qu'ils ont été perçus comme des extensions du dieu créateur Atoum qui est à la fois leur père et leur mère. L'ascension céleste du pharaon défunt est placé sous le signe de la vie : « Ô (roi), tu n'est pas parti mort, tu es parti vivant ». Sa destination est le trône d'Osiris. Lors de ce voyage mystique, le pharaon est doté d'une forme éternelle, le corps-djet. En tant que dieux protecteurs, Hâpi et Douamoutef sont assimilés aux bras du pharaon tandis qu'Amset et Qébehsénouf le sont aux jambes, les quatre en association avec les jumeaux Chou et Tefnout, fils et fille d'Atoum[82]. La tête du pharaon est quant-à elle rapproché de Hor-Douaty « Horus de la Douât » qui est le symbole du soleil durant son voyage nocturne dans les ténébreuses contrées souterraines[83] :

4 pots
Quatre vases canopes aux têtes des Fils d'Horus.

Puisses-tu venir à l'existence, toi que chaque dieu complète, car
ta tête est celle d'Horus de la Douat, Impérissable,
ta face est de Mekenti-irty, Impérissable,
tes oreilles sont les fils et fille d'Atoum, Impérissable,
tes yeux sont les fils et fille d'Atoum, Impérissable,
ton nez est celui du chacal, Impérissable,
tes dents Soped, Impérissable,
tes bras sont Hâpi et Douamoutef.
As-tu besoin de monter au ciel que tu montes,
tes jambes sont Amset et Qébehsénouf.
As-tu besoin de descendre vers le ciel d'en bas que tu descends,
tes membres sont les fils et fille d'Atoum, Impérissable

(Raphaël Bertrand, Extrait des Textes des Pyramides, chap. 215[84])

Hors d'Égypte[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Nubie[modifier | modifier le code]

photo couleur
Vestiges du temple de l'Horus de Bouhen à Khartoum.

Située entre la première cataracte du Nil et la confluence du Nil Blanc avec le Nil Bleu, la Nubie a jouée un rôle essentiel comme carrefour commercial et culturel entre l'Égypte antique et le reste de l'Afrique. Dès la Période thinite, les richesses de la Basse-Nubie[n 9] ont suscité les convoitises pharaoniques. Puis, durant les Moyen Empire et Nouvel Empire, la région a été colonisée militairement et économiquement. Les pharaons ont marqué leur volonté hégémonique en faisant édifier des dizaines de citadelles et de temples. Quatre localités ont été placées sous la protection du dieu Horus ; la forteresse de Bouhen, la colline de Méha (temples d'Abou Simbel), la forteresse de Miam et la forteresse de Baki. Cette zone est à présent submergée sous les eaux du Lac Nasser[85].

À Bouhen, le temple d'Horus se situait à l'intérieur de la forteresse sur une petite éminence. Un bâtiment du Moyen Empire à fait place à un petit temple rectangulaire édifié sous la reine Hatchepsout. La partie centrale est constituée par un sanctuaire entouré de colonnes. Un vestibule donne accès à trois longue chapelles, l'une d'elles communiquant avec une quatrième salle arrière. La décoration à été complétée sous Thoutmosis III. Les scènes montrent aux côtés de l'Horus de Bouhen, les dieux Amon-Rê, Anouket, Thot, Isis, Neith, Séchat et Montou[86]. Au XXe siècle, le temple de Bouhen a été démonté lors de la grande campagne de sauvetage des temples de Nubie menée par l'UNESCO. Il a été remonté à Khartoum, la capitale du Soudan, dans le jardin du Musée National[87].

Cultes isiaques[modifier | modifier le code]

Entre le IVe siècle av. J.-C. et le IVe siècle ap. J.-C., le culte d'Isis et des dieux qui lui sont associés (Osiris, Anubis, Horus) s'est répandu à travers tout le pourtour de la Mer Méditerranée. La croyance a même gagné les bord du Rhin, la Pannonie et l'Angleterre alors possessions de l'Empire romain. Le culte des dieux égyptiens n'est toutefois resté que le fait d'une petite minorité de croyants et ne s'est jamais hissé au rang de religion majoritaire. De nombreuses statuettes, amulettes, bijoux, lampes à huile ont été découvertes figurant Horus dans l'enfance (Harpocrate), soit seul, soit sur les genoux de sa mère Isis en train de l'allaiter (typologie des « Isis lactans »). Harpocrate n'a joué qu'un rôle secondaire dans la religion des temples isiaques édifiés à travers le monde romain. Très souvent, il cède même le pas à Anubis, l'« Aboyeur divin ». Le petit Harpocrate était cependant très populaire dans les foyers domestiques comme en témoignent les innombrables statuettes découvertes à travers toute l'Europe et les côtes de l'Afrique du Nord. L'iconographie gréco-romaine s'inspire du style égyptien tout en l'adaptant au goût hellénistique. Horus est invariablement figuré comme jeune enfant nu. Tantôt, le crâne est chauve comme dans les figurations égyptiennes, tantôt il arbore une abondante chevelure bouclée grecque. Une de ses épaules est parfois habillée de la nébride qui est une peau de cerf, symbole du dieu grec Dionysos auquel Osiris est généralement assimilé. Parfois, il tient dans sa main gauche une corne d'abondance, symbole de fécondité et marque de sa filiation avec Osiris connu pour ses aspects de dieu de la végétation et de la fertilité. Lorsqu'il est rapproché du jeune Éros, Horus porte des ailes dans son dos et un carquois rempli de flèches. Il peut être représenté debout ou couché et parfois accompagné d'un animal (oie, chien, chèvre, cheval) ou les chevauchant. Malgré toutes les variantes, son geste le plus caractéristique est celui de porter l'index de la main droite vers la bouche[88].

Postérité chrétienne[modifier | modifier le code]

Vierge à l'Enfant[modifier | modifier le code]

tableau coloré
Marie allaitant Jésus par Bartolomé Bermejo (1440–1498).

En Égypte, durant les premiers siècles du Christianisme, les fidèles de la nouvelle religion ont longuement bataillé pour imposer leur croyance. Attaché aux anciens dieux, la population s'est le plus souvent opposée avec une suprême résistance aux premiers évêques évangélisateurs. Dans cette lutte acharnée, les chrétiens ont peu à peu pris le dessus et sont devenus majoritaires. Pour mettre à bas l'ancienne croyance, de nombreux sanctuaires païens ont été détruits ; en particuliers ceux d'Alexandrie et de sa région. D'autres ont été récupéré et transformés en églises coptes. Tel est le cas du temple d'Isis de Philæ. Dans le domaine de l'art, les chrétiens n'ont pas hésité à dégrader les représentations païennes en les martelant. Il était cependant impossible d'éradiquer tous les témoignages architecturaux édifiés et décorés durant plus de trois millénaires et demi de civilisation pharaonique. Le Judaïsme d'où est issu Jésus Christ interdisant les représentations divines, et aucune croyance ne vivant en monde clos, l'art chrétien primitif a nécessairement puisé son inspiration auprès des religions polythéistes de son temps. En Égypte, les artistes et les religieux Coptes ont été, très naturellement, influencé par le message spirituel pharaonique et par son iconographie très riche en symboles religieux. Le mythe d'Horus l'Enfant né miraculeusement puis allaité et protégé par sa mère Isis a ainsi déteint sur les représentations de la Vierge Marie, mère de l'Enfant Jésus. D'autant plus que le culte d'Isis et Harpocrate était très largement diffusé autour de la Mer Méditerranée entre le IVe siècle av. J.-C. et le IVe siècle ap. J.-C.

Saint Georges[modifier | modifier le code]

Article connexe : Georges de Lydda.
icone russe
Le légionnaire Saint Georges terrassant le dragon (icone russe).

Dans la Chrétienté, Georges de Lydda ou Saint Georges est l'un des saints les plus populaires qui soit. Sa légende s'est d'abord développée en Orient puis s'est largement diffusée en Occident. De nombreux pays, régions, villes et villages sont placées sous sa bienveillante protection ; Géorgie, Éthiopie, Angleterre, Bourgogne, Catalogne, etc. Selon sa légende,au IIIe siècle, en Libye, près de la ville de Silène, un monstre terrorisait la population. Chaque jour, de jeunes gens devaient se sacrifier et aller se livrer à lui afin de se faire dévorer. Saint Georges, un militaire issu d'une famile chrétienne, rencontra une victime sur le point d'aller à la mort. Monté sur son cheval blanc, le Saint se rendit auprès du monstre et le transperça de sa lance. Ce haut-fait est à l'origine de son iconographie la plus commune, un légionnaire en armure, brandissant une lance ou un glaive, assis sur un cheval cabré au-dessus d'un monstrueux dragon[89].

Dans l'imagerie égyptienne, la lutte du bien contre le mal est très anciennement symbolisée par le personnage du Harponneur. Debout dans une barque, un homme transperce vigoureusement de sa lance le corps d'un hippopotame. Dans les tombeaux, le personnage du Harponneur apparaît durant l'Ancien Empire dans les mastabas des proches du pharaon. Le propriétaire de la tombe est montré voguant dans la luxuriance des marais, la lance à la main. Plus tard, durant le Nouvel Empire, parmi le trésor funéraire de Toutânkhamon, figure une statuette du roi sous l'apparence du Harponneur. Dans le monde divin, deux divinités sont montrée sous ce rôle ; Seth à l'avant de la Barque de Rê luttant contre le serpent Apophis et Horus harponnant l'hippopotame séthien ; à Edfou par exemple (lire plus haut). Sous durant la Période gréco-romaine, dans les temples des oasis du Désert Libyque, Seth apparaît sous les traits du faucon horien, accompagné d'un lion — le chevauchant presque — et harponnant un serpent. Le Musée du Louvre, conserve un témoin du mélange entre les traditions égyptiennes et romaines. Sur les restes d'une fenêtre sculptée au IVe siècle après J.-C., Horus est montré sous l'apparence d'un légionnaire à tête de faucon, chevauchant un cheval et harponnant un crocodile[90]. Il est tentant d'imaginer qu'à l'Époque copte, où christianisme et paganisme rivalisaient encore, l'antique mythe du Harponneur égyptien ait influencé la légende et l'iconographie du nouveau saint chrétien[91].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Architecture[modifier | modifier le code]

  • Nathalie Baum, le Temple d'Edfou : À la découverte du Grand Siège de Rê-Harakhty, Monaco, le Rocher, coll. « Champollion »,‎ 2007, 366 p. (ISBN 9782268057958)
  • S. Aufrère, J.-Cl. Golvin, J.-Cl Goyon, L’Égypte restituée : Tome 1, Sites et temples de Haute Égypte, Paris, Errance,‎ 1991, 270 p. (ISBN 2-87772-063-2)
  • Daniel Soulié, Villes et citadins au temps des pharaons, Paris, Perrin,‎ 2002, 286 p. (ISBN 2702870384)

Généralités[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Corteggiani (ill. Laïla Ménassa), L'Égypte ancienne et ses dieux, dictionnaire illustré, Paris, éditions Fayard,‎ 2007, 589 p. (ISBN 978-2-213-62739-7)
  • Maurizio Damiano-Appia, L'Égypte. Dictionnaire encyclopédique de l'Ancienne Égypte et des civilisations nubiennes, Paris, Gründ,‎ 1999, 295 p. (ISBN 2700021436)
  • Étienne Drioton, Pages d'égyptologie, Le Caire, Éditions de la Revue du Caire,‎ 1957, 385 p.
  • Françoise Dunand, Roger Lichtenberg et Alain Charron, Des animaux et des hommes : Une symbiose égyptienne, Monaco, Le Rocher,‎ 2005, 271 p. (ISBN 2268052958)
  • Annie Gasse, Les stèles d'Horus sur les crocodiles, Paris, RNM,‎ 2004, 182 p. (ISBN 9782711847839)
  • Annie Gasse, « La stèle Brügger, une stèle d’Isis sur les crocodiles », ENIM 7, Montpellier,‎ 2014, p. 125-143
  • François-Xavier Héry et Thierry Enel, L'Égypte, mère du monde, Paris, GLM, 233 p.
  • Yvan Koenig, Magie et magiciens dans l'Égypte ancienne, Paris, Pygmalion,‎ 1994, 360 p. (ISBN 2857044151)
  • Bernadette Menu, Recherches sur l'histoire juridique, économique et sociale de l'ancienne Égypte. II, Le Caire, IFAO,‎ 2008, 423 p. (ISBN 9782724702170), chap. 5 (« Naissance du pouvoir pharaonique »), p. 65-98
  • Ruth Schumann et Stéphane Rossini, Dictionnaire illustré des dieux de l'Égypte, Monaco, coll. « Champollion »,‎ 2003, 580 p. (ISBN 2268047938)

Mythologie[modifier | modifier le code]

  • André Barucq, « Les textes cosmogoniques d'Edfou d'après les manuscrits laissés par Maurice Alliot », BIFAO, Le Caire, vol. 64,‎ 1966, p. 125-167 (lire en ligne)
  • Philippe Derchain, « Mythes et dieux lunaires en Égypte », La lune, mythes et rites, Paris, Éditions du Seuil, série Sources orientales, vol. 5,‎ 1962, p. 17-68
  • Étienne Drioton, « Variantes dans les légendes d'Osiris et d'Horus », BSFE 30, Paris,‎ 1959
  • Annie Forgeau, Horus-fils-d'Isis. La jeunesse d'un dieu, Le Caire, IFAO,‎ 2010, 529 p. (ISBN 9782724705171)
  • Jean-Claude Goyon, Les dieux-gardiens et la genèse des temples (d'après les textes égyptiens de l'époque gréco-romaine) : Les 60 d'Edfou et les 77 dieux de Pharbaethos, Le Caire, IFAO, coll. « BiEtud 93 »,‎ 1985 (ISBN 2724700155)
  • Bernard Mathieu, « Les Enfants d'Horus, théologie et astronomie (Enquêtes dans les Textes des Pyramides, 1) », ENiM 1, Montpellier,‎ 2008, p. 7-14 (lire en ligne)
  • Bernard Mathieu, « Mais qui est donc Osiris ? Ou la politique sous le linceul de la religion (Enquêtes dans les Textes des Pyramides, 3) », ENiM 3, Montpellier,‎ 2010, p. 77-107 (lire en ligne)
  • Bernard Mathieu, « Seth polymorphe : le rival, le vaincu, l'auxiliaire (Enquêtes dans les Textes des Pyramides, 4) », ENiM 4, Montpellier,‎ 2011, p. 137-158 (lire en ligne)
  • Bernard Mathieu, « Horus : polysémie et métamorphoses (Enquêtes dans les Textes des Pyramides, 5) », ENiM 6, Montpellier,‎ 2013, p. 1-26 (lire en ligne)
  • Alexandre Moret, « Horus sauveur », Revue de l'histoire des religions, Paris, Armand Colin, t. 72,‎ 1915, p. 213-287 (JSTOR 23663050)
  • Herman te Velde (trad. Christian Bégaint), Seth, ou la divine confusion : Une étude de son rôle dans la mythologie et la religion égyptienne, Scribd,‎ 2011, 172 p. (lire en ligne)

Traductions[modifier | modifier le code]

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  • Michèle Broze, Mythe et roman en Égypte ancienne. Les aventures d'Horus et Seth dans le Papyrus Chester Beatty I, Louvain, Peeters,‎ 1996
  • Claude Carrier, Textes des Pyramides de l'Égypte ancienne : Tome I, Textes des pyramide d'Ounas et de Téti, Paris, Cybèle,‎ 2009 (ISBN 9782915840100), p. 1 à 423.
  • François Lexa, La magie dans l'Égypte antique de l'Ancien Empire jusqu'à l'époque copte, Paris, Librairie orientaliste Paul Geuthner,‎ 1925

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le numéro d'inventaire de cette pièce archéologique est E.25982. D'après Jacques Vandier, Une stèle égyptienne portant un nouveau nom royal de la IIIe dynastie. In: Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 112e année, N. 1, 1968. pp. 16-22. (lire en ligne).
  2. Les fouilles archéologiques anglaises menées à la fin du XIXe siècle n'ont pas été conduites avec l'entière rigueur voulue. Le contexte laisse plutôt supposé la deuxième solution du Moyen-Empire. Cependant rien n'est certain.
  3. Une contrée imaginaire située en Égypte
  4. les deux yeux deviennent le soleil et la lune.
  5. Textes des Pyramides, §.1999c et §.84a
  6. Textes des Sarcophages CT.I,229.g-230.a,b.
  7. Cette cosmogonie s'inspire d'un fait réel. Lors de l'inondation, le puissant courant du fleuve charrie une quantité incroyable de végétaux qui lorsqu'ils s'agglutinent forment de véritables îlots de verdure. Ce fait a aussi marqué le légendaire contemporain. Chez les Shilluk du Soudan du Sud installé le long de la rive occidentale du Nil Blanc, il se raconte que la mère du roi Bwoc wad Duwat était une jeune femme d'une extraordinaire beauté issue du peuple Habesha des hauts-plateaux éthiopiens. Elle fut envoyée chercher de l'eau auprès d'une rivière mais sous la force de la chaleur, elle s'endormit sur un amoncellement d'herbes sauvages. La force du courant arracha cette verdure de la rive et cet îlot se mit à dériver. Il fut emporté jusque vers le pays des Shilluk. Le roi Duwat aperçut l'îlot avec la jeune femme pour passager et la sauva du fleuve puis l'épousa. D'après Wilhelm Hofmayr, Die Schilluk : Geschichte, Religion und Leben eines Niloten-Stammes, Sankt Gabriel, Mödling bei Wien, Anthropos (revue), 1925, page 69.
  8. À ne pas confondre avec Ombos / Noubt, située plus au nord, près de Coptos et très anciennement vouée au dieu Seth.
  9. La Basse-Nubie est située entre la première et la deuxième cataracte

Références[modifier | modifier le code]

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  90. Musée du Louvre, « Horus-cavalier », sur www.louvre.fr,‎ 2014 (consulté en septembre 2014)
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