Horus

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Horus
Divinité égyptienne
Image illustrative de l'article Horus
Caractéristiques
Autre(s) nom(s) Horos, Hor
Nom en hiéroglyphes
G5 G7

ou
G9

ou
H Hr
r
Translittération Hannig Ḥr
Représentation homme à tête de faucon
Parèdre Hathor
Culte
Région de culte Égypte antique
Temple(s) Nekhen
Lieu principal de célébration Héliopolis, Kom Ombo, Edfou
Symboles
Attribut(s) Œil Oudjat

Horus est le nom latin d’une des plus anciennes divinités égyptiennes, le dieu faucon Ḥr, dont le nom signifie probablement « celui qui est au-dessus » ou « celui qui est lointain ». Le culte d’Horus remonte sans doute à la préhistoire, car la liste royale du Canon royal de Turin qualifie de Suivants d’Horus les rois légendaires qui gouvernèrent l’Égypte après le règne des dieux (on peut noter ici que Horus au serekh est le plus ancien roi égyptien qui puisse être nommé). Aux débuts de l’époque historique, le faucon sacré est figuré sur la palette du roi Narmer et dès lors il sera constamment associé à la monarchie pharaonique. Dans l’iconographie et la statuaire Horus ne doit pas être confondu avec Khonsou autre dieu hiéracocéphale, ce dernier étant coiffé du disque lunaire tandis qu'Horus arbore le plus souvent la double couronne.

Un dieu complexe[modifier | modifier le code]

Horus est un dieu à multiples facettes, au point qu’on s’est demandé si le nom ne désigne pas en fait des divinités distinctes :

  • Il est le faucon céleste dont l’œil droit est le soleil et l’œil gauche la lune. Quand la lune et le soleil sont absents du ciel on dit que Horus est aveugle. C’est sous cet aspect qu’il recevait un culte à Nekhen, l’Hiérakonpolis grecque.
  • À Héliopolis, il était vénéré en tant que Horakhty, l’Horus de l’Horizon, concurremment avec . En tant que tel, il était à la fois le soleil du matin et le soleil du soir. Dans les textes des pyramides, le roi défunt ressuscite sous cette apparence de faucon solaire. Par un syncrétisme fréquent dans la religion égyptienne, Horakhty finit par fusionner avec le démiurge héliopolitain, sous la forme de Rê-Horakhty.
  • Dans le mythe osirien enfin, Horus est le fils d'Osiris et d'Isis. Osiris, assassiné par son frère Seth, est ramené à la vie, le temps d'une union, grâce aux efforts conjugués d'Isis et de Nephtys. C'est de cette union miraculeuse que naît Horus l’Enfant, que les Grecs appelleront Harpocrate, ou Harsiésis, Horus fils d’Isis.

Pour venger la mort de son père Osiris, Horus affronte son oncle Seth, il gagne le combat et reçoit le trône d'Égypte en héritage. D'où son surnom de « vengeur de son père ». Il est par-là même le premier des pharaons après son père. Cependant, sa légitimité sera sans cesse contestée par Seth. Horus est borgne : lors du combat qui l’oppose à Seth, Horus a perdu son œil gauche, qui est reconstitué par Thot. Appelé Oudjat, cet œil, que les Égyptiens portèrent sous forme d’amulette, possédait des vertus magiques et prophylactiques. Cet œil gauche reconstitué morceau par morceau par Thot représente la lune qui jour après jour s'accroit.

À l'opposé donc de Seth, qui représente la violence et le chaos, Horus pour sa part incarne l’ordre et, tout comme pharaon, il est l’un des garants de l’harmonie universelle ; cependant, il ne faut pas réduire la théologie complexe des Égyptiens à une conception manichéenne du Bien et du Mal, car, dans un autre mythe, Seth est l’auxiliaire indispensable de dans son combat nocturne contre le serpent Apophis. Bien et mal sont des aspects complémentaires de la création, tous deux présents en toute divinité. (Voir Personnification du principe du mal).

Les « quatre fils d'Horus ».

Quels que soient son aspect et son rôle — faucon céleste, dieu créateur ou fils d’Osiris — Horus est le dieu dynastique par excellence. Depuis Narmer, le roi porte le nom dit d’Horus. Il s’agit du premier élément de la titulature pharaonique, du ren maâ, le nom authentique par lequel pharaon définit sa nature. Sous les trois premières dynasties, le nom d’Horus s’inscrivait dans un rectangle surmonté de l’oiseau sacré, le serekh, dont le registre inférieur représente la façade stylisée du palais royal. La signification du serekh est évidente : le roi dans son palais est l’Horus terrestre, à la fois l’incarnation du dieu et son successeur légitime sur le trône d’Égypte. À partir de Khéops, la titulature royale est augmentée d’un autre titre, le nom d'Horus d'or, dont l’interprétation est toutefois incertaine.

Les « quatre fils d'Horus » sont des divinités inférieures représentées sur les vases canopes :

Éléments mythologiques[modifier | modifier le code]

Naissance[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Famille osirienne.

Horus est le fils de la déesse Isis et de son époux et frère Osiris.

Après l'assassinat de son époux, Isis a retrouvé et reconstitué son corps démembré, à l'exception de son pénis, mangé par un poisson-chat[1],[2]. Elle a utilisé ses pouvoirs magiques pour revivifier Osiris et lui façonner un phallus d'or[3] afin de concevoir son fils.

Lorsque Isis a su qu'elle était enceinte de Horus, elle a fui dans le Delta du Nil afin de se cacher de son frère Seth, qui par jalousie, avait tué Osiris et dont elle pensait qu'il voudrait tuer son fils[4].

Une lutte sans fin[modifier | modifier le code]

À Horus, fils et héritier d'Osiris, la couronne d'Égypte revient de droit. Mais Seth, jaloux, s'en empare par la force. Horus, appuyé de sa mère Isis, fait convoquer le tribunal des dieux à toute fin de régler ce contentieux. préside, tandis que Thot tient le rôle du greffier.

Bas-relief du combat d'Horus, aidé par Isis, harponnant Seth sous la forme d'un hippopotame devant l'assemblée des dieux dans le déambulatoire ouest, temple d'Edfou, Égypte

Quatre-vingts ans s'écoulent pourtant sans que le débat ait progressé. Le tribunal est même partagé entre les tenants de la royauté légitime (revenant à Horus), et Rê qui voit en Seth son perpétuel défenseur contre Apophis (le dieu serpent qui est depuis toujours l'ennemi de Rê). Les débats, qui tournent en rond, nécessitent un avis extérieur. C'est donc à Neith, déesse de Saïs, réputée pour son infinie sagesse, que Thot s'adresse. Sa réponse est sans ambiguïté : la couronne revient à Horus. Cependant pour ne pas pénaliser Seth, Neith propose de lui offrir les déesses Anat et Astarté comme épouses.

Si le tribunal se réjouit de cette solution, Rê, lui, reste sceptique. Horus ne serait-il pas un peu jeune pour assumer la direction du royaume ? Isis, excédée par tant de tergiversations, propose de déplacer les débats à Héliopolis devant Atoum et Khépri. Seth, furieux, s'y oppose et ordonne que les débats se fassent en l'absence d'Isis. Mais c'était compter sans la ténacité de la déesse.

Elle se réintroduit dans l'enceinte du tribunal sous les traits d'une belle jeune femme qui ne manque pas d'attirer rapidement l'attention de Seth. Tous deux finissent même par converser. Troublé par tant de beauté, Seth s'égare dans des propos compromettants, reconnaissant même sous cape la légitimité filiale d'Horus ! « La rusée » Isis se dévoile alors. Le coup de théâtre laisse Seth sans voix. Quant à Rê, il a pu juger de l'imprudence de Seth, qui se confia sans prendre garde à une inconnue. Aussi la couronne revient-elle à Horus des mains de Rê lui-même.

Mais Seth, éternel jaloux, ne semble pas décidé à en rester là. Il propose à Horus des jeux sportifs. Parmi eux, une épreuve aquatique où les deux dieux se transforment en hippopotames. Celui qui restera le plus longtemps sous l'eau pourra devenir roi. Mais Isis, qui suit de près les mésaventures de son fils, perturbe la partie et s'attire finalement le mécontentement des deux protagonistes : les trois dieux se déchirent en violentes disputes[b 1].

, désespérant d'assister enfin à une réconciliation, les invite à faire la paix autour d'un banquet. Mais une fois encore, les luttes ne cessent de se multiplier. Seth va même jusqu'à essayer de féminiser Horus pour le rendre indigne du pouvoir aux yeux des autres dieux en se masturbant pour éjaculer et verser son sperme sur les cuisses de son neveu[b 2].

Représentation de Horus à gauche au temple de Dendérah en Égypte.

Osiris, resté silencieux, intervient alors et met directement en cause le tribunal qu'il juge trop laxiste. En tant que dieu de la végétation, il menace de couper les vivres à l'Égypte. Les dieux, bousculés par tant d'autorité, ne tardent pas à rendre un verdict favorable à Horus. Mais Seth n'est pas oublié. Placé aux côtés de Rê, il devient « celui qui hurle dans le ciel » pour que soit fait place devant le dieu créateur.

Les six dieux-rois sont

  1. ,
  2. Shou,
  3. Geb,
  4. Osiris,
  5. Horus,
  6. Thot (incertain).

Étymologie[modifier | modifier le code]

ḥr "Horus"
G5
{{{trans}}}

Horus désigne le faucon, mais peut également signifier « le lointain » ou « celui qui est au-dessus »[5]. Horus est connu aussi sous le nom de Nekheny qui signifie également faucon.

À l'époque Copte, le nom devient Hōr, puis Ὧρος Hōros en Grec. Le nom original survit en égyptien avec Har-si-ese, « Horus, fils d'Isis ».

Horus est le faucon apparaissant sur la Palette de Narmer qui relate l'unification de la Haute et de la Basse-Égypte par le roi Narmer.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Mythologie[modifier | modifier le code]

  • Michèle Broze, Mythe et roman en Egypte ancienne : les aventures d'Horus et de Seth dans le papyrus Chester Beatty I, vol. 76, Peeters Publishers, coll. « Orientalia Lovaniensia analecta »,‎ 1996, 304 p. (ISBN 9789068318906, lire en ligne)
  • Annie Forgeau, Horus-fils-d'Isis. La jeunesse d'un dieu, Le Caire, IFAO,‎ 2010, 529 p. (ISBN 9782724705171)
  • Bernard Mathieu, « Horus : polysémie et métamorphoses », ENiM, Université de Montpellier, vol. 6,‎ 2013, p. 1-26 (lire en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. New York Folklore Society, « New York folklore quarterly », Cornell University Press, vol. 29,‎ 1973, p. 294 (lire en ligne)
  2. (en) Ian Shaw, The Oxford History of Ancient Egypt, Oxford University Press,‎ 2003 (ISBN 0-19-815034-2)
  3. (en) Piotr O. Scholz, Eunuchs and castrati: a cultural history, Markus Wiener Publishers,‎ 2001 (ISBN 1-55876-201-9, lire en ligne), p. 32
  4. (en) Roy G. Willis, World mythology, Macmillan,‎ 1993 (ISBN 0-8050-2701-7, lire en ligne), p. 43
  5. Meltzer, Edmund S. (2002). Horus. In D. B. Redford (Ed.), The ancient gods speak: A guide to Egyptian religion (pp. 164). New York: Oxford University Press, USA.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]