Marià Fortuny

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Marià Fortuny i Marsal

Description de cette image, également commentée ci-après

Portrait de Mariano Fortuny y Marsal (1875 gravure par Goupil et CieParis (Biblioteca Nacional de España)

Naissance 5 juin 1838
Reus
Décès 21 novembre 1874
Rome
Nationalité Drapeau de l'Espagne Espagne
Activités Peintre
Maîtres Claudi Lorenzale
Élèves Josep Tapiro
Mouvement artistique Orientalisme Romantisme
Influencé par Goya
Influença Salvador Dalí

Marià Josep Bernat Fortuny i Marsal (1838-1874) est un peintre catalan, connu sous le nom italien de Mariano Fortuny. Ses tableaux de genre ont connu un succès énorme vers 1870, le sommet de sa gloire coïncidant avec les débuts de l'impressionnisme sans qu'il ait fait partie de ce mouvement pictural[1]. A mi-chemin entre ces deux courants, il est aussi classé dans les orientalistes par les peintures qu'il a effectuées après son voyage au Maroc (1860- 1962). Son ami le baron Jean Charles Davillier a publié une étude sur la vie et le travail du peintre[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Marià Fortuny est né à Reus en Catalogne le 5 juin 1838 dans une famille de condition très modeste. C'est à l'école primaire de sa ville natale qu'il apprend les rudiments de la peinture et du dessin. Orphelin à l'âge de 12 ans, il est élevé par son grand-père. Pour gagner sa vie, le jeune Fortuny commence à modeler des figurines de terre cuite et des ex-voto[3] avant de partir à pied, à l'âge de 14 ans, pour Barcelone où il est inscrit gratuitement à l'Académie.

Brillant élève de Claudi Lorenzale, il obtient le Prix de Rome en 1857. Il y passe deux années à copier les œuvres des nazaréens, mais il s'en lasse vite et préfère nettement la peinture de Diego Vélasquez[1].

Lorsque la guerre entre l'Espagne et le Maroc éclate en 1859 (Guerre d'Afrique), il est envoyé par le gouvernement espagnol en Afrique du Nord afin de peindre les évènements importants du conflit. Il est nommé Chroniqueur de l'expédition[3] au cours de laquelle il est fait prisonnier[1]. Les couleurs du Maroc (où il retourne en 1862) font naitre chez lui une véritable fascination pour la brillance des couleurs africaines. Après ce séjour au Maroc, ses thèmes évoluent vers des sujets orientalistes dont la critique de l'époque considère « ... qu'il ne s'agit pas de l'orient antique tel que l'a vu Eugène Delacroix, mais plutôt d'un orient de bazar, clinquant et chatoyant[1] ».

La Bataille de Tétouan, par Mariano Fortuny.

Il se rend à Paris en 1866 où il étudie avec Jean-Léon Gérôme et commenc à travailler pour le marchand de tableau Adolphe Goupil[1]. En 1860, lors de son premier séjour à Paris, il avait étudié les tableaux de bataille de Horace Vernet à Versailles où il avait fait la connaissance de Henri Regnault. Il s'en inspire pour le grand tableau Bataille de Tétouan qui restera pourtant inachevé[3]

De retour à Madrid il épouse la fille de Federico Madrazo, le directeur du musée royal de Madrid[réf. nécessaire]. De cette union naitront deux enfants : Maria Luisa et Mariano (1871-1949), futur peintre mondain et créateur de tissus (un musée à Venise lui est consacré)[réf. nécessaire].

Après un nouveau séjour à Paris en 1870 et deux années passées à Grenade, il retourne à Rome où il meurt à l'âge de 36 ans, le 21 novembre 1874 du paludisme, contracté l'été précédent alors qu'il peignait en plein air à Naples et Portici[réf. nécessaire].

Style[modifier | modifier le code]

L'œuvre de Marià Fortuny doit son charme et sa célébrité à la virtuosité de sa touche et de ses coloris. Henri Focillon qualifia sa manière de 'chiffoné fringuant'[réf. nécessaire].

Ce peintre brillant, également très bon dessinateur et graveur à l'eau-forte, a exprimé son talent dans des compositions orientalistes (importante production marocaine), des scènes de genre de style plus 'pompier' ainsi que des sujets de la vie quotidienne[réf. nécessaire].

Peintre vagabond à la carrière précocement interrompue, il voyagea intensément et entretint même des relations avec le milieu artistique parisien. Malgré des influences diverses, son style est très espagnol, qualifié de 'sauvagerie bohémienne' par l'américain Edward Sulllivan[4][précision nécessaire] et tranche avec l'esprit français et le classicisme italien de l'époque. Sa manière et le choix de ses sujets apportaient un ton nouveau dans l'internationale orientaliste[réf. nécessaire].

Il fut l'un des peintres espagnols les plus admirés par ses contemporains, en Espagne mais aussi en Europe et aux États-Unis[réf. nécessaire].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Monneret 1987, p. 252
  2. Martinez-Novillo 1988, p. 128
  3. a, b et c Pérez Sánchez et al 1989, p. 105
  4. "Fortuny en Amérique", Edward J. Sullivan in Art Review (1887)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alvaro Martinez-Novillo, Le Peintre et la Tauromachie, Paris, Flammarion,‎ 1988
  • Sophie Monneret, L'Impressionnisme et son époque, vol. 2, t. I, Paris, Robert Laffont,‎ 1987, 997 p. (ISBN 2-22105412-1)
  • Sophie Monneret, L'Impressionnisme et son époque, vol. 2, t. II, Paris, Robert Laffont,‎ 1987, 1185 p. (ISBN 2-22105413-X)
  • Alfonso E. Pérez Sánchez et al., Dictionnaire de la peinture espagnole et portugaise du Moyen Âge à nos jours, Paris, Larousse,‎ 1989, 320 p. (ISBN 2-03-740016-0)
  • Charles Davillier, Fortuny, sa vie, son œuvre, sa correspondance (Paris, 1876)
  • Charles Yriate, Fortuny (Paris, 1889)
  • Catalogue de l'exposition Fortuny, Barcelone, Museu Nacional d'Art de Catalunya, novembre 2003-février 2004.
  • Catalogue de l'exposition Mariano Fortuny et ses amis français rédigé par Claudie Ressort, Castres, Musée Goya, 22 juin-1er septembre 1974.
  • Les orientalistes de l'école espagnole (ARC Edition).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]