Vénus (mythologie)

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Vénus
Déesse de la mythologie romaine
Image illustrative de l'article Vénus (mythologie)
Caractéristiques
Nom latin Venus
Fonction principale Déesse de la beauté et de l'amour
Résidence Olympe
Associé(s) Aphrodite
Équivalent(s) par syncrétisme Aphrodite
Turan
Culte
Temple(s) Capitole, Temple de Vénus et de Rome
Famille
Père Ouranos
Mère Gaïa
Conjoint Vulcain
• Enfant(s) Cupidon, Hermaphrodite
Symboles
Attribut(s) Miroir,ceinture,coquillage,pomme
Animal Colombe
Jour Vendredi

Vénus est la déesse de l'amour, de la séduction et de la beauté dans la mythologie romaine. Elle est équivalente à la grecque Aphrodite et à l'étrusque Turan. Elle semble dériver de la déesse appelée Inanna chez les Sumériens, Ishtar chez les Akkadiens et Babyloniens, Astarté ou Athtart à Ougarit, Shaushka ou Shaushga chez les Hourrites, et Ashtart en langue punico-phénicienne.

Les autres figures pouvant correspondre à Vénus sont : Kukulcan dans la mythologie maya et Freyja dans la mythologie nordique.

Après son assimilation à Aphrodite, Vénus est, par imitation, la déesse de la beauté, et la mère d'Hermaphrodite et de Cupidon, dieu de l'amour, et fille de Gaïa et d'Ouranos. Elle est la femme de Vulcain (dieu de la métallurgie, dieu forgeron...), mais elle le trompe avec son frère, Mars, (dieu de la guerre.). Dans les récits fondateurs romains, et notamment l'Énéide de Virgile, elle est la mère du héros troyen Énée. Pour les alchimistes, (et principalement Michael Maier dans son œuvre principale Arcana arcanissima) elle représente le cuivre, étant née à Chypre dont le nom grec a donné en latin cuprum, le cuivre.

Assimilée à l'Aphrodite grecque à partir du IIe siècle av. J.-C., elle présentait des spécificités qui la distinguaient probablement, à l'origine, de son homologue grecque.

Culte antique[modifier | modifier le code]

Temples Mythologique de la déesse[modifier | modifier le code]

Son culte commença à Ardea et à Lavinium dans le Latium. Son plus vieux temple fut bâti le 18 août 293 av. J.-C. Le 18 août fut alors le jour de festivités appelées Vinalia rustica. Le 1er avril, les Veneralia (en) étaient célébrées en l'honneur de Vénus Verticordia, protectrice de la chasteté féminine. Le 23 avril 215 av. J.-C.,le dictateur Fabius Maximus ordonna un temple qui fut construit sur le Capitole et dédié à Vénus Érycine (Venus Erycina), étant désormais considérée comme la libératrice de Rome contre les Carthaginois.

Jules César introduisit la Vénus Génitrice (Venus Genitrix) comme déesse de la maternité et du foyer, en tant que mère d'Énée (dont il affirmait descendre) et Pompée érigea un temple en l'honneur de la Vénus Victorieuse (Vénus Victrix).

Vénus génitrice, roseraie du Jardin des Plantes de Paris

Attributs[modifier | modifier le code]

Très tôt, Vénus s'approprie les attributs de la déesse Aphrodite. Ainsi le miroir et la ceinture magique (le ceste) – qu'elle prêtait parfois à Héra pour raviver l'amour de son époux volage - où étaient renfermées les grâces, les attraits, le sourire engageant, le doux parler, le soupir le plus persuasif, le silence expressif et l'éloquence des yeux, c'était un cadeau de mariage de Zeus, qui font partie de ses atouts.Ses symboles sont aussi la myrte,la colombe, le cygne et la pomme

Histoire de l'art[modifier | modifier le code]

L'intrication de la figure de Vénus (ou interprétée a posteriori comme figure vénusienne) avec les représentations artistiques est tardive. Les dites Vénus de l'art pariétal symbolisent la féminité, la vie et la naissance par le motif triangulaire stylisé de la vulve et sur le mode religieux ; celles de l'art mobilier du Paléolithique traitent le motif féminin sur le mode profane, en exagérant les courbures de manière outrancière[1]. C'est le thème de la fécondité qui semble encore primer sur celui de la sexualité.

L'antiquité gréco-romaine diversifie le processus de symbolisation par la double figure d'Aphrodite/Vénus ; elle commence à représenter de grands thèmes sociétaux comme, en plus de la fertilité, la prospérité, la victoire militaire, et bien sûr la sexualité. Des formes archétypales et esthétiques commencent à se préciser, comme celle de l'Aphrodite de Cnide qui devient un véritable lieu commun de la sculpture antique. Elle aurait été diffusée jusque dans la mythologie agraire et nourricière des Gaules[2] (où l'on retrouve des statuettes stratégiquement placées dans les tombes, les sources, les maisons et les temples).

Il faut attendre la fin du Moyen Âge et la Renaissance occidentale pour voir entrer le motif de Vénus dans une véritable interprétation artistique, essentiellement fondée sur l'appropriation des motifs de l'antiquité dans l'art classique et néo-classique. Le thème vénusien est un grand favori, et des topiques comme celui de la naissance de Vénus, ou Vénus anadyomène sont variés à l'infini (le tableau de Botticelli étant sans doute son instance la plus célèbre). Ces appropriations, si elles témoignent de la valorisation de l'héritage gréco-romain par les Européens, laissent transparaître également certaines des visions de leurs contemporains sur le rapport au corps, à l'érotisme et à la sexualité, à la subversion et la transgression. Si c'est la Vénus déesse de l'amour qui est privilégiée, elle est parfois traitée en corrélation (souvent sur le mode du conflit moral) avec la figure chrétienne de Marie, par exemple dans l’œuvre de Boccace. Cependant, ces visions se révèlent essentiellement in absentia dans la mesure où Vénus fait partie des quelques figures que l'on peut montrer nues sans scandale, privilège réservé aux figures antiques et quelques figures religieuses. C'est seulement avec l'art moderne que la question de la nudité, réinsérée dans le contexte du naturalisme et du réalisme, repose plus explicitement des questions sociétales. L'analyse par les historiens de l'art de la figure vénusienne privilégie le traitement esthétique et psychanalytique du désir libidinal (plus ou moins contraint ou libéré) qui symboliserait la violence de la société par rapport à la représentation du corps physique[3], d'abord dans son extériorité et ses rapports au corps social et parfois dans son intériorité et ses rapports au corps médical (par exemple à travers la Vénus des Médecins)[4].

En art contemporain, à des appropriations relativement classiques de la figure de l'Aphrodite de Cnide, mêlée parfois aux avancées du réalisme du XIXe siècle (par exemple la Vénus russe de Boris Koustodiev en 1929), s'ajoutent des réinterprétations de type naïf, comme dans Le Rêve, d'Henri Rousseau (1910), qui reprend la topique de la Vénus à la coquille, ou des réinterprétations par les nouvelles techniques picturales de l'impressionnisme, du cubisme, ou encore du fauvisme comme par exemple dans la Naissance de Vénus de Raoul Dufy (environ 1940) - le motif de la Vénus anadyomène revient à plusieurs reprises chez Dufy, ainsi que sa variante la Vénus à la coquille.

Dans les années 1960, le thème vénusien renoue avec les problématiques de la féminité repensées dans le vif de l'actualité, et en particulier dans le contexte de l'émancipation de la femme. La Vénus aux ongles rouges d'Arman réinterprète la Vénus aux Médecins et fait voir en transparence des organes faits de mains de mannequins de vitrine. La Vénus Bleue (1962) de Yves Klein est un portrait-relief en bleu IKB, alliant sa couleur signature, symbole d'innovation et de modernité, à une figure féminine antique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Paul Huchon, L’Être social, Paris, l'Harmattan, p. 70-71
  2. Archéologie et rapports sociaux en Gaule : protohistoire et antiquité, Alain Deubigney, Besançon : Presses universitaires de Franche-Comté, p.95
  3. Manifestations of Venus, Katie Scott, Caroline Arscott, Manchester University Press, 2000, p.16, p.30
  4. Ouvrir Vénus, George Didi-Huberman, Paris : Gallimard, 1999

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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