Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes

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EXPO Paris 1925
Pont Alexandre III et le Grand Palais au fond
Pont Alexandre III et le Grand Palais au fond
Général
Type-BIE Non reconnue
Nom Exposition Internationale des Arts Décoratifs et industriels modernes
Surface 23,1 hectares
Inventions unité d'habitation
Fréquentation 5.852.783 visiteurs
Tarifs 2 fr. 50
Organisateur(s) Charles Plumet
Participant(s)
Pays 18
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Ville Paris
Site Esplanade des invalides, Avenue Alexandre III, Pont Alexandre III
Coordonnées 48° 51′ 49″ N 2° 18′ 49″ E / 48.86361, 2.31361 ()
Chronologie
Date d'ouverture
Date de clôture
Éditions universelles
Précédente Exposition universelle de 1915 , San Francisco
Suivante Exposition internationale de 1929, Barcelone et Exposition ibéro-américaine de 1929 , Séville
La tour Eiffel.
Pavillon de l’URSS.

La création artistique en France pendant les années folles est marquée surtout par l'organisation de l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes qui se tient à Paris d'avril à octobre 1925. Située entre l'esplanade des Invalides et les abords des Grand et Petit Palais, l'exposition regroupe les pavillons des régions de France et des grandes nations invitées. 4 000 personnes assistent à l'inauguration, le 28 avril. Des milliers de visiteurs se pressent chaque jour dans les allées pendant les six mois de manifestation.

Le peintre Charles Dufresne résume l'esprit général en disant que « L'art de 1900 fut l'art du domaine de la fantaisie, celui de 1925 est du domaine de la raison ». Cette tendance générale s'exprime au travers de deux mouvements opposés : le style Art déco et l'avant-garde internationale (dite aussi Modernisme ou Style international).

Le style Art déco prend son essor avant la guerre contre les volutes et formes organiques de l'Art nouveau. Il consiste en un retour à la rigueur classique : symétrie, ordres classiques (souvent très stylisés), pierre de taille (sans aucun effet pittoresque). Le décor, encore très présent, n'a plus la liberté des années 1900 ; il est sévèrement encadré et son dessin s'inspire de la géométrisation cubiste.

L'exposition de 1925 marque l'apogée de ce style : les pavillons des grands magasins parisiens (tels le Printemps ou les Galeries Lafayette) ainsi que le pavillon du Collectionneur sont les plus remarqués. Pour ce dernier, l'architecte Pierre Patout opte pour un style classique : avancée arrondie côté jardin, frises ornées de bas reliefs, saillie du salon ovale, colonnes simplifiées (sans base ni chapiteau). La décoration intérieure, luxueuse, élégante, de grande qualité, revient à Jacques-Émile Ruhlmann qui agrémente les pièces de meubles, d'objets raffinés et précieux, inspirés du XVIIIe siècle. Ce pavillon suscite l'admiration de tous les visiteurs. La spécificité du créateur Art déco, dont Ruhlmann est le meilleur exemple, est qu'il est considéré comme un « ensemblier » ; il doit créer la totalité de la pièce choisie, du sol au plafond en concevant harmonieusement architecture, mobilier et accessoires.

Le succès de l'exposition de 1925, relayé par la presse, permet à l'Art déco de se propager en France et dans le monde entier (Londres, New York, etc.).

Face à cette écrasante domination des pavillons Art déco, l'avant-garde internationale a peu de place pour présenter ses idées modernistes. Les deux pavillons majeurs de ce mouvement sont le pavillon de l'URSS, dessiné par Constantin Melnikov et le Pavillon de l'Esprit nouveau de Le Corbusier.

Ce dernier illustre les concepts du Purisme décrits dans la revue Esprit nouveau fondée avec Ozenfant en 1920. La différence avec les ensembliers Art déco est notable : Le Corbusier, assisté de son cousin Pierre Jeanneret, réalise le mobilier mais il le nomme « équipement ». Ce sont des sortes de casiers standards, incorporés aux murs ou modulables. À l'intérieur de la cellule d'habitation, aucun décor n'est toléré. Seules de véritables œuvres d'art de Léger (La balustre), Ozenfant, Gris, Picasso et Le Corbusier (Nature morte de l'Esprit Nouveau) sont exposées.

Si, à l'époque, l'Art déco sort grand vainqueur de cette exposition, aujourd'hui, les historiens de l'architecture retiennent davantage les propositions avant-gardistes qui constituent la véritable révolution architecturale de la première moitié du XXe siècle.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]