Francis Bacon (peintre)

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Francis Bacon

Description de cette image, également commentée ci-après

Portrait de Francis Bacon par Reginald Gray (en), 1960.

Naissance
Dublin (aujourd'hui Irlande) (Royaume-Uni)
Décès (à 82 ans)
Madrid (Espagne)
Activités Peintre
Mouvement artistique Expressionnisme

Francis Bacon, né le à Dublin et mort le à Madrid, est un peintre britannique.

Peintre de la violence, de la cruauté et de la tragédie d'où, à ses dires, « l'odeur du sang humain ne [le] quitte pas des yeux »[1], l’œuvre de Francis Bacon se déploie en grands triptyques mettant en scène sa vie, ses amis, son admiration pour Vélasquez, van Gogh ou Picasso, ou par des portraits torturés, comme pliés dans la texture de la toile, de ses amis Michel Leiris, Mick Jagger, etc.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Francis Bacon naît à Dublin en Irlande[2] de parents britanniques anglais. Le jeune Francis est un enfant maladif, asthmatique, que son père éduque avec rigueur. Ce dernier est éleveur et entraîneur de chevaux. À la déclaration de guerre en 1914, il est affecté au ministère de la guerre à Londres, la famille vit dès lors entre Londres et Dublin. Ne pouvant suivre une scolarité normale, le jeune garçon a un précepteur. Francis Bacon est rejeté par son père lorsque son homosexualité est découverte — une anecdote dit que son père l'aurait renvoyé du foyer familial à l'âge de 16 ans après l'avoir surpris en train d'essayer les sous-vêtements de sa mère. Sa mère lui verse néanmoins une pension régulière qui lui permet de vivre à Londres[3].

Les débuts du peintre[modifier | modifier le code]

Quittant l'Angleterre, Bacon passe plusieurs mois entre Berlin et Paris, où il mène une vie de bohème, exerçant différents métiers dont celui de peintre-décorateur d'appartements. Il réalise dessins et aquarelles. De retour à Londres, en 1928, il expose dans son atelier de Queensbury Mews. Il s'installe comme décorateur et peint ses premières toiles sous la forte influence du surréalisme et de Picasso, dont il a pu admirer les œuvres lors de son séjour à Paris à la galerie Paul Rosenberg. Les dessins d'après Picasso de cette époque, visibles dans ses carnets, montrent ainsi la façon dont Bacon s'en est inspiré, et les similitudes avec le travail de celui-ci.

Bacon est un artiste autodidacte. Parmi ses influences, on reconnaît non seulement Picasso mais aussi Vélasquez, Poussin ou encore Rembrandt. Lors d'un entretien, il affirma que l'influence du surréalisme sur son travail ne provenait pas de la peinture mais des films de Luis Buñuel comme Un chien andalou.

En 1930, le journal The Studio lui consacre un article après l'exposition d'arts décoratifs (meubles, peintures et gouaches) qu'il a organisée dans son atelier. En 1931, il abandonne peu à peu son métier de décorateur pour se consacrer exclusivement à la peinture ; pour survivre il vit de petits métiers. En 1933, il peint Crucifixion qui est reproduite dans la revue Art Now. En 1934 se tient sa première exposition personnelle à la Transition Gallery, qui est un échec. Bacon pense arrêter la peinture. En 1936, il est refusé par l'exposition internationale du surréalisme organisée par André Breton. Il est sélectionné, en 1937, pour l'exposition collective « Young British Painters » avec Graham Sutherland et Victor Pasmore.

Affecté à la défense civile en 1941, déclaré inapte au service militaire, Bacon s'installe un temps à la campagne puis revient à Londres et loue un atelier à Kensington. Il détruit alors tout son travail, ne conservant qu'une dizaine de toiles.

Après la guerre[modifier | modifier le code]

En 1945, Trois études de figures au pied d'une crucifixion provoque le scandale lors de l'exposition à la Lefevre Gallery. Le tableau, d'une rare violence expressive, choque au lendemain de la Seconde Guerre mondiale où l'on préfère oublier les images d'horreur que celle-ci a engendrées. Ces corps ramassés à l'extrême, tordus et écrabouillés, musculeux, disloqués, ravagés, ces distorsions crispées, ces contractures paroxystiques, ces poses quasi acrobatiques, sont d'abord signes de fulgurances nerveuses et d'un emportement furieux, presque athlétique, plus somatiques que psychologiques de la mystérieuse animalité d'anthropoïde solitaire et désolée qui est en chaque homme. Le tableau est acquis en 1953 par la Tate Gallery.

Bacon part vivre à Monte-Carlo en 1946. Son tableau Peinture 1946 est acheté par le Musée d'art moderne de New York en 1948. Il commence les fameuses séries de « Têtes », s'inspire de Velasquez pour la série des « Papes », et utilise les photographies de Muybridge comme source d'inspiration. Il rencontre le peintre Lucian Freud[4] dont il peint un premier portrait en 1951.

En 1952, Bacon expose des paysages inspirés de la Provence et de l'Afrique du Sud, qu'il a visitée pour rendre visite à sa mère, l'année précédente. En 1953, il peint Deux Lutteurs.

En 1954, avec Ben Nicholson et Lucian Freud, Bacon représente la Grande-Bretagne à la XXVIIe Biennale de Venise. En 1955 se tient une première retrospective à l'Institute of Contemporary Arts de Londres. En 1956, il fait un voyage au Maroc.

1957 est l'année de sa première exposition à Paris et de la création de la série des « Van Gogh » inspirée par la vie du peintre et par la destruction de ses toiles pendant la Seconde Guerre mondiale.

En 1958, il signe son contrat avec la galerie Marlborough qui devient son marchand. Les expositions en galeries et les rétrospectives se succèdent à partir de cette date.

7 Reece Mews South Kensington[modifier | modifier le code]

En 1959, Bacon participe à la Biennale de Sao Paulo. En 1961, sa galerie l'installe dans une maison de deux étages, 7 Reece Mews South Kensington, à Londres. Son atelier est situé à l'étage, dans une petite pièce qu'il ne nettoie jamais et qui s'encombre de tubes de peintures gachés et de livres, revues, journaux, photographies usagées, tachées dont il s'inspire.

En 1964, Bacon peint son premier grand triptyque, Trois études pour une crucifixion, qui est acquis par le musée Guggenheim de New York. Le triptyque devient une des formes conventionnelles de son travail. Il rencontre George Dyer qui devient son ami, son confident et son modèle pour de nombreuses toiles. C'est pendant la première rétrospective de Bacon à Paris, au Grand Palais en 1972, que Dyer se suicide dans leur chambre d'hôtel. Bacon lui dédiera une suite de triptyques.

Influencé par son ami Michel Leiris et par son goût de la violence[5], Bacon réalise trois Études pour la corrida en 1969, dont l'Étude pour une corrida no 2, actuellement conservée au musée des beaux-arts de Lyon, qui a servi pour l'affiche de la feria de Nîmes en 1992[6]. Jean-Claude Lebenztejn décrit Étude pour la corrida no 1 comme un tableau où : « Le public dans l'arène paraît comme projeté sur un panneau coulissant[7] », tandis que, dans la deuxième version (Étude no 2), le panneau est blanc et une ombre noire semble flotter[7]. La violence, mais aussi l'aspect sexuel de la corrida attiraient Bacon, qui la considérait, à l'instar de la boxe, comme « un apéritif merveilleux pour l'amour[7] ».

Au long de sa carrière, Bacon affine son style, délaissant les images de violence crue de ses débuts pour préférer « peindre le cri plutôt que l'horreur », prônant que la violence doit résider dans la peinture elle-même, et non dans la scène qu'elle montre.

En voyage à Madrid, Francis Bacon s'éteint en 1992. Son atelier est donné par son dernier compagnon, John Edwards, au Musée d'art moderne de Dublin. L'atelier est photographié, puis déplacé et reconstruit à l'identique.

Francis Bacon fut un artiste prolixe qui a laissé de très nombreux interviews et documentaires audio et vidéo, où il exprime avec clarté et une simplicité touchante ce qu'est pour lui l'art de la peinture.

Il était également connu pour être une figure habituelle du pub londonien The French.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Bacon a travaillé avec la plupart des médiums (gouache, aquarelle, pastel, huile...) ainsi que la plupart des techniques d'estampe (gravure, lithographie...).

Expositions personnelles (sélection)[modifier | modifier le code]

Quelques œuvres (sélection)[modifier | modifier le code]

La cote[modifier | modifier le code]

  • Le tableau Version N° 2 of Lying Figure with Hypodermic Syringe est adjugé, en novembre 2006, pour plus de 15 M$. Ce grand nu de femme peint en 1968 provenait de la collection Vanthournout, une grande collection privée belge.[réf. nécessaire]
  • L'étude pour Corrida n° 1 est adjugée, en novembre 2007, par Sotheby's New York pour 45,96 M$.[réf. nécessaire]
  • Un Autoportrait 35 x 40 est adjugé, en novembre 2007, par Sotheby's New York pour 33 M$.[réf. nécessaire]
  • En 2008, Tryptich (1976) est adjugé par Sotheby's pour 86,2 M$.[réf. nécessaire]
  • Trois études de Lucian Freud (1969) est adjugé pour la somme de 142,4 M$ par Christie's New-York le 12 novembre 2013, devenant ainsi le record mondial pour une œuvre de Francis Bacon et le tableau le plus cher du monde[9].

Bacon dans les arts[modifier | modifier le code]

Cinéma et vidéo[modifier | modifier le code]

Certains épisodes de la vie de Bacon ont été portés au cinéma par John Maybury dans son film Love Is the Devil (Love Is the Devil: Study for a Portrait of Francis Bacon), sorti en France en décembre 1998[10] (pour l'anecdote, c'est Daniel Craig, le futur James Bond, qui incarne George Dyer, l'amant du peintre qui se suicide à Paris).

Par ailleurs, les œuvres de Francis Bacon ont influencé la conception visuelle de certains films, tels The Cell, Le Silence des Agneaux, la série des Hellraiser ou encore L'Échelle de Jacob.[réf. nécessaire]

Cette influence se ressent également dans le domaine des jeux vidéo avec la saga Silent Hill. On peut également voire certaines de ses toiles dans le jeu vidéo "Slenderman".

De même, le vidéoclip de la chanson Des heures hindoues d'Étienne Daho, réalisé par Sébastien Chantrel en 1988, est inspiré par les tableaux de Bacon.

Danse[modifier | modifier le code]

Un ballet de Wayne McGregor, L'Anatomie de la sensation, créé à l'Opéra de Paris en 2011, s'inspire de l’œuvre de Bacon.

Biblio-filmographie[modifier | modifier le code]

  • John Russel, Francis Bacon, Paris, Le Chêne, 1971
  • Michel Leiris, Francis Bacon ou la vérité criante, Fontfroide-le-Haut, Fata Morgana, 1974; Francis Bacon, face et profil, Paris, Albin Michel, 1983; Bacon le hors-la-loi, Fourbis, 1989; Francis Bacon ou la brutalité des faits, Paris, Le Seuil, 1996
  • David Sylvester, L'art de l'impossible, (entretiens avec Francis Bacon), Genève, Skira, 1976, préface Michel Leiris ; Francis Bacon à nouveau, London, Thames & Hudson, 2000 ; traduction française Jean Frémon, Paris, André Dimanche éditeur, 2006
  • Gilles Deleuze, Francis Bacon, Logique de la sensation, Paris, La Différence, 1981
  • Michel Archimbaud, Entretiens avec Francis Bacon, Paris, Lattès, 1992 ; édition poche, Paris, Gallimard, coll. « Folio », 1996, préface Milan Kundera
  • Didier Anzieu, Michèle Monjauze, Francis Bacon, Paris, L'Aire/Archimbaud, 1993
  • Daniel Farson, Francis Bacon, aspects d'une vie, Paris, Le Promeneur, 1994
  • Philippe Sollers, La Guerre du goût, Paris, Gallimard, 1994 ; « Éloge de l'Infini », Paris, Gallimard, 2001
  • Philippe Dagen, Francis Bacon, Cercle d'art, coll. « Repères contemporains »,‎ 1996, 117 p. (ISBN 2-7022-0461-9)
  • Jean-Claude Lebenztejn, Francis Bacon : Notes sur Francis Bacon, Paris, Éditions du Centre Pompidou,‎ 1996, 335 p. (ISBN 2-85850-881-X)
ouvrage collectif comprenant aussi des articles de John Berger, Gaëtan Picon, David Sylvester, Michel Leiris, Jacques Dupin, Jean-Louis Schefer, Lawrence Alloway, Michael Fried
  • Dictionnaire Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres,sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, vol. 1, éditions Gründ,‎ janvier 1999, 13440 p. (ISBN 2700030117), p. 614-616
  • Annie Maïllis, Michel Leiris, l'écrivain matador, Paris, L'Harmattan,‎ 2000, 305 p. (ISBN 2738464378)
  • Margarita Cappock, Francis Bacon : l'atelier, Genève, Bibliothèque des Arts, 2006
  • Alain Milon, Bacon, l'effroyable viande, Paris, Les Belles Lettres, coll. Encre marine, 2008
  • Bruno Sabatier, Catalogue raisonné de l'œuvre graphique de Francis Bacon, JSC Gallery,‎ février 2012, 120 p.
  • Palettes, documentaire vidéo : Les Figures de l'excès. Three figures in a room (1996), 30 min.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Vers d'Eschyle cité par Bacon dans ses dialogues avec Francis Maubert.
  2. Contrairement à une erreur communément admise Francis Bacon est anglais et pas irlandais.
  3. Francis Bacon, premier entretien avec Michel Archimbaud, Folio essais, p. 21.
  4. À partir des années 1960, Bacon est rattaché, avec Lucian Freud, Frank Auerbach, Kossof, Andrews… à ce que l'on appelle l'« école de Londres ».
  5. Maïllis 2000, p. 36.
  6. Nîmes, feria 1992. Affiche de Francis Bacon.
  7. a, b et c Lebenztejn 1996, p. 53.
  8. Huile sur toile, 198 × 147,5 cm.
  9. Voir sur lefigaro.fr.
  10. Sur le site d'IMDB.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Vidéos[modifier | modifier le code]