François Pompon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

François Pompon

Naissance 9 mai 1855
Saulieu
Décès 6 mai 1933 (à 77 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Activités sculpteur
Maîtres Pierre Louis Rouillard
Élèves René Demeurisse, Paul Bablet
Mouvement artistique Artiste animalier
Influencé par Auguste Rodin
Récompenses Légion d'honneur

Œuvres réputées

Ours blanc

François Pompon, né le 9 mai 1855 à Saulieu, mort le 6 mai 1933 à Paris, est un sculpteur français. Il est connu pour ses sculptures animalières dont le style se caractérise par une simplification des formes et des surfaces polies.

Biographie[modifier | modifier le code]

François Pompon voit le jour à Saulieu, le 9 mai 1855, avec son faux-jumeau Hector (1855-1907). Il entre comme apprenti dans l'atelier de son père, Alban Pompon (1823-1907) qui était compagnon du devoir menuisier-ébéniste. Grâce à une bourse de 50 francs obtenue par le curé, il part en 1870 pour Dijon où il devient apprenti tailleur de pierre chez un marbrier. Il suit les cours du soir à l'école des beaux-arts de cette ville, d'abord en architecture et en gravure avec Célestin Nanteuil, puis de sculpture avec François Dameron (1835-1900)[1].

Après un court passage dans l'armée en 1875, Pompon arrive à Paris où il devient ouvrier marbrier dans une entreprise funéraire près du cimetière Montparnasse. Il suit des cours du soir à la Petite École[2]. Ses professeurs sont les sculpteurs Aimé Millet (1819-1891) et Pierre Louis Rouillard (1820-1881), également professeur d'anatomie, avec lequel il découvre la ménagerie du jardin des plantes.

Pompon débute au Salon de peinture et de sculpture de 1879 et, en 1880, travaille comme ornemaniste sur le chantier de reconstruction de l'Hôtel de ville de Paris. En 1882, il épouse la couturière Berthe Velain (1894-1932). Le couple emménage dans un atelier-logement au 3 rue Campagne-Première à Paris[1].

Collaboration avec Rodin et Saint-Marceaux[modifier | modifier le code]

Coq dormant, 1923, plâtre, muséum national d'histoire naturelle, Paris.

En 1890, François Pompon entre dans l'atelier d'Auguste Rodin (1840-1917), où il travaille comme praticien au dépôt des marbres, rue de l'Université. Il y dirige l'atelier dès 1893, transmettant les comptes, payant les marbres et supervisant le travail. Dans l'effervescence et l'émulation créées par de jeunes talents, il fait la connaissance d'Ernest Nivet et de Camille Claudel. Il a pendant longtemps exercé son métier de praticien pour d'autres sculpteurs comme Jean Dampt en 1885, Antonin Mercié en 1888 et Alexandre Falguière en 1890, ou René de Saint-Marceaux de 1896 à 1914[3].

Pompon s'intéressait à l'art d'Extrême-Orient et il fut profondément marqué par le japonisme en vogue. Il admirait aussi l'art égyptien exposé au musée du Louvre, comme le Taureau Apis, Horus ou Babouin. Sa première sculpture animalière connue représente un Lucane (1874). Son choix définitif de ne travailler que des animaux fut pris en 1905, alors que l'animal-sujet était dans l'air du temps, avec la diffusion des découvertes de civilisations primitives et préhistoriques dans les revues comme Le Premier Volume des albums Reiber (1877) et Le Japon artistique (1888-1891), les expositions universelles de Paris (1867, 1878 et 1889) et les bronzes animaliers orientaux rapportés à Paris par Henri Cernuschi dès 1873.

Lors de la Première Guerre mondiale et la disparition de René de Saint-Marceaux en 1915, Pompon, trop âgé pour être mobilisé, se retrouve sans travail. Sa femme Berthe étant paralysée, ils ne peuvent plus aller dans leur petite maison de campagne à Cuy-Saint-Fiacre pour dessiner, et les animaux du Jardin des plantes sont abattus. Pompon doit arrêter son métier de sculpteur, et vit de petits métiers, comme employé de la Samaritaine en 1916, ou ouvrier dans des ateliers.

L’Ours blanc, 1928-1929, pierre de Lens, musée d'Orsay, Paris.
Le Grand Cerf, 1929, bronze, Arnhem.

Première grande œuvre et succès[modifier | modifier le code]

En 1905, il prend définitivement le parti de simplifier la forme de ses sculptures. Il polit les surfaces et supprime les détails. Il envoie l’Ours blanc au Salon d'automne de 1922 où son œuvre tranche par son modernisme sur l'esthétique de la sculpture réaliste héritée du XIXe siècle. Cette œuvre lui vaut une célébrité tardive.

Disparition et postérité[modifier | modifier le code]

Pompon meurt seul, veuf et sans descendance, le 6 mai 1933 à la suite d'une opération de la prostate, à la clinique Saint-Jean de Dieu, rue Oudinot. Il est enterré le 10 mai à Saulieu, où sera installé un musée François-Pompon. Pompon accède à titre posthume à la reconnaissance de sa ville natale, lui qui avait été meurtri de n'avoir pas été sollicité pour le monument aux morts de Saulieu en 1919, alors qu'il vivait dans la pauvreté[4]. On reconstitue son atelier de la rue Campagne-Première au muséum national d'histoire naturelle, dans l'attente des dix ans pour entrer au Louvre.

Le chanoine Kir (maire de Dijon) fit venir l'atelier au palais des ducs de Bourgogne, à Dijon en 1948, malgré les protestations de son exécuteur testamentaire et ami René Demeurisse dès 1936 pour que l’œuvre reste à Paris[5]. Le musée national d'art moderne déposa ses œuvres au musée de Vire en 1972.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « C'est le mouvement qui détermine la forme. (…) ce que j'ai essayé de rendre, c'est le sens du mouvement. Au Jardin des Plantes, je suis les animaux quand ils marchent.(…) Ce qui est intéressant, c'est l'animal qui se déplace. »[6]
  • « Je fais l'animal avec presque tous ses falbalas. Autrement je me perds. Et puis, petit à petit, j'élimine de façon à ne plus conserver que ce qui est indispensable. »[6]
  • « Quand le public se décide à marcher, tu comprends, il faut toujours se méfier. »[7]
  • « Quand vous avez un succès, enfermez-vous dans votre atelier et travaillez. »

L'œuvre de François Pompon dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Taureau, 1949, bronze, Saulieu.
Canard, 1934, plâtre, musée des beaux-arts de Lyon.
Tête d'Orang-outang, 1930, marbre noir, musée des beaux-arts de Dijon.

Éditions en bronze[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robert Rey, François Pompon, Crès, Paris, 1928.
  • Pompon (1855-1933), catalogue par Catherine Chevillot, Liliane Colas et Anne Pingeot, avec la collaboration de Laure de Margerie, Gallimard/Electa - RMN, 1994, 248 pages
  • Marc Sellier, Pompon sculpteur, Réunion des musées nationaux, 1994, (ISBN 2711831663)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Pompon (1855-1933), catalogue par Catherine Chevillot, Liliane Colas et Anne Pingeot, avec la collaboration de Laure de Margerie, Gallimard/Electa - RMN, 1994, p. 73
  2. Qui devient l’École nationale des arts décoratifs en 1877.
  3. Catherine Chevillot, Liliane Colas et Anne Pingeot (dir.), Laure de Margerie (collab.), Pompon (1855-1933), catalogue de l'exposition « Francois Pompon 1855-1933 : Le Retour du lisse », 17 octobre 1994-23 janvier 1995, Gallimard / Electa / Réunions des musées nationaux, 1994.
  4. Pompon (1855-1933), catalogue par Catherine Chevillot, Liliane Colas et Anne Pingeot, avec la collaboration de Laure de Margerie, Gallimard/Electa - RMN, 1994, p. 78
  5. Pompon (1855-1933), catalogue par Catherine Chevillot, Liliane Colas et Anne Pingeot, avec la collaboration de Laure de Margerie, Gallimard/Electa - RMN, 1994, p. 94
  6. a et b Pompon (1855-1933), catalogue par Catherine Chevillot, Liliane Colas et Anne Pingeot, avec la collaboration de Laure de Margerie, Gallimard/Electa - RMN, 1994, p. 34
  7. Pompon (1855-1933), catalogue par Catherine Chevillot, Liliane Colas et Anne Pingeot, avec la collaboration de Laure de Margerie, Gallimard/Electa - RMN, 1994, p. 79
  8. « Notice no 000SC013871 », base Joconde, ministère français de la Culture
  9. « Notice no 000SC013807 », base Joconde, ministère français de la Culture
  10. « Notice no 000SC013872 », base Joconde, ministère français de la Culture
  11. « Notice no 000SC013873 », base Joconde, ministère français de la Culture
  12. « Notice no 000SC013808 », base Joconde, ministère français de la Culture
  13. « Notice no 000SC013833 », base Joconde, ministère français de la Culture
  14. « Notice no 000SC013659 », base Joconde, ministère français de la Culture
  15. « Notice no 000SC013658 », base Joconde, ministère français de la Culture
  16. « Notice no 000SC013886 », base Joconde, ministère français de la Culture
  17. « Notice no 000SC013660 », base Joconde, ministère français de la Culture
  18. « Notice no 000SC013663 », base Joconde, ministère français de la Culture
  19. http://www.photo.rmn.fr/cf/htm/CPicZ.aspx?E=2C6NU0I45ZY1

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :