René Lalique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

René Lalique

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Extrait de l'acte de décès de René Lalique

Nom de naissance René Jules Lalique
Naissance 6 avril 1860
Flag of France.svg Aÿ
Décès 1er mai 1945
Flag of France.svg Paris
Activités Verrerie, joaillerie
Formation Sydenham Art College de Londres
Mouvement artistique Art nouveau (avant 1920), Art déco

René Jules Lalique (né le 6 avril 1860 à Aÿ dans la Marne et mort le 1er mai 1945) est un maître verrier et bijoutier français.

Il s'est rendu célèbre par ses créations étonnantes de bijoux, puis de flacons de parfum, de vases, chandeliers, horloges et, à la fin de sa vie, de cabochons de voitures. L'entreprise qu'il a fondée fonctionne toujours. Son nom est resté attaché à la créativité et la qualité, car il a toujours su dessiner des objets fastueux mais restant discrets.

Le bijoutier Art nouveau[modifier | modifier le code]

Élément d'un collier Lalique
Pectoral à la libellule

À seize ans, il commence son apprentissage avec un joaillier parisien, Louis Aucoc (en). Il suit ensuite, de 1878 à 1880, les cours du Sydenham Art College (en) à Londres. Après être revenu en France, il travaille pour Aucoq, Cartier, Boucheron et d'autres. Il découvre l'art japonais contemporain à travers les expositions universelles de 1867 et 1878, ce qui sera pour lui une source d'inspiration.

En 1882, il devient dessinateur concepteur indépendant pour plusieurs maisons de joaillerie de Paris (Georges Fouquet, Aucoq, Hamelin, Boucheron, Henri Vever…). Il lance quatre ans plus tard, en 1885, sa propre joaillerie.

En 1887, il épouse à Mâcon Marie Louise Lambert dont il aura une fille, Georgette en 1888. Cette dernière décèdera en 1910. Le couple se sépare en 1893 et le divorce est prononcé en 1898[1].

En 1890, il rencontre Alice (Augustine dite Alice) Ledru qu'il épousera en secondes noces en 1902 et avec qui il aura une fille, Suzanne Renée Ledru (1892) et un garçon, Marc André Lalique (1900). En 1920 il se liera avec Marie-Jeanne Anère avec qui il aura deux autres enfants : Raymond Lalique (né en 1925) et Renée Lalique (née en 1927).

Lalique est reconnu comme un des concepteurs de bijoux les plus importants de l'Art nouveau français ; en créant des pièces innovantes pour la nouvelle boutique de Samuel Bing à Paris, Maison de l'Art nouveau. Il commence à exposer ses œuvres à son nom dès 1894, notamment au Salon des artistes français de 1897 et 1898. Le grand verrier Émile Gallé le découvre à l'occasion du premier et en fait un éloge appuyé. Son stand à l'exposition universelle de 1900 à Paris remporte un franc succès.

Tout en gardant les sources d'inspiration de l'Art nouveau, faune et flore, dont le paon, divers insectes et parfois un bestiaire fantastique, il innove en utilisant des matériaux peu usités pour la bijouterie à cette époque : le verre, l'émail, le cuir, la corne, la nacre, et en préférant souvent les pierres semi-précieuses aux pierres précieuses. L'introduction du volume dans la bijouterie est facilitée par ses connaissances en modelage. Il dessine ses modèles, les faisant réaliser par une équipe de ciseleurs, sculpteurs et émailleurs qu'il recrute avec soin.

De nombreuses femmes de la noblesse, de la bourgeoisie et du spectacle se sont mises à porter ses bijoux extraordinaires, telles la marquise Arconati-Visconti, la comtesse de Béarn, la princesse de Guermantes, Mme Waldeck-Rousseau, Sarah Bernhardt pour laquelle il réalise en 1902 son costume de scène pour la reprise de la pièce Théodora au Théâtre Sarah Bernhardt.

Lalique fut l'unique artiste moderne dont Calouste Gulbenkian devint le client et l'ami. Ce dernier acquis le fameux Pectoral à la libellule (vers 1897-1898), chef-d'œuvre très admiré à l'Exposition universelle de 1900, qu'il prêta à la tragédienne Sarah Bernhardt. Quelques bijoux Lalique visibles au musée Calouste-Gulbenkian de Lisbonne :

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Le maître verrier[modifier | modifier le code]

Il s'intéresse tôt au verre comme matière artistique et il installe dès 1890 un atelier de verrerie où il commence à expérimenter ses possibilités, dans un premier temps dans la bijouterie. Il en effectue des moulages et apprivoise la liaison verre-métaux. Ses premiers bijoux comportant cette matière sont exposés en 1895.

Calice aux motifs viticoles

Après avoir ouvert une boutique place Vendôme à Paris, il commence à concevoir en 1895 des flacons de parfums en verre, étant ainsi le premier à imaginer de commercialiser cet emblème du luxe et du raffinement dans un emballage tout aussi splendide. Il le fait aussi dans le but de produire de beaux objets en séries importantes, et donc de rendre son art accessible à un nombre croissant de personnes. Cette même année 1895, le musée des arts décoratifs de Paris fait entrer Lalique dans ses collections.

En 1898, il installe un atelier de verrerie dans la propriété de Clairefontaine (Yvelines), lui permettant, en particulier, de mieux maîtriser le verre soufflé.

En 1900, Lalique triomphe à l'Exposition universelle de Paris et en 1905 il ouvre un magasin, place Vendôme. En 1910, il crée pour le parfumeur François Coty, qu'il a rencontré en 1908, le flacon pour Ambre antique.

En 1913, il rachète une verrerie à Combs-la-Ville (Seine-et-Marne) et dès 1914, il convertit son usine à la fabrication d'objets médicaux destinés aux hôpitaux et aux pharmacies. En 1921, il construit une usine de verre en Alsace à Wingen-sur-Moder.

Après la fin de la Première Guerre mondiale, les bijoux très colorés, très fantastiques de Lalique n'étaient plus dans l'air du temps. Le créateur le sent et décide de se reconvertir, et dès 1920, il se tourne vers l'Art déco. Ainsi le succédané néo-classique et géométrique Art déco remplace l'Art nouveau. Cependant, selon Olivier Mauny, le PDG de Lalique, ses créations vont ouvrir la voie à une industrialisation des objets d'arts, car une des meilleures manières d'inscrire le luxe et l'esthétisme au quotidien est d'en faire des objets usuels. Il va ainsi créer de nombreux objets tels que vases, coupes, chandeliers, flacons à parfum, bouchons de radiateurs pour la 5 CV Citroën (1925), décorations des wagons-restaurants de l'Orient Express (1929), décorations de la salle à manger des premières classes du paquebot Normandie (1936), fontaines des Champs-Élysées.

En 1933, la première rétrospective est organisée au Musée des arts décoratifs de Paris.

En 1934/1935, réalisation du retable et autres chefs d'œuvre dans l'église Saint-Matthieu, de la paroisse Saint-Laurent à (Jersey).

En 1945, année de sa mort, son fils Marc Lalique démarre le travail du cristal.

René Lalique est enterré dans le cimetière du Père-Lachaise, Paris, France.

Innovations techniques[modifier | modifier le code]

Retable de René Lalique à l'église Saint-Matthieu, dans la paroisse Saint-Laurent à (Jersey).

René Lalique ne se contente pas de créer des modèles, il construit aussi une usine à Wingen-sur-Moder afin de les fabriquer en grande série, et dépose des brevets sur de nombreuses techniques de fabrication (verre pressé-moulé, verre à double fond).

Il crée également des effets esthétiques : le satiné Lalique, les verres opalescents.

Œuvres de commande[modifier | modifier le code]

Colombe de la Chapelle de la Vierge Fidèle à Douvres-la-Délivrande

L'excellence de ses créations, et le goût qu'il met dans œuvres, lui valent de réaliser le décor intérieur de plusieurs paquebots : l’Île-de-France, le De Grasse, le Normandie, ainsi que des trains de prestige l'Orient-Express et le Nice-Côte d'Azur express.

Il réalise les vitrages ainsi que la colombe et les lampes liturgiques pour l'Église Saint-Nicaise de Reims. Inspiré par la chapelle de la Vierge Fidèle à Douvres-la-Délivrande, près de Caen, il livre aux sœurs qui lui ont commandé un crucifix, outre cette croix de verre, une porte de tabernacle, un retable, une lampe, deux colonnes lumineuses, les verrières du chœur, la table de communion et l'autel, entièrement en verre[2].

Réalisations monumentales[modifier | modifier le code]

René Lalique fut le premier à sculpter le verre dans de grandes réalisations monumentales :

  • Portes de l'hôtel d'Albert Ier à Paris,
  • Fontaines du rond-point des Champs-Élysées (démontées en 1958 et disparues depuis).
  • Décorations des wagons-restaurants de l'Orient Express, (1929), les luminaires et les panneaux Femmes, Joueur de pipeau et Raisin.
  • Portes du palais du prince Yasuhiko Asaka, aujourd'hui le Tokyo Metropolitan Teien Art Museum, (1932).
  • Décorations de la salle à manger des premières classes du paquebot Normandie (1936)

Ses œuvres et sa cote[modifier | modifier le code]

Avec la disgrâce de l'Art nouveau, et les sombres années 1930, les bijoux de Lalique tombent dans l'oubli. Sa cote a véritablement commencé à démarrer à partir de l'exposition de 1991 au musée des arts décoratifs de Paris.

  • Collier Femmes insectes et cygnes noirs, en or, émail, opales et améthystes 1897).
  • Pendant de cou Princesse lointaine, en or, émail, diamants et améthyste, (1898).
  • Épingle à chapeau Guêpes en or, émail, opale, diamant taille rose (1899).
  • Pendentif broche Femme drapée Salambo en or, émail et verre (1904).
  • Porte « Moineaux » chambranle cranté en verre blanc moulé-pressé datant de 1929, pièce unique de René Lalique, est l'œuvre de l'artiste la plus chère jamais vendue. Elle a été vendue pour plus de 2 000 000 € chez Sotheby's à Paris le 22 novembre 2011.
  • Ornement de corsage en or et diamants, vendu 168 000 € en octobre 2006.
  • Vase en verre fumé, modèle « Senlis » avec anses en bronze patiné, vendu 45 000 €, en avril 2004.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. jugement de divorce 27-06-1898 par le tribunal civil de la Seine, transcription sur les registres de mariage de Mâcon 24-12-1898 (cote 5E270) vue 72
  2. Le Christ de lumière de Lalique et la chapelle de la Vierge Fidèle à Douvres la Délivrande (1930)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René Lalique, bijoux de verre (1991) coédité par le musée des Arts décoratifs et La Réunion des musées nationaux.
  • René Lalique, inventeur du bijou moderne, hors série Découverte, éd. Gallimard.
  • Lalique, hors série de l’Objet d'Art no 29, mars 2007
  • (nl) Lennart Booij, De ontvangst van het werk van René Lalique (1860-1945) in Nederland, thesis, Leiden 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]