Style troubadour

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Le style troubadour est un mouvement artistique tendant à reconstituer par les différents arts, une atmosphère idéalisée du Moyen Âge et de la Renaissance. Il peut apparaître comme une réaction au mouvement néoclassique qui se termine avec le Consulat.

Histoire[modifier | modifier le code]

La redécouverte de la civilisation médiévale est l'une des curiosités intellectuelles du début du XIXe siècle. Ce passé imprégnait l'Ancien Régime depuis les institutions et leurs rites (Le costume du sacre datait du XVIe siècle) jusqu'aux vieilles églises des cérémonies familiales.

En exhumant les restes des rois, en mettant « sur le marché » une multitude d'objets, d'œuvres d'art, d'éléments d'architecture médiévale, les révolutionnaires leur redonnèrent vie, si l’on ose dire. Le Musée du monument français, établi dans l'ancien couvent qui deviendra jusqu'à nos jours l'École des beaux-arts de Paris, fait, de tous ces glorieux débris du Moyen Âge, autant de sujets d'admiration pour le public et de modèles d'inspiration pour les élèves des sections de gravure, de peinture et de sculpture (mais pas ceux d'architecture puisque son enseignement avait été dissocié des Beaux-Arts et réuni à celui de l'École centrale des travaux publics sous la direction de J N L Durand, promoteur de l'architecture néoclassique sévère qui caractérise le style de la Convention et du Consulat. C'est plus tard, à partir de la Restauration et sous l'impulsion de Quatremère de Quincy et de Mérimée, qu'une nouvelle tradition d'enseignement de l'architecture se reconstitue aux Beaux-Arts, en marge de l'école officielle déclinante, à partir d'ateliers privés qui comportaient des architectes diocésains travaillant pour les monuments historiques, qui donneront naissance à la fondation de la Société Centrale des Architectes et qui rendront possible en architecture l'expression du style troubadour).

La résurgence du sentiment chrétien dans sa dimension artistique, avec la parution en 1800 du Génie du Christianisme, joua un grand rôle en faveur d'une peinture, d'une sculpture et d'une littérature édifiantes souvent inspirées par la religion.

Artistes et écrivains rejetèrent le rationalisme néo-antique de la Révolution et se tournèrent vers un passé chrétien glorieux. Les progrès de l'histoire et de l'archéologie accomplis au cours du XVIIIe siècle portent leurs fruits, en premier, dans la peinture. Paradoxalement ces peintres du passé ignorent les primitifs de la peinture française, trouvant leur style trop académique et pas assez anecdotique.

Napoléon lui-même ne dédaignait pas ce courant : il avait pris comme emblème le semis d'abeilles d'or retrouvé au XVIIe siècle sur la tombe du roi mérovingien Childéric, et se voyait bien comme un continuateur de la royauté française. Une sorte de reconnaissance officielle du Moyen Âge fut opérée par la cérémonie du Sacre de Napoléon. Reprenant l'usage des rois de France (mais à Paris), le futur empereur tenta de reprendre à son profit les usages royaux : peut-être même dans ses manifestations miraculeuses, Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa d'Antoine-Jean Gros a été lue comme une version réactualisée des Rois thaumaturges.

Littérature[modifier | modifier le code]

C'est en France avec l'adaptation et la publication à partir de 1778 des anciens romans de chevalerie par le comte de Tressan (1707-1783) dans la Bibliothèque des romans, mais surtout un peu avant en Angleterre que l'intérêt du public pour le Moyen Âge commence à se manifester dans la littérature, notamment avec les premiers romans fantastiques, comme le Château d'Otrante, qui inspirèrent à la fin du XVIIIe siècle des écrivains français comme Donatien de Sade avec son Histoire secrète d'Adélaïde de Bavière, reine de France. Ensuite, c'est la traduction en français à partir de 1820 et l'immense succès des romans de Walter Scott comme Ivanhoé, Quentin Durward.

Peinture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Peinture de style troubadour.

Sculpture[modifier | modifier le code]

Félicie de Fauveau (1802-1886)

Architecture[modifier | modifier le code]

On observe au XVIIIe siècle un engouement pour l'architecture médiévale, issu de l'Angleterre ou fleurit le style néogothique, mais qui, en France reste limité à certaines fabriques féodales que l'on trouve dans des parcs de châteaux.

Après sa disparition en peinture, le style troubadour semble se poursuivre, ou renaître dans l'architecture, les arts décoratifs, la littérature et le théâtre. L'Abbotsford House, construite en Écosse à partir de 1800 par Walter Scott, est l'archétype des châteaux néo-gothiques ou néo-renaissance mélangeant des éléments d'architecture récupérés et des pastiches.

Édifices troubadours[modifier | modifier le code]

Objets d'arts décoratifs troubadours[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

Sources littéraires[modifier | modifier le code]

Ouvrages de recherches[modifier | modifier le code]

  • Aux sources de l'ethnologie française, l'Académie celtique, 1995, Nicole Belmont. Cet ouvrage retrace la naissance à partir de la moitié du XVIIIe siècle de l'engouement pour les monuments de l'architecture et de la littérature prémodernes (Moyen Âge, Haut Moyen Âge et Barbare) et le commencement d'un nouveau travail d'inventaire et d'études qui est différent de celui des bénédictins de Saint-Maur.

Ouvrages de référence[modifier | modifier le code]

Architecture[modifier | modifier le code]