Federico Barocci

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Autoportrait
Énée fuyant Troie (1598)

Federico Barocci (dit Barocci ou Baroccio, ou encore Fiori da Urbino), en français le Baroche (Urbino, 1528 - Urbino, ), est un peintre italien maniériste du XVIe et du début du XVIIe siècle, l'un des précurseurs du baroque.

Biographie[modifier | modifier le code]

Federico Barocci est originaire d'une famille lombarde qui avait déjà produit plusieurs artistes distingués. Il se forme d'abord par l'étude des tableaux de Raphaël et du Titien, puis prend plus tard, Daniele da Volterra, les Vénitiens et Corrège pour modèles (Madone du peuple, 1574).

Durant sa formation, les principes artistiques dominants étaient ceux de la "manière". L'Église de son côté, était parcourue par un vent de renouveau, qui non seulement allait favoriser la Contre-Réforme, mais aussi la naissance de nouveaux ordres religieux et la redécouverte d'anciennes formes de spiritualité. Il fut le premier à tirer profit des enseignements de l'esthétique maniériste et à proposer une peinture fortement influencée par les nouvelles orientations spirituelles de l'Église.

Sa peinture vise à susciter la dévotion, à capter l'émotion du spectateur, ce qui était résolument nouveau. Comme son objectif premier est de convaincre des vérités de la foi, ses personnages ne sont jamais campés dans des attitudes exagérées. Ils ne manquent jamais de "naturel". La théâtralité est soulignée par les couleurs et les effets de clair-obscurs. La dévotion de ses tableaux était immédiatement perceptible. Pour transmettre au mieux son message, il mettait en scène des situations très simples et essentiellement narratives, insérait dans la description de modestes objets de la vie quotidienne ou des animaux domestiques. Le choix de la simplicité narrative, d'un langage basé sur des codes plus sentimentaux qu'intellectuels, rapprochait sa spiritualité de celle des ordres mendiants.

Appelé à Rome par Pie IV, il exécute pour ce pape plusieurs grands ouvrages de peinture au Casino du Belvédère (Histoire de Moïse, 1563). Pendant son séjour à Rome, quelques peintres jaloux de ses succès tentent de l'empoisonner, alors qu'il n'a que 32 ans. Les soins qu'il reçoit aussitôt l'arrachent à la mort, mais sa santé en sera profondément altérée pour le reste de ses jours. Il vit cependant encore longtemps et a pu produire d'autres chefs-d'œuvre. Il meurt à Urbino en 1612, à 84 ans.

Dans la province des Marches, sa lecture personnelle du maniérisme eut un succès immédiat. Dans les autres régions, en revanche, son art connut une diffusion plus lente. Il ne réussit jamais à emporter l'adhésion de grandes villes, car à la lumière des nouvelles exigences de l'Église, le maniérisme, incarné par la peinture de Vasari et de ses disciples, était déjà condamné sans appel : ses complaisances à l'égard d'un esthétisme trop "païen" et son trop grand intellectualisme, ne pouvait convenir à la Contre-Réforme. Ce sont dons des artistes plus jeunes d'une ou deux générations qui ont compris l'importance de la peinture du Baroche. Certains, comme Carrache et les peintres bolonais (Guido Reni notamment) en firent un pilier sur lequel ils élaborèrent leurs propres innovations[1].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Exposition rétrospective[modifier | modifier le code]

  • Sienne, Federico Barocci, l'incanto del colore, une lezione per due secoli, 11 octobre 2009 - 10 janvier 2010[5]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marta Privitera, « Federico Barocci », dans Mina Gregori, Le Musée des Offices et le Palais Pitti, Paris, Editions Place des Victoires,‎ , p. 321
  2. a, b, c, d et e Mina Gregori, Le Musée des Offices et le Palais Pitti : La Peinture à Florence, Editions Place des Victoires,‎ (ISBN 2-84459-006-3), p.
  3. Vincent Pomarède, 1001 peintures au Louvre : De l’Antiquité au XIXème siècle, Musée du Louvre Editions,‎ , 331 p. (ISBN 2-35031-032-9), p.299
  4. « Le Tour de France des Expositions », Connaissance des Arts, no 640,‎ juillet-août , p. 46
  5. Notice