Sesterce

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Vitellius sur un sesterce

Le sesterce (lat. sestertius, semis-tertius) était une monnaie romaine en usage pendant les deux derniers siècles de la république romaine sous la forme d'une monnaie d'argent sous-multiple du denier. Il remplace l'as comme une unité de compte au milieu du IIe siècle av. J.-C.. La réforme monétaire d'Auguste le remplace par une pièce en orichalque, qui a cours sous le Haut Empire.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le sesterce sous la République[modifier | modifier le code]

Sesterce d'argent, après 211 av. J.-C. Rome casquée avec marque IIS; revers : les Dioscures

Sous la République romaine où le sesterce est frappé en même temps que le denier vers -211[1]. Représentant le quart d'un denier, il s'agit d'une petite monnaie en argent (la plus petite du système romain, pesant théoriquement un scrupule (à peine plus d'un gramme), émise en quantité assez rare)[2].

Son nom vient de sa valeur originale : initialement il valait 2 as et demi. Sesterce vient de semis-tertius, qui signifie « demi troisième » (sous-entendu demi troisième as). Son abréviation HS a la même origine : initialement IIS soit II pour deux (voir numération romaine) et S semis c’est-à-dire moitié d'as = 2 1/2 as, les deux I ayant été barrés pour aboutir à HS.

Équivalences entre monnaies romaines (Ire moitié du IIe siècle av. J.-C.)
Denier Quinaire Sesterce As Métal
Denier (symbole X) 1 2 4 10 médaille d'argent Argent
Quinaire (symbole V) 1/2 1 2 5 médaille d'argent Argent
Sesterce (symbole IIS) 1/4 1/2 1 2,5 médaille d'argent Argent
As (symbole I) 1/10 1/5 2/5 1 médaille de bronze Bronze

D'une valeur de 2 1/2 as, le sesterce monte à 4 as vers 145 av. J.-C.. L'habitude acquise maintient l'abréviation HS désormais sans signification du rapport à l'as pour désigner le sesterce[3].

Le sesterce sous l'Empire[modifier | modifier le code]

Sesterce de Caligula, revers avec la mention SC

À partir d'Auguste (début du Ier siècle av. J.-C.) qui réorganise tout le système monétaire, le sesterce devient une grosse pièce de laiton pesant 1/12 de livre romaine, soit environ 27 grammes. Cet alliage, composé essentiellement de zinc et de cuivre, était plus prisé que le cuivre seul. D'un jaune d'or, il était alors nommé orichalque, qui signifie « cuivre d'or ».

Les lettres S. C. fréquemment présentes au revers des sesterces signifient Senatus Consulto, pour rappeler que l'émission des monnaies en bronze était faite sous le contrôle du sénat romain.

Le sesterce fut émis dans sa forme traditionnelle jusqu'au règne de Gallien (253-268). Sous cet empereur, les difficultés du règne entraînèrent la disparition quasi-définitive des grandes et moyennes espèces de bronze malgré une timide tentative de restauration sous Aurélien (270-275).

Aujourd'hui, les sesterces sont recherchés par les collectionneurs pour leur grand module, les scènes parfois spectaculaires qu'ils représentent, et les patines de diverses couleurs qui irisent la surface de leur métal.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marchetti 1993, p. 30
  2. Zehnacker 1992, p. 3
  3. Michel Christol et Daniel Nony, Rome et son empire, des origines aux invasions barbares, Hachette, collection HU, 2003, (ISBN 2011455421), p 75

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages généralistes[modifier | modifier le code]

  • (en) Akerman John Yonge, A Manual of Roman Coins, Londres 1865. Lien vers l'ouvrage
  • Ernest Babelon, Moneta in Mémoire de l'Académie des Inscriptions et des Belles-Lettres, Paris 1913. Lien vers l'ouvrage
  • Cohen Henry, Description Historique des monnaies frappées sous l'Empire Romain, deuxième édition, Paris, 1880-1892. Lien vers l'ouvrage
  • (en) Gnecchi Francesco, Roman Coins Elementary Manual, Londres 1903. Lien vers l'ouvrage
  • (de) Imhoof-Blumer Friedrich, Porträtköpfe auf Römischen Münzen der Republik und der Kaiserzeit, Leipzig 1892. Lien vers l'ouvrage
  • Mommsen Theodor, Histoire de la monnaie romaine, traduction par Le duc de Blacas, Tome I, II, III et IV. Tome I Tome II Tome IV
  • Patrick Marchetti, « Numismatique romaine et histoire », Cahiers du Centre Gustave Glotz, no 4,‎ 1993, p. 25-65 (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Hubert Zehnacker, « Aperçus de numismatique romaine (I) », Vita Latina, no 127,‎ 1992, p. 2-4 (lire en ligne)

Ouvrages spécialisés[modifier | modifier le code]

  • (la) De Bye Jacques, Imperatorum Romanorum a Julio Caesare ad Heraclium usque Numismata Aurea, Anvers 1627. Lien vers l'ouvrage
  • De Schodt Alphonse, Terme sur les médailles d'Octave-Auguste, in Revue belge de numismatique, Bruxelles 1883. Lien vers l'ouvrage
  • Merlin Alfred, Les revers monétaires de l'empereur Nerva, Paris 1906. Lien vers l'ouvrage

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]