Albert Gleizes

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Albert Gleizes

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Photographie de Pierre Choumoff

Naissance 8 décembre 1881
Paris, Drapeau de la France France
Décès 24 juin 1953
Avignon, Vaucluse
Nationalité Français
Activités Peintre
Formation Autodidacte
Mouvement artistique Cubisme

Albert Gleizes, né le 8 décembre 1881 à Paris et mort le 23 juin 1953 à Avignon, Vaucluse, est un peintre, dessinateur, graveur, philosophe et théoricien français qui fut l'un des fondateurs du cubisme et une influence sur l'École de Paris.

Albert Gleizes et Jean Metzinger ont écrit le premier traité majeur sur le cubisme, Du "Cubisme", en 1912. Gleizes était un membre fondateur de la Section d'Or. Il a également été membre de Der Sturm, et ses nombreux écrits théoriques ont été à l'origine le plus apprécié en Allemagne, où en particulier au Bauhaus ses idées ont été pris en considération réfléchie. Gleizes a passé quatre années cruciales à New York, et a joué un rôle important dans l'évolution de l'art moderne en Amérique. Il a été membre de la Société des artistes indépendants, fondateur de l'Association Ernest Renan, l'un des fondateurs et participant à l'Abbaye de Créteil[1]. Gleizes a exposé régulièrement chez Léonce Rosenberg à la Galerie de L'Effort Moderne (Paris). Il était également le fondateur, organisateur et directeur de Abstraction-Création. Des années 1920 aux années 1930 une grande partie de son énergie passe dans l'écriture (par exemple, La Peinture et ses lois (Paris, 1923), Vers une conscience plastique: La Forme et l'histoire (Paris, 1932) et Homocentrisme (Sablons , 1937)[2]. Étant l'un des principaux représentant du cubisme des Salons (1911-1914), Gleizes considère toute son œuvre ultérieure comme un développement logique de l'esthétique cubiste[3],[1],[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Artiste autodidacte, il compte parmi les fondateurs de l'Abbaye de Créteil, avec Georges Duhamel et Charles Vildrac[1],[3].

Premiers tableaux[modifier | modifier le code]

Albert Gleizes est le neveu du peintre de portraits Léon Comerre, Grand Prix de Rome en 1875. Ses premières peintures sont des paysages impressionnistes. Mais son admiration pour Paul Cézanne le pousse à rompre avec la peinture descriptive pour privilégier le plan, les volumes et bientôt la multiplicité des points de vue[1],[3].

Les Salons cubistes[modifier | modifier le code]

De 1911 à la Première guerre mondiale, Albert Gleizes compte parmi les principaux exposants des salons parisiens, où le cubisme, mouvement pictural inventé par Braque et Picasso en 1907, est révélé au grand public. Le salon des Indépendants de 1911, où Gleizes et ses amis peintres, Henri Le Fauconnier, Fernand Léger, Jean Metzinger, Jacques Villon et Robert Delaunay, sont parvenus à rassembler leurs envois, signe la naissance du « cubisme des Salons », opposé par les historiens du mouvement à celui du Bateau-Lavoir, alors peu diffusé. Jugée scandaleuse par le public et la plupart des critiques d'art à l'exception de Guillaume Apollinaire, cette exposition sera suivie jusqu'à la guerre par plusieurs autres tant aux Indépendants qu'aux Salons d'Automne, où les différents artistes exposent régulièrement leur production. Signe de l'implication de Gleizes, il cosigne avec Jean Metzinger, le premier ouvrage jamais consacré au mouvement, Du "Cubisme", paru peu après l'ouverture du Salon de la Section d'Or, où Gleizes et les cubistes sont largement représentés, en octobre 1912[1],[3],[2].

La guerre met un terme brutal à cette dynamique en dispersant les différents protagonistes du mouvement[1],[3].

La Grande guerre[modifier | modifier le code]

Mobilisé, Gleizes est envoyé dans une caserne à Toul (Lorraine), où grâce à la bienveillance d'un médecin militaire, il peut continuer à peindre et à dessiner, tout en collaborant, à distance, avec Jean Cocteau, directeur de la revue Le Mot. Réformé en 1915, grâce à l'entregent de sa future épouse, Juliette Roche, fille d'un ministre influent, il quitte la France et s'installe à New York, où il retrouve Marcel Duchamp et Francis Picabia et fréquente le milieu artistique de la ville. Quelques mois plus tard, les époux Gleizes sont à Barcelone, où Albert se voit proposer sa première exposition personnelle à la galerie Dalmau à l'automne 1916[1],[2],[3].

Le retour en France[modifier | modifier le code]

De retour en France en 1919, il se consacre à l'enseignement et oriente son art vers la production de « tableaux-objets ». En 1927, il crée les communautés de Moly-Sabata dans l'Isère, à proximité de sa maison de Serrières (Ardèche). À partir de 1939, il se retire à Saint-Rémy-de-Provence où il continue de travailler entouré de disciples[1],[3].

Du cubisme au sacré[modifier | modifier le code]

Le cubisme initial d'Albert Gleizes donne la part belle aux volumes (La Femme aux phlox, 1910). Quelques toiles traitent l’objet figuratif de façon déstructurée comme Picasso (La Dame aux bêtes, 1914), pourtant le cubisme de Gleizes garde une certaine originalité par l’expression réaliste et schématique de ses personnages au sein d’un paysage aux formes géométriques et déstructurées (L’Homme au balcon, 1912)[1],[3].

La sombre palette de Gleizes de ses débuts s’éclaircit et il n'hésite pas à employer de larges aplats de couleurs vives et franches (La Parisienne, 1915). À partir de 1917, il revient à des représentations moins déstructurées (La Femme au gant). La composition de ses tableaux respecte une grammaire aussi rigoureuse que stable inventée par le peintre : recherche du rythme, goût pour la géométrie (rotation et translation du plan), abstraction du sujet (Peinture à sept éléments cadencés et rythmés)[1],[3].

Il adhère en 1931 au mouvement Abstraction-Création. Dans ses dernières années, Gleizes se tourne vers la peinture sacrée. Il illustre les Pensées de Blaise Pascal et se convertit au catholicisme en 1941[1],[3].

Son œuvre (peintures et dessins) est présente dans de nombreux musées français et étrangers. Depuis 2006, le musée Estrine à Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône) consacre deux salles permanentes à Albert Gleizes.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Article principal: Liste des œuvres de Albert Gleizes

  • Composition, 1920
  • Peinture à sept éléments cadencés et rythmés, 1924
  • Maternité, 1934
  • Composition bleu et jaune (Composition jaune), 1921
  • Peinture à Sept Éléments Rythmés, 1924-34
  • Les sept éléments, 1924–25
  • Lumière, 1932–34
  • Composition Rythmique (Les Bleus), 1932–34
  • Femme et Enfant, 1932–34
  • Spiral brun et vert, 1932–34
  • Support de Contemplation, 1932–34
  • Maternité, Mère et enfant, 1934
  • Élément central de Sept Éléments, 1935–36
  • Femme et Enfant, 1935
  • Terre et Ciel, 1935
  • Supports de Contemplation, 1942
  • L'Etrange Musicien, 1944
  • Support de contemplation, 1947
  • Composition, La Libellule, 1952

Livres écrit par Albert Gleizes[modifier | modifier le code]

  • Du "Cubisme", Albert Gleizes et Jean Metzinger, Paris, Figuière, 1912
  • Du Cubisme et des moyens de le comprendre, Paris, La Cible, Povolozky, 1920
  • La Mission créatrice de l’Homme dans le domaine plastique, Paris, La Cible, Povolozky, 1921
  • La Peinture et ses lois, ce qui devait sortir du Cubisme, Paris, 1924 (published in English in 2000)
  • Tradition et Cubisme. Vers une conscience plastique. Articles et Conférences 1912-1924, Paris, La Cible, Povolozky, 1927
  • Peinture et Perspective descriptive, conférence Carnegie Foundation pour l’Union Intellectuelle française, Paris, 22 mars 1927. Sablons, Moly-Sabata, 1927
  • Kubismus, Bauhausbücher 13, Munich, Albert Langen Verlag, 1928
  • Vie et Mort de l’Occident Chrétien, Sablons, Moly-Sabata, 1930
  • Vers une Conscience plastique : La Forme et l’Histoire, Paris, Povolozky, 1932
  • Art et Science, Sablons, Moly-Sabata, 1933. 2e édition, Aix-en-Provence, 1961. Conférence Lodz, Poland, 28 April 1932, and Stuttgart, 6 mai 1932.
  • Homocentrisme ; Le retour de l’Homme chrétien; Le Rythme dans les Arts plastiques, Sablons, Moly-Sabata, 1937
  • La Signification Humaine du Cubisme, Albert Gleizes au Petit Palais, Paris, 18 juillet 1938, Sablons, Moly-Sabata, 1938
  • Du "Cubisme", Albert Gleizes et Jean Metzinger, Paris, Compagnie Française des Arts Graphiques, 1947
  • Souvenirs, le Cubisme 1908-1914, Lyon, Cahiers Albert Gleizes, L’Association des Amis d’Albert Gleizes, 1957
  • Puissances du Cubisme (1925 - 1946), Chambéry, éditions Présence, 1969
  • Art et religion, Art et science, Art et production, Chambéry, éditions Présence, 1970
  • L'Homme devenu peintre (1948), Paris, Fondation Albert Gleizes and Somogy éditions d'Art, 1998

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Albert Gleizes and Jean Metzinger: Du "Cubisme". Mark Antliff and Patricia Leighten (ed): A Cubism Reader - Documents and Criticism, 1906-1914, University of Chicago Press, 2008.
  • Hourcade, Olivier. Courrier des Arts. Paris-Journal. 10–30 octobre 1912
  • Les Beaux-Arts. August, 1938
  • Gray, Cleve. Gleizes. Magazine of Art. vol. 43, no. 6, octobre, 1950
  • Golding, John. Cubism: A History and an Analysis 1907-1914. New York/London, 1959
  • Robbins, Daniel. Albert Gleizes 1881 - 1953, A Retrospective Exhibition, The Solomon R. Guggenheim Foundation, New York, Musée National d'Art Moderne, Paris, Museum am Ostwall, Dortmund, 1964
  • Kuh, Katharine. Albert Gleizes: Underrated Cubist. Saturday Review. 31 octobre 1964
  • Robbins, Daniel. Gleizes as a Way of Life. Art News. No. 63, septembre, 1964
  • West, Richard V. Painters of Section d'Or: The Alternatives to Cubism (exh. cat.). Albright-Knox Art Gallery, Buffaro, 1967
  • Golding, John. Cubism: A History and an Analysis 1907-1914. ed 2., London, 1968
  • Cooper, Douglas. The Cubist Epoch. New York, 1970
  • Robbins, Daniel. The Formation and Maturity of Albert Gleizes, 1881 through 1920, New York University, 1975
  • Alexandrian, Sarane. Panorama du Cubisme. Paris, 1976
  • Rudenstine, Angelica Zander. The Guggenheim Museum Collection: paintings, 1880-1945. vol. 1, New York, 1976
  • Yaegashi, Haruki. Sekai no Bijutsu. Cubism. Vol. 63, Tokyo, Jun. 1979
  • Yaegashi, Haruki. Kindai no Bijutsu. Cubism. Vol.56, Tokyo, 1980
  • Daix, Pierre. Journal du Cubisme. Geneve, 1982
  • Alibert, Pierre. Albert Gleizes: Naissance et avenir du cubisme. Saint-Étienne, 1982
  • Cottington, David. Cubism and the Politics of Culture in France 1905-1914. Courtauld Institute of Art, University of London, 1985
  • Green, Christopher. Cubism and its Enemies: Modern Movements and Reaction in French Art, 1916-1928. Yale University Press, 1987
  • Golding, John. Cubism: A History and an Analysis 1907-1914. 3rd ed., Cambridge, MA, 1988
  • Gersh-Nesic, Beth S. The Early Criticism of André Salmon, A Study of His Thought on Cubism. Dissertation, City University of New York, 1989
  • Alibert, Pierre, Gleizes - Biographie, Paris, galerie Michèle Heyraud, 1990 (ISBN 978-2-9084-5800-8), 253 pages
  • Antliff, Mark. Inventing Bergson: Cultural Politics and the Parisian Avant-Garde. Princeton, 1993
  • Franscina, Francis and Harrison, Charles. Realism and Ideology: An Introduction to Semiotics and Cubism. Primitivism, Cubism, Abstraction: The Early Twentieth Century. Chapter 2, New Haven/ London, 1993
  • Gleizes, Albert. L'Homme devenu peintre (1948), préface Alain Tapié, Paris, SOMOGY éditions d'art/Fondation Albert Gleizes, 1998, ISBN 2-85056-325-0.
  • Varichon, Anne. Albert Gleizes - Catalogue Raisonné, 2 tomes, Paris, SOMOGY éditions d'art/Fondation Albert Gleizes, 1998, (ISBN 978-2-8505-6286-0).
  • Massent, Michel. Albert Gleizes, Paris, SOMOGY éditions d'art/Fondation Albert Gleizes/Fondation Albert Gleizes, 1998, ISBN 2-85056-341-2. Paris, 1998
  • Cottington, David. Cubism in the Shadow of War: The Avant-garde and Politics in Paris, 1905-1914. New Haven/London, 1998
  • Dictionnaire Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, vol. 6, éditions Gründ,‎ janvier 1999, 13 440 p. (ISBN 2-7000-3016-8), p. 211-213
  • Gleizes, Albert. Art and Religion, Art and Science, Art and Production, Peter Brooke, London, Francis Boutle publishers, 1999, (ISBN 0-9532388-5-7).
  • Cox, Neil. Cubism. London, 2000
  • Green, Christopher. Art in France 1900-1940. New Haven/ London, 2000
  • Briend, Christian. Albert Gleizes au Salon de la Section d'Or de 1912. La Section d'or 1912, 1920, 1925. Paris, 2000
  • Hourcade, Olivier. Courrier des Arts (reprint). La Section d'or 1912, 1920, 1925 (exh. cat.). Musées de Châteauroux/Musée Fabre, Montpellier, Édition Cercle d'Art, 2000–2001
  • Antliff, Mark; Leighten, Patricia. Cubism and Culture. London/New York, 2001
  • Brooke, Peter. Albert Gleizes - For and Against the Twentieth Century, New Haven and London, Yale University Press, 2001, (ISBN 0-300-08964-3), (ISBN 978-0-3000-8964-6)
  • Briend, Christian; Brooke, Peter et al. Albert Gleizes: Le cubisme en majesté (exh. cat.). Museu Picasso, Barcelona/Musée des Beaux-Arts, Lyon, 2001
  • Gleizes, Albert. Painting and its laws, (with Gino Severini: From Cubism to Classicism), Peter Brooke, London, Francis Boutle publishers, 2001, ISBN 1-903427-05-3.
  • Briend, Christian. Between Tradition and Modernity: The Cubist Work of Albert Gleizes. Albert Gleizes: Cubism in Magesty (exh. cat.). Centro Cultural de Belém, Lisbon, 2002–2003
  • Cox, Neil. Cubism. Tokyo, 2003
  • Cottington, David. Cubism and its Histories. Manchester/ New York, 2004
  • Annual bulletin of the National Museum of Western Art. No. 39 (avril 2004 - mars 2005), 2006, Tanaka, Masayuki. New Acquisitions.
  • Kuspit, Donald. A Critical History of 20th-Century Art, Chapter 2, Part 4 - The machine and spirituality in the avant-gardes, 2006
  • Walter Robinson, Walter and Davis, Ben. The 2008 Revue. "Fly high, fall hard", a motto for the times, 2008
  • Kuspit, Donald. At the Philadelphia Museum, Marc Chagall and His Circle 2011

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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