Menuiserie

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Exemple de menuiserie : vantail finement ouvragé de l'une des portes en bois sculpté de la Grande Mosquée de Kairouan située dans la ville de Kairouan, en Tunisie.

La menuiserie, art et métier, est l'ensemble des techniques mises en œuvre pour construire des ouvrages de taille relativement petite (par opposition aux ouvrages de charpente) par la mise en forme et l'assemblage de menues pièces de bois[1]. Ces assemblages se font de largeur, de longueur ou en angle.

Par extension, on parle de menuiseries pour désigner les ouvrages dont la conception répond à cette définition : ils doivent être en bois massif et assemblés selon les techniques traditionnelles (à tenon et mortaise qu'il soit chevillé ou collé, à queue d'aronde, à enfourchement, à mi-bois, à rainure et languette, etc). Les vis, clous, boulons et autres éléments de fixation peuvent être utilisés mais ne se suffisent pas à eux-même : un ouvrage dont les pièces de bois, sans aucune forme d'usinage, ne tiendraient entre-elles que par leur emploi n'est pas une menuiserie.

De nos jours, par abus de langage, on parle souvent à tort de menuiseries concernant les ouvrages utilisant d'autres matériaux que le bois (comme le PVC, l'aluminium , etc.) bien qu'ils ne puissent y prétendre. Aussi, on associe parfois la menuiserie et la serrurerie, pourtant ce sont deux métiers bien distincts[2].


Histoire[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, les métiers étaient organisés en corporations.

  • En 1382, un arrêt royal ordonne qu'on distingue à l'avenir les menuisiers des charpentiers. Jusque là les menuisiers (du mot minitarus qui signifie : ouvrier travaillant à de menus ouvrages) étaient confondus sous le terme général de Charpentiers avec le qualificatif de "Charpentier de la petite cognée". Les outils et ouvrages deviennent tellement différents qu'une distinction devient alors nécessaire.
  • En 1467 en France, les menuisiers obtiennent des statuts qui les séparent des tapissiers. On leur demande de marquer leurs ouvrages grâce à des estampilles.
"Ordonne que chaque maître menuisier sera tenu de marquer de sa marque particulière tous ces ouvrages... ainsi que les postiers d'estain... et insérer ladite marque en une table de plomb qui restera dans la chambre du substitut du Procureur Général du Castellet"
Cet arrêt faisant suite à un procès qui opposait les maîtres-menuisiers et les maîtres-tapissiers parisiens, car les maîtres-menuisiers avaient le monopole de la fabrication des meubles, alors que les maîtres-tapissiers possédaient celui de leur commercialisation. Cet arrêt obligeait donc les tapissiers à ne vendre que des meubles marqués, provenant exclusivement des maîtres-menuisiers.
L'estampille permettait de retrouver le fabricant, et ainsi d'éviter les intermédiaires dans des tractations futures.

Après une première tentative d'abolition des corporations par Turgot en 1776, ministre de Louis XVI, elles sont finalement abolies au cours de la révolution française en 1791.

Au XIXe siècle, de nombreuses machines-outils sont inventées et mises au point qui facilitent le travail du bois, mais commencent à rendre possible l'industrialisation d'une production jusque là artisanale.

Différence entre la menuiserie et ébénisterie[modifier | modifier le code]

Les meubles de menuiserie sont exécutés en bois massif, constitués d'un bâti assemblé recevant des panneaux en rainure. Toutes les pièces restent apparentes. Éventuellement, il peut inclure un décor sculpté, bien qu’en principe celui-ci soit confié à un sculpteur. Les consoles d’applique, les cadres de miroir et tous les meubles en bois massif sculpté ou mouluré sont des meubles de menuiserie.

Les meubles d'ébénisterie, eux, sont composés d'un bâti en menuiserie et sur lequel sont appliquées des feuilles de bois précieux ou toutes autres matières décorées ou sculptées qui dissimulent entièrement le bâti ordinaire.

Menuiserie et construction bois[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, alors que la construction bois est de plus en plus plébiscitée, le métier de menuisier évolue et s’adapte à ces nouvelles structures de charpenterie. Les maisons à ossature bois représentent 8 % du marché des constructions neuves par an. La progression connaît un taux de croissance annuel de 20 à 25 %[3].

De manière générale, la construction est le premier débouché du bois en France. Le bois a plusieurs atouts : il permet de réguler le taux d’humidité et la température à l’intérieur ; c’est un excellent isolant acoustique et, en cas d’incendie, le bois transmet la chaleur 10 fois moins vite que le béton et 250 fois moins vite que l’acier.

Lexique[modifier | modifier le code]

  • avivé : pièce de bois de section carrée ou rectangulaire dont les défauts sont éliminés
  • battée : entaille longitudinale poussée sur l'arête intérieure d'une pièce
  • bois sur quartier : pièce de bois dont les rayons médullaires sont parallèles à la face
  • bois sur dosse : pièce de bois dont les rayons médullaires sont perpendiculaires à la face
  • bois sur faux quartier : pièce de bois dont les rayons médullaires sont en oblique par rapport à la face
  • bille : grume coupée en trois parties (bille de pied, bille de hauteur, surbille)
  • chambranle : pièce de bois servant de garniture à une porte
  • cheville  : pièce de bois servant à en unir deux autres
  • enfourchement : mortaise qui est poussée à l'extrémité d'un montant
  • épaulement : partie laissée à l'extrémité d'un montant pour éviter un enfourchement
  • grume : tout le tronc ébranché et écimé
  • listel : pièce de bois servant de butée au vantail d'une porte
  • redent : partie du tenon laissée à l'emplacement de l'épaulement
  • rainure : entaille longitudinale poussée sur le milieu du chant intérieur pour recevoir un panneau (si rainure, toujours rétrécissement de mortaise égale à l'épaisseur de la rainure)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henry Havard, La menuiserie, éd. C. Delagrave, 1897, p. 3
  2. Eugène Aucamus. Menuiserie serrurerie, plomberie, peinture et vitrerie. Editorial MAXTOR, 14 nov. 2011. Consulter en ligne
  3. Site internet de France Bois Forêt

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J. Justin Storck, Le Dictionnaire Pratique de Menuiserie, Ebénisterie, Charpente, édition de 1900 Lire en ligne
  • Christian Pessey, Menuiserie, éd. Charles Massin, 2008

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]