Fleury François Richard

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Fleury François Richard (dit parfois Fleury-Richard), né le à Lyon et mort le à Écully, est un peintre de l'École de Lyon, élève de Jacques-Louis David et l'un des précurseurs, avec son ami Pierre Révoil, du style troubadour.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un magistrat, Fleury François Richard étudie au collège de l'Oratoire de Lyon puis à l'école de Dessin de la ville où il a pour professeur Alexis Grognard et où il rencontre Pierre Révoil. En 1796 il rejoint l'atelier de Jacques-Louis David à Paris. Fort du succès de ses premières créations, il fréquente l'intelligentsia parisienne, où son style troubadour est très en faveur, et devient le peintre de prédilection de l'impératrice qui acquiert plusieurs de ses tableaux alors que la renommée européenne de ses premières œuvres est saluée par Madame de Staël.

En 1808 il installe son atelier au palais Saint-Pierre à Lyon où il jouit d'une grande réputation : son atelier lui est offert par la ville en remerciement pour la renommée dont il fait bénéficier la cité. Il est introduit dans la Loge écossaise d'Isis en 1809, épouse Blanche Menut, fille d'un banquier en 1814 et est élevé au grade de Chevalier de la Légion d'honneur en 1815.

En quête d'inspiration, il visite Genève, Milan, Turin mais aussi le Dauphiné. Il est nommé professeur à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon où il exerce de 1818 à 1823. En 1851 il s'installe à Écully où il se consacre à l'écriture. Il rédige ses Souvenirs, des notices sur les peintres et un ouvrage où il expose Quelques réflexions sur l'enseignement de la peinture dans les villes de second ordre.

Esthétique[modifier | modifier le code]

Valentine de Milan pleurant la mort de son époux Louis d'Orléans (vers 1802)
Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg

Si Fleury Richard reçoit ses premières leçons à Lyon, tournées vers la Fabrique, c'est dans l'atmosphère néo-classique de l'atelier de Jacques-Louis David que se déroule l'essentiel de sa formation. Comme bien des artistes anglais et allemands de cette époque, Fleury Richard, passionné d'histoire, est fasciné par la chevalerie du Moyen Âge et par la Renaissance. Sa visite du musée des monuments français où se trouve exposé le tombeau de Valentine de Milan lui inspire sa première grande œuvre dans le style utopique et mélancolique des peintures de style troubadour.

Ce style, né au sein même de l’atelier de David, va imposer un courant historiciste puisant chez les maîtres des XIVe et XVe siècles une iconographie plus anecdotique que véritablement historique. François-René Martin présente cette tendance comme « un repli sur la sphère privée[1] ». Richard est notamment émerveillé par les œuvres attribuées au roi poète, le « bon Roi René », et plus particulièrement par son traité d'histoire de l’art : Le Cuer d’amours espris.

Au retour à Lyon, il cultive son amitié pour Pierre Révoil avec lequel, en compagnie d'un petit cénacle, il découvre la nature et les vestiges des environs lyonnais, de Fourvière, de Saint-Just ou de l'Île Barbe. C'est avec ce décor en arrière-plan que Révoil, en 1798, les représente tous deux dans un dessin qu'il offre à son « frère ». À l'historicisme des peintres troubadours se mêle « une poétique de la nature » et « la recherche du révolu, du lointain ou de la solitude[2] ». Ainsi, la crypte abandonnée de Saint Irénée à Saint-Just servira à Fleury-Richard dans ses études pour Un Chevalier en prière dans une chapelle, se préparant au combat ; la construction utilisée dans La Jeune Fille à la fontaine est un sarcophage romain de l'Île-Barbe ; on retrouve encore l'Île-Barbe, associée au cloître de Notre-Dame-de-l'Isle à Vienne dans L'Ermitage de Vaucouleurs.

Alors que l'on cherche, au début du XXe siècle, à le rattacher à l'école lyonnaise malgré sa formation parisienne, sa carrière nationale et sa peinture dont le genre historique n'est pas spécifique à Lyon, son exécution est parfois qualifiée de méticuleuse et sèche[3].

On trouve dans les écrits critiques de Fleury-Richard une réflexion préfigurant son rattachement avant l'heure au mouvement symboliste :

« La peinture n’est pas une imitation de la réalité. C’est un symbole, un langage figuré qui présente l’image de la pensée ; et la pensée s’élevant jusqu’à la source de la beauté infinie y trouve ces formes archétypes signalées par Platon, dont les êtres créés ne sont que des copies[4]. »

Œuvres[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

Dessins, aquarelles[modifier | modifier le code]

Peintures[modifier | modifier le code]

Gravures, lithographies[modifier | modifier le code]

Salons[modifier | modifier le code]

Expositions, galeries[modifier | modifier le code]

Prix, récompenses[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Musées, monuments[modifier | modifier le code]

Élèves[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

Galerie[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Claude Chaudonneret, La peinture troubadour, deux artistes lyonnais Pierre Révoil (1776-1842), Fleury-Richard (1777-1852) ,éd. Arthena, Paris (1980) 217 p. [1]
  • Sylvie Ramond (Direction), Gérard Bruyère et Léna Widerkher, Le Temps de la peinture, Lyon 1800-1914, Fage éditions, Lyon (2007) 335 p. (ISBN 978-2-84975-101-5)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « À l’exaspération des thématiques publiques et de la vertu héroïque, dont la peinture davidienne est l’expression la plus aboutie, aurait succédé, au moins chez les Lyonnais, le culte du sentiment, le désir de s’approcher de la vie privée des personnages historiques » François-René Martin, Historicisme et utopie à Lyon au XIXe siècle, dans Le Temps de la peinture, op. cit., p. 152.
  2. François-René Martin, ibidem.
  3. Alphonse Germain, cité par Pierre Vaisse, Le Temps de la peinture, op. cit. p. 21.
  4. Cité par Stephen Bann, Le Temps de la peinture, op. cit., p. 57.

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :