Marqueterie

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Œuvre de Damiano Zambelli à la basilique Saint-Dominique (Bologne)

La marqueterie est un décor réalisé avec des placages découpés suivant un dessin et collés sur un support (meuble, boiserie, ou tableau). Les images ainsi obtenues peuvent être géométriques (on parle alors de frisage), figuratives ou abstraites. Par extension, ce terme désigne la technique et le métier qui réalisent ce décor spécifique.

Elle désigne également les grandes compositions de pierre sur le sol mais se différencie de la mosaïque (et ses tesselles) par la dimension de ses grands aplats (souvent de marbre dans les pavements d'autels en Italie, par exemple à Pise ou à Sienne, de pierre dure ou semi-précieuse à Florence - voir l'Opificio delle pietre dure).

Le marqueteur est l'artisan qui réalise la marqueterie.

Historique[modifier | modifier le code]

À l'origine de la marqueterie, il y a l'incrustation. Pratiquée dans la décoration d'objets en bois depuis le début de l'antiquité égyptienne, cette technique consiste à creuser le bois pour y placer des morceaux d'une autre matière (os, corne, ivoire, pâte de verre, pierre, galuchat…) ou d'une essence différente. Cette technique décorative fut très utilisée (parfois sur le mobilier de personnes moins aisées, les incrustations sont peintes en trompe-l'œil) et s'est vite diffusée dans tout le monde antique. Quoiqu'utilisée ponctuellement, l'incrustation ne survivra pas à l'empire romain.

C'est au XIVe siècle que les Italiens réutilisent cette technique pour orner le mobilier. La marqueterie atteint son apogée aux XVIIe et XVIIIe siècles sous les styles Louis XIV et Louis XV notamment[1]. Ensuite la marqueterie est délaissée au XIXe siècle, utilisée principalement en frisage (style Louis-Philippe). La fin du XIXe siècle voit renaître cet art pour magnifier formes naturelles et torturées de l'Art nouveau.

Différentes techniques[modifier | modifier le code]

L'intarse[modifier | modifier le code]

Panneau marqueté illusionniste du studiolo de Gubbio (transféré au Metropolitan Museum de New York en 1939).

Ancêtre de la marqueterie, cette technique apparut pendant l'antiquité, elle consiste à incruster divers matériaux tel que la nacre ou la pierre. À cette époque, la marqueterie se trouve principalement sur des édifices.

L'Italie révolutionna cette technique en l'appliquant au mobilier au XIVe siècle avec des meubles plaqués de bois de nacre ou encore d'os. Ces combinaisons d'essences de bois et de matériaux forment des frises ou des tableaux (comme ce trompe-l'œil réalisé par Giuliano da Maiano sur des dessins de Francesco di Giorgio Martini). Ainsi on retrouve l'appellation de « peinture en bois » pour désigner ces marqueteries.

La marqueterie Boulle[modifier | modifier le code]

Au XVIIe siècle la marqueterie s'est répandue dans toute l'Europe. La marqueterie se perfectionne en Allemagne notamment. En France, c'est André-Charles Boulle, maître ébéniste qui développa une technique existante la Tarsia a incastro qui révolutionna la pratique de la marqueterie. Dans cette méthode, tous les placages sont superposés dans un paquet. Ensuite, vient le découpage de chaque forme à la scie à chantourner dite bocfil ou au « chevalet de marqueteur » qui possède une lame très fine ; on découpe l'ensemble à la scie à découper. On obtient, lors du montage, le plaquage clair qui s'incruste dans le bois foncé et vice-versa. La « marqueterie Boulle » introduit aussi une nouvelle spécialité : l'incrustation d'écailles de tortue.

La marqueterie Vriz[modifier | modifier le code]

Au XXe siècle Georges Vriz met au point une technique dite de superposition qui permet de révéler par transparence les éléments décoratifs sous-jacent[2].

Marqueteurs renommés[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marqueterie
  2. Méthode VrizVriz

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J. Justin Storck, Le Dictionnaire Pratique de Menuiserie, Ebénisterie, Charpente, 1906, réimpr. éd. Vial 2006.
  • Bruno Bontempelli "La marqueterie, un art revisité" 2002 - Éditions ATLANTICA
  • VRIZ 1990

Articles connexes[modifier | modifier le code]