Auguste Bartholdi
Auguste Bartholdi
Auguste Bartholdi, en 1898.
| Nom de naissance | Frédéric Auguste Bartholdi |
|---|---|
| Naissance | 2 août 1834 Colmar, Alsace, France |
| Décès | 4 octobre 1904[1] (à 70 ans) Paris, Île-de-France, France |
| Nationalité | |
| Profession | Sculpteur |
Frédéric Auguste Bartholdi, dit Auguste Bartholdi, (né à Colmar le 2 août 1834, mort à Paris le 4 octobre 1904[1]), est un sculpteur alsacien, auteur notamment de la célèbre Statue de la Liberté, offerte par la France aux États-Unis et placée ensuite sur Bedloe's island, à l'entrée du port de New York ; il est aussi l'auteur de la Fontaine Bartholdi située Place des Terreaux à Lyon ainsi que du monumental Lion de Belfort, sculpté dans une falaise pour célébrer la résistance héroïque de la ville lors du siège de 1870-71. Certaines de ses œuvres sont signées du pseudonyme d'Amilcar Hasenfratz[2].
Sommaire |
Biographie[modifier]
Né à Colmar le 2 août 1834, fils de Jean Charles Bartholdi (1791-1836), conseiller de préfecture, et d’Augusta Charlotte, née Beysser (1801-1891), fille d'un maire de Ribeauvillé. Sur leurs quatre enfants, seuls l'aîné, Jean-Charles (avocat-éditeur, puis interné pour maladie), et le cadet, Auguste, survivront. À la mort prématurée de son père, la mère, de condition aisée, décide d'aller vivre à Paris, tout en conservant la maison familiale du 30 rue des marchands, qui abrite, depuis 1922, le musée Bartholdi, (après avoir été léguée à la ville en 1907).
Après le lycée Louis-le-Grand à Paris, Auguste Bartholdi obtient son baccalauréat en 1852. Il continuera d'étudier l'architecture à l'École nationale supérieure des beaux-arts, ainsi que la peinture sous la direction d'Ary Scheffer dans son atelier de la rue Chaptal (aujourd'hui Musée de la Vie romantique qui y conserve deux bronzes, La Gravure et L'Orfèvrerie). Il rapporte des photographies d'un long voyage mémorable en Égypte, avec ses amis Édouard-Auguste Imer, Jean-Léon Gérôme et Léon Belly
Il commence son activité d'architecte à Bordeaux, avec son premier monument, dédié au général Rapp, en 1856.
Pendant la guerre franco-prussienne de 1870, chef d'escadron des gardes nationales, il est aide de camp du général Giuseppe Garibaldi et agent de liaison du gouvernement, particulièrement chargé de s'occuper des besoins de l'armée des Vosges.
En 1871, à la demande d'Édouard Lefebvre de Laboulaye (dont Bartholdi a réalisé un buste en 1866) et de l'union franco-américaine, il effectue son premier voyage aux États-Unis pour sélectionner en personne le site où sera installée la Statue de la Liberté. Le projet ressemblera d'ailleurs beaucoup à un projet semblable qui aurait dû être installé à l'entrée du canal de Suez, si Ismaïl Pacha l'avait accepté en 1869.
Sa carrière prendra dès lors une ampleur internationale. Il devient un des sculpteurs les plus célèbres du XIXe siècle en Europe et en Amérique du Nord.
Franc-maçon depuis 1875, il adhéra à la Loge Alsace-Lorraine à Paris. C'est à partir de cette date qu'il commence la construction de la statue de la Liberté dans ses ateliers parisiens, rue Vavin.
La même année, le 15 décembre, il conclut un mariage « rocambolesque » avec Jeanne-Emilie Baheux de Puysieux, qui se serait rajeunie de 13 ans aux yeux de son mari, à l'hôtel de ville de Newport (Rhode Island) aux États-Unis. Leur mariage sera cependant heureux mais sans enfants.
Il effectuera son dernier voyage aux États-Unis pour l'inauguration, le 28 octobre 1886, de la statue de la Liberté à New-York.
Il est promu au grade de commandeur de la Légion d'honneur en 1886, vingt-deux ans après avoir été fait chevalier[3].
Il meurt à Paris le 4 octobre 1904[1] suite à une tuberculose[4]. Il est enterré au cimetière de Montparnasse (28e division)
Œuvres[modifier]
Bartholdi est à l’origine de 35 monuments de par le monde. Les plus célèbres sont :
- la statue de Martin Schongauer à Colmar (1863) ;
- les quatre anges trompettistes à l’Église unitarienne baptiste de Boston aux États-Unis (1874) ;
- la statue de La Fayette à Union Square à New York aux États-Unis (1876) ;
- la « Fontaine du Capitole » au parc Bartholdi à Washington aux États-Unis (1878) ;
- le Lion de Belfort à Belfort en France (1880) (dont une réplique réduite est sur la place Denfert-Rochereau à Paris) ;
- la statue de Diderot, érigée sur la place Diderot de Langres en 1884 ;
- la statue de la Liberté à New-York aux États-Unis (1886) ; des copies plus petites se trouvent : au pont de Grenelle à Paris (inaugurée en 1885 avant celle de New-York), dans le Jardin du Luxembourg ; à l'entrée de la ville de Colmar ; à Roybon (Isère) sur la place principale (offerte à ce village par Bartholdi) ; sur la place Portalis de Saint-Cyr-sur-Mer (réplique en fonte dorée par la suite) et une plus petite en Normandie, à Barentin ;
- la fontaine de Bartholdi, sur la place des Terreaux, à Lyon en France (1892) ;
- Monument à la Suisse secourant Strasbourg à Bâle en Suisse (1895) ;
- la statue équestre de Vercingétorix, à Clermont-Ferrand en France (1903) ;
- la statue de Jean-François Champollion, (marbre, 1875) dans la cour du Collège de France à Paris.
De nombreux monuments et statues à Colmar, dans le Haut-Rhin (France) :
- le monument du général Rapp (1856) ; la statue est présentée dans le cadre de l'Exposition universelle de 1855 aux Champs-Élysées avant de rejoindre la grand place de la ville alsacienne ;
- le monument de Martin Schongauer au (musée Unterlinden) (1863) ;
- le monument de l’amiral Armand Joseph Bruat au Champ-de-Mars (1864), détruit par les Allemands en septembre 1940, remis en place en 1958 ; il représente l'amiral flanqué de figures allégoriques ;
- le Génie funèbre, bronze de 1866 dans l'escalier du lycée Bartholdi ;
- le petit vigneron alsacien (musée Bartholdi) (1869), copie au marché couvert ;
- le monument funéraire des Gardes nationaux tombés en 1870, cimetière du Ladhof (1872) ; deux dalles disjointes laissent passer le bras d'un combattant cherchant à agripper la baïonnette qui lui a échappé ;
- la fontaine Jean Roesselmann (1888) ;
- le monument Gustave-Adolphe Hirn (1890) ;
- le monument-fontaine au baron Lazare de Schwendi sur la place de l'Ancienne-Douane (1898) ;
- les grands soutiens du monde, groupe en bronze de 1902 au (musée Bartholdi) présenté au Salon de Paris en 1902 ;
- le tonnelier alsacien, couronnement de la Maison des Têtes (1902) ;
- quatre statues allégoriques de l’Orfèvrerie, l’Étude, la Gravure et la Peinture (les quatre sont au musée Bartholdi, Colmar ; l'Orfèvrerie et la Gravure, épreuves en bronze, 1861, au musée de la Vie romantique, Paris).
De nombreux monuments sont également visibles ailleurs en France et dans le monde :
- le monument au Général Arrighi de Casanova (Corte) (1867) ;
- À Gambetta, les Alsaciens reconnaissants, Cahors, Musée de Cahors Henri-Martin, (1872) ;
- le monument de Vauban à Avallon (1873) ;
- le monument de Gribeauval à Paris (1879) ;
- le monument de Rouget de Lisle à Lons-le-Saunier (1882) ;
- le monument Gambetta à Sèvres (1891) ;
- le monument de Christophe Colomb à l'Exposition universelle de Chicago (1893) ;
- le monument de La Fayette et Washington à Paris (1895).
Monument détruit :
Plusieurs autres projets ne virent pas le jour :
- le palais de Longchamps à Marseille, qui ne sera pas retenu, mais dont le lauréat se serait inspiré ;
- un projet monumental, de jeunesse, pour l'entrée du canal de Suez ;
- un projet pour Callao, destiné à la République du Pérou ;
- à Bordeaux, Bartholdi participe à un concours pour une fontaine monumentale sur la place des Quinconces ; il reçoit le premier prix mais la fontaine fut ensuite installée à Lyon sur la place des Terreaux.
Monuments posthumes :
- le monument des Trois Sièges, à Belfort, (inauguré en 1913) d'après maquette de Bartholdi, fini par ses élèves sculpteurs Louis Noël et Jules Déchin ;
- une nouvelle statue de bronze, érigée en mars 2005 dans la cour du palais royal de Varsovie en Pologne, réalisée à partir d’un modèle original en plâtre du Martyr moderne[6] (salon de 1864, conservé par le Musée Bartholdi de Colmar), et qui symbolise le drame polonais en référence aux évènements de 1863 entre la Russie et la Pologne ;
- une statue de la Liberté est fondue en 2012 pour remplacer celle de 1889 qui était exposée dans le Jardin du Luxembourg, après que le Sénat a accepté de transférer l'original au musée d'Orsay.
Galerie de photos[modifier]
-
...et sa reproduction de la Place Denfert-Rochereau à Paris
-
Statue de Gustave-Adolphe Hirn - Colmar
-
Statue de la Liberté (fondue en 1889) - Jardin du Luxembourg - Paris
-
Statue de la Liberté du Pont de Grenelle à Paris
-
Monument Léon Gambetta à Sèvres
-
Monument à Washington et La Fayette, Paris
Contexte artistique[modifier]
Prix Bartholdi[modifier]
Le Prix Bartholdi est une récompense visant à développer l'ouverture internationale d'enseignements universitaires dans le Rhin supérieur F-D-CH.
Numismatique[modifier]
Auguste Bartholdi figure sur une pièce de 10 € en argent édité en 2012 par la Monnaie de Paris pour représenter sa région natale, l'Alsace[7].
Annexes[modifier]
Bibliographie[modifier]
- Notices d’autorité : Système universitaire de documentation • Bibliothèque nationale de France • Fichier d’autorité international virtuel • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
: ouvrage ou article utilisé comme source pour la rédaction de cet article
- (fr) Ville de Colmar, Bartholdi, le Colmarien qui éclaira le monde : Agenda 2004 de la Ville de Colmar, Colmar, Freppel Edac , 2003,

- (fr) Bartholdi, le Lion : dossier de presse de l'exposition de 2004.
- (fr) Robert Belot, Daniel Bermond, Bartholdi, Paris, Perrin, 2004, (ISBN 2262019916 et 9782262019914)
- (fr) Marie-Sophie Corcy, Nathalie Vu Hong, Lionel Dufaux, La Statue de la Liberté : Le défi de Bartholdi, Gallimard, 2004,
- (fr) André Gschaedler, Vérité sur la Statue de la liberté et son créateur, Jérôme Do Bentzinger, 2005, (ISBN 2906238260 et 9782906238268)
- (fr) Bertrand Lemoine, Institut français d'architecture, La Statue de la Liberté, Mardaga, 1995, Collection : A.R.C.H.I.V.E.S., (ISBN 2870092601 et 9782870092606)
- (fr) Pierre Vidal, Frédéric-Auguste Bartholdi 1834-1904 : Par la Main, par l'Esprit, Paris, Les créations du pélican, 2000, (ISBN 2719105651 et 9782719105658)
- (en) Leslie Allen, Liberty: The Statue and the American Dream (ASIN:B000HMACQI)
- (en) Moreno Barry, The Statue of Liberty Encyclopedia, New York, Simon & Schuster, 2000, (ISBN 1597640638)
- (en) Serge Hochain, Building Liberty: A Statue is Born, (ISBN 0792267656)
- (en) Betsy Maestro, Giulio Maestro, The Story of the Statue of Liberty, (ISBN 0688087469)
- (en) Marc Tyler Nobleman, The Statue of Liberty (First Facts: American Symbols), (ISBN 0736847030)
Notes et références[modifier]
- Musée Bartholdi. Musée Bartholdi
- Ses sculptures sont signées de son véritable nom, semble-t-il pour que celui-ci reste exclusivement attaché à sa réputation de sculpteur ((en) Darcy Grimaldo Grigsby, Edges of Empire: Orientalism And Visual Culture, Blackwell Publishing Ltd, 2005 (ISBN 1405116897) [lire en ligne], « Out of the Earth: Egypt's Statue of Liberty », p. 38–69)
- Dossier Bartholdi, Base Leonore
- Biographie sur le site du musée Bartholdi
- Base de données géolocalisée du patrimoine monumental français et étranger
- Plâtre du Musée Bartholdi à Colmar
- Série de 27 pièces de 10 € des régions 2012 Philatélie 50
- (en) Musée de la Vie romantique, Hôtel Scheffer- Renan, Paris
Voir aussi[modifier]
Liens externes[modifier]
- Naissance à Colmar
- Sculpteur français du XIXe siècle
- Sculpture dans le domaine public
- Sculpteur alsacien
- Commandeur de la Légion d'honneur
- Personnalité protestante française
- Personnalité de la franc-maçonnerie française
- Naissance en 1834
- Décès en 1904
- Denis Diderot
- Artiste des musées de Colmar
- Décès à Paris
- Personnalité de Colmar