Sculpture romaine

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Procession, relief de l'Ara Pacis élevé entre 13 et 9 av. J.-C. à Rome par Auguste
Mars de Todi - Bronze étrusque de la fin du Ve siècle av. J.-C., Musées du Vatican.

Longtemps présentée comme une répétition, voire une forme de déclin, de la sculpture grecque antique, la sculpture romaine est reconnue depuis le XIXe siècle un objet d'étude à part entière. Elle présente la particularité de refléter davantage la volonté de ses riches commanditaires que la personnalité artistique des artistes, essentiellement des esclaves et des affranchis : on connaît peu de noms de sculpteurs romains. Elle regroupe des œuvres provenant d'horizons géographiques très différents, de l'Atlantique à l'Asie, et s'étalant sur une durée très longue, de la fondation mythique de Rome en 753 av. J.-C. aux débuts de l'Empire byzantin. Ses domaines de prédilection ont été le portrait et la sculpture narrative.

Matériaux[modifier | modifier le code]

Du fait de l'influence étrusque, les premiers matériaux utilisés par la sculpture à Rome sont la terre cuite et le bronze. Cependant, les artistes tirent rapidement parti d'un matériau très facilement accessible dans la région, le tuf calcaire ou travertin. À partir du IIe siècle av. J.-C., les sculpteurs romains commencent à utiliser des pierres venues de Grèce, principalement le marbre du Pentélique et celui de Paros. À l'époque de Jules César, l'ouverture des carrières de marbre de Luna (actuelle Carrare) bouleverse les habitudes des artistes : désormais, la majorité des statues et des monuments de la cité même de Rome seront réalisés dans ce matériau, le marbre de Carrare. Les œuvres plus modestes réalisées dans les provinces utilisent généralement des ressources locales. Le goût pour les pierres de couleur comme le granit gris ou le porphyre se développe sous les Flaviens (fin du Ier siècle).

La majorité des œuvres sculptées parvenues jusqu'à l'époque moderne sont en pierre. De ce fait, il est difficile d'évaluer la part originelle des sculptures en bronze ou en métaux précieux (or, argent), dont la plupart ont été refondus pour récupérer le matériau de départ.

La statuaire romaine[modifier | modifier le code]

L'évolution entre sculpture étrusque et sculpture romaine[modifier | modifier le code]

Les Romains ont été de grands amateurs de sculpture, mais à la création ils ont souvent préféré piller les chefs-d'œuvre grecs ou les copier. On ne saurait cependant négliger leur apport à la sculpture mondiale par le sens de l'histoire qu'ils lui ont insufflé, non plus que l'importance de la tradition étrusque. Les Étrusques avaient l'habitude de décorer leurs urnes funéraires de grandes figures en terracotta (terre cuite) polychrome. Le Sarcophage des Époux montre des visages précisément observés et présente une tendre image du couple humain (et le désintérêt des proportions anatomiques dans l'esthétique étrusque). L'Apollon de Véies (vers 500) prouve, quant à lui, « l'influence de l'art grec » sur les artistes étrusques. Cette œuvre de l'artisan Vulca est à lier avec les acrotères du temple de Portonaccio représentant Apollon, Leto et Hercule, ainsi que acrotères du temple de San'Omobono représentant Minerve et Hercule. Ces éléments de décor en terre cuite montrent bien que les modèles grecs pénètrent donc à Rome par l'intermédiaire d'artistes de tradition étrusque.

L'influence grecque[modifier | modifier le code]

La sculpture romaine s'est largement inspirée des modèles de sculpture grecque. C'est grâce à des copies romaines que l'on connaît de nombreux originaux grecs aujourd'hui disparus (exemple la Vénus d'Arles qui serait une copie d'une œuvre disparue du grand sculpteur grec Praxitèle).

C'est surtout la Grèce de la période classique (499-336 av. J.-C.) qui a eu une grande influence sur les statues romaines, pour les styles, les techniques et les matériaux utilisés.

La sculpture romaine s'inspire en effet, le plus souvent, des illustres modèles de l'époque classique (Ve et IVe siècles av. J.-C.. Pour autant, la sculpture romaine n'est pas qu'une simple répétition: elle décline les modèles en d'infinies variétés, créant des œuvres originales à partir de l'ancien (recréations). De plus, les influences de la sculpture romaine ne se limitent pas à l'époque classique. Dès le Ier siècle av. J.-C., de nombreuses œuvres dites "archaïsantes" s'inspirent des statues et reliefs de la période archaïque (VIe siècle av. J.-C.). Enfin, l'art de la période hellénistique survit à Rome, où revivent les différents styles des IIIe et IIe siècles av. J.-C., à l'exemple de l'art baroque hellénistique, très en vogue dans la première moitié du IIe siècle apr. J.-C.

Contrairement à ce que pensaient les premiers archéologues, les statues romaines, de même que les grecques, étaient polychromes. Les Romains utilisaient soit de la peinture soit le mélange des matériaux (marbre et porphyre par exemple) qui était utilisé presque uniquement par les Romains en raison de son coût. Même si elle s'inspire de la sculpture grecque, la sculpture romaine a ses particularités comme l'invention du buste, et la démocratisation du portrait. De plus, elle a su produire un métissage des styles dans les régions sous imperium qui avaient déjà leur manière propre, comme l'Égypte ou les provinces orientales

L'originalité de la sculpture romaine[modifier | modifier le code]

En reprenant les formes et les savoir-faire de la sculpture grecque, la sculpture romaine s'en distingue par de nombreux aspects.

Le portrait romain[modifier | modifier le code]

Portrait aristocratique[modifier | modifier le code]

À Rome, le jus imaginum « droit aux images », permet aux aristocrates de regrouper, dans les armoires de leur atrium, les portraits de leurs ancêtres. Ce sont des images en trois dimensions, en cire, en plâtre ou en terre cuite, qui permettent de représenter la généalogie de l'aristocrate. À l'occasion de grands événements, comme des enterrements ou des triomphes, le maître de maison sortait sur le pas de sa porte pour y exposer, à la vue de tous, ces portraits.

C'est donc un usage presque politique, une manière de revendiquer leur place très élevée. Les portraits aristocratiques appuient sur les traits de l'âge, et cherchent à rendre l'image d'un personnage extrêmement dur, sévère. Ils sont à liés avec les idéaux moraux de l'aristocratie de sévérité (severitas), de responsabilité (autoritas) et d’économe. Ils ne cherchent pas à transmettre un véritable un portrait, ou une émotion. Ces portraits sont beaucoup plus près de la caricature, de quelque chose d'assez artificiel. Il y a quelque rares portraits féminins qui suivent les mêmes principes.

Buste monumental d'Auguste, Musées du Vatican.

Portrait hellénistique[modifier | modifier le code]

Article principal : Portrait hellénistique.

En réaction à l'appropriation par les esclaves affranchis des codes du portrait aristocratique, l'aristocratie romaine s'inspire alors des portraits hellénistiques et des représentations du Grand Autel de Pergame. Si on retrouve des caractéristiques du portrait aristocratique, on retrouve une recherche d'expression de souffrance, d’inspiration, avec la tête légèrement de côté, la chevelure très vivante, les yeux levés au ciel, la bouche un peu entrouverte, ...

Portrait impérial[modifier | modifier le code]

Tête de la statue monumentale de Constantin Ier .

Quant aux portraits des empereurs, ils sont révélateurs d'un programme politique.

Ainsi, Auguste trouve l'inspiration dans la Grèce de l’Époque classique. Son visage est complètement idéalisé, impassible, jeune (il sera d'ailleurs surnommé « l'empereur qui ne vieillit pas ») car il veut faire comprendre au peuple qui est derrière lui qu’on est dans une période nouvelle, qu’il choisit une voie médiane en s’installant dans le classicisme.

Lors de la dynastie Julio-claudiene avec le portrait de Tibère, on garde quelque chose de relativement semblable et classique. De même pour l'empereur Caligula. Pourtant, on commence à avoir quelque chose de différent. La bouche fait une sorte de mou, très particulier à son portrait. À l'époque de Claude, on a une véritable rupture par rapport au portrait augustéen. Il est d'ailleurs connu pour ses défauts physiques, et il va se faire représenter avec eux. C'est sûrement à lier avec l'assassinat de son prédécesseur, jugé trop tyrannique. Son successeur, en revanche, n'aura pas cette prudence. Il se fait représenter de manière totalement différente, absolument pas de tradition aristocratique, et très exubérante.

Il s'ensuit, après le règne de Néron, une guerre civile, à la suite de laquelle s'impose la dynastie flavienne. Vespasien a alors recourt au portrait aristocratique en guise de gage politique envers l'aristocratie. C'est un type de portrait pas du tout populaire, très stéréotypé mais pas particulièrement idéalisé.

Sous les Antonins, on va avoir un portrait assez lisse, mais personnalisé, assez classicisant. Marc-Aurèle en est la meilleure représentation.

On peut donc considérer que le portrait Julio-claudien voulu par Auguste est une sorte d’échec, puisqu’on revient à des formules qui sont plus anciennes.

Le corps[modifier | modifier le code]

Le statut du visage est très particulier. Avec les corps, on procède tout à fait différemment. Le corps ne représente absolument pas et ne se doit que d’être beau. Il y a cependant parfois des exceptions, notamment dans le domaine funéraire, où des symboles liés à la mort et au domaine funéraire se glissent dans la représentation.

Les reliefs publics[modifier | modifier le code]

Les reliefs publics romains concernent les monuments érigés par les empereurs romains (tels que la Colonne Trajane, l'Ara Pacis d'Auguste, l'arc de triomphe de Titus, ... Ils sont tous marqués par le goût romain pour les représentations quotidiennes, les scènes familières et les anecdotes.

Bibliographie[modifier | modifier le code]