Madame de Pompadour

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Jeanne-Antoinette Poisson
marquise de Pompadour
La marquise de Pompadour par François Boucher (1756)Munich, Alte Pinakothek
La marquise de Pompadour
par François Boucher (1756)
Munich, Alte Pinakothek

Titre Marquise de Pompadour
Biographie
Nom de naissance Jeanne-Antoinette Poisson
Naissance 29 décembre 1721
Paris
Décès 15 avril 1764 (à 42 ans)
Versailles
Père François Poisson
Mère Madeleine de La Motte
Conjoint Charles-Guillaume Lenormant d'Étioles
Enfants Charles Guillaume Louis Le Normant d'Étioles
Alexandrine Le Normant d'Étioles

Jeanne-Antoinette Poisson, marquise de Pompadour et de Menars, née le 29 décembre 1721 à Paris et morte le 15 avril 1764 à Versailles, est une dame de la bourgeoisie française devenue favorite du roi de France et de Navarre Louis XV.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

La future marquise de Pompadour voit le jour à Paris : « Du mercredi 30 décembre 1721, fut baptisée Jeanne-Antoinette Poisson, née d'hier, fille de François Poisson, écuyer de Son Altesse royale Monseigneur le duc d'Orléans, et de Louise-Madeleine de La Motte, son épouse, demeurant rue de Cléry… »[1]. Le baptême est célébré à l'église Saint-Eustache. Jeanne-Antoinette doit ses prénoms à son parrain, Jean Pâris de Monmartel, et à la nièce de ce dernier, Antoinette Justine Pâris, sa marraine [A]. François Poisson, fils de paysan, s'est marié trois ans plus tôt, le 11 octobre 1718 à Saint-Louis des Invalides, avec Madeleine de la Motte qui appartenait à une famille plus élevée, son père étant entrepreneur des provisions dans cet hôtel, d'où son vocable de « boucher des Invalides » employé par ses ennemis pour rappeler que c'était la première fois qu'un roi de France prenait pour favorite une femme du peuple[2]. De cette union sont nés deux autres enfants : Françoise Louise Poisson, rue de Thévenot le 15 mai 1724 et baptisée à Saint-Sauveur[3], ainsi qu'Abel-François, le 18 février 1727 en la paroisse de Saint-Jean-en-Grève à Paris[4].

Son père, François Poisson, a débuté comme conducteur dans le service des vivres. Remarqué par les frères Pâris, des financiers liés à la famille de la Motte, il a rendu de grands services en Provence, au moment de la peste. Mais, chargé comme commissaire aux vivres du ravitaillement de Paris pendant la disette de 1725, il est accusé de trafics et ventes frauduleuses. François Poisson est contraint de quitter le pays, et s'exile en Allemagne. Le 23 avril 1727, une commission du Conseil le déclare débiteur pour la somme de 232 430 livres[5]. Le 12 août de la même année, une sentence du Châtelet de Paris décide la séparation de biens avec son épouse, mais leur maison rue de Saint-Marc est saisie. Avant son départ, François Poisson confie sa fille Jeanne-Antoinette au couvent des Ursulines à Poissy en 1727. Ce couvent est connu pour l'éducation des jeunes filles issues notamment de la bourgeoisie. La santé de Jeanne-Antoinette est fragile. Mais elle souffre aussi moralement d'une double absence : celle de son père exilé, et celle de sa mère qui mène une vie pour le moins mouvementée. En janvier 1730, Madame Poisson reprend sa fille à Paris, rue Neuve des Bons-Enfants. Jeanne-Antoinette reçoit alors une éducation soignée (arts d'agrément tels que le dessin, la musique, la peinture, la gravure, la danse, les cours de chant donnés par Pierre de Jélyotte mais aussi cours de déclamation donnés par Jean-Baptiste de La Noue) et découvre le salon littéraire de Madame de Tencin, une amie de sa mère. C'est dans ce cercle que la jeune fille va apprendre l'art de la conversation et les valeurs de l'esprit[6].

Pendant l'éloignement de François Poisson, sa femme Madeleine de La Motte, « belle à miracle », a entre autres amants le riche fermier général Charles François Paul Le Normant de Tournehem, célibataire et amateur d'art. L'infidélité notoire de Madeleine a fait naître l'hypothèse d'une liaison plus précoce avec Jean Pâris de Monmartel ou Le Normant, d'où la suspicion que Jeanne-Antoinette soit leur fille naturelle[7].

Une légende raconte qu'à neuf ans, elle est allée consulter avec sa mère une voyante qui se serait exclamée « vous serez la maîtresse du roi ». Toujours est-il lorsqu'on décachètera le testament de la marquise, on découvre qu'une dame Lebon, voyante parisienne, se voit allouer une pension de six cents livres par an[8].

Madame Le Normant d'Étioles[modifier | modifier le code]

Madame de Pompadour par François Boucher (vers 1758)
(Édimbourg, National Gallery of Scotland)

Le Normant, après avoir veillé à l'éducation des deux enfants de sa maîtresse, Jeanne-Antoinette et Abel-François, dont il était le tuteur légal, fait épouser à la première dès qu'elle eut vingt ans, le 9 mars 1741 à Saint-Eustache, son neveu et héritier Charles-Guillaume Lenormant d'Étioles[9], âgé de vingt-quatre ans.

Le couple a un fils Charles Guillaume Louis, né le 26 décembre 1741, baptisé à l'ancienne paroisse Saint-Paul mais qui meurt dans sa première année. Le 10 août 1744 naît une fille Alexandrine, baptisée à Saint-Eustache.

Ses contemporains considèrent Jeanne-Antoinette Le Normant d'Étioles comme assez belle, d'une taille au-dessus de l’ordinaire, svelte, aisée, souple, élégante ; son visage était d'un ovale parfait, ses cheveux plutôt châtain clair que blonds. Ses yeux avaient un charme particulier, qu'ils devaient peut-être à l'incertitude de leur couleur. Elle avait le nez parfaitement bien formé, la bouche charmante, les dents très belles, un sourire délicieux, la plus belle peau du monde.

La beauté de Jeanne-Antoinette et son esprit la font connaître et elle devient l'hôtesse des salons cultivés et mondains de Paris. Elle donne des représentations intimes dans le petit théâtre qu'elle a fait construire dans son château d'Étiolles, à côté de Sénart où le couple s'installe et où le roi Louis XV vient souvent chasser. C'est cette propriété dans la forêt royale qui donne à cette roturière le droit statutairement d'assister à ces chasses en calèche. C'est au cours de l'une d'elles, durant l'été 1743, que le roi la remarque[10].

La favorite du roi[modifier | modifier le code]

La marquise de Pompadour par Maurice Quentin de La Tour (1748-55)
(Paris, Musée du Louvre)

Proche du père de Jeanne-Antoinette, Joseph Pâris avait été exilé de 1726 à 1729 sous le gouvernement du cardinal de Fleury. La mort de celui-ci, en janvier 1743, donne l'occasion aux frères Pâris, au cardinal de Tencin, à sa sœur la marquise de Tencin et au maréchal de Richelieu de rentrer en grâce. Ce cercle dispose d'une occasion pour se placer auprès de Louis XV. La jeune Jeanne-Antoinette, qui est très proche des Pâris, paraît susceptible de plaire au roi. Le stratagème mis en place fonctionne et porte ses fruits en 1745.

Le 23 février 1745 est célébré le mariage religieux du fils du roi, le dauphin Louis-Ferdinand, avec l'infante Marie-Thérèse d'Espagne. Des fêtes sont organisées pendant huit jours pour cet événement. Le 25 février a lieu dans la Galerie des Glaces au château de Versailles, le bal des Ifs[11] où est invitée Jeanne-Antoinette, sous l'apparence de Diane chasseresse. Toute la cour remarque que le roi s'entretient longuement avec cette belle inconnue. Trois jours plus tard, le 28 février, au cours du bal offert à l'Hôtel de ville de Paris par le corps municipal, nouvelle rencontre entre Madame d'Étiolles et le roi Louis XV[12].

Jeanne-Antoinette devient une visiteuse régulière et Louis XV l'installe au château de Versailles dans un appartement situé juste au-dessus du sien, relié par un escalier secret[13].

En juillet, le roi lui fait don du domaine de Pompadour, récemment acquis par la Couronne, la créant ainsi marquise, tandis que Jeanne-Antoinette obtient de son mari une séparation légale. En effet, le Châtelet de Paris prononce le 15 juin 1745, un arrêt de séparation de corps et de biens. Le 14 septembre 1745, elle est officiellement présentée à la cour. Elle a 23 ans. Pour l'initier aux « bonnes façons » de la Cour, on lui choisit deux maîtres de conduite, Charles-Antoine de Gontaut-Biron et l'abbé de Bernis[14]. Les milieux dévots d'une part et les milieux aristocratiques conservateurs d'autre part concentrent leurs attaques sur la nouvelle maîtresse du roi, certes pécheresse mais surtout parvenue puisque issue de la haute bourgeoisie et non de l'antique noblesse comme l'étaient les précédentes favorites du roi. La veille de Noël, le 24 décembre 1745, décède sa mère Louise Madeleine de la Motte à l'âge de quarante-six ans.

Le 21 mai 1746, Louis XV achète pour la somme de 750,000 livres à Louis-Alexandre Verjus, marquis de Crécy, son château pour l'offrir à Madame de Pompadour. Elle charge l’architecte Jean Cailleteau dit « Lassurance » et le paysagiste Jean-Charles Garnier d'Isle d'embellir son domaine en remaniant le château et en redessinant tout le village. Elle commande au peintre François Boucher des trumeaux peints illustrant les arts et les sciences et fait apposer la façade en trompe l'œil du moulin de la Bellassière, ayant une vraie vision paysagère d'ensemble. Toujours en 1746, Louis XV donne également à la Marquise de Pompadour une parcelle d'environ 6 hectares dans le parc de Versailles. Elle y fait construire par l'architecte Gabriel une demeure pleine de charme, avec des volières, qu'elle appelle son Ermitage[15].

En 1748, la marquise acquiert le château de la Celle, à quelques kilomètres de Versailles. La reine et le Dauphin, appuyés par les milieux dévots, pressent le roi de faire cesser cette relation adultérine notoire et finissent par le faire céder après de nombreuses années de résistance.

Après 1750, si les relations entre le roi et sa favorite prennent un tour platonique, voire simplement amical, Jeanne-Antoinette ne quitte pas la cour pour autant et reste dans l'entourage immédiat de la famille royale, alignant sa conduite sur celle qu'avait eue en son temps la marquise de Maintenon. Mme de Pompadour excelle en effet à distraire Louis XV, à organiser des fêtes, des représentations théâtrales, à entretenir le goût du souverain pour les bâtiments et les jardins, ce qui explique qu'après avoir été pendant cinq ans sa maîtresse, elle reste la favorite en titre[16].

Ne pouvant contenter la sensualité du roi et craignant d'être supplantée par une dame de la cour, elle fournit à son ex-amant des jeunes femmes ou jeunes filles, vierges de préférence, logées dans la maison du Parc-aux-cerfs, actuel quartier Saint-Louis, à Versailles. Les plus célèbres furent Anne Couppier de Romans, qui eut un fils, Louis Aimé, que le roi reconnut sans le légitimer (ce qui fit trembler la marquise), et Marie-Louise O’Murphy de Boisfailly, dite Morphyse, avec qui il eut une fille, Agathe Louise[17].

En 1753, Louis XV achète l'hôtel d’Évreux (actuel Palais de l’Élysée) et l'offre à son amie pour en faire sa résidence parisienne.

Le 15 juin 1754, la fille unique de la marquise, Alexandrine, née de son mariage, dont elle avait obtenu la garde et qu'elle élevait depuis telle une princesse royale, contracte une péritonite aiguë au couvent des Dames de l'Assomption, rue Saint-Honoré à Paris, où elle recevait son éducation. Madame de Pompadour, retenue à Versailles, n'est pas présente. Lorsque la nouvelle lui parvient, Louis XV dépêche en urgence deux de ses médecins personnels au chevet de l'enfant, mais ils arrivent trop tard. La jeune Alexandrine, âgée de neuf ans, a déjà succombé. La marquise, profondément affectée, ne se remettra jamais vraiment de ce drame. Quelques jours plus tard, le 25 juin 1754 décède son père, François Poisson [B].

Le samedi 7 février 1756, le roi annonce la nomination de Madame de Pompadour, dame du palais de la Reine et la présentation a lieu le lendemain, après les vêpres[18]. Le 30 juin 1760, la marquise de Pompadour fait l'acquisition, par acte passé devant Maîtres Alleaume et Delamanche, notaires à Paris, du château et du marquisat de Menars, de la terre de Nozieux et de toutes leurs dépendances, propriétés de Mesdames de Lastic et de Castellane. Le montant total de ce vaste domaine s’élève à 880 000 livres[19].

Pendant son « règne » de vingt ans, elle maintient des rapports cordiaux avec la reine. Mme de Pompadour entretient également des relations avec les ministres qu'elle invite parfois dans ses appartements.

Elle appuie la carrière du cardinal de Bernis, du duc de Choiseul et soutient le renversement des alliances de la Prusse vers l'Autriche qui se concrétise par la guerre de Sept Ans et la perte de la Nouvelle-France. La légende veut que la marquise, pour consoler le roi très affecté par la déroute de Rossbach, l'aurait exhorté à ne pas s'affliger outre mesure, concluant par ces mots : « Il ne faut point s'affliger : vous tomberiez malade. Après nous, le déluge ! »[20].

Le dernier moment[modifier | modifier le code]

Madame de Pompadour à son métier à tapisserie par François-Hubert Drouais (1763-4)
(Londres, National Gallery)
Son portrait commémoratif, commencé de son vivant et terminé en 1764 après sa mort.

Épuisée par vingt années de vie, de travail et d'intrigues à la cour, sa santé chancelle, elle contracte la tuberculose. À Versailles, elle se plaint constamment de l'air froid et humide de ses grands appartements[21], regrettant le petit appartement de l'attique nord, plus facile à chauffer, qu'elle avait occupé les cinq premières années de son installation. Dans la nuit du 14 au 15 avril 1764, le curé de la Madeleine de la Ville-l’Evêque, confessa la marquise et lui administra l'extrême onction. La croyant endormie, le prêtre fait le mouvement de se retirer et la Marquise de Pompadour murmura : « Encore un moment, monsieur le Curé, nous nous en irons ensemble »[22]. Jeanne-Antoinette meurt d'une congestion pulmonaire, à l'âge de 42 ans, le 15 avril 1764 à Versailles, ultime privilège, puisqu'il était interdit à un courtisan de mourir dans le lieu où résidaient le roi et sa cour.

Madame de Pompadour est emmenée sur une civière à son Hôtel des Réservoirs, où elle est veillée deux jours et deux nuits dans sa chambre, transformée en chapelle ardente[23]. Le mardi 17 avril 1764 en fin d'après-midi, la cérémonie se déroule à l'église Notre-Dame de Versailles, où a lieu le premier service funèbre. L'acte de décès est rédigé par Jean-François Allart[24], le curé de la paroisse (se reporter au chapitre Sources, pour l'accès direct aux archives numérisées des registres paroissiaux de Versailles)[25] :

« Madame Jeanne Antoinette Poisson
Marquise de Pompadour
 »

« L'an mil sept cent soixante et quatre le dix sept d'avril,très haute et très puissante dame Madame Jeanne Antoinette Poisson,
duchesse marquise de Pompadour et de Menar,
dame de St Oüen près Paris et autres lieux,
l'une des dames du palais de la Reyne,
décédée d'avant hier, âgée de quarante trois ans,
a été transportée par nous soussigné curé
aux Capucines de Paris lieu de sa sépulture,
en présence de pierre Benoist prêtre et de Sébastien Lefevre
qui ont signé. Allart curé, Benoist prêtre, S. Lefebvre
 »

On raconte que, considérant le mauvais temps alors que le convoi funéraire de Jeanne-Antoinette quittait Versailles pour Paris, Louis XV aurait fait cette remarque : « La marquise n'aura pas beau temps pour son voyage » et voyant le cortège s'éloigner sans avoir pu rendre officiellement hommage à celle qui avait été si longtemps sa confidente : « Voilà les seuls devoirs que j'aie pu lui rendre ! »[26].

Jeanne-Antoinette est enterrée à Paris, dans la chapelle du couvent des Capucines [C], au côté de sa mère Louise, Madeleine de La Motte (décédée le 24 décembre 1745) et sa fille Alexandrine (décédée le 15 juin 1754). L'emplacement du caveau se situerait actuellement au niveau de l'immeuble numéro 3 de la rue de la Paix[27]. Le tombeau serait toujours en place.

Descendance[modifier | modifier le code]

De son mari, Charles-Guillaume Le Normant d'Étiolles, Madame de Pompadour a eu deux enfants : un fils mort en bas âge et une fille, Alexandrine, morte à l’âge de neuf ans d’une péritonite aiguë. La marquise n’eut jamais d’autres enfants.

De sa liaison avec le roi Louis XV, elle n’eut que des fausses couches entre 1746 et 1749.

Charles-Guillaume Le Normant d'Étiolles en revanche, vécut en concubinage avec une danseuse qu’il épousa une fois devenu veuf de la marquise. La famille entière fut emprisonnée sous la Terreur. Charles-Guillaume avait alors 74 ans.

Protectrice des arts et des lettres[modifier | modifier le code]

(Tome II) Nouvelle édition revue et corrigée « De l'esprit des lois » de Montesquieu en 1749, publiée par Chatelain.

Littérature[modifier | modifier le code]

Madame de Pompadour apporte son soutien indéfectible à Voltaire. La marquise réconcilie l'écrivain et Louis XV. Ce retour en grâce auprès du roi, permet à Voltaire d'obtenir une charge d'historiographe en 1745 et un siège à l'Académie française en 1747.

Madame de Pompadour était particulièrement favorable aux philosophes et au parti intellectuel. Les écrivains ont ainsi pu avoir la relative liberté de répandre des idées contestataires en faisant l'éloge du système politique anglais et en prônant une monarchie éclairée. Elle favorisa, par exemple, la publication des deux premiers volumes de l'Encyclopédie de Diderot et D'Alembert, pourtant condamnée par le parlement de Paris.

Madame de Pompadour va également défendre Montesquieu face aux critiques, lors de la parution de son livre « De l'esprit des lois », publié en 1748. L'un de ses adversaires, Claude Dupin[28], fermier général et propriétaire du château de Chenonceau, est l'auteur d'un ouvrage « Réflexions sur l'esprit des lois » en 1749 qui réfute les arguments développés par Montesquieu. Claude Dupin, avec l'aide de son épouse Louise de Fontaine, défend les financiers attaqués par Montesquieu, tout en prenant soin de ne pas nommer le philosophe et observant pour lui-même, l'anonymat en homme prudent et avisé. La réaction de Montesquieu ne s'est pas fait attendre et celui-ci demande à Madame de Pompadour d'intervenir en sa faveur[29]. Grâce à son aide, Montesquieu obtient la suppression de l'édition de Claude Dupin. Madame de Pompadour qui protégeait Montesquieu, ne s'est-elle pas fait représenter dans le tableau de Maurice Quentin de La Tour avec, placé sur une table, l'ouvrage « De l'esprit des lois » ? Mais le livre de Montesquieu est mis à l'index en 1751 et le pape en interdit la lecture.

Madame de Pompadour possédait une bibliothèque où l'on trouvait le Grand Testament de François Villon[30].

Arts[modifier | modifier le code]

La marquise de Pompadour se faisait toujours représenter par des portraits livre en main, à côté d’un globe ou feuilletant une partition de musique… Elle fit travailler de nombreux artisans et permit le réaménagement de la manufacture de porcelaine de Sèvres. Elle fut favorable à la construction de monuments comme la place Louis XV (actuelle place de la Concorde) et le Petit Trianon. Elle participa également au projet de financement pour la réalisation de l’école militaire aux côtés de son ami Joseph Paris Duverney. Personnellement, elle apprit à danser, graver et jouer de la guitare. Son frère, le marquis de Marigny, fut Surintendant des bâtiments du roi et, à ce titre, l’un des promoteurs du style « à l’antique ».

Femme de goût, elle n’a peut-être pas eu sur les arts l’influence qu’on lui a quelquefois attribuée. Le « style Pompadour » était en plein épanouissement avant qu’elle ne devînt la maitresse du Roi. Mais elle exerce un véritable mécénat par de nombreuses commandes aux peintres Boucher, La Tour et van Loo. Elle encourage un grand nombre d’artistes comme le peintre Nattier, le graveur Cochin, l’ébéniste Oeben, le sculpteur Pigalle, le gainier Jean-Claude Galluchat ou encore l’écrivain La Place.

Châteaux[modifier | modifier le code]

Madame de Pompadour par François Boucher (1759)
(Londres, Wallace Collection)

La marquise de Pompadour réside dans les châteaux suivants :

En 1762, sous l’impulsion de la marquise, Louis XV ordonne la construction d’un nouveau Trianon dans le parc de Versailles. Madame de Pompadour supervise elle-même les plans et la construction de ce qui allait devenir le Petit Trianon et devait être sa future résidence à la cour. Mais son décès en 1764 ne lui permet pas d’assister à l’achèvement de son œuvre et ce fut la nouvelle favorite du roi, Madame du Barry, qui l’inaugura aux côtés du roi et s’y installa.

Gastronomie[modifier | modifier le code]

  • La légende veut que la marquise de Pompadour eut une passion pour la soupe de truffes et de céleri, arrosée de tasses de chocolat ambré. Ces aliments avaient la réputation d'être aphrodisiaques, « échauffant les esprits et les passions ».
  • Grande amatrice de champagne, dont Madame de Pompadour aurait dit, selon la légende, qu’il est « le seul vin qui laisse la femme belle après boire »[31], elle favorisa sa consommation à Versailles (il avait été introduit à la cour sous la Régence). Une légende veut que la première coupe à champagne fût moulée sur son sein[32].

Mémoire[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Mode[modifier | modifier le code]

Le créateur britannique de chaussures de luxe Rupert Sanderson, s'inspire des souliers de Madame de Pompadour et imagine une ligne d'escarpins, pour sa collection automne-hiver 2012-2013.

Numismatique[modifier | modifier le code]

La marquise de Pompadour est l'effigie d'une pièce de 10 € en argent éditée en 2012 par la Monnaie de Paris, pour la collection « Les Euros des Régions » afin de représenter la région Limousin où elle était propriétaire d'un domaine.

Botanique[modifier | modifier le code]

La rose Madame de Pompadour (obtenteur Gaujard).

Sources[modifier | modifier le code]

Acte de décès de Madame de Pompadour en date du 17 avril 1764.
Paroisse Notre-Dame à Versailles.
Archives départementales des Yvelines et de l'ancienne Seine-et-Oise

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

A L'acte de baptême original a été détruit dans l'incendie de l'Hôtel de Ville de Paris en mai 1871, sous la Commune de Paris. On estime à huit millions, le nombre d'actes paroissiaux et d'État-Civil disparus lors des incendies qui ont ravagé les Archives de la Seine et le Palais de Justice de Paris, où les doubles des actes de naissances, mariages et décès, étaient déposés. L'historien Auguste Jal (1795-1873) avait recopié avant l'incendie, l'acte de baptême de Madame de Pompadour à partir des registres de l'église Saint-Eustache, pour l'année 1721 :

« Du mercredi 30 décembre 1721, fut baptisée Jeanne-Antoinette Poisson, née d'hier, fille de François Poisson, écuyer de S.A.R. monseigneur le duc d'Orléans, et de Louise-Madeleine de Lamotte, son épouse, demeurant rue de Cléry.
Le parrain Jean Pâris de Montmartel, écuyer, conseiller secrétaire du Roy, maison couronne de France et de ses finances. La marraine Demoiselle Antoinette-Justine Pâris, fille d'Antoine Pâris, écuyer, trésorier, receveur général de la province de Dauphiné.
(signatures) Pâris de Montmartel, Antoinette-Justine Pâris, Poisson, Secousse
 »

B François Poisson revient à Paris en 1736, après versement d'une provision de 400 000 livres. Un arrêt du conseil le décharge d'une partie de sa dette en 1739. Enfin, la sentence de 1727 est cassée et François Poisson est rétabli dans ses droits en 1741.

C Cette chapelle a été détruite sous le Premier Empire, en 1806. Elle serait aujourd'hui située à l'intersection de la rue de la Paix et de la place Vendôme (anciennement place Louis-le-Grand). Pour plus d'informations, se reporter à l'histoire du couvent des Capucines et plus particulièrement, le chapitre consacré à sa disparition[34].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Michel de Decker, La Marquise des plaisirs - Madame de Pompadour, Pygmalion,‎ mars 2007
  2. Jean Nicolle, Madame de Pompadour et la société de son temps, Albatros,‎ 1980, p. 77
  3. Auguste Jal, Dictionnaire critique de biographie et d'histoire : Errata et supplément pour tous les dictionnaires historiques, Paris, Éditions Henri Plon,‎ 1872 (1re éd. 1867), 1382 p. (lire en ligne), « Pompadour Jeanne Antoinette Poisson, marquise de », p. 985
  4. Les registres paroissiaux originaux de Paris sont détruits lors de la Commune de Paris en 1871, mais la date et lieu de naissance du marquis de Marigny figurent dans son acte de mariage, le 11 janvier 1767 à Menars avec Marie, Françoise Julie Constance Filleul. Celle-ci est née le 15 juillet 1751 en la paroisse de la Sainte-Trinité à Falaise, fille de Charles François Filleul et d'Irène du Buisson de Longpré, maîtresse de Louis XV. Source : registres paroissiaux de Menars-le-Château aux Archives départementales du Loir-et-Cher.
  5. Danielle Gallet, Madame de Pompadour ou le pouvoir féminin, éditions Fayard,‎ juin 2002 (1re éd. 1985)
  6. Alfred Leroy, Madame de Pompadour et son temps, Albin Michel,‎ 1949, p. 24
  7. Xavier Salmon, Madame de Pompadour et les arts, Réunion des Musées Nationaux,‎ 2002, p. 64-65
  8. Ludovic Michel, Prestigieuse Marquise de Pompadour, Société Continentale d'Éditions Modernes Illustrés,‎ 1972, p. 13
  9. Orthographe de l'époque d'Étiolles.
  10. Alfred Leroy, op. cité, p. 42
  11. Le roi et ses plus proches courtisans sont costumés en ifs.
  12. Jean Nicolle, Madame de Pompadour et la société de son temps, Albatros,‎ 1980, p. 104
  13. Société des Amis de Versailles – Château de Versailles Appartement Madame de Pompadour
  14. Nancy Mitford, Madame de Pompadour, Random House,‎ 2011, p. 42
  15. Madame de Pompadour est propriétaire de différents ermitages :
    Ermitage de Versailles..
    Ermitage de Fontainebleau..
    Ermitage de Compiègne..
  16. Aurélien Fayet, Michelle Fayet, L'histoire de France. Des origines à nos jours, Éditions Eyrolles,‎ 2009, p. 178
  17. Jean Meyer, Louis XV ou le scepticisme politique, Sicre Editions,‎ 2003, p. 88
  18. Danielle Gallet, Madame de Pompadour ou le pouvoir féminin, Paris, Éditions Fayard,‎ juin 2002 (1re éd. 10 janvier 1985), 306 p. (ISBN 978-2-21301-516-3), « La treizième dame du palais », p. 212
  19. Frédéric Lesueur, Mémoires de la Société des sciences et lettres de Loir-et-Cher, Blois, Éditions de la Société des sciences et lettres de Loir-et-Cher,‎ 1867, 268 p., « Menars, le château, les jardins et les collections de Mme de Pompadour et du marquis de Marigny »
  20. (en) Colin Jones, The Great Nation : France from Louis XV to Napoleon, 1715–99, Columbia Univ.,‎ 2002, p. 236
  21. Au second étage du corps central du bâtiment.
  22. Évelyne Lever, Madame de Pompadour, Perrin,‎ août 2006 (1re éd. 2000)
  23. Jacques Levron, Secrète Madame de Pompadour, Arthaud,‎ 1961, p. 278
  24. Jean-François Allart (1712-1775), né le 30 mars 1712 à Nuncq, dans le diocèse de Boulogne-sur-Mer. Il est reçu au séminaire de Paris le 2 août 1729 et prononce ses vœux le 3 août 1731. Nommé curé de Notre-Dame de Versailles en 1760. Décédé le 17 décembre 1775 à Versailles.
  25. Archives paroissiales Notre-Dame de Versailles : Archives départementales des Yvelines - 2 Avenue de Lunca 78180 Montigny-le-Bretonneux
    Cote du registre : 1112503. L'acte de décès transcrit ne tient pas compte des ratures, des renvois et mentions marginales avec signature.
  26. Jean-Nicolas Dufort de Cheverny, Mémoires, éd. par J.-P. Guicciardi, Paris, Perrin, 1990, p. 335.
  27. Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, vol. 1 et 2, Éditions de Minuit,‎ octobre 1985 (1re éd. 1960), 1600 p. (ISBN 978-2-70731-054-5)
    Site Jean-François Parot : Le couvent des Capucines
    Site Tombes et sépultures : Le couvent des Capucines de la place Vendôme
  28. Son arrière petite-fille sera Aurore Dupin, plus connue sous le nom de George Sand.
  29. Consulter les ouvrages suivants : Francine Markovits, Montesquieu : Le droit et l'histoire, Librairie philosophique J. Vrin, coll. « Bibliothèque des philosophies »,‎ 24 novembre 2008, 232 p. (ISBN 978-2-71162-155-2, lire en ligne), p. 131
    Antoine-Alexandre Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes, vol. 2, Imprimerie Bibliographique (Paris),‎ 1806, 678 p. (lire en ligne), p. 136. L'édition que Claude Dupin a détruit est celle des « Réflexions sur l'esprit des lois ». L'auteur publie en 1752, une nouvelle version plus modérée : « Observations sur l'Esprit des lois », et cette critique n'a pas fait l'objet d'un sort identique.
    Robert Ranjard, Le secret de Chenonceau, Tours, Éditions Gibert-Clarey,‎ 8 juin 1976 (1re éd. 1950), 256 p., « Monsieur et madame Dupin », p. 185
  30. Aujourd'hui à la Bibliothèque de l'Arsenal.
  31. XVIIIe siècle : Succès et consommation - 2
  32. Jean-Noël Kapferer, Vincent Bastien, Luxe oblige, Éditions Eyrolles,‎ 2012, p. 112
  33. Nous retrouvons ces deux acteurs dans le téléfilm Jeanne Poisson, marquise de Pompadour, où Hélène de Fougerolles conserve le personnage de la marquise.
  34. Voir également le site du musée Carnavalet : La place Louis-le-Grand et le couvent des Capucines.