Île Feydeau

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Île Feydeau
Image illustrative de l'article Île Feydeau
Le quai Turenne
Situation
Coordonnées 47° 12′ 46″ N 1° 33′ 21″ O / 47.212778, -1.555833 ()47° 12′ 46″ Nord 1° 33′ 21″ Ouest / 47.212778, -1.555833 ()  
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Ville Nantes
Histoire
Monuments Temple du Goût

Géolocalisation sur la carte : Loire-Atlantique

(Voir situation sur carte : Loire-Atlantique)
Île Feydeau

Géolocalisation sur la carte : Nantes

(Voir situation sur carte : Nantes)
Île Feydeau

L’île Feydeau est une ancienne île de Loire située dans le centre de Nantes, et qui fut aménagée à partir des années 1720 dans le cadre d'une opération de lotissement menée sous le patronage de Paul Esprit Feydeau de Brou, conseiller d’État qui fut intendant de Bretagne de 1716 à 1728, à qui elle doit donc son nom actuel.

Elle cesse d'être une île lors des comblements du fleuve dans les années 1930, mais son ancien état apparaît encore clairement sur un plan de Nantes et le nom d'« île » lui a été conservé dans l'usage courant[1].

Localisation[modifier | modifier le code]

L'île Feydeau se trouvait entre la ville de Nantes, au nord, dont elle était séparée par le « bras de la Bourse » (actuel cours Franklin-Roosevelt) et l'île Gloriette dont elle était séparée par le bras de l'Hôpital (actuels rue Félix-Eboué, boulevard Jean-Philippot et cours Commandant-d'Estienne-d'Orves). Les anciens quais : le quai Turenne au sud, et Duguay-Trouin au nord, sont devenus les allées de circulation automobile, puis des espaces piétonniers.

Elle se trouvait face à la place du Bouffay, du bas cours de l'Erdre (actuel cours des 50-Otages), de la Place du Port-au-Vin (actuelle place du Commerce) côté ville, à l'Hôtel-Dieu (toujours présent, mais modernisé) sur l'île Gloriette.

Jusque dans les années 1730, elle était reliée à la ville par le « pont de la Poissonnerie »[2] et à l'île Gloriette par le « pont de Belle Croix »[3], premiers éléments de la ligne de ponts qui reliait Nantes au bastion de Pirmil sur la rive sud de la Loire, et au delà, à La Rochelle ou à Poitiers. C'était donc une voie essentielle de circulation, appelée chaussée de la Madeleine, qui les jours de marché était encore plus encombrée que les jours ordinaires. En 1737, en aval, est mis en service le « pont Feydeau » devenu par la suite le « pont de la Bourse »[4], au niveau de la place du Port au Vin, suivit en 1779 par le « pont Maudit »[5].

Les différentes parties de l'île

D'amont en aval, on trouvait vers 1750 : le faubourg de la Saulzaie le long de la chaussée vers Pirmil (actuelle rue Bon-Secours), le lotissement Feydeau (terminée par la place de la Petite-Hollande).

Une longue rue centrale traversait les parties habitées dans le sens longitudinal, l'actuelle rue Kervégan.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'île de la Saulzaie jusqu'en 1721[modifier | modifier le code]

Avant les années 1720, l'île était en fait constituée de deux parties : un gros banc de sable, pas très stable, appelé « grève de la Saulzaie » en aval et « île de la Saulzaie » en amont sur laquelle fut aménagé un faubourg, assez pauvre, traversé par la chaussée (actuelle « rue Bon-Secours ») qui mène du Bouffay à Pirmil (actuel quartier Saint-Jacques) sur la rive gauche du fleuve. L'île de la Saulzaie sera rattachée à la grève par un comblement du bras qui les séparait pour former l'île Feydeau[6]. La chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours y est édifiée dans un premier temps, en 1443, entre les actuelles rue Haute-Saulzaie, rue Bon-Secours et allée Duguay-Trouin (47° 12′ 50″ N 1° 33′ 14″ O / 47.213822, -1.5539635 ())[7]. Quelques années plus tard, y est installée une nouvelle halle aux poissons. L'île est l'objet de travaux de fortification en 1464 et en 1477, sous le règne du duc François II de Bretagne.

Le lotissement Feydeau et l'aménagement de l'île (1721-1789)[modifier | modifier le code]

Si les premiers projets d'urbanisation datent de 1721, le terrain ne sera acquis par la ville de Nantes qu'un an plus tard. Les chantiers qui furent longtemps retardés par la présence de terrains instables et inondables, se prolongèrent jusqu’à la veille de la Révolution française.

Dès leur édification, les immeubles se sont inclinés. La présence de pilotis ne suffit pas à stabiliser les fondations. Vers 1750, seuls quatre immeubles sont sortis de terre. Les chantiers s’accélèrent après 1755, lorsque l’architecte Pierre Rousseau (dont le fils, également prénommé Pierre, sera l'architecte de l'hôtel de Salm à Paris) imagine d’asseoir les fondations sur un radeau de bois, à la hollandaise. Les habitations prestigieuses, réalisées en tuffeau, marquent l'apogée des négociants et armateurs nantais. De nombreux mascarons témoignent du passé nantais[8].

L'île Feydeau après l'aménagement[modifier | modifier le code]

Durant la Révolution, sous la Terreur, Jean-Baptiste Carrier occupait un bureau situé dans l'Hôtel de La Villestreux au sud-ouest de l'île.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, elle accueillit également deux équipements publics d'importance : le marché couvert de la Petite-Hollande, sur sa pointe ouest (en lieu et place du square Jean-Baptiste-Daviais) et la poissonnerie municipale, sur sa pointe est (à l'emplacement du « Carré Feydeau »). Ces deux bâtiments furent respectivement démolis en 1932 et 1940.
Il est à noter qu'une plaque commémorative signale également l'immeuble se trouvant à l'angle du cours Olivier-de-Clisson et de la rue Kervégan dans lequel Jules Verne est né en 1828.

L'île rejoint les rives de Nantes entre les années 1929 et 1946 lors des travaux de comblement de la Loire, devenant un quartier à part entière de la ville[9].

Après la Seconde Guerre mondiale, les immeubles bordant le côté est de la « rue Olivier-de-Clisson » sont démolis afin de permettre d'élargir l'artère qui devint le cours actuel, prolongement « naturel » du cours des 50-Otages. Depuis cette opération, l'île apparait désormais comme scindée en deux îlots urbains distincts.

Vers la fin de années 1990, l'aménagement du quai Turenne et la suppression presque totale de la circulation automobile sur cette artère, a permis de mettre en valeur les façades de ces immeubles classés. Les quais pavés, essentiellement dédiés aux piétons et deux-roues, ont été reconstitués. Ils sont bordés de « douves vertes » de quelques dizaines de mètres de large, constituées d'une simple pelouse, plantées de quelques arbres et arbustes.
Une opération similaire a été réalisée en 2012, sur le côté nord-est de l'île, dans le cadre de L'aménagement d'une partie du cours Franklin-Roosevelt entrainant également la piétonisation d'une section de l'allée Duguay-Trouin.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Lelièvre, Nantes au XVIIIè Urbanisme et architecture, Éditions Picard, 1988, 296 pp. [ISBN 2708403516], pages 96–106 et 276-278.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]