Théâtre des Bouffes-Parisiens

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Théâtre des Bouffes-Parisiens

Description de cette image, également commentée ci-après

La façade de la rue Monsigny

Type Théâtre
Lieu 4, rue Monsigny
Paris IIe
Coordonnées 48° 52′ 09″ Nord 2° 20′ 08″ Est / 48.869167, 2.335556 ()
Architecte(s) Allard et Brunneton (1re salle)
Théodore Ballu (2e salle)
Inauguration
Nb. de salles 1
Capacité 600
Anciens noms Théâtre des Jeunes-Élèves ou Théâtre Comte (1827-1855)
Direction Bruno Finck
Direction artistique Dominique Dumond
Site web Site officiel

Le théâtre des Bouffes-Parisiens est une salle de spectacles parisienne située 4 rue Monsigny dans le 2e arrondissement de Paris.

Historique[modifier | modifier le code]

« Le public aux Bouffes-Parisiens », caricature d'Émile Bayard (v. 1860)

En 1826, le magicien et ventriloque Louis Comte doit quitter le passage des Panoramas où il a installé son théâtre des Jeunes-Élèves. Il commande alors aux architectes Allard et Brunneton la construction d'une nouvelle salle dans le quartier Choiseul, en cours de réaménagement. Dotée d'un double accès passage Choiseul et rue Neuve-Ventadour (aujourd'hui rue Monsigny), elle est inaugurée le .

En 1846, une loi interdisant de faire jouer les enfants au théâtre, Louis Comte cède la direction à son fils Charles. En 1855, Jacques Offenbach, qui vient d'inaugurer son théâtre des Bouffes-Parisiens dans la salle Lacaze au carré Marigny sur les Champs-Élysées) cherche une salle susceptible de l'accueillir pour l'hiver. Il rachète le bail et ouvre le les Bouffes d'hiver (en référence à la salle des Champs-Élysées qui devient les Bouffes d'été). Lorsqu'Offenbach abandonne la salle Lacaze en 1859, la salle du passage Choiseul prend définitivement le nom de théâtre des Bouffes-Parisiens.

En 1862, Offenbach doit céder pour des raisons juridiques la direction à son chef d'orchestre Alphonse Varney. Celui-ci fait raser la salle pour en reconstruire une plus spacieuse[1], sur les plans de l'architecte Théodore Ballu. Édouard Prévost lui succède en 1864 mais ne pouvant plus exploiter le répertoire léger qui a fait la renommée du théâtre, il passe la main en 1867 à Charles Comte, qui est entre temps devenu le gendre d'Offenbach en épousant sa fille, Berthe. Associé au dramaturge Jules Noriac, Comte renoue avec le succès en créant plusieurs œuvres de son illustre beau-père comme L'Île de Tulipatan, La Princesse de Trébizonde ou, après l'interruption de la guerre de 1870, Madame l'Archiduc, La Créole et La Boîte au lait, ainsi que d'autres compositeurs comme L’Étoile d'Emmanuel Chabrier en 1877. Cette même année, Louis Cautin prend la direction du théâtre. C'est à lui qu'on doit entre autres en 1880 la création des Mousquetaires au couvent de Louis Varney (fils d'Alphonse) et de La Mascotte d'Edmond Audran.

La fin du XIXe siècle et le début du XXe voient l'apparition de nouveaux talents tels que Gaston Serpette Claude Terrasse, Robert de Flers et Gaston Arman de Caillavet.

En 1907, la comédienne Cora Laparcerie oriente la programmation vers le théâtre en affichant Paul Gavault, Alfred Capus et Maurice Hennequin.

Gustave Quinson, déjà directeur du théâtre du Palais-Royal, du Gymnase et du Vaudeville, lui succède en 1913. Il crée plusieurs pièces d'Henri Bernstein et de Sacha Guitry, et lance surtout la mode d'un nouveau genre d'opérette « légère » (tant par le sujet que par la musique) qui va connaître un grand succès pour les deux décennies à venir, avec notamment Phi-Phi (1918), Dédé en 1921 et Là-haut en 1923, toutes dues au tandem Albert Willemetz-Henri Christiné, avec Maurice Chevalier, Dranem, Alice Cocéa, etc. Edmond Roze (également metteur en scène) puis Albert Willemetz le secondent à la direction.

Willemetz préside seul aux destinées du théâtre de 1929 à 1958, continuant sa collaboration avec Christiné mais aussi d'autres compositeurs comme Raoul Moretti (Trois jeunes filles nues en 1925, Un soir de réveillon en 1932), Joseph Szulc (Flossie en 1929), Arthur Honegger (Les Aventures du roi Pausole en 1930), Gaston Gabaroche (Azor en 1932), Moyses Simons (Toi, c'est moi en 1934) ou Werner Richard Heymann (Tente et quarante en 1935), avec comme interprètes Yvonne Printemps, Arletty, Jean Gabin, Michel Simon, Pauline Carton, René Koval, Pills et Tabet etc. Il fait également représenter des auteurs tels que Jean Cocteau (La Machine infernale), Louis Verneuil (L'Amant de Mme Vidal), Sacha Guitry (Ô mon bel inconnu), Roger Ferdinand (Les J3 ou la Nouvelle école) avec François Périer, Elvire Popesco, Jacqueline Porel.

Eugénie Mondovi lui succède en janvier 1958 suivie d'Hélène Martini qui revient aux comédies de boulevard, notamment celles de Barillet et Grédy jouées par des spécialistes du genre tels que Maria Pacôme, Sophie Desmarets et Jean Poiret (Fleur de cactus en 1964), Robert Hirsch, Pierre Mondy, Jean Le Poulain, Marthe Mercadier ou Jacqueline Maillan qui y crée Folle Amanda en 1971. Également directrice du théâtre Mogador à partir de 1970, Hélène Martini quitte la direction en 1974 pour s'occuper à plein temps des Folies Bergères.

De 1986 à 2007, les Bouffes-Parisiens sont dirigés par Jean-Claude Brialy, remplacé depuis sa mort par son compagnon et collaborateur, Bruno Finck[2].

En 2010, 50 théâtres privés de Paris réunis au sein de l’Association pour le soutien du théâtre privé (ASTP) et du Syndicat national des directeurs et tourneurs du théâtre privé (SNDTP), dont font partie les Bouffes Parisiens, décident d'unir leurs forces sous une nouvelle enseigne : les « Théâtres parisiens associés »”[3]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Peter Ackermann, Ralf-Olivier Schwarz et Jens Stern, « Jacques Offenbach und das Théâtre des Bouffes-Parisiens 1855 » in Jacques-Offenbach-Studien, Band 1, Muth, Fernwald, 2006 (ISBN 3-929379-15-5).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cette première phase du théâtre a été le sujet d'un colloque organisé en 2005 par la Société Jacques-Offenbach dans le cadre du Festival Offenbach de Bad Ems en Allemagne.
  2. France-Soir, 16 avril 2008
  3. Les Bouffes Parisiens - Théâtres parisiens associés