Eugène Turpin

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Eugène Turpin

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Eugène Turpin en 1914.

Naissance 1848
Paris (France)
Décès 24 janvier 1927
Pontoise (France)
Domicile 14 rue Hoche à Colombes
Nationalité française
Champs chimie organique
Renommé pour découverte des explosifs panclastiques ; invention de la mélinite ou « poudre sans fumée » ; affaire Face au drapeau.

François Eugène Turpin, né en 1848 à Paris et mort le 24 janvier 1927 à Pontoise, est un chimiste français qui travailla notamment dans le domaine des explosifs.

Biographie[modifier | modifier le code]

Turpin demeurait 14 rue Hoche à Colombes, et son laboratoire se trouvait au no 18 rue Menelotte, dans un des bâtiments de la parfumerie Guerlain. Inspiré par les travaux d’Hermann Sprengel (en), il découvre dès 1881 le premier explosif panclastique : il s'agit d'un mélange stabilisé de nitrobenzène et de peroxyde d'azote (fonctionnant comme comburant). C'est en tâchant de perfectionner la vulcanisation du caoutchouc qu'il découvre les propriétés explosives de l'acide picrique, qu'il parvient à stabiliser par pressage dans du coton. Ce nouvel explosif breveté en 1885, est adopté par le gouvernement français en 1887 sous le nom de mélinite, et remplace la poudre noire dans les obus. Il se diffuse rapidement à l'étranger sous d'autres appellations : « lyddite » (brevet britannique déposé en 1888, avec usine à Lydd dans le Kent), « écrasite » ou « schimose » (brevet japonais). Le chargement des obus en mélinite (ou autres explosifs du même genre comme la tolite) permet d'augmenter très fortement les effets de l'explosion des obus par rapport à la poudre noire, tout en étant beaucoup plus sûr à l'emploi que d'autres explosifs chimiques puissants (coton-poudre, dynamites…) utilisés auparavant.

Accusé d’avoir vendu son invention à l'Empire allemand, Eugène Turpin est condamné et incarcéré à Étampes, mais il est gracié le 10 avril 1893 par suite d'une campagne d’opinion à laquelle participe Le Petit Journal.

Il intente un procès pour diffamation contre Jules Verne. Le romancier s’inspirait de l’affaire Eugène Turpin pour le héros de son roman Face au drapeau, qui met en scène un savant français inventeur d'un explosif plus puissant que la dynamite. Jules Verne est défendu par le futur président de la république, Raymond Poincaré ; il obtient la relaxe en première instance en mars 1897 puis en seconde instance en décembre 1897. La correspondance de Jules Verne à son frère Paul révèle qu'il s'était inspiré de Turpin pour son roman[1].

Hommages[modifier | modifier le code]

Une rue de Colombes et un quai à Pontoise portent son nom. Sa tombe est toujours visible au cimetière de Pontoise.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ariel Pérez, Garmt de Vries, Jean-Michel Margot, « Jules Verne FAQ », sur Zvi Har’El’s Jules Verne Collection,‎ (consulté le 20 février 2015).

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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