Les Naufragés du « Jonathan »

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Les Naufragés du « Jonathan »
Image illustrative de l'article Les Naufragés du « Jonathan »

Auteur Jules Verne et Michel Verne
Genre Robinsonade; roman d'aventures
Pays d'origine France
Éditeur Pierre-Jules Hetzel
Date de parution 1909
Dessinateur George Roux
Série Les Voyages extraordinaires
Chronologie
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Les Naufragés du « Jonathan » est un roman de Jules Verne et de son fils Michel Verne, paru en 1909.

L'histoire se passe sur l'île Hoste, de 1881 à 1893, près du Cap Horn et montre un groupe de naufragés d'un millier de personnes qui se retrouvent sur cette île; l'homme qui les a sauvés, le Kaw-Djer, devient (ou redevient) leur dirigeant à chaque crise que subit cette population.

Le personnage du Kaw-Djer est un anarchiste, mais tout au long du roman, il est obligé d'aller à l'encontre de ses idées ; deux personnages semblent incarner le socialisme et le communisme :

  • Le personnage du socialiste s'avère un dirigeant paresseux et incapable (le Français Ferdinand Beauval)
  • Le personnage du communiste s'avère un fauteur de troubles (l'Américain Lewis Dorick)

Historique[modifier | modifier le code]

Vers 1891, Jules Verne écrit une première version de ce roman sous le titre de En Magellanie (édité en 1999). Après la mort de l'écrivain, en mars 1905, son fils reprend le roman et l'édite en 1909.

Préface de Francis Lacassin[modifier | modifier le code]

L'édition de 1978 de ce livre est préfacée par Francis Lacassin. Il explique que ce roman est très loin de l'image d'Épinal que l'on donne habituellement de Jules Verne. Selon lui, Jules Verne était un « défenseur de toutes les minorités opprimées en quête de leur indépendance » dont notamment le Québec libre et l'Irlande républicaine (Francis Lacassin va même jusqu'à dire qu'il était un précurseur de l'anticolonialisme, ce qui semble très discutable). Pour résumer l'opinion de Jules Verne, Francis Lacassin reprend la devise des socialistes français pré-marxistes, « de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ».

Le navire Jonathan[modifier | modifier le code]

C'est un grand clipper quatre mats qui transportait un millier de pionniers, originaires d'Europe, d'Amérique du Nord et du Japon, et faisant route vers l'Afrique. La plupart des membres de l'équipage ont péri dans la tempête qui a précédé le naufrage. Par la suite, sous la direction du Kaw-djer, les pionniers arrivent à récupérer tout le matériel nécessaire à bord du navire.

Le maître d'équipage Hartlepool, le survivant le plus haut gradé de l'équipage, laisse bien volontiers le pouvoir au Kaw-djer « je peux me flatter de savoir exécuter un ordre, mais que l'invention n'est pas mon affaire.Tenir la barre ferme, tant qu'on voudra. Quant à donner la route, c'est autre chose. »

Les naufragés envoient un canot non sans quelques péripéties vers la ville de Punta Arenas pour prévenir les autorités chiliennes de leur naufrage. Celles-ci sont averties, mais ne peuvent envoyer un navire assez grand pour récupérer les naufragés.

Le personnage du Kaw-Djer : anarchiste et gouverneur de l'île[modifier | modifier le code]

Ce personnage dispose d'une autorité naturelle; les rares fois où cela ne suffit pas, sa force physique lui suffit pour triompher sans violence. Une seule fois, la chance doit intervenir : on essaie de le tuer par un attentat à la bombe et la pluie éteint la mèche.

Ce n'est pas lui qui prend le pouvoir, mais la population qui demande qu'il soit leur leader lorsqu'elle subit une nouvelle épreuve. Dans le livre, un oxymore résume assez bien ce fait « il ne fit aucune difficulté pour obtempérer à ce désir, et, sous sa direction, on se mit à l'œuvre sur-le-champ ».

Il appartient à une famille royale d'Europe, mais c'est un anarchiste convaincu, partisan de la devise « Ni dieu, ni maître » et il a donc quitté son milieu d'origine pour s'isoler dans l'extrême pointe de l'Amérique du Sud, l'archipel de la Terre de Feu. Il sert de sauveteur pour les Indiens de ces contrées. En dépit de son isolement sur l'île Hoste, il bénéficie encore de sa fortune et de son influence dans son pays d'origine.

Les convictions du Kaw-djer le poussent à remettre en liberté le matelot Kennedy alors que toute la population de l'île sait que c'est un meurtrier.

Il y a une scène particulièrement frappante dans ce livre sur ce personnage : comme une foule menaçante approche, il ordonne de faire feu, mais, chacun de ses soldats paniqués tire toutes les munitions de son fusil au lieu de tirer un seul coup, aussi cela aboutit à un épouvantable carnage chez leurs ennemis.

À la fin du livre, le Kaw-djer choisit de s'isoler sur l'île Horn, où il a enfin réussi à faire bâtir un phare.

Ce personnage pourrait être inspiré de :

La fin du livre, dans la version de Jules Verne[modifier | modifier le code]

Francis Lacassin, dans la préface de Famille-sans-nom, indique que Jules Verne avait envisagé une toute autre fin pour ce roman : il prévoyait que le Kaw-djer serait influencé très fortement par deux prêtres catholiques à la fin du roman.

La ruée vers l'or[modifier | modifier le code]

Lorsqu'on découvre de l'or dans l'île Hoste, le Kaw-Djer en devine tout des suites les funestes conséquences. Cette partie du roman rappelle un personnage historique, John Sutter : millionnaire qui fonda Sacramento et qui fut ruiné par la découverte d'or sur l'un de ses terrains en Californie le 24 janvier 1848. Jules Verne parla de la fièvre de l'or dans deux autres de ses romans édités après sa mort : La Chasse au météore et Le Volcan d'or.

Les deux jeunes orphelins Dick et Sand[modifier | modifier le code]

Les deux orphelins Dick et Sand : on les voit enfants dans la plus grande partie du livre, ils sont totalement fidèles l'un envers l'autre (et au Kaw-djer), Dick sert plutôt de chef et de protecteur à Sand, il n'est pas parfait, il se montre parfois un peu égoïste inconsciemment ou se vante un peu. Il y a quelques touches d'humour dans ces portraits, mais on ne retrouve pas l'humour habituel et talentueux de Jules Verne.

Sand se sacrifie pour protéger son ami. Il perd l'usage des jambes, mais accepte courageusement son sort ; cette partie-là ressemble plus à une page écrite par la comtesse de Ségur que par Jules Verne. Dick lui est très affecté par le sacrifice de son ami, il en est très gravement malade.

À l'âge adulte, Sand devient violoniste et maître d'orchestre, alors que Dick est formé avec succès par le Kaw-djer pour être son successeur.

La famille Ceroni : un père de famille alcoolique et une idylle entre une blanche et un indigène fuégien[modifier | modifier le code]

Lazare Ceroni est un ivrogne, il dilapide tout l'argent qu'il a. Il ne bat plus sa femme Tullia parce que le Kaw-djer est intervenu ; Tullia reste avec son mari non par peur, mais par devoir…

Ils ont une fille, Graziella, elle a 16 ans au début du livre. Le fils adoptif du Kaw-djer est amoureux d'elle (Halg), c'est un indigène fuégien. Le Kaw-djer ne dit rien, mais pense que cette union entre une blanche et un Fuégien a peu de chances de réussir. Un autre naufragé (Sirk) offre de l'alcool à Lazare Ceroni pour bénéficier de son soutien auprès de Graziella, celui-ci accepte bien volontiers. À un moment, Sirk veut utiliser la force pour arriver à ses fins auprès de Graziella, celle-ci se réfugie sous la protection du Kaw-djer. Par la suite, Sirk blesse grièvement Halg pour se venger. À la fin du roman, Halg devient patron d'une pêcherie et épouse Graziella.

Quelques-uns des autres personnages : le violoniste ivrogne, le socialiste, etc.[modifier | modifier le code]

Le violoniste talentueux et ivrogne (l'allemand Fritz Gross): il n'est bon à rien, sauf lorsqu'il a bu et dans ce cas là, il devient un virtuose. Il meurt sans panache, et le Kaw-Djer offre son violon à son grand admirateur : le gamin Sand…

Le socialiste Ferdinand Beauval se fait élire président. Il s'avère indolent, ne prenant aucune décision, Il est chassé violemment du pouvoir par une révolte. Par la suite, le Kaw-djer le met à un poste administratif où il s'avère excellent dans ce poste de sous-fifre. Remarque : Dans un autre de ses livres Mathias Sandorf de 1885, Jules Verne montre son intérêt pour les théories socialistes.

Patterson est un avare, mais c'est aussi un travailleur acharné et il est orgueilleux. Il gagne de l'argent entre autres en fournissant de l'alcool. À la suite d'une catastrophe naturelle, il perd tout ce qu'il a gagné et en rend responsable la communauté; il continue néanmoins à travailler de façon acharnée. Une occasion se présente pour lui de gagner beaucoup d'argent en laissant entrer une armée ennemie d'indigènes patagons dans la cité, il profite de cette occasion qui lui permet d'assouvir sa soif d'argent et de vengeance. Sa naïveté lui coûte la vie : il vérifie l'argent, il ouvre les portes et les Patagons le tuent pour récupérer l'argent.

Le chien Zolg : il pourchasse et tue Sirk, l'homme qui a poignardé Halg, le fils adoptif du Kaw-djer. Ce passage rappelle un autre roman de Jules Verne "Voyages et aventures du capitaine Hatteras" : dans ce roman, le chien Duk est pratiquement un personnage à part entière, plus important que le personnage éponyme de ce roman.

Géographie de l'île Hoste[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Île Hoste.

Voilà la présentation de l'île Hoste que fait Jules Verne. Elle fait cinquante kilomètres sur cent, non compris la presqu'île Hardy, « recourbée comme un cimeterre qui projette (…) la pointe connue sous le nom de Faux Cap Horn ».

La façade de l'île qui donne sur l'océan est extrêmement découpée. La partie qui fait face à l'archipel de la Terre de Feu est rectiligne; le canal du Beagle sépare l'île Hoste et la Grande Île de Terre de Feu. Le Jonathan s'échoue entre la baie Orange et la baie Scotchwell.

Les autres îles citées dans ce livre sont les îles Hermitte, Herschell, Horn, Wollaston, qui forment l'archipel du Cap Horn.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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