Dupond et Dupont

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Dupond et Dupont
Personnage de fiction apparaissant dans
Tintin.

Alias X33 et X33bis
Origine Belges
Sexe Masculin
Espèce Humains
Cheveux Noirs
Activité(s) Inspecteurs de la Police judiciaire
Adresse Drapeau de la Belgique Belgique

Créé par Hergé
Interprété par les frères Gamonal
Franky François et André Marie
Nick Frost et Simon Pegg
Voix Georges Aubrey (voix, 1957)
Jean Carmet et Jean Bellanger (voix, 1960)
Roger Carel et Gaëtan Jor (voix, 1961 et 1975)
Hubert Deschamps (voix, 1961)
les frères Gamonal (et la voix de Jacques Dufilho (Tintin et le Mystère de la Toison d'or 1961)
Christian Marin (voix, 1963)
Franky François et André Marie (Tintin et les Oranges Bleues 1964)
Paul Rieger et Guy Piérauld (voix, 1969 et 1972)
Paul Bisciglia et Olivier Hussenot (voix, 1969)
Yves Barsacq et Jean-Pierre Moulin (voix, 1991)
Guillaume Lebon et Pierre Laurent (VFLes Aventures de Tintin : Le Secret de La Licorne 2011)
Série(s) Les Aventures de Tintin
Album(s) (2), 4 au 19, 21, 23 et 24
Première apparition Les Cigares du pharaon (version N&B 1934)

Dupond et Dupont (appelés les Dupondt collectivement[1]) sont des personnages fictifs des Aventures de Tintin par Hergé. Ce sont deux policiers de comédie qui travaillent en équipe.

Historique[modifier | modifier le code]

Ils apparaissent pour la première fois en 1934 dans l'album Les Cigares du pharaon[2] dans lequel ils se font appeler X33 et X33 bis. Hergé les introduit de façon anonyme dans la première case de la version en couleur datant de 1946 de l'album Tintin au Congo. Ils ne figuraient pas dans l'édition originale en noir et blanc de cet album (1931).

Dupont et Dupond sont physiquement semblables en tout point sauf un : la forme de leur moustache. Selon Hergé, celle de Dupond est droite ou en forme de D incliné, alors que celle de Dupont est troussée ou en forme de T épais renversé. Cependant, on retrouve des erreurs dans certains albums (notamment Objectif Lune). L'orthographe de leurs noms laisse à penser qu'ils ne sont pas frères mais sosies, quoique comme pour Tintin lui-même il n'est pas clair si Dupond/t est leur nom ou leur prénom. Il est cependant fort probable qu'ils se connaissent depuis bien longtemps car ils sont les seuls personnages récurrents (avec Tintin et Milou) qui se tutoient. Ils partagent le même appartement que l'on voit pour la première fois dans Le Crabe aux pinces d'or. On apprend dans Les Bijoux de la Castafiore qu'ils ont effectué leur service militaire au Génie.

Membres de la Sûreté, puis de la Police judiciaire, les Dupondt mènent des enquêtes de façon bien peu discrète et peu efficace, étant loin d'être des lumières. Ils poussent le sens de la discrétion jusqu'à se vêtir de costumes folkloriques (ou d'opéra) dans le but de se « mêler à la foule », ce qui n'est évidemment jamais réussi (et n'exclut pas les confusions entre costumes). Ils accumulent aussi un nombre impressionnant de chutes, glissades et accidents.

Cette désorganisation totale se reflète aussi dans leur langage. S'ils s'enorgueillissent – bien à tort – de leur devise « motus et bouche cousue », ils accumulent les pléonasmes et les redites (rituellement introduites par leur formule fétiche « je dirais même plus »), les contrepèteries accidentelles : « Botus et mouche cousue », « Je sirais même plus, Dire » pour « Je dirais même plus, Sire. », « Majesté, Votre Sire est bien bonne. » (après une glissade sur un parquet trop bien encaustiqué), ainsi que les sottises : « c'est mon opinion et je la partage » ou encore « Absolument exclu : car il y a deux traces, et nous sommes seuls. »

Hergé précisera dans une entrevue avoir eu en tête une idée bien précise en créant les Dupondt[réf. nécessaire] : montrer cette catégorie de gens qui, parce que le devoir est censé le leur imposer, arrêtent sans dilemme de conscience particulier un ami et font passer leur conscience professionnelle avant leur humanité (un autre aspect de leur obstination à la Javert prendra même un tour comique dans Le Temple du Soleil). Cette situation se produit à plusieurs reprises dans les albums. Ils sont classés parmi les amis de Tintin.

Ils furent successivement interprétés par : Georges Aubrey (voix, 1957), Jean Carmet et Jean Bellanger (voix, 1960), Roger Carel et Gaëtan Jor (voix, 1961 et 1975), Hubert Deschamps (voix, 1961), les frères Gamonal et la voix de Jacques Dufilho (Tintin et le Mystère de la Toison d'or, 1961), Christian Marin (voix, 1963), Franky François et André Marie (Tintin et les Oranges Bleues), Paul Rieger et Guy Piérauld (voix, 1969 et 1972), Paul Bisciglia et Olivier Hussenot (voix, 1969), Yves Barsacq et Jean-Pierre Moulin (voix, 1991). Dans l'adaptation cinématographique de Steven Spielberg et Peter Jackson, les rôles sont tenus par Nick Frost (Dupont) et Simon Pegg (Dupond), et en français par Pierre Laurent et Guillaume Lebon.

Profil psychologique[modifier | modifier le code]

  • Les Dupond & Dupont sont extrêmement naïfs, manipulables et peu discrets.
  • Ils ont également peu de compétences dans leur métier de détective. Tintin fait systématiquement avancer la situation.

Inspiration[modifier | modifier le code]

  • Parmi les sources d'inspiration des Dupondt, les exégètes de Tintin citent le père et l'oncle d'Hergé Alexis et Léon Remi[3], qui étaient d'authentiques jumeaux (bien que ne ressemblant pas aux personnages, excepté la moustache quand ils l'arboraient) et auraient suscité l'intérêt de l'auteur pour la gémellité. Se promenant avec chapeau melon et canne ou parapluie à la main, la notoriété des personnages fictifs les rattrapa dans la rue, les passants qui les voyaient passer disaient qu'ils « faisaient les Dupondt »[4].

À travers le monde[modifier | modifier le code]

Comme pour d'autres personnages de bande dessinée, les noms des Dupondt varient selon les éditions nationales et linguistiques. Ainsi, ils sont appelés :

Autour des personnages[modifier | modifier le code]

  • Les Dupondt font une brève apparition d'une case dans Astérix chez les Belges où, vêtus de tenues belges, ils annoncent l'arrivée de Jules César, selon leur mode d'expression caractéristique : « Jules César est arrivé en Belgique -- Je dirais même plus : Cules Jésar est arrivé en Gelbique. » La forme et le lettrage de la bulle reprennent ceux adoptés par Hergé.
  • Bernard Cerquiglini fait référence aux Dupondt en concluant son explication sur Quand et quant par : « En somme Quand et Quant, sont les deux Dupondt de l'orthographe du français. »
  • On trouve également une parodie des Dupondt dans l'épisode Le Boucher de Cincinnati de la bande dessinée La Jeunesse de Blueberry où les deux détectives de Pinkerton, les frêres Derbrücke (brücke signifiant pont en allemand) qui surveillent la maison sont jumeaux, avec les formes de moustaches caractéristiques des personnages d'Hergé.
  • Les détectives Dupond et Dupont sont parodiés dans l'album de Lucky Luke "Jesse James", avec deux policiers-détectives maladroits et naïfs, aux moustaches identiques, vêtus de costumes sombres et chapeaux melon.

Interprétations[modifier | modifier le code]

Les Dupondt ont été successivement incarnés par :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Dupondt sans peine, par Albert Algoud, éd. Canal +, 1997
  • Benoît Peeters, Hergé fils de Tintin, Paris, Flammarion,‎ 2002
  • Jacques Langlois, « Dupont et Dupond et vice versa ! », Historia, Paris « Hors-série » « Les personnages de Tintin dans l'histoire : Les événements de 1930 à 1944 qui ont inspiré l'œuvre d'Hergé »,‎ juillet 2011, p. 28-30

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Hergé les baptise ainsi à travers Milou s'exclamant : « Ça y est !... Entrée sensationnelle des Dupondt Brothers !... » (Objectif Lune, pl. 18) et reprend le terme en plusieurs autres albums.
  2. Tout d'abord publié en noir et blanc du 8 décembre 1932 au 1er février 1934 dans les pages du Petit Vingtième, supplément du journal Le Vingtième Siècle. La version couleur de l'album est parue en 1955.
  3. Benoît Peeters, Hergé fils de Tintin, Flammarion, 2002, p. 105.
  4. Numa Sadoul, Entretiens avec Hergé : Édition définitive, Tournai, Casterman, coll. « Bibliothèque de Moulinsart »,‎ 1989, 3e éd. (1re éd. 1975), 256 p. (ISBN 2-203-01708-2), p. 149-151