Trophée Jules-Verne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Prix Jules-Verne.

Trophée Jules-Verne

Description de cette image, également commentée ci-après

Le trophée exposé au musée de la Marine à Paris

Type Challenge, en équipage, sans escale et sans assistance
Lieu Départ entre Ouessant et le cap Lizard
Parcours Circumnavigation
Bateaux tout type (de bateaux à voiles)
Création Octobre 1992
Organisateur Association Tour du Monde en 80 jours
Proch. édition Ouvert
Record 45 jours 13 heures 55 minutes, le par Loïck Peyron sur Banque Populaire V[1]

Le trophée Jules-Verne est un défi nautique qui récompense le tour du monde à la voile le plus rapide réalisé en équipage, sans escale et sans assistance sur une distance orthodromique de 21 760 milles marins (40 300 km)[2].

Ce prix est distinct du Vendée Globe.

Origine[modifier | modifier le code]

Parcours du Trophée Jules-Verne.

C'est en référence au Tour du monde en quatre-vingts jours de Jules Verne que le navigateur Yves Le Cornec en a l'idée en 1985. En 1990, un collège de compétiteurs se réunissent pour en définir les règles. L'objectif des 80 jours semble un défi réalisable. Un comité est chargé de garantir l'éthique de la compétition et le respect des règles. Il est composé de : Peter Blake, Florence Arthaud, Jean François Coste, Yvon Fauconnier, Gabriel Guilly, Robin Knox-Johnston, Titouan Lamazou, Yves Le Cornec, Bruno Peyron, Olivier de Kersauson, Didier Ragot.

Extrait des règles de l'épreuve[modifier | modifier le code]

Préambule
Le « Trophée Jules Verne » est unique et récompensera le challenger qui aura amélioré le record du tour du monde à la voile. [...] Il sera dépositaire du Trophée et le conservera jusqu'à ce que son record soit amélioré. Le Trophée dans ce cas sera transmis au nouveau recordman.
Parcours
Couper la ligne de départ définie par une ligne imaginaire, reliant le phare de Créac'h sur l'île d'Ouessant et le phare du Cap Lizard. Faire le tour du monde en laissant à bâbord le cap de Bonne-Espérance, le cap Leeuwin et le cap Horn. Recouper la ligne définie ci-dessus en sens inverse.
Date et pérennité
La ligne de départ est déclarée ouverte à la date de l'approbation officielle du règlement par l'IYRU/WSSRC […].
Participants
Les navires seront propulsés par la seule force du vent et de l'équipage et toute sorte d'énergie non propulsive sera autorisée […]. Le trophée est ouvert à tout type de bateau sans restriction.
[...]
Source : Trophée Jules-Verne - Règlement

Palmarès[modifier | modifier le code]

Année Temps
(vitesse)
Skipper Nationalité Nom du bateau Type de bateau Équipage
2012 45 jours 13 heures 42 min et 53 secondes
(19,75 nœuds)[1]
Loïck Peyron Drapeau de la France France Maxi Banque Populaire V Trimaran 14 personnes : Loïck Peyron, Juan Vila, Jean-Baptiste Le Vaillant, Kévin Escoffier, Xavier Revil, Florent Chastel, Fred Le Peutrec, Emmanuel Le Borgne, Thierry Duprey du Vorsent, Ronan Lucas, Yvan Ravussin, Brian Thompson, Pierre-Yves Moreau, Thierry Chabagny - routeur à terre : Marcel Van Triest
2010 48 jours 7 heures 44 minutes et 52 secondes[3]
(18,76 nœuds)
Franck Cammas Drapeau de la France France Groupama 3 Trimaran 10 personnes : Franck Cammas, Fred Le Peutrec, Stève Ravussin, Lionel Lemonchois, Thomas Coville, Loïc Le Mignon, Ronan Le Goff, Bruno Jeanjean,Jacques Caraës, Stan Honey
2005 50 j 16 h 20 min 04 s[4]
(17,89 nœuds)
Bruno Peyron Drapeau de la France France Orange 2 Catamaran 14 personnes : Bruno Peyron, Roger Nilson, Lionel Lemonchois, Philippe Péché, Yann Éliès, Ronan Le Goff, Sébastien Audigane, Jacques Caraes, Florent Chastel, Yves Le Blevec, Jean-Baptiste Epron, Nicolas de Castro, Ludovic Aglaor, Bernard Stamm
2004 63 j 13 h 59 min 46 s
(15,72 nœuds)
Olivier de Kersauson Drapeau de la France France Geronimo Trimaran 11 personnes : Olivier de Kersauson, Didier Ragot, Yves Pouillaude, Antoine Deru, Philippe Laot, Pascal Blouin, Xavier Douin, Pierre Corriveaud, Xavier Briault, Armand Coursaudon, Franck Ferey
2002 64 j 08 h 37 min 24 s
(15,54 nœuds)
Bruno Peyron Drapeau de la France France Orange Catamaran 13 personnes : Bruno Peyron, Gilles Chiori, Hervé Jan, Nick Moloney, Yann Éliès, Benoît Briand, Sébastien Josse, Ronan Le Goff, Jean-Baptiste Epron, Florent Chastel, Vladimir Dzada-Lyndis, Yves le Blévec, Philippe Péché
1997 71 j 14 h 22 min 08 s
(13,97 nœuds)
Olivier de Kersauson Drapeau de la France France Sport-Elec Trimaran 7 personnes : Olivier de Kersauson, Didier Gainette, Hervé Jan, Michel Bothuon, Yves Pouillaude, Thomas Coville, Marc le Fur
1994 74 j 22 h 17 min 22 s
(13,35 nœuds)
Peter Blake
Robin Knox-Johnston
Drapeau de Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Enza New Zealand Catamaran 8 personnes : Peter Blake, Robin Knox-Johnston, George Johns, David Alan-Williams, Don Wright, Ed Danby, Angus Buchanan, Barry McKay
1993 79 j 06 h 15 min 56 s
(12,62 nœuds)
Bruno Peyron Drapeau de la France France Commodore Explorer Catamaran 5 personnes : Bruno Peyron, Olivier Despaignes, Marc Vallin, Jacques Vincent, Cam Lewis

Tentatives infructueuses[modifier | modifier le code]

Année Skipper Nationalité Nom du bateau Type de bateau Notes
2011 Pascal Bidégorry Drapeau de la France France Banque Populaire V Trimaran Rupture de la dérive dans l'Atlantique sud par 45° S au 12e jour de course. Abandon en fin de Jour 14.
2009 Franck Cammas Drapeau de la France France Groupama 3 Trimaran Ouessant-équateur : 5 jours 15 heures 23 minutes (nouveau record)
Rupture du bras de flotteur bâbord arrière, Afrique du Sud.
2008 Franck Cammas Drapeau de la France France Groupama 3 Trimaran Chavirage le 18 février 2008 au large de la Nouvelle-Zélande.
2004 Bruno Peyron Drapeau de la France France Orange II Catamaran Flotteur tribord endommagé, îles du Cap-Vert.
2004 Bruno Peyron Drapeau de la France France Orange II Catamaran Abandon en Espagne.
2004 Olivier de Kersauson Drapeau de la France France Geronimo Trimaran Gennakers endommagés, Atlantique Nord.
2003 Olivier de Kersauson Drapeau de la France France Geronimo Trimaran Terminé, record non battu.
2003 Ellen MacArthur Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni Kingfisher 2 Catamaran Démâtage au sud-est des îles Kerguelen.
2002 Olivier de Kersauson Drapeau de la France France Geronimo Trimaran Gouvernail endommagé, Brésil.
2002 Bruno Peyron Drapeau de la France France Orange Catamaran Mât endommagé, Ouessant.
1998 Tracy Edwards Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni Royal & SunAlliance Catamaran Démâtage.
1996 Olivier de Kersauson Drapeau de la France France Sport-Elec Trimaran Terminé, record non battu.
1995 Olivier de Kersauson Drapeau de la France France Sport-Elec Trimaran Conditions météorologiques extrêmes.
1994 Olivier de Kersauson Drapeau de la France France Lyonnaise des Eaux-Dumez Trimaran Terminé, record non battu.
1993 Peter Blake
Robin Knox-Johnston
Drapeau de Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Enza New Zealand Catamaran Coque endommagée, océan Indien.
1993 Olivier de Kersauson Drapeau de la France France Charal Trimaran Coque endommagée, sud du Cap.

Historique des tentatives[5],[6][modifier | modifier le code]

1993[modifier | modifier le code]

En 1993, trois bateaux s'élancent à l'assaut du trophée :

– le trimaran Charal (ex-Poulain) d'Olivier de Kersauson ;
– le catamaran Enza New Zealand (ex-Formule Tag) de Peter Blake et Robin Knox-Johnston ;
– le catamaran Commodore Explorer de Bruno Peyron.

Au large du Cap, Charal entre en collision avec un iceberg et doit abandonner. Enza New Zealand doit également abandonner sur avarie dans l'océan Indien.

Le 20 avril, Bruno Peyron boucle le premier tour du monde en 79 jours 6 heures, 15 minutes et 56 secondes et devient ainsi le premier détenteur du trophée Jules-Verne.

1994[modifier | modifier le code]

En 1994, deux bateaux partent pour un tour du monde :

– le catamaran Enza New Zealand de Peter Blake et Robin Knox-Johnston ;
– le trimaran Lyonnaise des Eaux-Dumez (ex-Charal) d'Olivier de Kersauson.

Le 16 janvier, Peter Blake et Robin Knox-Johnston repartent pour une nouvelle tentative et battent le record en coupant la ligne d'arrivée le 1er avril en 74 jours 22 heures et 17 minutes, améliorant le record de Bruno Peyron de 4 jours et 8 heures.

Quelques jours plus tard, Olivier de Kersauson finit son tour du monde en 77 jours et 5 heures, améliorant également le record de Bruno Peyron sans toutefois parvenir à décrocher le Trophée.

1995 et 1996[modifier | modifier le code]

Olivier de Kersauson repart sur Sport-Elec (ex-Lyonnaise des Eaux-Dumez) pour deux tentatives qui échouent, la première en raison des conditions météorologiques adverses et la deuxième en raison d'un retard trop important.

1997[modifier | modifier le code]

Le 6 mars, Olivier de Kersauson sur le trimaran Sport-Elec repart pour la 5e fois sur le parcours du Trophée Jules-Verne. Il améliorera le record de plus de trois jours avec son temps de 71 jours 14 heures et 22 minutes.

1998[modifier | modifier le code]

Tracy Edwards tente le Trophée Jules-Verne avec un équipage féminin sur le catamaran Royal & SunAlliance (ex-Enza New Zealand). La tentative échoue lorsque le bateau démâte au large du cap Horn.

2002[modifier | modifier le code]

Deux skippers repartent pour améliorer le précédent record :

– Bruno Peyron sur le catamaran Orange (ex-Innovation Explorer) ;
– Olivier de Kersauson sur le trimaran Géronimo.

Le 14 février, Bruno Peyron part pour une première tentative rapidement arrêtée lorsque la tête de mât se brise quelques heures après le départ. Le bateau sera rapidement réparé au chantier Multiplast. Le 17 février, Olivier de Kersauson part pour sa tentative. Il abandonnera au large du Brésil sur une avarie de safran. Le même jour de l'abandon de Géronimo, Bruno Peyron repart avec un mât réparé. Pour la deuxième fois, il décroche le trophée en 64 jours 8 heures et 37 minutes, améliorant le précédent record de plus d'une semaine.

2003[modifier | modifier le code]

Ellen MacArthur tente le Trophée Jules-Verne sur Kingfisher 2 (ex-Orange). Elle abandonne lorsqu'elle démâte dans l'océan Indien. Olivier de Kersauson finit un tour du monde sur Géronimo mais ne parvient pas à améliorer le record.

2004[modifier | modifier le code]

Deux bateaux partent pour reconquérir le trophée :

– Olivier de Kersauson sur le trimaran Géronimo ;
– Bruno Peyron sur le catamaran Orange II.

Bruno Peyron partira deux fois, sa première tentative ayant avortée après la rupture de la crash-box de son étrave tribord. Sa deuxième tentative s'arrêtera près du Cap-Vert suite à une voie d'eau dans le flotteur tribord.

Après une première tentative avortée suite à des avaries de voile, c'est Olivier de Kersauson et l'équipage de Geronimo qui s'emparent à nouveau du Trophée Jules-Verne en bouclant le périple en 63 jours 13 heures et 59 minutes.

Il est à noter que cette année, Steve Fossett sur Cheyenne a établi un nouveau record du tour du monde à la voile mais que celui-ci ne s'est pas fait dans les conditions de participation au trophée Jules-Verne[7].

2005[modifier | modifier le code]

Le 16 mars, Bruno Peyron sur le catamaran Orange II reprend son record à Olivier de Kersauson en établissant le temps de 50 jours 16 heures et 20 minutes[4]. Il améliore en même temps le record du tour du monde à la voile de Steve Fossett.

2008[modifier | modifier le code]

Le 24 janvier, Franck Cammas s'élance sur le trimaran Groupama 3 pour tenter de battre le record de Bruno Peyron. Son bateau chavire le 18 février au large de la Nouvelle-Zélande[8]. À ce moment de la course, il avait un jour d'avance sur le temps du record.

2009[modifier | modifier le code]

Le 5 novembre, Franck Cammas s'élance à nouveau sur le trimaran Groupama 3 pour tenter de battre le record de Bruno Peyron. Le 16 novembre, la liaison entre le bras arrière et le flotteur bâbord cède sous les contraintes d'une navigation à plus de 25 nœuds de moyenne[9]. Groupama 3 et son équipage abandonnent cette tentative et rejoignent Le Cap où le bateau sera réparé.

2010[modifier | modifier le code]

Le 31 janvier, Franck Cammas et son équipage partent sur Groupama 3 pour une nouvelle tentative[10]. Ils coupent la ligne d'arrivée le samedi 20 mars 2010, battant ainsi le précédent record d'un peu plus de deux jours. Le nouveau record du trophée Jules-Verne est désormais de 48 jours, 7 heures, 44 minutes et 52 secondes[11]. Sa moyenne sur l'orthodromie était de 18,76 nœuds (34,74 km/h), mais de 24,59 nœuds (45,54 km/h) sur la navigation complète de 28523 milles nautiques parcourus[2].

2011[modifier | modifier le code]

Pascal Bidégorry et ses hommes ont franchi la ligne de départ le samedi 22 janvier 2011 à 12 h 11 (heure française) à bord du Maxi Banque Populaire V. Il a mis un terme à sa tentative, le 5 février 2011 à 12 h, à la clôture du jour 14, à la suite de la rupture de la dérive centrale, au milieu de l'Atlantique sud (45°S).

Le même navire repart le 22 novembre à 9 h 31, emmené cette fois par Loïck Peyron et treize équipiers[12]. La cellule pensante est composée du skipper Loïck Peyron, du navigateur Juan Vila, et du routeur à terre Marcel Van Triest. Il est arrivé le 6 janvier 2012 à 23 h 14, après 45 jours 13 heures 42 minutes et 53 secondes[1],[13] de navigation, soit une moyenne de 19,75 nœuds (36,58 km/h) sur l'orthodromie mais de 26,5 nœuds (49,08 km/h) sur la navigation complète de 28 965 milles nautiques parcourus. Le record est amélioré de 2 jours et 18 heures. Lors de ce tour du monde, le Maxi Banque Populaire V a enregistré une pointe à 48,38 nœuds[14], alors barré par Thierry Chabagny.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) John Reed, « WSSR Newsletter No 206. Banque Populaire RTW », WSSRC,‎ 20 janvier 2012 (consulté le 20 janvier 2012)
  2. a et b « présentation », Trophée Jules Verne
  3. L'Équipe, « Le record pour Groupama 3 », sur http://www.lequipe.fr (consulté le 20 mars 2010)
  4. a et b Orange 2, « 50 jours, 16 heures, 20 minutes et 4 secondes », sur http://adonnante.com (consulté le 26 février 2010)
  5. Voile-Multicoques.com, « Le Trophée Jules Verne », sur http://www.voile-multicoques.com (consulté le 26 février 2010)
  6. François Lombard, « Trophée Jules-Verne - Statistiques », sur http://www.fralo.info (consulté le 26 février 2010)
  7. Dominic Bourgeois, « WSSRC versus trophée Jules-Verne », sur http://adonnante.com (consulté le 26 février 2010)
  8. Groupama SA, « Groupama 3 chavire dans l'océan Pacifique », sur http://www.cammas-groupama.com (consulté le 26 février 2010)
  9. Groupama SA, « Avarie, destination Cape Town », sur http://www.cammas-groupama.com (consulté le 26 février 2010)
  10. Groupama SA, « Top départ ! », sur http://www.cammas-groupama.com (consulté le 26 février 2010)
  11. Groupama SA, « Page d'accueil », sur http://www.cammas-groupama.com (consulté le 20 mars 2010)
  12. « Le Maxi Banque Populaire V déclenche le chronomètre du Trophée Jules Verne », Banque populaire,‎ mardi 22 novembre 2011
  13. Pascal Liétout, « Voile : un record et le Trophée Jules-Verne pour Loïck Peyron », Le Monde,‎ 7 janvier 12 (consulté le 20 janvier 2012)
  14. Pierre-Yves Lautrou, « Café de la Marine du Télégramme – invité l’équipage de Banque Populaire », Au large 3.0,‎ 14 janvier 2012 (consulté le 14 janvier 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]