Robur le Conquérant

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Robur le Conquérant
Image illustrative de l'article Robur le Conquérant
Frontispice du roman

Auteur Jules Verne
Genre Anticipation
Pays d'origine France
Éditeur Pierre-Jules Hetzel
Date de parution 1886
Dessinateur Léon Benett
Nombre de pages 318
Série Voyages extraordinaires
Chronologie
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Robur le Conquérant est un Roman d'anticipation de Jules Verne, paru en 1886.

Historique[modifier | modifier le code]

Le roman paraît d'abord en feuilleton dans le Journal des débats politiques et littéraires, du 29 juin au 18 août 1886[1], puis est en volume la même années chez Hetzel.

Robur le Conquérant possède une suite, Maître du Monde, publié en 1904.

Résumé[modifier | modifier le code]

Uncle Prudent et Phil Evans sont respectivement président et secrétaire du Weldon-Institut de Philadelphie, mais aussi d'intimes ennemis. Le Weldon-Institute est un club rassemblant tous ceux qui pouvaient s'intéresser à l'aérostatique, « mais amateurs enragés et particulièrement ennemis de ceux qui veulent opposer aux aérostats les appareils plus lourds que l'air ». Ces « ballonistes » en sont à se disputer la meilleure manière de diriger un aérostat, lorsqu'un homme, Robur, fait irruption dans la salle de séance du Weldon-Institut : il provoque la fureur de ses membres en disant que l'avenir appartient non pas aux ballons, mais aux machines volantes. Pour prouver ses dires, il enlève Prudent et Evans et les embarque à bord de l'Albatros, une machine volante digne du Nautilus. Robur commence un périple autour du monde, prouvant à Prudent et Evans qu'une machine volante mue par l'électricité se contrôle beaucoup mieux qu'un ballon gonflant.

Le combat du plus lourd contre le plus léger que l'air. L'Albatros rejoignit le Go a head.

Thème[modifier | modifier le code]

L'histoire est construite sur la même thématique que Vingt mille lieues sous les mers : trois membres d'un club aéronautique américains sont enlevés par un mystérieux personnage qui leur fait traverser le monde à bord d'une gigantesque machine volante à voilure tournante.

Jules Verne entre avec ce roman dans la querelle du « plus léger que l'air » contre le « plus lourd que l'air », sans cacher son affection pour le second parti. Malgré cette intention, ce roman n'a pas la fibre épique qu'on peut retrouver dans d'autres romans d'anticipation de Jules Verne. Pourtant, l'auteur écrira une suite : Maître du monde.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Robur, dit « Robur-le-Conquérant »[2]. Âgé de quarante ans, c'est un ingénieur sans nationalité connue (tout comme le Capitaine Nemo de Vingt mille lieues sous les mers, et ce n'est pas le seul parallèle entre ces deux personnages de l'auteur). Il est l'inventeur de l'Albatros, un engin plus lourd que l'air. Sa description, par Jules Verne, est assez étonnante[3].
  • Uncle Prudent, président du Weldon-Institute. De nationalité américaine, âgé de 45 ans. Très riche, puisqu'il possède une grande partie des actions du Niagara-Falls. D'un entêtement sans pareil, il ne jure que par le « plus léger que l'air », et dirige la construction du Go a head, énorme ballon.
  • Phil Evans, secrétaire du Weldon-Institute. 45 ans, tout comme Uncle Prudent, à qui il voue une farouche inimitié, depuis que ce dernier lui a ravi le poste de président, pour très peu de choses. Directeur de la Walton Watch Company, importante usine à montres.
  • Frycollin, nègre originaire de la Caroline du Sud, âgé de 21 ans. Valet d'Uncle Prudent. Grimacier, gourmand, paresseux et surtout d'une poltronnerie superbe.
  • Tom Turner, contremaître de Robur. Quarante-cinq ans environ[4].
  • François Tapage, maître-coq à bord de l'Albatros, français d'origine gasconne.
  • Jem Cip, trésorier du Weldon-Institute, ainsi décrit : « Jem Cip était un végétarien convaincu, autrement dit, un de ces légumistes, de ces proscripteurs de toute nourriture animale, de toutes liqueurs fermentées, moitié brahmanes, moitié musulmans, un rival des Niewman, des Pitman, des Ward, des Davie, qui ont illustré la secte de ces toqués inoffensifs[5]. »
  • William T. Forbes, membre du Weldon-Institute[6].
  • Miss Dorothée Forbes, dite « Doll », fille de William T. Forbes.
  • Miss Martha Forbes, dite « Mat », fille de William T. Forbes.
  • Truk Milnor, membre du Weldon-Institute.
  • Bat Fyn, membre du Weldon-Institute.
  • Harry W. Tinder, le plus célèbre aéronaute des États-Unis. Il est chargé de construire le Go a head.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles-Noël Martin, Préface. Éditions Rencontre, Tome XVI, Lausanne, 1967
  • Étienne Cluzel, Trente mille lieues dans les airs, Bulletin de la Société Jules Verne 9, 1969
  • Christian Robin, Le jeu dans « Robur le Conquérant », Europe 595/596, Paris, novembre-décembre 1978
  • Andrew Martin, The Machine Stops: the Breakdown of the Vernian Vehicle, in Romance Studies. Leeds, 1985
  • Simone Vierne, Postface à l'édition du roman, Hachette, Le Livre de poche, 1993
  • Jean-Michel Margot, Jules Verne et le rêve d'Icare, Bulletin de la Société Jules Verne 121, 1997
  • Volker Dehs, Jules Verne (1828-1905): Robur der Eroberer, in Franz Rottensteiner & Michaël Koseler (Ed.), juillet 1999
  • Christian Robin, Robur. in Agnès Marcetteau-Paul & Claudine Sainlot (Ed.). Jules Verne, écrivain, Nantes, Coiffard et Joca-Seria, 2000
  • Lionel Dupuy, Robur le Conquérant ou la négation de l'autre... in Jules Verne, l'homme et la terre, La Clef d'Argent, 2006, p. 115–132

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Piero Gondolo della Riva, Bibliographie analytique de toutes les œuvres de Jules Verne, Société Jules Verne, 1977, page 87
  2. Surnom que lui décernent les membres du Weldon-Institute. Chapitre III.
  3. « Une taille moyenne, avec une carrure géométrique, - ce que serait un trapèze régulier, dont le plus grand des côtés parallèles était formé par la ligne des épaules. Sur cette ligne, rattachée par un cou robuste, une énorme tête sphéroïdale. À quelle tête d'animal eût-elle ressemblé pour donner raison aux théories de l'Analogie passionnelle? À celle d'un taureau, mais un taureau à face intelligente. » — Chapitre III
  4. Encore une curieuse description du personnage. «Large de buste, trapu de membres, charpenté en fer, il avait une de ces têtes énormes et caractéristiques, à la Hogarth, telles que ce peintre de toutes les laideurs saxonnes en a tracé du bout de son pinceau. Si l'on veut bien examiner la planche quatre du Harlots Progress, on y trouvera la tête de Tom Turner sur les épaules du gardien de la prison.» Chapitre VIII.
  5. Chapitre II.
  6. « Directeur d'une grande usine, où l'on fabrique de la glucose en traitant les chiffons par l'acide sulfurique - ce qui permet de faire du sucre avec de vieux linges. » — Chapitre II

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]