Yves Coppens

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Yves Coppens en 2008.

Yves Coppens, né à Vannes le 9 août 1934, est un paléontologiste et paléoanthropologue français, professeur au Collège de France. En France, son nom est attaché à la découverte en 1974 du fossile surnommé Lucy.

Sommaire

[modifier] Parcours

Passionné par la Préhistoire et l'archéologie depuis son enfance, il a commencé très tôt à participer à des travaux de fouille et de prospection en Bretagne, pendant ses années de collège, de lycée et d'université (Faculté des sciences de Rennes 1951-1955).

En 1956, il entre au CNRS alors qu'il n'a que 22 ans. Il se dirige vers l'étude des époques quaternaire et tertiaire. À partir de 1960, il commence à monter des expéditions au Tchad, en Éthiopie, puis en Algérie, en Tunisie, en Mauritanie, en Indonésie et aux Philippines.

En 1965, il découvre un crâne d'hominidé à Yaho (Angamma, Tchad) qu'il nomme alors Tchadanthropus uxoris en hommage au pays où il a été trouvé et considérant qu'il s'agit d'un individu féminin. D'un âge estimé à un million d'années, ce fossile est aujourd'hui rapproché d'Homo erectus.

Il devient maître de conférences au Muséum national d'histoire naturelle en 1969, puis obtient la sous-direction du Musée de l'Homme.

Le 30 novembre 1974 à Hadar, un fossile relativement complet d'Australopithecus afarensis est découvert dans le cadre de l'International Afar Research Expedition, un projet regroupant une trentaine de chercheurs éthiopiens, américains et français co-dirigé par Donald Johanson (paléoanthropologie), Maurice Taieb (géologie) et Yves Coppens (paléontologie). Le premier fragment du fossile a été repéré par Tom Gray, l'un des étudiants de Donald Johanson [1]. Le fossile est surnommé « Lucy », en référence à Lucy in the Sky with Diamonds, la chanson des Beatles écoutée par l'équipe.

Yves Coppens est nommé directeur et professeur au Muséum pour 3 ans en 1980, ainsi que directeur d'étude à l'École pratique des hautes études. Il est élu à la chaire de paléontologie et préhistoire au Collège de France en 1983.

En 2006, il est nommé au Haut Conseil de la science et de la technologie (Journal officiel du 24 septembre 2006).

Aujourd'hui, Yves Coppens est présent dans de nombreuses instances nationales et internationales gérant les disciplines de sa compétence. Il dirige en outre un laboratoire associé au CNRS, le Centre de Recherches Anthropologiques - Musée de l'Homme, et deux collections d'ouvrages du CNRS, les Cahiers de Paléoanthropologie et les Travaux de Paléoanthropologie est-africaine. Il est membre de l'Académie des sciences, de l'Académie de médecine, de l'Académie des Sciences d'Outremer et de l'Academia Europaea, membre associé de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, correspondant de l'Académie royale de médecine de Belgique, Honorary fellow du Royal Anthropological Institute of Great Britain and Ireland, Foreign associate de la Royal Society d'Afrique du Sud et docteur honoris causa des universités de Bologne, de Liège, de Mons et de Chicago.

[modifier] Travaux

À partir de 1983, Yves Coppens popularise sous le nom d’East Side Story[2],[3] un modèle proposé initialement par l’éthologue hollandais A. Kortlandt [4]. Il s'agit d'une explication environnementale de la séparation entre Hominidae et Panidae. Suite aux découvertes de Toumaï et d'Abel par l'équipe franco-tchadienne de Michel Brunet, Yves Coppens remet lui-même en cause cette théorie en 2003.

Article détaillé : East Side Story.

Yves Coppens a également développé l'idée selon laquelle l'acquis a pris le pas sur l'inné, ce qui aurait notamment ralenti l'évolution humaine depuis plusieurs dizaines de milliers d'années [réf. nécessaire].

Il remet en cause l'importance conférée au hasard dans la théorie néo-darwinienne : « Au risque de faire hurler les biologistes, et sans revenir aux thèses de Lamarck, je crois qu'il faudrait s'interroger sur la façon dont les gènes pourraient enregistrer certaines transformations de l'environnement. En tout cas, le hasard fait trop bien les choses pour être crédible… »[5].

Il soutient la thèse selon laquelle « le développement technique et culturel dépasse le développement biologique », c'est-à-dire que l'évolution biologique a précédé l'évolution culturelle, cette dernière étant davantage déterminante des transformations que vivra notre espèce [réf. nécessaire].

[modifier] Vulgarisation scientifique

[modifier] Récompenses

[modifier] Distinctions

  • 1963 : Prix Edmond Hébert
  • 1969 : Prix André C. Bonnet
  • 1973 : médaille d'or de l'Empereur d'Éthiopie
  • 1974 : grand prix Jaffé de l'Académie des sciences
  • 1975 : grand prix scientifique de la Fondation de France
  • 1975 : médaille Fourmarier de la Société géologique de Belgique
  • 1978 : prix Glaxo
  • 1982 : médaille d'argent du CNRS
  • 1984 : prix Kalinga de l'UNESCO
  • 1984 : 27e Annual Address de la Palaeontological Association à Londres
  • 1985 : 55e James Arthur Lecture on the Evolution of the Human Brain à l'American Museum of Natural History à New York
  • 1985 : IXe conférence Augustin Frigon de l'École polytechnique de Montréal
  • 1987 : médaille Vandenbroeck de la Société belge de géologie, de paléontologie et d'hydrologie
  • 1989 : médaille André Duveyrier de la Société de géographie
  • 1991 : médaille d'or de l'encouragement au progrès
  • 2005 : Prix Nonino (Italie)

[modifier] Décorations

[modifier] Publications

Il a en outre apporté sa collaboration scientifique à Pierre Pelot pour l'écriture de plusieurs romans préhistoriques : la série Sous le vent du monde, Gallimard, Le nom perdu du soleil, 1998, Denoël et Le rêve de Lucy, 1997, Seuil.

[modifier] Notes et références

  1. D. Johanson et M. Edey, Lucy : une jeune femme de 3 500 000 ans, traduit de l'américain (Lucy, the beginnings of humankind), Paris, R. Laffont, (1981) ISBN 2-221-01200-3
  2. Coppens, Y. (1983) - Le singe, l'Afrique et l'Homme, Paris, Fayard, 148 p.
  3. Coppens, Y. (1994) - « East Side Story, the origin of Humankind », Scientific American, vol. 270, n° 5, pp. 88-95.
  4. Kortlandt, A. (1972) - New perspectives on ape and human evolution, Amsterdam, Stichting voor Psychobiologie.
  5. D'après Quand Yves Coppens parle de la théorie de l'évolution… sur Hominides.com.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

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