Jeunesse

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Jeunesse (homonymie).

Pour la statistique de l'Insee, la jeunesse est une classe d'âge. Elle réunit une population mineure, généralement de moins de 18 ans, et majeure. Généralement, y sont inclus les personnes allant de quinze à vingt quatre ans, notamment les étudiants et les jeunes en difficulté d'insertion.

Le terme jeunesse désigne l'aspect corporel du corps. La puberté marque l'étape physiologique à laquelle l'individu est capable de procréer. Ce passage à la puberté chez les animaux est le passage à l'âge adulte, chez les humains celui de l'enfance à l'adolescence. La puberté est marquée par des changements corporels importants liés à la maturité sexuelle.

La jeunesse désigne aussi l'état optimal des facultés physiques et intellectuelles d'une personne, incluant sa maturité, par opposition à la sénescence durant laquelle les activités et les performances déclinent en raison du vieillissement.

Pour la sociologie, le terme jeunesse fait référence au temps entre l'enfance et l'âge adulte. Ce temps s'allonge de plus en plus.

Histoire de la jeunesse[modifier | modifier le code]

Les conceptions de l'antiquité classique distinguent plusieurs âges de la vie dont la jeunesse symbolise souvent l'innocence. Le jeune homme chez les Grecs est l'éphèbe, les jeunes femmes doivent passer le rite d'initiation de l'ourse dans le sanctuaire d'Artémis. Les Romains ont des termes plus précis : infans désigne l'enfant en bas âge qui ne parle pas, puer ou puella désignent le petit garçon ou la petite fille de 7 à 17 ans et liberi correspond aux jeunes par rapport aux parents[1].

La perception de la jeunesse comme âge distinct à la fois des adultes et des enfants n'existe pas au Moyen Âge mais existe comme statut social : le terme latin juvenis (joven en langue vernaculaire) correspond au jeune non marié. L'individu passe directement de l'enfance à l'âge adulte, comme Bertrand Du Guesclin qui participe à un tournoi dès l'âge de 15 ans. Guillaume le Maréchal est considéré comme jeune jusqu'à ce qu'il se marie à quarante ans. Certaines villes créent des « abbayes de jeunesse » assurant une formation militaire avant l'entrée de ces jeunes dans les compagnies bourgeoises de gardes (arbalétriers, archers, canonniers), les autorités municipales leur délégant souvent l'organisation des manifestations folklorique, carnavals et charivaris[2].

Pour Philippe Ariès la société évolue en même temps que les mentalités. Sa thèse repose sur deux idées : l'attachement des parents pour leurs enfants est né réellement avec le contrôle des naissances et la baisse de la fécondité, soit à partir de la fin du XVIIIe siècle ; avant l'enfant n'est qu'un adulte en devenir. La forte mortalité empêche une attention trop importante des adultes. La perception par la société de la spécificité de la jeunesse est un long cheminement qui va du XVIIIe siècle à nos jours, la notion d'adolescence et les lois encadrant le travail des enfants (jusqu'à cette période, ce travail fait partie de l'univers culturel normal de la société) n'apparaissant qu'au XIXe siècle[3].

Au XIXe et XXe siècles, les médias évoquent certaines « bandes de jeunes » (Apaches, Blousons noirs) comme une menace pour la sécurité publique, soulignant que cette menace a tendance a disparaître lorsque le jeune se marie et accède au monde du travail[4].

Pour Isidore Isou , auteur de "Traité d'économie nucléaire. Le Soulèvement de la jeunesse" (paru en 1949) la jeunesse représente la seule force dynamique et révolutionnaire apte à agir sur le circuit économique par la manifestation de la "créativité pure" (inventions et découvertes dans la théorie et la pratique) ou la "créativité détournée" (guerres, destructions des richesses, etc.). Sa pénétration harmonieuse à l'intérieur du circuit s'accomplira par la mise en oeuvre d'un ensemble de mesures regroupées sous le terme de "protégisme juventiste" : réduction des années d'école, crédit de lancement en faveur des jeunes, planification intégrale, rotation aux postes de responsabilité.


En France[modifier | modifier le code]

La loi interdisant le travail des enfants de moins de 8 ans date de 1841, inspirée des travaux de Louis-René Villermé. Les lois Ferry de 1881 et 1882 rendent l’instruction primaire obligatoire pour les garçons et filles âgés de 6 à 13 ans. L’école publique est gratuite et laïque[5].

Avant cette date l'enseignement aux enfants dépend de l'enseignement catholique, depuis l'instauration des collèges des jésuites au XVIIe siècle, pour les jeunes aristocrates et bourgeois et des frères des écoles chrétiennes pour les enfants plus modestes. Mais ces écoles ne concernent qu'une minorité d'enfants.

La préoccupation politique de l'encadrement des jeunes hors du temps scolaire date des premiers patronages suite aux lois Ferry.

La première auberge de jeunesse est créée par Henri Sannier en 1931

Le premier Secrétaire d'État chargé de la Jeunesse est Lèo Lagrange en 1936 avec le Front populaire .

L'organisation moderne de l'enfance inadaptée date de 1943 sous Vichy[6]. L'Ordonnance de 1945 reprenant l'organisation prévue par Vichy et surtout faisant de l'éducation la pratique normale du traitement de la délinquance. des mineurs. Le métier d'éducateur spécialisé date de cette époque. L'éducation populaire, comme mouvement de prise charge des jeunes adultes par eux même au sein des maisons des jeunes et de la culture est également promue à la Libération.

Les mouvements de jeunesse[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Éducation populaire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gabrielle Houbre, « Histoire des jeunes en Occident », Seuil, 1996, 379 p.
  2. Jean-Pierre Bardet, Lorsque l'enfant grandit : entre dépendance et autonomie, Presses Paris Sorbonne,‎ 2003 (lire en ligne), p. 768
  3. Philippe Ariès, L'Enfant et la vie familiale sous l'Ancien Régime, Plon, 1960
  4. Jean-Noël Jeanneney, « Le péril jeune, de l'Antiquité à nos jours » dans l'émission Concordance des temps, 21 janvier 2012
  5. http://www.assemblee-nationale.fr/site-jeunes/laicite/fiche-dates/fiche-1881-1882/fiche.pdf
  6. Enfance inadaptée l'héritage de Vichy Michel Chauvière L'Harmattan 2009

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Denis Monneuse, Les jeunes expliqués aux vieux, Paris, L'Harmattan, 2012.
  • Alessandro Cavalli, Vincenzo Cicchelli, Olivier Galland, Deux pays, deux jeunesses? La condition juvénile en France et en Italie, Rennes, PUR, 2008.
  • Marc Breviglieri, Vincenzo Cicchelli, Adolescences Méditerranéennes. L’espace public à petits pas, Paris, Injep-L’Harmattan, 2007.
  • Vincenzo Cicchelli, La construction de l’autonomie. Parents et jeunes adultes face aux études, Paris, PUF, 2001.
  • Vincenzo Cicchelli, L'esprit cosmopolite. Voyages de formation des jeunes en Europe, Paris, Presses de SciencesPo.
  • Olivier Galland, Les Jeunes, 6e édition, Collection Repères, Éditions La Découverte, Paris, 2002, 124 pages. (ISBN 270713645X)
  • Eric Deschavanne et Pierre-Henri Tavoillot, Philosophie des âges de la vie, Hachette, Pluriel, 2008.
  • Gérard Mauger, Hippies, zoulous, loubards: jeunes marginaux de 1968 à aujourd'hui, Collection Problèmes Politiques et Sociaux, La Documentation Française, Paris, 1998.
  • Bernard Bastien, Philippe Bataille, Conseilleriez-vous à un(e) ami(e) de venir ici ? Vivre en FJT, pour une interprétation de situations de jeunesse, Paris, Les éditions de l'atelier, juin 1998
  • Catherine Pugeault-Cicchelli, Vincenzo Cicchelli, Tariq Ragi, Ce que nous savons des jeunes, Collections sciences sociales et société, Paris, PUF, 2004.
  • L'entrée des jeunes dans la vie adulte, Problèmes politiques et sociaux, Aubervilliers, La Documentation française, no 794 du 5 décembre 1997.
  • Bjenk Ellefsen, Jacques Hammel, Citoyenneté, jeunesse et exclusion. Lien social et politique à l'heure de la précarité, RIAC, Montréal Québec, no 43, printemps 2000.
  • Sébastien Schehr, Processus de singularisation et formes de socialisation de la jeunesse, RIAC, Montréal Québec, no 43, printemps 2000
  • Jean-Charles Lagree, Patricia Loncle, Jeunes et citoyenneté, Problèmes politiques et sociaux, Aubervilliers, La documentation française, no 862 du 31 août 2001
  • Sébastien Dupont, Jocelyn Lachance, Errance et solitude chez les jeunes, Paris, Téraèdre, 2007.
  • Isidore Isou, Traité d’économie nucléaire, le soulèvement de la jeunesse. Tome 1: Le problème du bicaténage et de l’éternité, Escaliers de Lausanne, 1949 ; Tome 2 : "La dynamique de la

créativité pure et détournée", CICK, 1971; Tome 3: "La solution du protégisme juventiste", CICK, 1971.

  • Isidore Isou, Suppléments au Soulèvement de la Jeunesse (1944-1953). Tome 1: Le désir paradisiaque de l’externité. Ebauche d’une économie nucléaire, CICK, 1972 ; Tome 2 : Supplément de la Créativité pure, CICK 1972 ; Tome 3 : Supplément de la Créativité détournée, Éd. Broutin, 1986.
  • Isidore Isou, Les Manifestes du Soulèvement de la Jeunesse (1950-1966), Éd. Al Dante, 2004 (postface de Roland Sabatier).
  • Jocelyn Lachance, Photos d'ados. À l'ère du numérique, Québec, Presses de l'université Laval, 2013.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]