Un drame en Livonie

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Un drame en Livonie
Image illustrative de l'article Un drame en Livonie
Le kabak de la Croix-rompue

Auteur Jules Verne
Genre roman policier; roman politique
Pays d'origine France
Éditeur Hetzel
Date de parution 1904
Dessinateur Léon Benett
Série Voyages extraordinaires
Chronologie
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Un drame en Livonie est un roman policier de Jules Verne, paru en 1904.

En 1876, un innocent est accusé d'un meurtre qu'il n'a pas commis en Livonie (actuelle Estonie et Lettonie) ; en toile de fond, il y a l'hostilité entre, d'un côté, les russes d'origine slave pauvres et, d'un autre côté, les russes d'origine allemande riches (bourgeois ou nobles).

Historique[modifier | modifier le code]

Le roman paraît d'abord en feuilleton dans le Magasin d'Éducation et de Récréation du 1er janvier au 15 juin 1904, puis en volume à partir du 7 juillet de la même année chez Hetzel[1].

Structure du texte[modifier | modifier le code]

Ce roman a été initialement prévu pour être édité sous forme de feuilleton, aussi de nombreux chapitres se terminent par un coup de théâtre, plus exactement par un effet de cliffhanger.

Résumé[modifier | modifier le code]

En Livonie, l'employé de banque Poch qui transportait de l'argent est assassiné dans l'auberge de la Croix-Rompue (chapitre VI). Il était sur le point de se marier, ce qui émeut d'autant plus l'opinion publique. Le principal suspect est le professeur Dimitri Nicolef. Il était la seule personne présente, en dehors de l'aubergiste allemand Kroff, dans l'auberge. Le professeur est aussi le représentant des slaves lors des prochaines élections municipales dans la ville de Rīga, il doit de plus beaucoup d'argent (chapitre III) aux banquiers Johausen qui représentent les Allemands aux prochaines élections. Ilka, la fille du professeur et son fils soutiennent leur père. Le fiancé d'Ilka, l'avocat Wladimir Yanof est un prisonnier politique qui s'était enfui des mines de Sibérie. Il prend le risque de venir prouver l'innocence du professeur (chapitre XI), le tsar a la générosité d'amnistier le prisonnier en fuite (chapitre XII), au grand désarroi des bourgeois et nobles allemands. Le gendre Yanof fait une deuxième intervention pleine de générosité, mais qui s'avère désastreuse et semble prouver la culpabilité du professeur. Ce dernier s'enfuit et est retrouvé mort, il semble s'être suicidé (chapitre XIV). Sa fille elle-même est convaincue de sa culpabilité et refuse d'épouser l'avocat, se jugeant indigne de lui. Un deus ex machina résout le problème à la fin : le vrai assassin, l'aubergiste Kroff, sur le point de mourir d'une congestion pulmonaire, se confesse auprès d'un pope et révèle ce qu'il a fait pour que toutes les preuves s'accumulent contre le professeur.

Constatations médico-légales[modifier | modifier le code]

Le terme de constatations médico-légales existait déjà à l'époque (chapitre VI). Les traces du couteau ayant provoqué la mort de l'employé de banque sont relevées : il s'agit d'un couteau avec une virole à ressort (chapitre VII). Dans un précédent roman de Jules Verne (Les Frères Kip), la virole d'un kriss avait déjà servi à identifier avec précision l'arme de l'assassinat.

Le docteur Hamine qui fait l'analyse médico-légale est un ami de la famille. Il a beaucoup d'estime pour le professeur.

L'humour de Jules Verne[modifier | modifier le code]

Contrairement à beaucoup de livres de Jules Verne, il y a très peu d'humour dans ce livre ; une seule fois, il fait preuve d'ironie (chapitre VI) : le domestique Trankel fait une erreur, le banquier se montre paternaliste, puis d'une façon très cérémonieuse lui indique d'aller se faire donner 25 coups de verges par un policier.

Frontispice du roman

Adaptation en bande dessinée[modifier | modifier le code]

En 1999, une bande dessinée a été tirée de ce livre par le scénariste François Rivière et le dessinateur Serge Micheli. Les couleurs choisies pour les visages sont assez surprenantes. Le dessinateur Serge Micheli a cherché à créer « des images hypnotiques ». Son éditeur indique que « son graphisme et ses couleurs baroques transposent si bien les univers slaves et lettons de ce roman qu'il en retrouve toute son originalité ».

Le scénariste François Rivière a été très fidèle au roman.

Il existe une autre bande dessinée réalisée par les mêmes scénariste et dessinateur et consacrée à Jules Verne « Voyage sous les eaux » : elle est inspirée du roman « Vingt mille lieues sous les mers ».

L'affaire Dreyfus[modifier | modifier le code]

Ce roman pourrait être inspiré de l'affaire Dreyfus. Jean-Jules Verne, le petit-fils de l'écrivain, dans la biographie de son grand-père, note: «Sans doute lui parut-il que la parution d' Un drame en Livonie, récit fondé sur une erreur judiciaire, serait mal venue en pleine affaire Dreyfus en risquant de contribuer à l'effervescence des esprits. Ce roman était une belle illustration des pièges dans lesquels les juges pouvaient tomber et eût pu être tenu pour une prise de position.»[2] En effet, le roman fut rédigé bien avant sa parution. Verne écrit à son éditeur: «...car, vous le savez, 95, c'est L'Île à hélice, 96, c'est le Drame en Livonie, 97, c'est l'Orénoque, et tout cela est fait.»[3] Cependant, Olivier Dumas fait remarquer que le roman a été composé avant août 1894, donc qu'il n'a pu être influencé par l'affaire qui débute le 15 octobre 1894. «Qu'en revanche, son importance croissante empêche ensuite l'écrivain de faire paraître ce drame policier, rien d'étonnant...»[4] Jules Verne croyait à la culpabilité de Dreyfus. Il n'y a aucune trace d'anti-sémitisme dans ce livre. Par contre, il existe un autre livre de Jules Verne où il fait preuve d'anti-sémistisme : "Hector Servadac" édité en 1877.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Piero Gondolo della Riva. Bibliographie analytique de toutes les œuvres de Jules Verne. Tome I. Société Jules Verne. 1977.
  2. Jean-Jules Verne. Jules Verne. Hachette. 1973.
  3. Lettre à Louis-Jules Hetzel du 11 août 1894.
  4. Olivier Dumas. "Un drame en Livonie", le dernier Voyage extraordinaire. Bulletin de la Société Jules Verne 102. 2ème trimestre 1992.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marcel Moré. L'Assassinat du père sublime. in "Le très curieux Jules Verne". Paris. Gallimard. 1960.
  • Charles-Noël Martin. Préface. Éditions Rencontre. Lausanne. Tome 42. 1971.
  • Biruta Cap. A French Observer of the Baltic. Journal of Baltic Studies. Université de Californie. Juillet-Septembre 1972.
  • Daniel Compère. La Dé-production littéraire ou le cas Jules Verne. Revue de littérature comparée. Paris. 1972.
  • Olivier Dumas. "Un drame en Livonie", le dernier Voyage extraordinaire. Bulletin de la Société Jules-Verne 102. 1991.
  • Revue Jules Verne 8, Un vingtième siècle d'images, Centre international Jules Verne, 1998.

Liens externes[modifier | modifier le code]