Musée Grévin

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Musée Grévin
Image illustrative de l'article Musée Grévin
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Paris
Adresse 10, boulevard Montmartre, 75009 Paris
Coordonnées 48° 52′ 18″ N 2° 20′ 32″ E / 48.87167, 2.34222 ()48° 52′ 18″ Nord 2° 20′ 32″ Est / 48.87167, 2.34222 ()  
Informations générales
Date d’inauguration 5 juin 1882
Collections reproductions en cire de personnages célèbres
Nombre d’œuvres 300 personnages de cire
Informations visiteurs
Nb. de visiteurs/an 800 000
Site web www.grevin-paris.com

Le musée Grévin est un musée de cire privé (propriété de Grévin & Cie, inauguré le 5 juin 1882, une filiale de la Compagnie des Alpes depuis sa privatisation) situé dans le IXe arrondissement de Paris, en France, et dans lequel sont regroupées des reproductions en cire de personnages célèbres. Font aussi partie de la visite du musée le théâtre Grévin (salle de spectacle) et le Palais des Mirages (attraction utilisant le principe de l'illusion d'optique). La salle de la Coupole et la salle des Colonnes possèdent de très beaux décors de style baroque datant de 1882.

Il ne compte pas moins de 300 personnages de cire allant de Albert Einstein au Mahatma Gandhi en passant par Michael Jackson ou Alfred Hitchcock. De nombreuses scènes de l'Histoire de France y sont reconstituées, comme la captivité de Louis XVI au Temple ou Jeanne d'Arc sur le bûcher. On y retrouve également les grands événements du XXe siècle avec le premier pas de l'Homme sur la Lune ou la chute du Mur de Berlin.

Régulièrement, de nouvelles personnalités font leur entrée au musée Grévin : la statue de Nicolas Sarkozy y est exposée depuis le 13 juillet 2006 et le basketteur français Tony Parker est entré au musée le 8 octobre 2006.

(M) Ce site est desservi par la station de métro Grands Boulevards.

Historique[modifier | modifier le code]

Origines des masques de cire en France[modifier | modifier le code]

Jusqu'au XVIIe siècle, il était commun après la mort d'une personnalité royale, d'exposer une représentation de son visage en cire. À partir de ce siècle, ce travail se développe et devient un art de Cour à part entière. Ainsi, le masque funéraire en cire du roi de France Louis XIV par Antoine Benoist est fameux. Celui-ci met même à la mode le « cabinet de cire », en créant une exposition présentant tout l'entourage direct de la reine Marie-Thérèse.

Les précédents parisiens et l'influence de Marie Tussaud[modifier | modifier le code]

Un siècle plus tard, vers 1770, le Bernois Curtius est invité à Paris par le prince de Conti, qui l'autorise à présenter au Palais-Royal l'exposition : « la famille royale au Grand couvert à Versailles ». Il est aidé par une jeune fille qu'il considère comme sa nièce et qui n'est autre que Marie Tussaud. Pendant la Révolution française, cette dernière moule ainsi les visages morts de Marat, Robespierre et du couple royal. Après la mort de son oncle et maître, elle déménage en 1795 à Londres, où elle établit en 1835 un célèbre musée de cire bientôt célèbre dans le monde entier (Madame Tussauds).

Au XIXe siècle, plusieurs musées de cire parisiens tenteront en vain de succéder durablement à Curtius et d'égaler le musée de Mme Tussaud. En 1865, le musée Hartkoff s'ouvre dans une salle du passage de l'Opéra. Il s'agissait d'un musée géologique, ethnologique, et anatomique dont les moulages avaient été réalisés par le professeur Schwartz de Stockholm[1].
Ouvert moins d'un an plus tard sur le boulevard des Capucines, le Musée français, œuvre du modeleur-anatomiste Jules Talrich, présentait quant à lui plusieurs statues de cire de personnages issus aussi bien de la littérature et de la mythologie que de l'Histoire. Il ferma cependant prématurément ses portes avant la fin de l'année 1867.

La naissance du musée Grévin[modifier | modifier le code]

Affiche de l'ouverture (Jules Chéret, 1882)

En 1881, Arthur Meyer, alors directeur du quotidien Le Gaulois, avait envie que ses lecteurs puissent « mettre un visage » sur les personnalités dont il était question dans son journal. À cette époque, la photographie n'était pas encore devenue la norme dans la presse.
Meyer décide alors de renouer avec un principe vieux de plus d'un siècle et se tourne vers le sculpteur, caricaturiste et créateur de costume de théâtre Alfred Grévin - qui avait réalisé des caricatures pour son journal - pour lui demander de créer les sculptures des personnalités qui font l'actualité.

Le 5 juin 1882, le musée Grévin ouvre ses portes et le succès est immédiat. En 1883, c'est au tour de Gabriel Thomas de s'intéresser au projet. Il est un grand financier à l'origine de la Société d’Exploitation de la tour Eiffel et du théâtre des Champs-Élysées. C'est lui qui met en place les structures financières qui permettent au musée de se développer jusqu'en 1999, date à laquelle son arrière-petit-fils Bernard Thomas cède le Musée Grévin au Groupe Parc Astérix suite à une OPA amicale. Gabriel Thomas a également beaucoup contribué à développer le cadre et les décors du musée. En mars 1886 Émile Voisin, marchand et constructeur d'appareils de magie est chargé de préparer les premières séances de prestidigitation dans le futur Cabinet Fantastique. Le 29 décembre 1886 le magicien Carmelli est chargé de diriger le Cabinet Fantastique. Le 27 avril 1887 le magicien Dicksonn est accepté pour seconder Emile Voisin dans l'élaboration des programmes de prestidigitation. En 1889 la direction traite directement avec Carmelli et en 1892 le cabinet fantastique cède la place aux Pantomimes lumineuses d'Emile Reynaud, ainsi a lieu la première projection en public d'un dessin animé sur grand écran Pauvre Pierrot, le 28 octobre 1892. Le Cabinet Fantastique présente chaque après-midi aux visiteurs du musée pendant leur visite des numéros de magie. De nombreux magiciens célèbres y ont fait leurs débuts comme Georges Méliès, ou en 1976, un magicien et musicien espagnol qui s'appelait Garcimore ou encore Gérard Majax et tant d’autres.

En 1984, le théâtre que va diriger 15 ans Véronique Berecz, ouvre ses portes le soir à une programmation quotidienne, one-man-show (Pierre Desproges, Yves Lecoq, Christophe Alévêque, Anne Roumanoff, Marc Jolivet, Laurent Ruquier, Tom Novembre, Chantal Ladesou…), concerts classiques produits par Philippe Maillard (Jordi Savall ou Philippe Jarousski…), pièces de théâtre s’y succèdent jusqu'à ce que le groupe Astérix devenu Grévin & Cie arrête cette activité de programmation théâtrale le 31 décembre 2000. Le théâtre Grévin est inscrit à l’inventaire supplémentaires des Monuments historiques[2] : le rideau de scène est une toile originale du peintre et affichiste Jules Chéret ; le haut-relief Les Nuées qui est au-dessus de scène est l'œuvre du sculpteur Antoine Bourdelle[3]. Il fait partie aujourd’hui du parcours de visite de Grévin et des personnages y sont représentés comme Charles Aznavour ou Cecilia Bartoli. Il peut se louer ponctuellement, sa jauge est de 217 fauteuils. Tout Grévin peut se réserver le soir pour des événements ponctuels pouvant accueillir de 30 à 300 invités.

Le parcours de visite[modifier | modifier le code]

Le public parcourt dans l'ordre les salles à thèmes suivantes :

  • le grand escalier de marbre
  • le palais des Mirages
  • la salle des cocktails
  • le théâtre du Tout-Paris
  • le Paris Grévin Magazine
  • le clichés du XXe siècle
  • l'Histoire de France
  • la boutique
  • la collection Grévin

Succursales[modifier | modifier le code]

Musée Grévin flottant[modifier | modifier le code]

Un musée Grévin flottant, dans une péniche, a sillonné les canaux du Nord de la France, de Belgique et des Pays-Bas de 1950 à 1958[4]. L'exploitation de la péniche du Muséé Grévin avait été confiée à une époque à Georges Loyal, celui qui fut le dernier vrai Monsieur Loyal du cirque Médrano. Il y travailla quelques années avec son épouse Paulette Loyal. Après le décès de son mari, Paulette travailla au service du personnel du musée Grévin de Paris jusqu'à son départ à la retraite en 1982. Elle fut un lien permanent entre le monde du Cirque et celui de la Magie.

Musées Grévin de province[modifier | modifier le code]

Des années 1970 à 1990, le musée Grévin a ouvert des succursales en province ; à Lourdes en 1974 (vendu en 1987), dans le château royal de Tours en 1984 (fermé en 2005), La Rochelle en 1989 (fermé en 2002), Dijon en 1990 (fermé en 1995), au Mont-Saint-Michel en 1991, Saint-Jean-de-Luz (fermé) et Salon-de-Provence en 1992. En 1999, le groupe Parc Astérix, suite à une OPA amicale achète le musée Grévin, le groupe s'appelle ensuite Grévin & Cie et petit à petit les licences de franchise ne sont pas renouvelées. Seuls subsistent les musées de Lourdes, du Mont-Saint-Michel et de Salon-de-Provence.

Musée Grévin du Forum des Halles[modifier | modifier le code]

En 1981 le Musée Grévin a ouvert le Musée Grévin du Forum des Halles, comportant 20 tableaux animés et sonorisés, 120 personnages, sur le thème de Paris à la Belle Époque. Le musée du Forum des Halles non rentable fermera ses portes en 1996.

Projet de filiales à travers le monde[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musée Grévin Montréal.

En mai 2010, le PDG de la Compagnie des Alpes, Dominique Marcel, annonce le projet de de développement de la marque Musée Grévin à l’international. Chaque implantation devrait représenter un investissement de 8 à 10 millions d'euros, mais la liste des villes susceptibles d'être choisies est gardée secrète. Elles se situent « en Europe, en Asie et au Canada ». L'objectif est d'atteindre au moins 800 000 visiteurs par an pour chaque implantation nouvelle[5]. Le projet est confirmé par la Compagnie des Alpes le 24 mai 2011[6].

Le 15 septembre 2011, est annoncé la création du Grévin Montréal au Canada. Le 17 avril 2013, ce parcours novateur et ses 120 personnages sont inaugurés en présence de Bernard Pivot mais aussi de Robert Charlebois, Véronic Dicaire, Julie Payette. Situé au cinquième niveau du Centre Eaton, Musée Grévin Montréal ouvre ses portes au public le 19 avril 2013.

Le 27 mars 2013, la Compagnie des Alpes annonce l'ouverture d'un deuxième Grévin à l'étranger. Ouvert le 1er mai 2014, il est situé république Tchèque, à Prague[7],[8],[9],[10].

Le groupe a l'intention d'ouvrir un musée de cire par an[11]. Pour 2015, deux autres sites sont à l'étude[12], dont Séoul[13]. En 2016, le groupe a l'intention d'ouvrir un musée hybride, en Suisse, à la gloire de Charlie Chaplin en mettant en valeur un espace entre scénographie et statues de cire[14].

L'Académie Grévin[modifier | modifier le code]

En 2011, est créée l'Académie Grévin. Présidée par Bernard Pivot, elle est composée de Daniela Lumbroso, Stéphane Bern, Laurent Boyer, Gérard Holtz, William Leymergie, Christine Orban, Jean-Pierre Foucault, Jacques Pessis, Henry-Jean Servat, Pierre Tchernia, Paul Wermus, Ève Ruggieri et Anne-Sophie Lapix. Les membres de cette académie se retrouvent deux fois par an pour élire les personnalités qui peuvent prétendre avoir leur personnage au musée.

Fabrication des personnages[modifier | modifier le code]

Plusieurs sculpteurs travaillent en permanence pour le musée. Les visages sont modelés en terre glaise ou plastiline suite à un premier rendez-vous avec la personnalité lors duquel de nombreuses mesures, photos, vidéos et images en 3D sont prises. Les corps sont également modelés en terre, les mains sont moulées sur nature. Plus de 15 artistes travaillent à la création d’un personnage : sculpteur, mouleur, peintres, implanteuse, costumière, prothésiste dentaire, prothésiste oculaire, accessoiristes, peintre décorateur…

Léopold Bernstamm, Alexandre Barbiéri ont été parmi les premiers sculpteurs attitrés du musée[15]. et Daniel Druet ont été des sculpteurs attitrés du musée.

Personnages[modifier | modifier le code]

Depuis 1882 le musée Grévin a fabriqué et exposé plus de 2 000 personnages de cire. Des personnages de cire et des décors sont régulièrement retirés et remplacés en fonction de l'actualité. Les plus anciens sont exposés depuis 1889 (figures de cire des "Tableaux de la Révolution française", en particulier le fameux tableau La Mort de Marat, qui a marqué plusieurs générations de visiteurs) ou, depuis 1900, (personnages créés pour un décor détruit en 2001 qui représentait avec 50 personnages "une soirée à la Malmaison" alors reconstituée minutieusement sous la direction du grand historien de Napoléon, Frédéric Masson). Certaines des figures de cire des tableaux sur le thème de l'histoire de France, intitulés " De Roland à Roncevaux à Napoléon III ", commencés en 1939 et terminés en 1960, comme certains rois de France (les autres datent de la rénovation de 2001), puis un parcours sur le cinéma en 1987 comme Boris Karloff, Charlie Chaplin et Alfred Hitchcock subsistent encore. Aujourd'hui le musée compte environ 300 figures de cire[16]. Le parcours historique, comme tout le musée Grévin fut entièrement transformé et restauré en 2001.

Les personnalités[modifier | modifier le code]

Voici les personnalités représentées au musée Grévin et qui sont toujours exposées :

Les personnages fictifs[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Fontaine, Alfred Grévin, de Tonnerre à Montmartre, Éditions de Bourgogne, 2007.
  • Vanessa Schwartz et Jean-Jacques Meusy, « Le Musée Grévin et le cinématographe : l’histoire d’une rencontre », 1895, no 11, décembre 1991, pp. 19-48.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Autour du Père Tanguy : le successeur de Curtius
  2. « Notice no PA00088993 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. Article « Émile Bourdelle » sur le site cheminsdememoire.gouv.fr, page consultée le 18 novembre 2009.".
  4. http://bordabord.org/news/la-peniche-du-musee-grevin
  5. http://www.lemonde.fr/culture/article/2010/05/31/le-musee-grevin-veut-conquerir-le-monde-avec-ses-figures-de-cire_1365717_3246.html
  6. http://www.businesstravel.fr/201105249060/newsflashes/newsflash/la-compagnie-des-alpes-veut-developper-les-musees-grevin-dans-le-monde.html
  7. Lucie Drechselová, « L’ouverture du musée Grévin à Prague prévue pour le 1er mai », sur Radio Prague,‎ 20 avril 2014 (consulté le 22 avril 2014)
  8. http://www.grevin-montreal.com/
  9. Un musée Grévin va ouvrir à Prague, Le Figaro, 27 mars 2013.
  10. « Un musée Grévin ouvrira ses portes à Prague », sur La Presse,‎ 27 mars 2013 (consulté le 3 septembre 2013)
  11. « Objectif : un musée Grévin par année dans le monde », sur La Presse,‎ 26 octobre 2012 (consulté le 3 septembre 2013)
  12. François Mayné, « L'activité des parcs de loisirs de la Compagnie des Alpes toujours en recul au troisième trimestre », sur newsparcs.com,‎ 1er septembre 2013 (consulté le 3 septembre 2013)
  13. « Le Musée Grévin bientôt à Séoul! », sur coreeaffaires.com,‎ 22 mars 2013 (consulté le 3 septembre 2013)
  14. Ouverture d'un musée en Suisse http://www.lefigaro.fr/societes/2014/02/15/20005-20140215ARTFIG00069-grevin-installera-un-musee-chaplin-en-suisse-pour-2016.php
  15. Catalogue-almanach du musée Grévin, 1891
  16. émission Le Plus Grand Musée du monde France 3 IDF du 23 février 2010

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]