Jean Clottes

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Jean Clottes (2008).

Jean Clottes, né en 1933 à Espéraza dans l'Aude, est un préhistorien français, spécialiste du Paléolithique supérieur et de l'art pariétal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il a fait ses études secondaires au lycée de Carcassonne de 1944 à 1950 et ses études supérieures à Toulouse. Après avoir été professeur d'anglais débutant au lycée de Foix[1], il entreprend des études de préhistoire. Sa thèse portera sur les dolmens du Lot. Docteur ès lettres et sciences humaines depuis 1975, il fut ensuite le directeur des Antiquités préhistoriques de la région Midi-Pyrénées (à partir du 1er janvier 1971). Ancien conservateur général du Patrimoine au ministère de la Culture où il fut conseiller scientifique reconnu sur l'art préhistorique.

Il est aussi président du Comité international des monuments et des sites (ICOMOS : International Comittee on Monuments and Sites) et responsable de l'étude scientifique de la grotte Chauvet et de la grotte Cosquer.

Théorie du chamanisme pariétal[modifier | modifier le code]

Il a réalisé un important travail pour essayer de comprendre le cadre conceptuel des peintures rupestres, que l’on peut relier au chamanisme. La parution d'un livre Les chamanes de la Préhistoire écrit en collaboration avec David Lewis-Williams (en) (grand spécialiste sud-africain de l'art des Bushmen San et qui est à l'origine de l'hypothèse du paléochamanisme) lui permet d'avancer plusieurs arguments allant dans le sens de la reconnaissance d'une société paléolithique axée sur la pratique des rites chamaniques : pratique du crachis notamment avec de l’oxyde de manganèse mélangé à du charbon de bois qui peut avoir les propriétés d’une drogue favorisant l’état de transe, main négative au pochoir qui se fond dans le roc pour aller dans l'univers des esprits et capter leur force et leur puissance, signes entoptiques (signes géométriques inorganisés : points, traits, zigzags, grilles[2]) caractéristiques du premier stade de transe, matérialisation des figures géométriques sous diverses formes (animaux, objets) lors du deuxième stade de transe[3]. L'ouvrage fut à la fois novateur et critiqué, amenant l'auteur à préciser ses vues en insistant sur le fait qu'il s'agit bien là d'une hypothèse scientifique étayée et non d'affirmations non fondées.

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Jean Clottes : « J'ai toujours été un Méridional » », sur ladepeche.fr,‎ 28 novembre 2010
  2. Pendant leurs visions, les chamanes réalisent des esquisses ou des dessins très simples mais ne sont pas en état de représenter avec beaucoup de détails de grands animaux qui ornent aussi bien les grandes salles des grottes que les « camarins », endroits exigus.
  3. O'Dy Sylvie, « Selon le préhistorien Jean Clottes, les peintures ornant les grottes sont le fait de prêtres magiciens en transe », sur L'Express,‎ 28 novembre 1996

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :