Bertrand Piccard

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Bertrand Piccard

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Bertrand Piccard en 1999

Naissance (56 ans)
Lausanne (Drapeau de la Suisse Suisse)
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Champs Psychiatrie, Aéronautique,

Bertrand Piccard, né le à Lausanne, est un psychiatre et aéronaute suisse, connu pour avoir réussi, avec le pilote britannique Brian Jones, à effectuer le premier tour du monde en ballon (du 1er au ) à bord du ballon Breitling Orbiter 3. Il est le fils de l'océanographe Jacques Piccard et le petit-fils du physicien Auguste Piccard.

Biographie[modifier | modifier le code]

Bertrand Piccard, en 1982.

Dans les années 1960, il vit en Floride où son père, Jacques Piccard, travaille pour le groupe Grumman à la réalisation du module lunaire du programme Apollo. Wernher von Braun, grand admirateur d'Auguste Piccard depuis son enfance et devenu ami de la famille Piccard, permet à Bertrand Piccard d'assister aux décollages des fusées Saturn V des missions Apollo 7 à 12.

En parallèle de ses études de médecine psychiatrique, il devient un pionnier du vol libre et ULM en Europe. Il s'essaie également au vol en parapente et en montgolfière. Il est sacré champion d'Europe de voltige en deltaplane (1985), et est vainqueur de la 1re course transatlantique en ballon (1992). Il est aussi lauréat du Prix Henri Deutsch de la Meurthe de l'Académie des sports en 1992, récompensant un fait sportif pouvant entraîner un progrès matériel, scientifique ou moral pour l’humanité.

Il est fils de l'océanographe Jacques Piccard, recordman mondial de plongée en sous-marin, avec Don Walsh – officier de la marine américaine, océanographe et professeur d'université (University of Southern California) –, et petit-fils d'Auguste Piccard, premier à atteindre la stratosphère à bord d'un ballon. Il est, tout comme son père Jacques Piccard, docteur honoris causa de l'Université catholique de Louvain depuis le 1er février 2008[1].

Il est le père de trois enfants avec celle qu'il a épousé, Michèle Piccard, et qu'il décrit comme sa « principale égérie ». Cette dernière participe d'ailleurs au service de communication de Solar Impulse[2].

Il a été fait chevalier de l'ordre de Saint-Charles par le prince Albert II de Monaco le 17 novembre 2012[3].

Première tentative de tour du monde[modifier | modifier le code]

En janvier 1997, Bertrand Piccard tente son premier tour du monde en ballon sans escale, à bord du Breitling Orbiter, une rozière comprenant une enveloppe d'air chaud entourant une autre poche de 15 000 m3 d'hélium, tentative qui se solde par un échec après 6 heures de vol seulement, suite à des fuites de kérosène dans la cabine. Cette fuite de carburant, très incommodante, contraint Piccard et son coéquipier Wim Verstraeten à laisser amerrir leur ballon en Méditerranée au large de Toulon, avec perte de l’enveloppe. Le décollage, déjà, avait failli mal se terminer, le ballon frôlant les peupliers près de la station-service de Château-d'Œx.

Deuxième tentative[modifier | modifier le code]

Une copie du Breitling Orbiter 3 dans le ciel de Château-d'Œx. La nacelle mesure 2,50 m de hauteur

Pour sa deuxième tentative, Piccard fait toujours équipe avec Wim Verstraeten mais s'adjoint les services d'un technicien du constructeur anglais Cameron, Andy Elson. Totalement libre de repartir à zéro et riche de sa première expérience, l’équipe décide de construire l'Orbiter II, un ballon plus grand (16 500 m3 d'hélium pour 53 m de hauteur), qui s’envole à nouveau de Château-d’Œx (Préalpes suisses), le . Après une fuite d'air à un hublot, acrobatiquement colmatée de l'extérieur par Andy Elson, et un test de pressurisation de la cabine en conditions réelles (à 11 000 m d'altitude et par –50 °C), ils poursuivent leur vol, mais le refus chinois d'autoriser la traversée du territoire sera finalement fatal aux espoirs des aéronautes.
Rabattus par un courant d’inversion, les aéronautes vont devoir contourner l'immense territoire chinois, par le sud, à très basse altitude et à 25 km/h, alors qu'un magnifique courant-jet soufflait à 270 km/h entre l’Iran et Pékin. À nouveau contraints de se poser, leur voyage s’est terminé après 10 jours, par un atterrissage en pleine campagne birmane, au milieu des paysans ébahis. Le Breitling Orbiter II n'aura pas fait le tour du monde, mais le trio bat le record de durée d'un engin volant, avec 9 jours 17 heures et 55 minutes pour 8 700 km parcourus.

Troisième tentative[modifier | modifier le code]

Bertrand Piccard et son équipe décident de faire une troisième tentative et obtiennent la fabrication du Breitling Orbiter III, un ballon encore plus grand (18 500 m3 d'hélium, 55 m), apte à tenir l’air pendant 3 semaines. Piccard décide aussi de changer de coéquipier : il engage tout d'abord Tony Brown, pilote de Concorde chez British Airways. Mais l'aspect relationnel étant très important, il propose finalement à un autre Anglais, Brian Jones, pilote à la Royal Air Force et aéronaute instructeur accompli, de l’accompagner.
Pour cette ultime tentative - car il n'y en aurait pas eu d'autre - le lourd réservoir de kérosène est remplacé par 32 bouteilles de gaz propane de 2,35 m de haut, plus aisées à manipuler. Décollage le 1er mars 1999 à 0805 GMT de Château-d'Oex (Suisse). Atterrissage le 21 mars à 5 heures 52 GMT, en plein désert égyptien, près de l'oasis de Dâkhla (70 000 habitants). Guidé par le météorologue Luc Trullemans[4], le tour du monde est finalement bouclé après avoir volé 19 jours 21 heures et 47 minutes (447 h et 47 min) sur une distance de 45 755 km.

Solar Impulse[modifier | modifier le code]

Affiche publicitaire pour une manifestation liée à Solar Impulse à l'EPFL de Lausanne. La personnalité de Piccard est bien mise en avant, puisqu'on y propose comme premier prix « une journée dans le ciel avec Bertrand Piccard ».

En 2003, Bertrand Piccard s'associe avec l'École polytechnique fédérale de Lausanne et le pilote André Borschberg et développe un projet d'avion solaire. À l'issu d'une conférence à ce sujet, il trouve son premier investisseur, premier d'une longue liste, Semper Gestion, société de gestion financière dirigée par Eric Freymond[5]. En 2004, son projet devient réalité : Solar Impulse, de circumnavigation en planeur solaire.

Après cinq essais depuis le lancement du projet, Solar Impulse réussit son premier vol international, de Payerne (Suisse) à Bruxelles, . Aux commandes du premier prototype, son coéquipier a parcouru 630 kilomètres, en 13 heures de vol, à environ 50 km/h de moyenne et à environ 6 000 pieds d'altitude[6].

Philatélie[modifier | modifier le code]

Trois jours après le tour du monde en ballon sans escale de Betrand Piccard, la Poste suisse a émis un timbre-poste[7] d'une valeur de 90 centimes suisse représentant l'Orbiter III en vol.
Ce timbre, vu la forte demande, arriva en rupture en une seule matinée[8],[9].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 1998 - Une trace dans le ciel, 176 pages, (broché 225 x 295 mm) Édition Oresol (France) - Imprimé en Suisse (ISBN 2-940242-00-3)
  • 1999 - Quand le vent souffle dans le sens de ton chemin, Édition La Nacelle, Genève - "Breitling Orbiter 1" Préface de Nicolas Hulot (ISBN 2-883-93010-4)
  • 1999 - Le tour du monde en 20 jours, Robert Laffont, juin 2000 - Sur les traces de Jules Verne, le récit d'une aventure extraordinaire, un rêve d'enfant devenu réalité (ISBN 2-221-09102-7)
  • 2005 - Une trace dans le ciel, 240 pages, Édition Favre S.A. - Lausanne - préface de Patrick Poivre d'Arvor - Imprimé en France (ISBN 2-8289-0881-X)
  • 2009 - À la conquête du ciel et des abysses, Auguste-Jacques-Bertrand Piccard, Édition Gallimard-Loisirs (ISBN 2-7424-2292-7)
  • 2010 - À la conquête du ciel et des abysses, Bertrand Piccard et André Borschberg, Édition Favre - Lausanne (ISBN 2-8289-1198-0)
  • 2010 - Solar impulse : HB-SIA, 174 pages, Bertrand Piccard et Jacques-Henri Addor, Édition Favre - Lausanne (ISBN 2-8289-1198-5)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]