Louis Claude de Saulces de Freycinet

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Louis de Freycinet

Louis Claude de Saulces de Freycinet, né à Montélimar le 8 août 1779 et mort au domaine de Freycinet à Saulce-sur-Rhône dans la Drôme le 18 août 1842, est un géologue et géographe français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il participe à l'expédition scientifique aux terres australes (1800-1803) dirigée par le commandant Baudin, en qualité de second du capitaine Hamelin sur le Naturaliste, qui rentre en France en 1802. Il rejoint l'expédition en 1803 à bord du Casuarina, goélette dont il a reçu le commandement. Mais le commandant Baudin meurt le 16 septembre 1803 à l'Île de France et le Casuarina est désarmé.

Il s'embarque avec son frère Henri, devenu commandant de l'expédition, à bord du Géographe, et ils rentrent en France en 1804, où il demande un congé. Il est affecté ensuite au dépôt des cartes et plans de la marine, où il achève la partie historique de l'ouvrage commencé sur le Naturaliste par François Péron, que son décès laissait inachevé, Voyage de découvertes aux terres australes 1800-1804.

En 1811, il est promu capitaine de frégate et, le 6 juin 1814, il épouse Rose Marie Pinon. Le 27 mai 1817, il reçoit la mission de diriger une expédition de circumnavigation « dans le but de déterminer la figure du globe, d'étudier le magnétisme terrestre et de recueillir tous les objets d'histoire naturelle qui pourraient contribuer à l'avancement de la science ».

Commandant l'Uranie, avec pour second Louis Isidore Duperrey, il lève l'ancre à Toulon le 17 septembre 1817, avec à son bord 126 hommes dont plusieurs savants, Jacques Arago, Charles Gaudichaud-Beaupré, le jardinier Antoine Guichenot, le médecin Jean René Constant Quoy[1], des jardiniers, des dessinateurs et un passager clandestin.

Ce passager clandestin, bientôt découvert, n'est autre que Rose, sa femme, vêtue comme un homme et qui ne reprendra ses vêtements féminins qu'après avoir passé Gibraltar. À bord, elle fait preuve d'un ascendant moral sur l'équipage, ne s'occupe jamais des travaux scientifiques mais égaye tout le monde par ses récitals de guitare. Les noms de Pointe Rose et d'Anse Rose ont été donnés à deux parties de la côte qui touchent le cap Freycinet en Australie ; le nom de Rose a été donné par son mari à une île découverte le 21 octobre 1819 à l'est de l'archipel des Navigateurs (Samoa)[1] : « Je l'appelai l'île Rose, du nom d'une personne qui m'est extrêmement chère », écrit-il dans le livre de bord. Quant à Rose, elle écrit : « C'en est donc fait, voilà mon nom attaché à un petit coin du globe ; bien petit, en effet, car les envieux ne lui accorderont peut-être que le nom d'îlot. »

Baptême d'indigènes à bord de l'Uranie dans l'archipel d'Hawaï en 1819

Le voyage de Louis de Freycinet est un succès scientifique. Il fait des expériences au Cap, à l'île Maurice, à Timor, en Nouvelle-Guinée, aux îles Mariannes et Archipel d'Hawaï (îles Sandwich), détermine en 1819 la position des îles du Danger (i.e l'atoll de Pukapuka aux îles Cook), fait escale à Sydney où il se livre à d'importantes études sur le magnétisme et la pesanteur. Il recueille de nombreux renseignements de géographie, d'ethnographie, de physique et de botanique. Retournant en France par le cap Horn, l'Uranie, poussée par un coup de vent soudain, est projetée sur une roche sous-marine, non inscrite sur les cartes imprécises de l'époque, le 14 février 1820, auprès des îles Malouines. Freycinet sauve cependant, non seulement l'équipage, mais aussi une partie importante des travaux scientifiques, « malgré la perte de dix-huit caisses dans le naufrage[2] ».

Après deux mois d'attente, il est secouru par un trois-mats baleinier américain, le Mercury, qui les transporte jusqu’à Montevideo. Après de longues tractations, Freycinet rachète le navire qu’il rebaptise la Physicienne. Le bateau lève l'ancre le 7 juin, remonte à Rio de Janeiro où elle reste de nouveau près de 3 mois et atteint Le Havre le 13 novembre 1820 : la longue expédition n’a connu que 7 pertes humaines et 38 désertions[1].

Élu membre de l'Académie des sciences en 1825, il participe à la création de la Société de géographie.

Louis de Freycinet est le frère du baron Henri de Freycinet.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Voyage de découvertes aux terres australes, exécuté sur les corvettes le Géographe, le Naturaliste et la goëlette le Casuarina, pendant les années 1800, 1801, 1802, 1803 et 1804, avec François Péron (3 volumes, 1807-1816) [PDF]Illustrations en ligne
  • Voyage autour du monde exécuté sur les corvettes de S. M. l'Uranie et la Physicienne pendant les années 1817, 1818, 1819 et 1820 (4 volumes, 1825-1844) [PDF]Texte en ligne 1 2 3 4
  • On lui attribue erronément: Essai sur la vie, les opinions et les ouvrages de Barthélemy Faujas de Saint-Fond (1820) [PDF]Texte en ligne, c'est une faute évidente, car si cet ouvrage est bien d'un Louis de Freycinet, il s'agit de son père (Voir Brun-Durand). De plus, il n’était pas en condition de publier en 1820, car il avait fait naufrage aux Malouines et il était de l'autre côté du monde entre 1817 et 1820.

Postérité[modifier | modifier le code]

  • Une rue de Paris porte son nom.
  • le Freycinet Park dans la péninsule de Freycinet au centre-est de la Tasmanie, avec de nombreux points de carte portant le nom de marins de l'expédition Baudin et d'autres.

Des recherches sont toujours en cours pour retrouver l'emplacement d'un jardin potager entretenu à chaque passage d'expéditions françaises ou les équipages pouvaient trouver les légumes laissés par les précédents travaux.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Valode, Les grands explorateurs français de Jacques Cartier à nos jours, L'Archipel, 2008 (ISBN 978-2-8098-0108-8), pp.100-101
  • Louis Mainard, Drôme, Paris, Éd. Curel, Cougis & Cie, coll. « Galerie Française »,‎ 1894, 72 p.
    pages 37 à 44

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Françoise Thibaut, « Qui est Quoy ? Naturaliste, médecin de la marine à voile, et correspondant des académies trop méconnu ! », Canal Académie, 2 décembre 2012
  2. "Rapport fait à l'Académie Royale des sciences...", Voyage autour du Monde, Historique, t. 1, p.  XXIV.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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