Doullens

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Doullens
L'hôtel-de-ville de Doullens.
L'hôtel-de-ville de Doullens.
Blason de Doullens
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Somme
Arrondissement Amiens
Canton Doullens
Intercommunalité Communauté de communes du Doullennais
Maire
Mandat
Christian Vlaeminck
2014-2020
Code postal 80600
Code commune 80253
Démographie
Gentilé Doullennais
Population
municipale
6 689 hab. (2011)
Densité 200 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 09′ 27″ N 2° 20′ 29″ E / 50.1575, 2.3413888888950° 09′ 27″ Nord 2° 20′ 29″ Est / 50.1575, 2.34138888889  
Altitude Min. 52 m – Max. 152 m
Superficie 33,4 km2
Localisation

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Liens
Site web mairie-doullens.fr/

Doullens (prononcé [ulɑ̃ ][1]) (parfois aussi Dourlens dans les documents anciens[2]) est une commune française, située dans le département de la Somme en région Picardie. Doullens a abrité, jusqu'en 2006, la Base aérienne 922, support de la station radar de Lucheux.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Doullens est située au nord de la Somme, près du département du Pas-de-Calais. À vol d'oiseau, elle est distante de 27,9 km d'Albert[3], de 33,6 km d'Arras[4] et de 29,3 km d'Amiens[5], la préfecture de région.

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

La superficie de la commune est de 3 340 hectares ; son altitude varie entre 52 et 152 mètres[6].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La commune est arrosée par l'Authie et par la grouche.

Climat[modifier | modifier le code]

Doullens bénéficie d'un ensoleillement « médium » pour la région Picardie, la température moyenne l'été se situe dans la fourchette 19-25 °C pour les maximales, l'hiver rarement au-delà de -10 °C même s'il arrive pour quelques jours d'atteindre les -20 °C, exceptionnellement. La situation en cuvette provoque quelques brouillards matinaux aux inter saisons[Quoi ?] et en cas de pluie en période de chaleur.

Voies de communication et de transports[modifier | modifier le code]

Voies routières[modifier | modifier le code]

Doullens est pratiquement à mi-chemin à l'intersection des axes :

Voies ferrées[modifier | modifier le code]

La gare de Doullens, vue au début du XXe siècle
Elle sera transformée fin 2009 en galerie commerciale, avec une dizaine d'enseignes, soit environ 6 000 m² de boutiques et un parking[7],[8]

Doullens a été reliée par le chemin de fer :

Doullens est aujourd'hui une gare en impasse, qui a perdu son rôle de nœud ferroviaire secondaire à partir des années 1950 (les lignes Doullens - Frévent et Doullens - Arras ont été déposées).

La ligne Amiens - Canaples - Doullens - Frévent n'est plus exploitée, après un maintien en trafic fret uniquement.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

Panorama partiel avec silhouette de l'église Notre-Dame (vue depuis la Citadelle)

Doullens, qui fait partie des communes de la Somme de plus de 5 000 habitants, est à la fois rurale et urbaine. La zone habitée, plutôt centrée sur la ville, est traversé par la RN25.

Logement[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le lieu est attesté sous les formes Donincum en 931[10],[11], Dorlens en 1075, Dourlens en 1100, Dourleng en 1147, Dollendum en 1195, Durlenz au XIIe siècle, Dorlenc en 1238, Dorlans en 1260[12]. Les formes Durlendo, Dullendio, latinisations plus tardives, sont peu fiables. (Dorland en flamand).

Le chanoine François Falc'hun propose une origine celtique : le mot dol (dolen) se traduisant en français par « méandre ». Avant le détournement de la Grouches en 1950, la langue de terre était enserrée dans un méandre de rivière[13], explication qui ne tient pas compte des formes les plus anciennes, toutes régulières, en Dorl- / Durl-. L'élément Dol- est juste attesté par des mentions latinisées isolées et tardives.

Albert Dauzat et Charles Rostaing ne se basent que sur la forme la plus ancienne de 931 et considèrent que le second élément est le suffixe gaulois -inco-, souvent confondu par la suite avec le suffixe -ing-os, d'origine germanique -ing(en), qui est à l'origine de la plupart des finales -ans / -ens de la toponymie française. Le premier élément serait le nom de personne gaulois Donnos[14]. Cependant, cette forme précoce n'est pas confortée par les formes postérieures. En effet, il est difficile d'admettre l'évolution phonétique de Donincum en Dorlens / Dourleng en une centaine d'année. En tout cas, le suffixe -eng de 1147 est sans doute lié à l'attraction du suffixe germanique -ing(en).

Ernest Nègre suggère, quant-à-lui, un nom de personne germanique Thorellus, suivi du suffixe -ing-os de même origine[15].

En tout cas, la forme Doullens actuelle s'explique très bien par un cheminement phonétique régulier de *DURLINGOS > Dorlens (o note ou [u] en ancien français), à la forme actuelle Doullens (assimilation de [r] à [l])

Histoire[modifier | modifier le code]

Chronologie[modifier | modifier le code]

La ville est réunie à la Couronne en 1225. Place forte importante, Doullens est brûlée par Louis XI pour la punir de s'être ouvertement mise du côté de Charles le Téméraire.

  • août 1837 : Victor Hugo, arrivé en soirée, passe la nuit du 12 au 13 « Au Grand Turc », puis quitte la ville après avoir visité la citadelle pour continuer son voyage touristique vers Arras.
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  • 1918 : Le 26 mars, le Commandement Unique des forces alliées sur le front occidental est confié au général Foch. La signature a lieu dans une salle de l'hôtel-de-ville qui porte aujourd'hui ce nom. Le signataire représentant le gouvernement français était Georges Clemenceau, en tant que Président du Conseil.
Le porche de l'ancienne sous-préfecture, avec sa grille en fer forgé comportant les initiales de la République Française.
  • 1935 : À la suite de l'implication des commerçants créant le Syndicat d'initiative, est fabriqué pour la Semaine commerciale un géant en osier de 6 mètres de haut. Le personnage représenté est connu localement depuis une dizaine d'années : « Florimond Long Minton », héros d'une série de contes écrits par l'imprimeur-éditeur de la ville, Charles Dessaint. Exhibé pour la première fois le 10 novembre 1935, il fera la joie des petits et des grands jusque dans les années 1940, dans bon nombre de localités du département.
Doullens, comme d'autres villes françaises, connaît (dans les 5 années précédant immédiatement la Seconde Guerre mondiale) une effervescence culturelle populaire, qui n'est pas sans être en relation avec le bouillonnement politique de l'époque, le Front Populaire.
  • 1937 : La ville fête avec un certain faste le 5e Centenaire des Archers de Doullens[20]. Une grande partie de la population participe à l'animation musicale et costumée : parades, défilés, etc. dont la mise en place est sous le « patronage » de Léo Lagrange, sous-secrétaire d'État de l'Organisation des Loisirs et des Sports, qualifié à l'époque, dans la presse nationale, par les opposants de droite et d'extrême-droite de « ministre de la paresse ». Cette fête se déroule les 19 et 20 juin 1937, juste la veille de la démission de Léon Blum.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Le nombre d'habitants étant compris entre 5000 et 9999 au dernier recensement, le nombre de membres du conseil municipal est de 29[21].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[22]
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
février 1934 juillet 1940 Henri Margry   propriétaire, chevalier de la légion d'honneur
1940 1941 Edouard Tempez    
1941 1944 Kléber Mopty    
septembre 1944 1944 Jules Ponthieu    
1944 1945 Deneuville    
1945 1967 Kléber Mopty radical  
1967 octobre 1995 Jacques Mossion U.D.F.-C.D.S. géomètre,
conseiller général, conseiller régional, sénateur
octobre 1995 mars 2001 Jean-Michel Thievet RPR  
mars 2001 en cours
(au 6 mai 2014)
Christian Vlaeminck DVD puis UDI Conseiller Général du Canton de Doullens depuis mars 1992
Réélu pour le mandat 2014-2020[23], [24]

Instances judiciaires et administratives[modifier | modifier le code]

Le palais de justice

Doullens disposait d'un tribunal d'instance, et d'un tribunal paritaire des baux ruraux fermés le 31 décembre 2009, pour être regroupés avec ceux d'Amiens. Avant la réforme de 1958, Doullens possédait même un tribunal de grande instance, regroupé avec celui d'Amiens. La ville comptait trois avoués plaidants.

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

Doullens bénéficie du label « ville fleurie » avec trois fleurs attribuées par le Conseil national des villes et villages fleuris de France au concours des villes et villages fleuris[25].

Concernant l'éco-développement durable (matériaux de construction écologiques et économiques), des artisans professionnels accompagnent la mise en place de l'habitat d'aujourd'hui[26].

Jumelages[modifier | modifier le code]

En 2009, la ville de Doullens est jumelée avec :

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 6 689 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
3 000 2 946 3 457 3 504 3 703 3 912 4 294 4 382 4 357
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
4 527 4 930 4 706 4 749 4 810 4 647 4 378 4 631 4 575
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
5 253 5 927 6 075 5 804 5 699 5 705 5 770 5 404 6 169
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
6 321 7 119 7 495 7 054 6 615 6 279 6 283 6 252 6 569
2011 - - - - - - - -
6 689 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[28] puis Insee à partir de 2004[29].)
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La pyramide des âges en 2006[30] :

Pyramide des âges en 2006 en nombre d'individus.
Hommes Classe d’âge Femmes
82 
80 à plus
256 
362 
65 à 79
532 
299 
55 à 64
325 
580 
40 à 54
605 
618 
25 à 39
606 
284 
18 à 24
343 
279 
11 à 17
271 
167 
6 à 10
151 
126 
3 à 5
118 
122 
0 à 3
125 

Enseignement[modifier | modifier le code]

Doullens est située dans l'Académie d'Amiens.

Enseignement public

Enseignement secondaire

  • Collège Jean-Rostand: le département finance le fonctionnement et l'équipement le collège Jean-Rostand[33]
  • Lycée de l'Authie: la région Picardie finance le fonctionnement et l'équipement du lycée de l'Authie[33].

Enseignement privé

  • Il existe également deux établissements privés : l'école Sainte Jeanne-d'Arc (école maternelle[31] et école primaire[32]) et l'école Montalembert (collège et lycée)[33],[34].

L'école Sainte Jeanne-d'Arc Cet établissement a pris la suite du pensionnat des Dames de Louvancourt qui fut supprimé avec la loi de séparation des Églises et de l'État en 1905. Sainte Jeanne-d'Arc fut un établissement pour jeunes filles, tenu par les religieuses de la sainte famille, où il était possible d'aller jusqu'à la 3e. Lors du passage à la mixité, l'établissement a fusionné avec le collège Montalembert, qui accueille désormais le collège et lycée, et Sainte Jeanne-d'Arc les écoles maternelles et primaires.

Le collège Montalembert: Cet établissement a pris la suite de l'école fondée par Auguste Lecocq qui avait également fondé la banque de Doullens, dite « Banque Lecocq ». L'établissement s'est appelé pendant de nombreuses années École Moderne. Il fut créé à la suite de la loi de séparation des Églises et de l'État en 1905, avec pour but de maintenir un établissement catholique sur Doullens. L'enseignement y était donc donné par des laïcs. Mais le clergé fut toujours présent au côté des enseignants. C'était une institution pour garçons qui appliquait les méthodes éducatives des frères des écoles chrétiennes. Aujourd'hui, l'établissement est mixte. En 2008, le taux de réussite au bac a été de 95 % et le taux d'accès seconde → bac de 34 %. Ce qui place cet établissement au 10e rang des lycées de la Somme[35]. En septembre 2009, Montalembert a vu Françoise Bellettre prendre sa retraite. Directrice depuis 1997, elle avait été précédée de Philippe Berthelot,de l'abbé Bray, de l'abbé Durand et de l'abbé Malgras[36].

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Santé[modifier | modifier le code]

Le centre hospitalier de Doullens, situé rue de Routequeue, dispose de services de médecine, chirurgie, endoscopie, chirurgie-anesthésie ambulatoire, gynéco-obstétrique, d'une unité de surveillance continue, d'un service d'urgences, de soins de suite et de réadaptation fonctionnelle et d'une unité de soins longue durée[37].

Sports[modifier | modifier le code]

Parcours sportif autour de la Citadelle

Le pourtour extérieur de la Citadelle (au Sud de la ville), le long des murailles, est aménagé en parcours sportif.

La compagnie de tir à l'arc, Les Francs Archers, a été fondée en 1437. C'est la doyenne des associations doullennaises et certainement une des plus anciennes compagnies d'arc de France[38].

Cultes[modifier | modifier le code]

Les Doulennais disposent d'un lieu de culte catholique : la commune relève de la paroisse Saint-Pierre-en-Doullennais du diocèse d'Amiens[39] et dispose à Doullens de l'église Notre-Dame[40]. Il existait un temple protestant, lié à l'Église réformée de France : installé le 15 août 1876, il a été fermé le 22 avril 1964[41] ; quant au autres cultes, il n'y a pas ni lieu de culte musulman[42] ni lieu de culte israélite à Doullens.

Médias[modifier | modifier le code]

Maurice Quincampoix fonde le premier hebdomadaire de Doullens La Feuille de Doullens en 1825, le tirage est limité à 25 exemplaires en 1844. En 1846, M.Vion, gendre de Maurice Quincampoix remplace La Feuille de Doullens par L'Authie. Après avoir changé plusieurs fois de mains, le journal est racheté par Arthur Lenglet fin juillet 1927. Une interruption de la parution a lieu de 1944 à 1952. La diffusion redémarre sous le titre de L'Authie Journal.

En 1957, Arthur Lenglet meurt, son fils Jehan lui succède. En 1962, le journal s'arrête car Jehan Lenglet, gravement malade, ne peut plus assumer la charge de travail. L'Authie Journal prend fin après que son épouse Marie-Denise, et sa sœur Suzanne, ont tenté durant quelques semaines de continuer la publication. Le cumul de la gestion d'une imprimerie et d'un journal fut trop lourd pour les deux femmes.

Des années 1944 aux années 1980, les Doullennais pouvaient également lire le Journal de Doullens dont la parution était hebdomadaire . Il appartenait à la famille Dessaint, et était dirigé par René Dessaint. "Le Journal de Doullens" avait pris la suite du "Petit Doulennais".

Joseph Dessaint créa le journal Le Petit Doullennais le 2 décembre 1888. Il sera très vite repris par son frère Charles, créateur du personnage de Florimon (géant de la ville de Doullens).Il est le père de René Dessaint, et il dirigera Le Petit Doulennais jusqu'à sa mort durant la Seconde Guerre mondiale.

Il existait une opposition entre les deux journaux doullennais. Celle-ci a atteint son apogée durant la période où L'Authie était dirigé par Arthur Lenglet, et Le Petit Doullenais par Charles Dessaint. Les deux hommes se connaissaient bien car ils étaient cousins par alliance et avaient travaillé ensemble dans le passé[43].

Économie[modifier | modifier le code]

Revenus de la population et fiscalité[modifier | modifier le code]

Le revenu fiscal médian par ménage était en 2006 de 13 409 €, ce qui place Doullens au 27 279e rang parmi les 30 687 communes de plus de 50 ménages en métropole[44].

Emploi[modifier | modifier le code]

Doullens dispose d'une antenne de Pôle emploi qui regroupe 18 agents (direction, administratifs, conseillers emploi et indemnisation[45].

Entreprises et commerces[modifier | modifier le code]

L'activité locale, dynamisée par un relatif éloignement de la métropole régionale, propose aux habitants et à ceux des communes rurales voisines, un ensemble de commerces de proximité et de surfaces commerciales moyennes d'enseignes nationales.

Le tissu artisanal local, assez dense, associe pratiquement tous les services utiles à l'habitat et la vie quotidienne.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Citadelle[modifier | modifier le code]

La citadelle

Cette citadelle fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 17 juillet 1978[46]. À la périphérie sud de la localité, à droite de la RN 25 en direction d'Amiens, se cache dans la végétation et les talus l'imposante citadelle « en étoile », ordonnée par Jean Errard de Bar-le-Duc, plutôt que par Vauban. C'est le monument le plus riche architecturalement et le plus imposant de la ville.

Construite sous François Ier par De Castello (1530) et rénovée par Jean Errard de Bar-le-Duc (né en 1554, décédé en 1610)[47], la citadelle se révèle être l'une des toutes premières citadelles de France. Elle fut habitée durant 500 ans et servit à la détention, entre autres, d'Auguste Blanqui, d'Armand Barbès et de François-Vincent Raspail. Elle abrita dans les années 1950 une prison pour femmes. La citadelle servit de décor à au moins un film, dont l'héroïne séjourna à la prison des femmes et s'en évada le 19 avril 1957 en brisant un os du pied : l'astragale. Il s'agit de L'Astragale, film réalisé en 1968 avec Marlène Jobert pour actrice principale, inspiré du roman éponyme d'Albertine Sarrazin, romancière qui séjourna dans cette prison-école. De même, des scènes du documentaire Searching for Norman: A Grandson's Journey[48] de Luke Taylor ont été tournées à Doullens[49] en 2004.

Ancienne maison communale - Beffroi[modifier | modifier le code]

Plaque au rez-de-chaussée du beffroi
Le beffroi

En 1202, Doullens obtient sa première charte communale. Datant de 1275, la « tour de Beauval » est acquise par la commune en 1363 pour en faire son beffroi. Supprimé en 1781, le beffroi voit les Doullennais murer ses fenêtres en 1791[50].

Cette ancienne maison communale fait l’objet d’une inscription partielle (façade et couverture sur rue, tour et beffroi en charpente)  Inscrit MH (1966) au titre des monuments historiques depuis le 19 mai 1966[51] et un classement  Patrimoine mondial (2005). La salle qui est au rez-de-chaussée du beffroi de Doullens date du XVe siècle.

Église Notre-Dame[modifier | modifier le code]

L'église Notre-Dame

Ancienne église Saint Martin, elle a été rebaptisée Notre-Dame en souvenir d'une ancienne église située sur la place Eugène Andrieu, à l'emplacement de l'ancienne caisse d'épargne.

Église Saint-Pierre[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Pierre

L'ancienne église Saint-Pierre fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 4 septembre 1924[52]. L'église Saint-Pierre a été construite au XIIIe siècle, le chœur et le clocher ont été reconstruits.

Hôtel de ville, salle du commandement unique[modifier | modifier le code]

L'hôtel de ville a été construit en 1898 par l'architecte Anatole Bienaimé, à l'emplacement de l'ancienne abbaye Saint Michel. La grande salle du premier étage est célèbre pour avoir accueilli, le 26 mars 1918, la réunion tenue par l'État-Major allié qui confia le commandement unique au général Foch. Cette salle a été réaménagée en 1937-1938 : vitrail commémoratif conçu par G. Ansart en 1937 et réalisé par le maître verrier Gaudin, deux toiles commémorant l'événement exécutées par le peintre Jonas (1936-1938), bronzes de Sicard représentant Clemenceau et Lord Milner (1918). Cette salle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 23 mars 1998[53].

Musée Lombart[modifier | modifier le code]

Le musée Lombart est situé à Doulens, rue du Musée. Il fut inauguré en 1908 en présence de nombreuses personnalités dont le maréchal Joffre, le ministre de l'agriculture Joseph Ruau et Étienne Dujardin-Beaumetz, sous-secrétaire d'État aux beaux-arts. Les collections qu'il renferme furent offertes par Jules François Lombart, industriel directeur de la société des Chocolats Lombart. Le bâtiment, érigé grâce à la générosité de Jules François Lombart, intègre dans ses murs l'ancienne chapelle de Louvencourt. Par ces dons, celui-ci, sans héritier, voulait rendre hommage à ses parents originaires de Doullens, son père Adolphe Lombart était menuisier et le musée présente divers meubles créés par lui. Jules François Lombart était lié au peintre Alphonse Monchablon et ainsi plusieurs portraits de la famille Lombart font partie des collections du musée, comme autre peintre du XIXe siècle on mentionnera les frères Bail, dont Joseph est plus connu que son frère Franck. Proche de Chardin dans sa vision de l'intimité domestique, un tableau attribué à ce maître de la nature morte française pourrait être une préfiguration de l'art de Joseph Bail, cependant cette œuvre: Fruits et coquillages, est plutôt d'un peintre de l'école hollandaise du XVIIe siècle, comme Willem Kalf.

Sites industriels[modifier | modifier le code]

Plusieurs bâtiments industriels doullennais ont été inventoriés à l'inventaire général du patrimoine culturel de la France :

  • la filature de jute dite filature corderie Saint-Frères, puis coopérative agricole La Doullennaise, construite en 1902 et située rue des neuf moulins[54] ;
  • la filature-tissage (Filature de Jute, Tissage de Jute) dite Filature Th. Sueur Fils et Cie, puis Tissage Th. Sueur Fils et Cie, construite en 1897-1898 et située 1 route d'Abbeville[55] ;
  • le moulin, filature de coton édifiée par Scipion Mourgue, dite filature Vve Bocking Sydenham, puis Sydenham Frères, puis Sydenham et Cie, puis Thiriez père et fils et Cartier Bresson, puis Dollfus Mieg et Cie, actuellement usine de produits chimiques Acia, construit en 1820, agrandi dans les années 1890 et situé rue de Rouval[56] ;
  • l'usine de papeterie Darras, puis Horne, puis Ball et Horne, puis Maisonneuve, puis Soustre Frères, puis la Rochette Cenpa, puis usine de ferblanterie Coltel, construite au milieu du XIXe et remodelée au milieu du XXe, sise rue du Fossé-Salvignac à Saint-Sulpice-les-Doullens[57].

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

Équipements culturels[modifier | modifier le code]

Parmi les activités répertoriées par le site municipal[58], on peut citer l'orchestre à Vent de Doullens, composé de 80 musiciens ; il est classé en division Prestige, plus haut niveau amateur de la confédération musicale de France[59].

Les géants du Nord[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Florimond Long Minton.

Si la ville tente de renouer avec son passé historique de ville frontalière (association visant à la préservation du site de la citadelle et organisant des visites), elle a relancé à la mi-mars 2007 une animation urbaine de parade du géant local, Florimond Long Minton, tombée en désuétude. À cette fin, et puisque les deux exemplaires antérieurs (structure rigide en osier) furent successivement détruits par la guerre (bombardement de 1944) et le temps, une troisième version (gigantesque marionnette articulée) fut créée[60],[61].

La renaissance et le « baptême civil » du géant à casquette et moustache fut l'occasion d'accueillir et d'admirer quatre autres géants voisins, Colas et André (d'Arras), Gambrinus (de Béthune) et Margot-la-Fileuse (de Loos).

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Sépulture Dusevel au cimetière de Doullens
Sépulture Mossion au cimetière de Doullens

Héraldique, logotype et devise[modifier | modifier le code]

Armes de Doullens

Elles peuvent se blasonner ainsi aujourd’hui : D'azur semé de fleurs de lys d'or à l'écusson d'argent chargé d'une croix de gueules brochant sur le tout en cœur.

La devise de la ville est : Infinita decus lilia mihi prestant

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • M. Delgove, curé de Long, Histoire de la ville de Doullens, Amiens, Mémoires de la société des antiquaires de Picardie,‎ 1865, 531 p.
  • André Guerville, La mémoire de Doullens : préface de Jacques Mossion, sénateur-maire, Paillart,‎ 1987
  • Georges Durand, L'église saint-Pierre de Doullens, Amiens, Société des antiquaires de Picardie, A. Douillet et Cie,‎ 1887, 20 p.
  • Antoine-Joseph Warmé, Histoire de la ville de Doullens et des localités voisines, Doullens, Grousilliat (Doullens), réédité éditions de la Vague-verte en 2003 et chez Lorisse en décembre 2004,‎ 1863, 560 p. (ISBN 2-87760-453-5)
  • Hyacinthe Dusevel, L'Église Saint-Martin de Doullens depuis la fin du XVe siècle jusqu'à nos jours, Amiens, Lenoël-Hérouart,‎ 1866
  • Alexandre-Charles-Arthur de Marsy, La Prise de Doullens, par les Espagnols en 1595 : Pièces contemporaines publiées et annotées
  • René Debrie, Toponymie de Doullens, Amiens, Éklitra,‎ 1983, 99 p.
  • Jean-Pierre Ducellier, Chronique d'un bombardement, Doullens, 5 juillet 1944 : La guerre aérienne dans le Nord de la France, F. Paillart,‎ 1995, 516 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Peeters, Louvain-la-Neuve, 1994, p. 104.
  2. Cf. Philippe Le Bas, dictionnaire encyclopédique de la France, vol. VI,‎ 1846 (lire en ligne), p. 638 ; et Louis-François Flutre, « Doullens », Revue Internationale d'Onomastique,‎ 1973 cité par André Guerville, La mémoire de Doullens, éd. Paillard,‎ 1987, 324 p..
  3. « Orthodromie entre "Doullens" et "Albert" », sur le site lion1906 de Lionel Delvarre (consulté le 15 décembre 2013).
  4. « Orthodromie entre "Doullens" et "Arras" », sur le site lion1906 de Lionel Delvarre (consulté le 15 décembre 2013).
  5. « Orthodromie entre "Doullens" et "Amiens" », sur le site lion1906 de Lionel Delvarre (consulté le 15 décembre 2013).
  6. Institut national de l'information géographique et forestière, Répertoire géographique des communes, [lire en ligne].
  7. « Somme Centre commercial à la gare de Doullens », Le Moniteur des travaux publics et du bâtiment, no 5453,‎ 30 mai 2008, p. 39 (lire en ligne)
  8. « Pour que Doullens soit un espace de vie de qualité », La Voix du Nord,‎ 16 janvier 2009 (lire en ligne)
  9. a, b et c Blaise Pichon, « La ligne Doullens - Frévent »,‎ 2005 (consulté le 15 juillet 2009)
  10. Hermann Gröhler
  11. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, rééditions Guénégaud 1979, p. 252b.
  12. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France (lire en ligne)
  13. « Origine du nom de Doullens », sur mairie de Doullens (consulté le 7 juillet 2009)
  14. Albert Dauzat et Charles Rostaing, op. cit.
  15. Ernest Nègre, op. cit.
  16. Pierre Miquel, Les Guerres de religion, Paris, Club France Loisirs, 1980 (ISBN 2-7242-0785-8) p 394
  17. Collection des mémoires relatifs à l'histoire de France, page 50, de Claude Bernard Petitot et Alexandre Petitot
  18. Bulletin historique trimestriel, de la Société des antiquaires de la Morinie, page 357
  19. [1]
  20. L'identité des participants et figurants à ces « tableaux vivants » a pu être retrouvée, grâce à un petit fascicule, le « programme » édité pour l'occasion.
  21. art L. 2121-2 du code général des collectivités territoriales.
  22. Liste des maires des chefs-lieux d'arrondissements, archives départementales, Amiens
  23. « Liste des maires de la Somme », sur Préfecture de la région Picardie,‎ 15 juin 2009 (consulté le 7 juillet 2009)
  24. « Liste des maires de la Somme » [PDF], Liste des élus du département de la Somme, Préfecture de la Somme,‎ 6 mai 2014 (consulté le 9 juin 2014)
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  28. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  29. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011
  30. « Recensement en 2006 - Population totale par sexe et âge », sur INSEE (consulté le 7 juillet 2009)
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  50. Le Courrier picard, édition d'Abbeville, 21 janvier 2013, p. 19
  51. « Ancienne maison communale », base Mérimée, ministère français de la Culture
  52. « Ancienne église Saint-Pierre », base Mérimée, ministère français de la Culture
  53. « Salle du Commandement unique en l'hôtel de ville », base Mérimée, ministère français de la Culture
  54. « Filature de jute dite Filature corderie Saint-Frères, puis coopérative agricole La Doullennaise », base Mérimée, ministère français de la Culture
  55. « Filature et Tissage de Jute dite Filature Th. Sueur Fils et Cie, puis Tissage Th. Sueur Fils et Cie », base Mérimée, ministère français de la Culture
  56. « Moulin, filature de coton dite filature Vve Bocking Sydenham, puis Sydenham Frères, puis Sydenham et Cie, puis Thiriez père et fils et Cartier Bresson, puis Dollfus Mieg et Cie ; actuellement usine de produits chimiques Acia », base Mérimée, ministère français de la Culture
  57. « Usine de papeterie Darras, puis Horne, puis Ball et Horne, puis Maisonneuve, puis Soustre Frères, puis la Rochette Cenpa ; puis usine de ferblanterie Coltel », base Mérimée, ministère français de la Culture
  58. Site municipal officiel
  59. www.ovdoullens.com
  60. Le Courrier picard (journal quotidien régional) du lundi 19 mars 2007.
  61. « Le Journal des Doullennais - Édition spéciale - Florimond Long Minton - Dimanche 18 mars 2007 » : Document de quatre pages (format A4) réalisé par les « Services culturels de la ville de Doullens », diffusé sur place.