Le Rayon vert (film, 1986)

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Le Rayon vert

Réalisation Éric Rohmer
Scénario Éric Rohmer
Acteurs principaux
Sociétés de production Les Films du Losange
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie dramatique
Sortie 1986
Durée 94 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Rayon vert, film français réalisé par Éric Rohmer, cinquième de la série « Comédies et Proverbes », illustre les vers extraits du poème « Chanson de la plus haute tour » d'Arthur Rimbaud : « Ah ! que le temps vienne / Où les cœurs s'éprennent ».

Ce film, tourné en 16 mm et couronné par le Lion d'or au Festival de Venise, reprend, d'un ton plus léger et dans un milieu plus modeste, le thème de Ma nuit chez Maud. C'est l'un des seuls films dans lesquels Rohmer utilise une musique qui n'est pas intégrée au scénario[1]. Son scénario n'a pas été écrit, Rohmer demandant aux acteurs d'improviser sur un canevas lâche, et laissant ainsi le film se construire petit à petit[2]. C'est pourquoi l'actrice Marie Rivière est aussi créditée en tant que scénariste.

Le titre est une allusion à un phénomène optique et atmosphérique : le tout dernier rayon du soleil, qui prend l'aspect d'un éclair vert, par temps clair au bord de l'océan. Pour l’observateur du phénomène, ainsi qu'un groupe de personnes qui en discutent dans une scène pédagogique du film, il serait ainsi possible de « lire dans ses propres sentiments, et dans les sentiments des autres ».

Synopsis[modifier | modifier le code]

Delphine voit son projet de vacances en Grèce s'écrouler lorsque l'amie avec qui elle devait partir se décommande. Elle va chercher en vain une alternative qui la satisfasse. Tout en rêvant au grand amour et en se plaignant de sa solitude, elle se comporte au long du film de manière à renforcer cette solitude et à s'y morfondre. Elle suit un itinéraire initiatique où chacune de ses rencontres se présente comme une épreuve à surmonter. En effet, pour la sauver de cette solitude, chacun la pousse à renoncer à ce qu'elle est, une romantique qui croit au grand amour.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Accueil[modifier | modifier le code]

« C'est "comme dans la vie" et, pourtant, ce n'est pas du documentaire ou du "cinéma-vérité". La mise en scène capte avec une belle souplesse les comportements, les mouvements du cœur, l'atmosphère de solitude dans laquelle Delphine semble se complaire. C'est, en fait, du grand art pour transcender le naturel. Marie Rivière est un personnage assez nouveau chez Rohmer, et, en tout cas, extraordinairement attachant. »

— Jacques Siclier, Télérama, 17 novembre 2001[4]

Genèse du film[modifier | modifier le code]

Le Rayon vert est un film tourné dans des conditions très proches de l'amateurisme. Il est tourné en 16 mm avec un budget de 600 000 francs et une équipe technique extrêmement légère[5].

Alors que Rohmer a l'habitude d'écrire avec précision ses dialogues, il choisit cette fois de laisser place à l'improvisation des acteurs[6]. C'est le seul film de Rohmer qui soit entièrement improvisé[7].

Pour le dernier plan de son film, Le Rayon vert, Rohmer refuse d'avoir recours à un trucage et cherche à filmer un rayon vert.

Le film se termine par un plan sur un rayon vert. Il est très rare de pouvoir observer, et a fortiori, filmer ce phénomène et Rohmer est opposé à l'idée de recourir à un effet spécial. Il n'a pas eu la chance de filmer ce rayon vert sur le tournage même du film. Le plan a finalement été tourné aux Canaries, sept mois après la fin du tournage, par Philippe Demard. L'image a ensuite été retravaillée et notamment ralentie pour les besoins du film[8].

Réception du film[modifier | modifier le code]

Rohmer innove aussi dans sa stratégie de distribution en diffusant Le Rayon vert sur Canal+ trois jours avant sa sortie en salles[9],[10]. Le film obtient le Lion d'or à Venise et fait 460 000 entrées en salles[11],[12].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Archives de l'INA - Émission "Microfilms" du 7 septembre 1986 »
  2. « Extrait d'une interview d'Eric Rohmer sur les conditions du tournage du Rayon vert »
  3. Alain Hertay, Éric Rohmer Comédies et proverbes, 1998, éditions CÉFAL, Liège (ISBN 2-87130-058-5) p. 140 [1]
  4. Cf. site de Télérama, consulté le 23 septembre 2013
  5. Philippe Fauvel, « Au delà de la production : Entretien avec Françoise Etchegaray », dans Noël Herpe, Rohmer et les Autres, Presses Universitaires de Rennes, coll. « Le Spectaculaire »,‎ 2007, p. 248
  6. Jean-Sébastien Chauvin, « Marie Rivière », Cahiers du cinéma, no 653,‎ février 2010, p. 34-35
  7. Fauvel 2007, p. 247
  8. Philippe Demard, « Le rayon vert dans le film éponyme de Rohmer n'était pas un effet spécial », Libération,‎ 14 mars 1998 (lire en ligne)
  9. Frodon 2010, p. 805
  10. Olivier Séguret, « Éric Rohmer, dernière vague », Libération,‎ 12 janvier 2010 (lire en ligne)
  11. « Le Rayon vert », sur jpbox-office.com (consulté le 3 janvier 2012)
  12. Stéphane Delorme, « Françoise Etchegaray », Cahiers du cinéma, no 653,‎ février 2010, p. 32-34

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]