Karel Schoeman

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Schoeman.

Karel Schoeman, né le 26 octobre 1939 à Trompsburg (État libre d'Orange), est un écrivain sud-africain de langue afrikaans.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Après des études secondaires à Paarl, dans la province du Cap, Karel Schoeman entreprend une licence de linguistique à l'université de l'État libre d'Orange à Bloemfontein (1959). Converti au catholicisme, il entre au séminaire Jean-Marie-Vianney à Pretoria (1959-1961), puis séjourne (noviciat) trois ans (1961-1964) dans des monastères franciscains en Irlande, où il apprend l'irlandais (gaélique). Renonçant à prononcer ses vœux, il rentre en Afrique du Sud et reprend des études à l'université de Bloemfontein où il obtient un diplôme supérieur de bibliothécaire. Il passe ensuite cinq ans (1968-1973) aux Pays-Bas comme bibliothécaire à Amsterdam, puis deux ans (1974-1976) en Écosse comme infirmier psychiatrique à Glasgow. À son retour en Afrique du Sud, il travaille comme bibliothécaire jusqu'à sa retraite en 1999.

Engagé et solidaire du combat des Noirs de son pays, Karel Schoeman a reçu en 1999 des mains du président Mandela l'Ordre du Mérite sud-africain, la plus haute distinction du pays.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Karel Schoeman est l'auteur de 19 romans (le plus récent, Titaan, sur la vie de Michel-Ange, est paru en Afrique du Sud en 2009), de nouvelles, de pièces de théâtre pour la radio et la télévision et d'une trentaine d'ouvrages historiques en afrikaans et en anglais sur des sujets aussi divers que l'histoire de l'État libre d'Orange et de l'Afrique du Sud en général, les débuts de l'esclavage ou les missions protestantes en Afrique australe. Le plus récent, intitulé Portrait of a Slave Society: The Cape of Good Hope vient de paraître en 2013 aux éditions Protea[1]. Pour ses romans, tous publiés au Cap aux éditions Human & Rousseau, il a reçu à trois reprises le prix Hertzog, le plus important prix littéraire sud-africain, et de nombreuses autres distinctions. Deux d'entre eux (La Saison des Adieux et Cette vie) ont été primés en France.

Karel Schoeman a publié également plusieurs biographies, dont une consacrée à l'artiste sud-africaine Irma Stern et une autre à l'écrivaine sud-africaine de langue anglaise Olive Schreiner, des journaux de voyage sur ses séjours en Irlande (Berig uit die Vreemde: 'n Ierse Dagboek, 1966 et Van 'n verre Eiland: 'n Tweede Ierse Dagboek, 1968), en Ecosse (Koninkryk in die Noorde: 'n Boek oor Skotland, 1977) et aux Pays-Bas (Stamland, 1999, et Riviereland: Twee besoeke aan Nederland[2], 2011). En 2013 paraît aux éditions Protea à Pretoria un essai de 400 pages sur Berlin: Deelstad, 'n Boek oor Berlyn[3].

Il est également l'auteur d'ouvrages autobiographiques, parmi lesquels le monumental Die laaste Afrikaanse Boek - Outobiografiese Aantekeninge en 2002.

Karel Schoeman a traduit en afrikaans de la poésie et des légendes irlandaises du Moyen Âge (Uit die Iers: Middeleeuse Gedigte (1970), Helde van die Rooi Tak: Die Saga van Cucullin en die Veeroof van Culne (1973), Gode, Helde en Konings: Middeleeuse Ierse Verhale (1975) et Finn en sy Mense: Die Avontuur van die Fianna van Ierland (1976), ainsi que des pièces de théâtre de l'allemand (Marie Stuart de Schiller et Liebelei de Schnitzler), du russe (Oncle Vania et La Cerisaie de Tchekhov), du néerlandais (des œuvres de Pieter Langendijk, Herman Heijermans et Félix Timmermans). Dans un genre différent, il a traduit de l'anglais un essai de Rob Nairn sur le bouddhisme intitulé Tranquil Mind (en afrikaans 'n Stil gemoed).

Œuvres de Karel Schoeman traduites en français[modifier | modifier le code]

  • En étrange pays[1] (roman), édition originale : ’n Ander land (Human & Rousseau, Le Cap, 1984), traduction française de Jean Guiloineau à partir de la traduction anglaise (Robert Laffont 1991, rééditée chez Rivages en 1998 puis chez Phébus, Paris, en 2007).

Le roman fait vivre de l'intérieur la quête du sens de sa vie par un bourgeois hollandais installé dans le veld sud-africain pour lutter contre la tuberculose qui le frappe à mort.

  • Trois nouvelles Dans le parc (Die park na die val van die blare), L'hôtel (Die hotel) et Point de rupture (Onderbreking) ont été publiées dans la revue Caravanes n° 8 (Éditions Phébus, Paris 2003)
  • Retour au pays bien-aimé[2] (roman), édition originale: Na die geliefde land (Human & Rousseau, Le Cap 1972), traduction française 2006 (Phébus, Paris). Réédité en poche (collection 10/18, n° 4193) en 2009.

Le roman est centré sur George Neethling qui vit en Suisse où sa famille a émigré quand il était enfant et qui revient dans le coin perdu du veld de ses origines pour vendre la propriété de sa mère. Il y découvre les paysages forts et une famille de fermiers blancs réduite à la misère, survivant dans l'angoisse à des violences que l'auteur suggère sans les éclairer tout à fait. D'où une impression d'étrangeté et de violence où s'efface un mode de vie dans une tourmente qui conduit au chaos un pays auquel George se sent tout à fait étranger.

  • La Saison des adieux[4][3] (roman) : édition originale : Afskeid en Vertrek (Human & Rousseau, Le Cap 1990), traduction française 2004 (Phébus, Paris). Réédité en poche (collection 10/18, n° 4118) en 2008. Prix Amphi 2006.

Le roman évoque un état de guerre civile au Cap où s'angoisse un groupe d'intellectuels et de créateurs de la bourgeoisie blanche qui s'interrogent sur leur survie dans une Afrique du sud transformée

  • Cette vie (roman) : édition originale: Hierdie lewe (Human & Rousseau, Le Cap 1993), traduction française 2009 (Phébus, Paris). Prix du Meilleur livre étranger 2009. Cet ouvrage, premier volet d'un triptyque intitulé Voix (Stemme), a été réédité en poche (collection 10/18, n° 4380) en 2010.
  • Un nouveau roman intitulé Des voix parmi les ombres (titre original afrikaans: Verliesfontein) paraîtra chez Phébus en août 2014[5].

Tous les ouvrages de Karel Schoeman parus en français sont publiés aux Éditions Phébus et sont traduits de l'afrikaans par Pierre-Marie Finkelstein, à l'exception de En étrange pays.

Traductions dans d'autres langues[modifier | modifier le code]

allemand[modifier | modifier le code]

  • In einem fremden Land (En étrange pays), traduit de l'afrikaans par Gisela Stege, Knaus, Munich, 1993

anglais[modifier | modifier le code]

  • Promised Land (Retour au pays bien-aimé), traduit de l'afrikaans par Marion Friedmann, Julian Friedmann Publishers Limited, Londres 1978
  • Another Country (En étrange pays), traduit de l'afrikaans par David Schalkwyk, Sinclair-Stevenson, Londres 1991
  • Take Leave and Go (La saison des adieux), traduit de l'afrikaans par l'auteur, Sinclair-Stevenson, Londres 1992
  • Miss Godby and the magistrate, extrait du roman Verliesfontein, dans Michael Rice et Chris van der Merwe, A Century of Anglo-Boer War Stories, Jonathan Ball Publisher, Johannesbourg 1999
  • This Life (Cette vie), traduit de l'afrikaans par Elsa Silke, Human & Rousseau, Le Cap-Pretoria 2005. Prix de l'Institut sud-africain des Traducteurs 2006

néerlandais[modifier | modifier le code]

  • Een ander land (En étrange pays, titre original 'n Ander land), traduit de l'afrikaans par Riet de Jong-Goossens, Uitgeverij Contact, Amsterdam 1993
  • Merksteen: een dubbelbiografie (Merksteen: 'n dubbelbiografie), traduit de l'afrikaans par Riet de Jong-Goossens, Uitgeverij De Arbeiderspers, Amsterdam 2004
  • Dit leven (Cette vie, titre original Hierdie lewe), traduit de l'afrikaans par Rob van der Veer, Brevier Uitgeverij, Kampen 2014[6] et [7]

russe[modifier | modifier le code]

  • В родную страну (Retour au pays bien-aimé), traduit de l'afrikaans par A. K. Slavinska, Editions du Progrès, Moscou 1978

Adaptation cinématographique[modifier | modifier le code]

Retour au pays bien-aimé a fait en 2002 l'objet d'une adaptation cinématographique assez libre, tournée en anglais et intitulée Promised Land, œuvre du metteur en scène sud-africain Jason Xenopoulos primée au Festival de Tokyo.

Adaptation sonore[modifier | modifier le code]

Cette vie a fait en 2011 l'objet d'une adaptation sonore (audio-livre). Ce roman, Prix du meilleur livre étranger en 2009, le dernier de Karel Schoeman à avoir été traduit en français, a été enregistré sur disque son par les éditions "La magnétothèque" à Montréal.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Schoeman, Karel Die laaste Afrikaanse boek - Outobiografiese aantekeninge, Human & Rousseau, Le Cap, 2002
  • Burger, Willie et Van Vuuren, Elize (directeurs de publication) Sluiswagter by die dam van stemme - Beskouings oor die werk van Karel Schoeman, Protea Boekhuis, Pretoria, 2002
  • Site officiel de Phébus Éditions
  • www.libella.fr/phebus/accueil/