Piet Retief

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Piet Retief (homonymie).
Statue de Piet Retief sur le Voortrekker Monument de Pretoria

Pieter Retief ou Piet Retief (1780-1838) était un boer et un chef Voortrekker d'Afrique du Sud, dont l'assassinat fut l'un des actes fondateurs de l'histoire afrikaner.

Origine[modifier | modifier le code]

Piet Retief est né le 12 novembre 1780 à Wagenmakersvallei (Wellington de nos jours) dans la colonie du Cap. Il était le cinquième des 10 enfants de Jacobus et Debora Retief. Sa famille était d'origine française. Son ancêtre était François Retif, un huguenot natif de Mer près de la ville de Blois, arrivé au Cap en 1689. Retif fut néerlandisé en Retief.

Jacobus Retief était un fermier. Piet Retief vécut à ses côtés et grandit dans son vignoble jusqu'à l'âge de 27 ans quand il s'installe à Stellenbosch où il s'exerce à plusieurs métiers avant de vendre une liqueur alcoolique. La licence de celle-ci lui fut cependant retirée après que le Colonel Thomas Willshire se fut plaint de l'enivrement de ses soldats. Les affaires de Piet Retief périclitèrent et il se retrouva en difficultés financières.

En 1814, Retief se maria avec une veuve, Magdalene Johanna (Lenie) Greyling, et adopta ses trois fils et ses deux filles.

Il s'installa dans la région de Grahamstown où il fit fortune. Mais à la suite de mauvais investissements, il la perdit aussitôt.

Représentant type du boer de l'époque, épris d'aventure et de liberté, aguerri également contre les attaques de frontières des guerriers Xhosas et les maladies locales, Piet Retief était reconnu comme un homme honnête, intelligent, éduqué, énergique, volontariste et intègre.

La colonie du Cap étant devenue une colonie britannique, un certain nombre de ses décisions provoquèrent le mécontentement des boers. Non seulement, l'église anglicane devenait l'église officielle de la colonie mais l'anglais devenait la seule langue légale tout comme le droit anglican remplaçait le droit néerlandais.

L'abolition de l'esclavage (accompagné du peu d'indemnisation offerte en contrepartie aux propriétaires) fut l'ultime réforme qui allait amener de nombreux boers à tenter le Grand Trek, c’est-à-dire l'émigration vers l'intérieur des terres d'Afrique du Sud, hors du contrôle de l'administration britannique.

Retief tenta alors une médiation entre les fermiers et le gouvernement britannique. A l'échec de celle-ci, il organisa les premières migrations vers le nord.

Le manifeste de Retief[modifier | modifier le code]

C'est le 22 janvier 1837 que Retief rédige un manifeste par lequel il énonce ses griefs contre l'autorité britannique, incapable de fournir la moindre protection aux fermiers, injuste pour avoir émancipé les esclaves sans idemnisations équitables des propriétaires (seulement au 1/4 de la valeur selon le manifeste). Il évoqua une terre promise aux Boers destinée à la prospérité, à la paix et au bonheur de leurs enfants (ceux des boers). Une terre où ils seraient enfin libres, où leur gouvernement déciderait de ses propres lois.

La déclaration, perçue comme la déclaration d'indépendance des fermiers Voortrekkers, est publiée le 2 février 1837 dans le journal de Grahamstown. Moins d'un mois plus tard, c'est à bord de deux chariots à bœufs que Retief et sa famille quittèrent le district de Winterberg pour se joindre à Thaba Nchu à un convoi de trente chariots et 300 personnes en route vers le fleuve Orange.

Le grand Trek vers le Natal[modifier | modifier le code]

Lors du voyage, après avoir franchi le fleuve, Retief fut élu chef de la « province libre de la nouvelle Hollande en Afrique du sud-est ». Quelques groupes quittèrent le convoi pour continuer vers le nord et Retief se retrouva assez rapidement à la tête d'un petit groupe de 26 familles en route vers l'est.

Le 5 octobre 1837, après avoir franchi le montagnes du Drakensberg, il se lance dans l'exploration de la région de Port Natal. Il prit contact avec le chef zoulou Dingane en novembre 1837 lui disant son intention de vivre en paix avec le peuple zoulou. Il parvint à se rallier d'autres chefs voortrekkers, Gert Maritz et Hendrik Potgieter en janvier 1838.

Copie du traité du 4 février 1838 signé par Retief et Dingane

Lors de sa seconde visite à Dingane, celui-ci donna son accord à l'installation des Boers dans le Natal en échange d'une action de représailles que devaient mener les Boers contre un chef de la tribu rival locale des Tlokwa. Ce que firent les Boers. Il s'agissait en fait d'un test des capacités militaires des boers. Leur succès était en fait perçu comme une menace par Dingane.

La tragédie[modifier | modifier le code]

En dépit des avertissements de certains colons et de chefs tribaux, Retief s'installa dans la région de Tugela le 28 janvier 1838 pensant qu'il pourrait négocier avec Dingane des frontières permanentes de la colonie du Natal. L'acte de cession de la région de Tugela-Umzimvubu, bien que datée du 4 février 1838, fut signé par Dingane le 6 février 1838. Dingane invita alors Retief à venir assister à une représentation de ses soldats. Sur un signal donné par le roi zoulou, les soldats foncèrent sur Retief et les 70 boers désarmés. Retief, son fils, ses hommes et ses serviteurs, soit une centaine de personnes au total, furent massacrés sur la colline de Kwa Matiwane. Leurs corps éventrés furent dévorés par des animaux sauvages selon la coutume zoulou concernant le sort des ennemis.

Dingane donna alors l'ordre d'attaquer les campements boers de la région et de massacrer tous ceux qui s'y trouvaient.

Les restes de Retief et de ses hommes furent enterrés le 21 décembre 1838 par le « commando de la victoire » dirigé par Andries Pretorius qui avait repoussé les Zoulous à la bataille de Blood River le 16 décembre 1838. Ce commando récupéra également l'acte de cession de Retief (abandonné dans sa pochette par les Zoulous). Le document original disparut lors de la Seconde Guerre des Boers mais une copie originale a été conservée de ce document fondamental de l'histoire afrikaner.

Hommages[modifier | modifier le code]

Le site de la tombe de Piet Retief est marqué par un monument érigé en 1922.

La ville de Piet Retief fut baptisée en son honneur tout comme, en partie, celle de Pietermaritzburg (Maritz étant le patronyme de Gerrit Maritz).

L'une des quatre statues du Voortrekker Monument à Pretoria représente Piet Retief.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Documents multimédia[modifier | modifier le code]