Voortrekkers

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Drapeau voortrekker
Chariot à bœufs voortrekker exposé au Voortrekker Monument de Pretoria
Célébrations du centenaire du Grand Trek des Voortrekkers en 1938

Les Voortrekkers (Ceux qui vont de l'avant en néerlandais) sont les populations Boers qui ont participé au Grand Trek (Grande Migration) entre 1835 et 1852 en Afrique du Sud.

Le terme voortrekker est apparu dans les années 1870 pour désigner les communautés boers qui avaient quitté la colonie du Cap au cours des décennies 1830-1840. La migration s'était terminée avec les créations des républiques boers au Transvaal en 1852 et dans l'État libre d'Orange en 1854.

Principaux chefs Voortrekkers[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

Article connexe : Grand Trek.

Les Voortrekkers étaient principalement des communautés de fermiers boers, de condition modeste, établis dans la région est de la colonie du Cap voire dans les régions frontalières de la colonie. Les Boers étaient les descendants des pionniers d'origines européennes, essentiellement néerlandaises, françaises et allemandes.

Copie du traité du signé par Retief et Dingane

Les raisons de cette migration massive de la colonie du Cap ont été beaucoup discutées au cours des années. L'historiographie Afrikaner a longtemps souligné les souffrances endurées par les agriculteurs de la frontière qu'ils rendaient imputables à la politique britannique de pacification avec les tribus Xhosa. D'autres historiens ont souligné également l'âpreté de la vie dans la région du Cap-Oriental, alors en pleine période de sécheresse dans les années 1830 tandis que des voyageurs nomades rapportaient aux fermiers avoir traversé des terres extrêmement fertiles au-delà des chaines du Drakensberg dans la région du Natal mais aussi dans les territoires vastes et peu peuplés situés au-delà des fleuves Vaal et Orange. D'une manière générale, les raisons de cet exode apparaissent comme étant complexes. Il n'en ressort pas moins que les causes les plus directes furent l'insatisfaction générale de la vie des fermiers boers sous la domination britannique, insatifaction exacerbée par le fait que l'église anglicane soit devenue l'église officielle de la colonie, que l'anglais soit la seule langue légale tout comme le droit anglais qui remplaçait le droit néerlandais, et l'espoir d'une vie meilleure.

L'abolition de l'esclavage (accompagnée du peu d'indemnisation offerte en contre partie aux propriétaires) fut l'ultime réforme qui allait amener de nombreux Boers à tenter le Grand Trek, c’est-à-dire une émigration vers l'intérieur des terres d'Afrique du Sud, hors du contrôle de l'administration britannique. Vivant depuis plusieurs années voire quelques générations à plusieurs centaines de kilomètres de la métropole coloniale, Le Cap, de nombreux Boers appelés à devenir des Voortrekkers avaient déjà adopté un type de vie semi-nomade et un voyage vers l'inconnu ne leur était pas impensable. Après avoir tenté une médiation entre les fermiers et l'administration britannique, Piet Retief, un fermier de Grahamstown, rédigea le un manifeste dans lequel il énonçait ses griefs contre l'autorité britannique qu'il considérait comme incapable de fournir la moindre protection aux fermiers contre les raids Xhosas, et injuste pour avoir émancipé les esclaves sans indemnisation équitable des propriétaires (seulement au 1/4 de la valeur selon le manifeste). Il évoqua une terre promise aux Boers destinée à la prospérité, à la paix et au bonheur de leurs enfants (ceux des Boers). Une terre où ils seraient enfin libres, où leur gouvernement déciderait de ses propres lois.

La déclaration, perçue comme la déclaration d'indépendance des fermiers Voortrekkers, fut publiée le dans un journal de Grahamstown. Moins d'un mois plus tard, c'est à bord de deux chariots à bœufs que Retief et sa famille quittèrent le district de Winterberg pour se joindre à Thaba Nchu à un convoi de trente chariots, essentiellement des chariots à bœufs et 300 personnes en route vers le fleuve Orange. D'autres, sous la férule de Louis Trichardt notamment, avaient déjà migré vers le nord en 1835, dans la région du Waterberg, où certains s'étaient établis pour faire de l'élevage.

Lors du voyage vers le Natal, Retief fut élu chef de la "Province libre de la nouvelle Hollande en Afrique du sud-est". Quelques groupes quittèrent le convoi pour continuer vers le nord et Retief se retrouva assez rapidement à la tête d'un petit groupe de 26 familles en route vers l'est.

Le , après avoir franchi le montagnes du Drakensberg, Retief se lança dans l'exploration de la région de Port Natal. Il prit contact avec le chef zoulou Dingane en novembre 1837, lui disant son intention de vivre en paix avec le peuple zoulou. Il parvint à se rallier d'autres chefs voortrekkers, Gert Maritz et Hendrik Potgieter en janvier 1838.

Lors de sa seconde visite à Dingane, celui-ci donna son accord à l'installation des Boers dans le Natal. En dépit des avertissements de certains colons et de chefs tribaux, Retief s'installa dans la région de Tugela le pensant qu'il pourrait négocier avec Dingane des frontières permanentes de la colonie du Natal. L'acte de cession de la région de Tugela-Umzimvubu fut signé par Dingane le . Dingane invita alors Retief à venir assister à une représentation de ses soldats. Sur un signal donné par le roi zoulou, les soldats foncèrent sur Retief et les 70 boers désarmés. Retief, son fils, ses hommes et ses serviteurs, soit une centaine de personnes au total, furent massacrés sur la colline de Kwa Matiwane. Leurs corps éventrés furent dévorés par des animaux sauvages selon la coutume zouloue concernant le sort des ennemis.

Siège de Voortrekkers par les Impies Zoulous en 1838
Une famille de Voortrekkers durant le Grand Trek - gravure de Charles Edwin Fripp
Femmes boers en costume traditionnel durant les cérémonies du centenaire du Grand Trek des Voortrekkers en 1938

Dingane donna alors l'ordre d'attaquer les campements boers de la région et de massacrer tous ceux qui s'y trouvaient.

Un riche fermier originaire de Graaff-Reinet, Andries Pretorius devint alors le chef naturel des Voortrekkers du Natal. Dingagne mobilisa une dizaine de milliers de ses guerriers zoulous (impis) afin d'attaquer le contingent local de Voortrekkers. Le conflit culmina le 16 décembre 1838 lors de la bataille de Blood River où l'armée zouloue fut décimée par un petit contingent de civils voortrekkers, assiégés derrière leurs chariots réunis défensivement en cercle (laager). Cette date devint une fête nationale boer reconnue comme la Journée du vœu en référence au serment fait à Dieu par les Voortrekkers. Suite à cette victoire sur l'armée de Dingane, les Voortrekkers bâtirent leur république appelée Natalia mais vite annexée 4 années plus tard par la Grande-Bretagne (1843), après quoi la plupart des Boers du Natal reprirent leur exode vers le nord. De son côté, le chef voortrekker Hendrik Potgieter avait fondé plusieurs petites communautés dans la région du fleuve Orange et, au Transvaal, la ville de Potchefstroom, érigée en république auto-proclamée dont il avait éléu président.

Les conflits armés se succédèrent avec les Ndebele pour se terminer par des victoires des Voortrekkers, bénéficiant de la supériorité technologique de leurs fusils à chargement mais aussi de la qualité de leur commandement. Ces succès aboutirent à la création d'un certain nombre de petites républiques boers, qui lentement furent cristallisées au sein de l'État libre d'Orange et de la République sud-africaine du Transvaal.

Symbolisme[modifier | modifier le code]

Le monument le plus symbolique rendant hommage aux Voortrekkers a été inauguré en 1949 sur une colline (Monument Hill) surplombant la ville afrikaner de Pretoria, ainsi baptisé en 1855 en l'honneur d'Andries Pretorius.

Le drapeau distinctif des Voortrekkers est celui utilisé par les partisans d'Hendrik Potgieter lors de l'établissement de la première république boer à Potchefstroom (Transvaal).

Mémorial[modifier | modifier le code]

Un monument élevé en leurs mémoires, le Voortrekker Monument, se dresse depuis 1949 sur une colline à l'entrée de Pretoria, la capitale sud-africaine.

Articles connexes[modifier | modifier le code]


Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


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Histoire de l'Afrique du Sud
Histoire de l'Afrique du Sud • Histoire de l'Afrique du Sud depuis 1994 
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