Umkhonto we Sizwe

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Umkhonto we Sizwe (ou MK), traduit en français par « fer de lance de la nation » était la branche militaire du Congrès national africain d'Afrique du Sud qui agissait en collaboration avec le parti communiste d'Afrique du Sud contre le régime d'apartheid alors au pouvoir dans ce pays d'Afrique australe.

Umkhonto we Sizwe ne compta à son apogée pas plus de 11 000 adhérents éparpillés principalement dans des camps d'entraînement en Angola, en Zambie, voire en URSS et dans les pays du pacte de Varsovie. Sa force de frappe en Afrique du Sud était essentiellement composée de bombes et de kalachnikov. Si elle ne parvint jamais à créer une logistique suffisante pour tenir une guérilla urbaine à large échelle, elle devint néanmoins une référence symbolique pour ceux qui luttaient contre l'apartheid [1].

Historique[modifier | modifier le code]

La fondation de Umkhonto We Sizwe (MK) est en partie la conséquence du massacre de Sharpeville en mars 1960 par la police sud-africaine. Albert Luthuli, le président de l'ANC, était réticent à sa création car elle marquait un tournant dans la politique de l'ANC qui avait refusé jusque-là de recourir à la violence et à la lutte armée. Il avait cependant donné son accord à l'organisation de cette aile militaire de l'ANC dont le haut-commandement fut confié à Nelson Mandela (ANC) et à Joe Slovo (parti communiste).

MK lança sa première attaque armée le 16 décembre 1961, fête nationale des Afrikaners appelé Jour du Vœu en référence à la bataille de Blood River. L'organisation fut dès lors considérée comme une organisation terroriste par le gouvernement sud-africain.

Entre 1961 et 1964, MK commit 134 actes de sabotage causant cependant des dommages mineurs.

En 1962, à la suite de la découverte par la police de documents relatifs à l’existence d’Umkhonto we Sizwe, Mandela et plusieurs autres dirigeants de l’ANC et de MK furent arrêtés et accusés de complot visant à renverser le gouvernement par la violence. Le 25 octobre, Mandela est condamné à 5 années de prison[2].

À la suite de l'emprisonnement de la plupart de ses chefs régionaux, MK était totalement désorganisée au sein du territoire sud-africain. L'organisation militaire, dirigée par Joe Slovo, se composait alors de 800 guerilleros entraînés, basés en Tanzanie, où se situait le quartier général de MK ou dans des camps d'entraînements de Tchécoslovaquie ou d'Odessa en Union soviétique.

En 1967, l'organisation organisa sa première action d'envergure contre les forces militaires sud-africaines présentes en Rhodésie du Sud où elles étaient en soutien aux forces armées rhodésiennes. La plupart des combattants furent tués ou emprisonnés. Quelques-uns réussirent à repasser la frontière du Zambèze.

En 1969, MK redéfinit sa stratégie militaire.

En 1975, elle installe ses camps de base en Angola.

Après les émeutes de Soweto en 1976, MK reçut le renfort de nombreuses nouvelles recrues qui furent incorporées dans le bataillon du 16 juin. Les actions de sabotage, plus ou moins ciblées, commencèrent alors à se développer en Afrique du Sud contre les infrastructures civiles et militaires. À partir de 1977, pour la première fois, elles causaient la mort de civils, parfois lors d'échanges de coups de feu avec les forces de police. En 1980, un commando de MK, intercepté par la police, prenait plusieurs otages à Silverton dont trois furent tués lors de l'assaut des forces de l'ordre.

En 1981, MK organisait avec succès pas moins de 90 sabotages sur des cibles industrielles ou militaires. À partir de 1983, de plus en plus de civils sont les victimes d'attentats à la bombe perpétrées en pleine rue par les activistes de MK alors qu'une campagne de terreur est organisée contre les fermiers blancs dans les zones rurales du Transvaal. L'armée sud-africaine intensifie alors le bombardement des camps de MK, du Botswana jusqu'en Tanzanie.

Après le massacre d'Amanzimtoti, des membres du Congrès américain soutenus par des membres de l'administration de Ronald Reagan demandent que l'ANC et MK doivent être listées comme étant des organisations terroristes.

La majeure partie des actions de MK eurent lieu cependant durant ces années contre les postes de police, notamment ceux situés dans les townships ou contre ceux accusés de collaboration avec le régime d'apartheid, tels les conseillers municipaux noirs.

En 1987, Joe Slovo laisse le poste de chef d'état-major de MK à Chris Hani. À partir de 1988, ce dernier prône l'intensification de la lutte armée alors que celle-ci est contestée par Thabo Mbeki, partisan du dialogue avec le gouvernement de Pretoria considérant que les actions de sabotage et les attentats ont été peu concluants pour faire évoluer la politique du gouvernement et n'ont fait que renforcer la répression.

MK suspendit ses actions armées en août 1990.

À partir de 1994, le premier gouvernement sud-africain de l'ère post-apartheid procéda à l'unification de toutes les organisations para-militaires des anciens mouvements de guérilla (MK, armée de libération populaire de l'Azanie-APLA) sous une autorité commune par incorporation de celles-ci au sein de la nouvelle force nationale de défense sud-africaine (SANDF) ou par la démobilisation de ceux déclarés inaptes à servir dans la nouvelle armée. Ce processus concerna 85 000 soldats et 20 000 civils de la force de défense sud-africaine (SADF), 28 000 membres civils ou militaires de MK, 6 000 combattants de l'APLA, 11 000 soldats des armées des anciens bantoustans. En 1998, 16 % des soldats de l'armée nationale sud-africaine était issue des rangs de MK (soit près de 12 mille personnes) et 53 % de l'ancienne SADF.

À partir de 1995, les responsables de MK témoignèrent devant la commission vérité et réconciliation pour s'expliquer non seulement sur les attentats commis en son nom mais aussi sur les purges pratiquées dans ses camps de formation.

Actions marquantes de MK[modifier | modifier le code]

MK est responsable de plusieurs actions symboliques, notamment des sabotages contre des infrastructures civiles, industrielles ou militaires, entraînant parfois la mort de civils (à partir de 1977) mais aussi d'attentats, plus meurtriers, commis notamment au début des années 1980. Ses actions les plus spectaculaires furent :

L'ANC et MK ont également reconnu leur responsabilité dans l'attentat d'Amanzimtoti à Noël 1985 (5 morts, 40 blessés) et dans la mort d'une famille de touristes afrikaners près de Messina en décembre 1985 dans le cadre d'une campagne qui fit 23 morts entre 1985 et 1987 dans les zones rurales du nord et de l'est du Transvaal.

MK participa également à des actions militaires à l'étranger contre les forces sud-africaines notamment à partir de 1967 en Rhodésie du Sud au côté de la guérilla de la ZAPU, en 1988 lors de la bataille de Cuito Cuanavale au côté des forces cubaines et angolaises ou au Mozambique au côté des forces du FRELIMO contre les rebelles de la RENAMO.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Stephen Ellis, voir bibliographie
  2. Katwala, Sunder, « The Rivonia Trial », The Guardian (Londres),‎ 11 février 2001 (consulté le 6 octobre 2011)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Afrique du Sud, Numéro 45, collection autrement, avril 1990, p 154 - 156
  • Stephen Ellis, les nouvelles forces de sécurité sud-africaines, dans La nouvelle Afrique du Sud, Hérodote, revue de géographie et de géopolitique, n°82-83, p 177-184,1996,

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]