Hippopotamidae

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Les Hippopotamidae (les hippopotames) forment une famille regroupant plusieurs espèces de mammifères cétartiodactyles relativement proches génétiquement des cétacés et dans une moindre mesure des suidés et des Ruminantia.
Ce sont des ongulés. De nombreuses espèces sont disparues mais il en existe toujours deux vivantes: l'espèce la plus connue, l'Hippopotame dit amphibie, et l'Hippopotame nain. Leur espérance de vie est d'environ une quarantaine d'années.
Ce sont des animaux aquatiques massifs au corps en forme de tonneau.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Hippopotame, du grec ἵππος, hippos, « cheval », et ποταμός, potamos, « fleuve », fait référence à leur mode de vie amphibie.

Morphologie[modifier | modifier le code]

Crâne d'hippopotame.

La silhouette des espèces d'hippopotames vivants est similaire, ils sont massifs, leurs pattes forment des piliers. Ils possèdent une grosse tête, une bouche large qui peut s'ouvrir jusqu’à 180 degrés, des canines importantes qui peuvent mesurer plus de 60 cm chez les hippopotames amphibies mâles, leurs yeux et leurs oreilles sont placés en haut de la tête. Leurs narines peuvent se refermer par contraction, et leurs conduits auditifs se bouchent lorsqu'ils plongent, ce qui s'avère très pratique dans leur mode de vie amphibie puisqu'ils peuvent ainsi éviter l'entrée d'eau dans leurs poumons lorsqu'ils se déplacent sous l'eau.

Les deux espèces diffèrent notamment par la forme des oreilles, les arcades sourcilières sont beaucoup plus prononcées chez l'hippopotame amphibie. L'hippopotame commun est beaucoup plus grand puisqu'il mesure 1,50 m au garrot pour 3,50 m de longueur pour une masse de 1,4 à 3,2 tonnes alors que l'hippopotame nain ne mesure qu'un mètre au garrot pour 1,50 à 1,75 m de longueur et un poids de 170 à 275 kg. La morphologie des pattes est aussi différente, les doigts étant plus longs chez l'espèce naine, plus adaptée à la marche.

Les testicules du mâle se trouvent à l’intérieur de la cavité abdominale (comme chez le rhinocéros).

Anatomie[modifier | modifier le code]

 v · d · m  Formule dentaire
mâchoire supérieure
3 4 1 2-3 2-3 1 4 3
3 4 1 1-3 1-3 1 4 3
mâchoire inférieure
Total : 44 max
Denture commune aux Hippopotamidae

Sécrétions[modifier | modifier le code]

Les hippopotames ne disposent pas de glandes sudoripares, ni d’aucun autre moyen pour réguler leur température interne. Leur peau est glabre et sécrète, pour se protéger du soleil, une sorte d'écran solaire naturel rougeâtre appelée parfois « sueur de sang », bien qu'il ne s'agisse ni de sang ni de sueur. Cette substance, d'abord incolore, vire à l'orangé-rouge au bout de quelques minutes, et devient finalement brune.

Deux pigments différents et extrêmement acides ont été identifiés dans les sécrétions, un rouge et un orangé. Le pigment rouge est l'acide hipposudorique, et le pigment orangé l'acide norhipposudorique. On a découvert que le pigment rouge inhibe la croissance des bactéries pathogènes, ce qui laisse à croire que la sécrétion a un effet antibiotique. L'absorption de la lumière par ces deux pigments est maximale dans la gamme ultraviolette, ce qui équivaut à l'effet d'un écran solaire. Comme les hippopotames sécrètent ces pigments partout dans le monde, il ne semble pas que ce soit leur alimentation qui en soit la source. Au lieu de cela les animaux peuvent synthétiser les pigments à partir de précurseurs comme la tyrosine, un acide aminé[1].

Lait blanc[modifier | modifier le code]

Il semblerait aussi que ces pigments (dont on parlait ci-dessus) aient créé une confusion, très répandue sur internet, prétendant que le lait des femelles est rose. Ce qui peut arriver en cas de mélange du lait avec ces sécrétions. Mais, au départ, le lait est blanc à la sortie des mamelles[2].

Pattes et pieds[modifier | modifier le code]

Les pattes de l'hippopotame nain sont plus déliés et nettement adaptés à la marche. Les doigts sont libres, n'étant pas reliés par une membrane, et les ongles sont pointus. Cela lui permet de bien adhérer au sol, si celui-ci est inégal. En même temps, il peut marcher dans les marigots ou le sous-bois humide de la forêt. (Encyclopedie Larousse)


Comportement[modifier | modifier le code]

Hippopotames dans leur milieu naturel
Agrandir.

Les comportements observés pour les deux espèces vivantes sont différents. L'hippopotame commun ou amphibie vit en grands groupes dominés par un mâle polygame et irascible, tandis que les hippopotames nains vivent en couples ou en très petits groupes. Les hippopotames amphibies passent la journée dans l'eau pour se protéger du soleil, tandis que les hippopotames nains passent la journée cachés en forêt, dans les marais voire dans des terriers.

Pour séduire une femelle les hippotames peuvent se battre jusqu’à la mort, ouvrant grand la bouche pour se montrer le plus imposant possible. Leurs crocs peuvent faire d'importants dégâts sur l'adversaire. L’accouplement de l'hippopotame commun se passe dans l’eau. La femelle est alors complètement immergée, seules ses narines sortent de l’eau. Comparativement aux adultes, le jeune est minuscule à la naissance : 30 kg pour 40 cm de long, alors que la mère fait près de deux tonnes. La croissance est très rapide et à un an le jeune pèse déjà 500 kg. En cas de naissance de gémellité, seul l'un des jeunes est nourri.

Certaines espèces d'hippotames sont accompagnés d'oiseaux qui viennent manger leurs tiques, mais ainsi ils enlèvent également un peu de chair. Certains hippopotames peuvent rester marqués.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Ces animaux sont principalement herbivores, toutefois les hippopotames nains ont un régime alimentaire plus large. En journée, l'hippopotame se nourrit d'herbe et de graminées à proximité des berges. La nuit tombée, il s'éloigne des berges pour rejoindre des pâturages par des sentiers précis, parcourant pour cela jusqu'à 10 km. Il ne se sert pas de ses dents pour couper l’herbe, mais la cueille avec ses lèvres. Pendant sa quête de nourriture, il arrive parfois qu'il pénètre dans des plantations, occasionnant alors d'énormes dégâts. Il consomme 40 kg de matières végétales par jour. Lors des périodes où les herbes viennent à manquer ils peuvent sans problème se nourrir de viande, ce sont des charognards occasionnels. Il est très rare de voir un hippopotame hors de l'eau la journée (on peut le voir dans une vidéo produite par la BBC[3]).

Bien qu’il soit herbivore, c’est l’un des animaux les plus dangereux d’Afrique. Il protège férocement son territoire, cause de la plupart des attaques sur les humains.

Histoire évolutive, dénomination et classification[modifier | modifier le code]

On a longtemps cru que les deux espèces connues étaient étroitement liées à la famille des Suidae (porcs et sangliers) ou à celle des Tayassuidae (pécaris), mais des recherches au cours des années 1990 ont montré que les hippopotames sont les plus proches parents terrestres des cétacés. La classification des Hippopotamidae est toujours en cours de discussion. L'une des classifications, due au chercheur français Jean-Renaud Boisserie, est la plus récente.

Citation[modifier | modifier le code]

  • Plutarque, De l'intelligence des animaux, 4, 962 e : « les cigognes pourvoient aux besoins de leurs pères, alors que les hippopotames les mettent à mort afin de pouvoir couvrir leur mère ».

Liste des genres et espèces[modifier | modifier le code]

Classification phylogénétique[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Saikawa et al. 2004
  2. Page en anglais, on s'est penché sur la fausse légende du lait rose. On trouve aussi ce lien et celui-ci.
  3. http://www.youtube.com/watch?v=3J45ojsP6Dc&feature=feedrec_grec_index
  4. Martine Faure, Claude Guérin, Dominique Genty, Dominique Gommery et Beby Ramanivosoa ; Le plus ancien hippopotame fossile (Hippopotamus laloumena) de Madagascar (Belobaka, Province de Mahajanga) ; Paléontologie systématique (Paléontologie des vertébrés) ; Comptes Rendus Palevol Volume 9, Issue 4, June 2010, Pages 155-162 doi:10.1016/j.crpv.2010.04.002 (Résumé (anglais et français))