Émeutes de Soweto

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Photo relative aux émeutes de Soweto représentant un écolier portant le corps sans vie du jeune Hector Pieterson, 13 ans, tué par des balles de la police le .
Photo prise par Sam Nzima.

Les émeutes de Soweto étaient une manifestation d'adolescents noirs en Afrique du Sud le , protestant contre l'imposition de l'enseignement exclusif en langue afrikaans et qui dégénéra lorsque la police ouvrit le feu.

Contexte[modifier | modifier le code]

Ces émeutes ont lieu alors que le pays vit sous le régime de l'apartheid. Soweto est une banlieue noire située à 24 km au sud-ouest de Johannesburg dans la province d'alors du Transvaal (aujourd'hui situé dans le Gauteng).

La journée du 16 juin 1976[modifier | modifier le code]

Le , avec le soutien du mouvement de la Conscience noire, des écoliers et des étudiants noirs se rassemblent pour protester contre l'obligation qui leur est faite de suivre leur enseignement en afrikaans, la langue de la principale communauté blanche du pays et identifiée à l'apartheid.

À neuf heures et demie du matin, ces jeunes commencent à se réunir autour de banderoles. Ils ont pour but de protester et d'exprimer leurs opinions pacifiquement et il est convenu que tout affrontement avec la police doit être évité.

Mais la police avait reçu la consigne du ministre de la Justice, Jimmy Kruger, de « rétablir l'ordre à tout prix et d'user de tous les moyens à cet effet ».

Après les sommations demandant à la foule de se disperser, elle ouvrit le feu sans distinction sur la foule désarmée.

Le bilan est officiellement de 23 morts et 220 blessés, mais le bilan réel n'est pas vraiment connu. On parle de plusieurs centaines de morts, et on avance parfois 575 morts dont 570 noirs[1]. Bon nombre de victimes furent touchées de balles dans le dos. L'un des premiers morts, Hector Pieterson, un jeune garçon de 12 ans[réf. nécessaire], devint le symbole de la répression aveugle du régime.

La photo, prise par Sam Nzima, sur laquelle il est porté par un camarade de classe, Mbuyisa Makhubo, fit plus tard le tour du monde[2],[3].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Des émeutes se propagèrent dans tous les townships du pays et leur répercussion dans l'opinion internationale fut telle qu'elle obligea en 1977 l'ONU à décréter un embargo sur les ventes d'armes à destination de l'Afrique du Sud[4].

La répression du gouvernement est sévère et les chefs des partis noirs comme celui de la Conscience noire, Steve Biko, sont arrêtés. Il meurt le . Son autopsie révéla de violents coups portés à la tête.

Hommages[modifier | modifier le code]

Depuis 1991, la journée de l’enfant africain est organisée chaque année le 16 juin sur tout le continent africain, en souvenir du massacre des enfants à Soweto. C'est aussi la Journée de la jeunesse (Youth Day) en Afrique du Sud et cette date coïncide avec la date de naissance de Zakumi, mascotte officielle pour la Coupe du monde de football de 2010.

Le musée Hector Pieterson à Soweto, inauguré le 16 juin 2002, commémore les événements.

Adaptation cinématographique[modifier | modifier le code]

Les émeutes de Soweto ont été mises en scène à la fin du film Cry Freedom de Richard Attenborough et en 1992 dans la comédie musicale Sarafina ! de Darrell Roodt. Elles apparaisssent aussi au début du film Une saison blanche et sèche de Euzhan Palcy en 1989.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Quid 1995, page 942c (Afrique du Sud / Histoire).
  2. The day Hector Pieterson died
  3. 16 juin 1976 : les émeutes de Soweto
  4. http://www.un.org/french/documents/view_doc.asp?symbol=S/RES/418(1977)