Parti national (Afrique du Sud)

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Parti national
Image illustrative de l'article Parti national (Afrique du Sud)
Logo officiel
Présentation
Présidents JBM Hertzog (1914/1934)
DF Malan (1934/1954)
JG Strijdom (1954-1958)
HF Verwoerd (1958-1966)
BJ Vorster (1966-1978)
PW Botha (1978-1989)
FW de Klerk (1989/1997)
Marthinus van Schalkwyk (1997-2005)
Jean Duval-Uys (2008/)
Fondation 1914
Disparition 1997 sous l'intitulé parti national
2005 sous l'intitulé Nouveau Parti national
Siège Le Cap
Positionnement centre-droit à droite conservatrice
Députés Députés
Idéologie nationalisme afrikaner, conservatisme, républicanisme, anti-communisme, réformisme
Couleurs orange, blanc, bleu (1935-1993)
bleu, blanc, jaune, vert (1994-1998)
Site web www.nationalparty.co.za

Le Parti national (Nasionale Party (afrikaans) ou National Party (anglais) - NP) est un parti politique d'Afrique du Sud fondé en 1914 et dissous en 2005. Il fut connu également sous plusieurs autres appellations successives comme parti national purifié (1934-1940), parti national reconstitué (1940-1953) et enfin Nouveau Parti national (1997-2005).
Le parti national a été au XXe siècle l'expression politique du nationalisme afrikaner, nostalgique de l'indépendance des républiques boers. Après avoir gagné les élections générales sud-africaines de 1948, le parti national met en place le système législatif de l'apartheid présenté comme une solution pour régler les problèmes raciaux en Afrique du Sud et maintenir la prédominance de la population blanche minoritaire sur les autres groupes de population. Hostile à l'impérialisme britannique et à la Monarchie, le parti national milite et obtient, lors d'un référendum en 1961, l'établissement de la république d'Afrique du Sud. Après avoir voté la fin des lois d'apartheid en 1991, le parti national effectue une profonde mutation politique et devient un parti multiracial réformiste dans la nouvelle Afrique du Sud. Il participe au gouvernement d'union nationale mis en place en 1994, vote l'adoption de la nouvelle constitution sud-africaine puis démissionne du gouvernement en 1996 pour entrer dans l'opposition. Désorienté par ses stratégies successives et par une ligne politique illisible, l'électorat blanc conservateur et afrikaner abandonne le désormais Nouveau Parti national lors des élections générales sud-africaines de 1999 pour se rallier en nombre au plus pugnace parti démocratique. Après avoir été co-fondateur de l'Alliance démocratique en 2000, le nouveau parti national se rallie finalement au congrès national africain dans lequel il se dissous en 2005.

Organisation[modifier | modifier le code]

Une corne à poudre, symbole voortrekker et longtemps l'emblème traditionnel du parti national
(1939-1980)

Organisé sur une base communautaire, le Parti national se veut l'incarnation de la nation afrikaner (la nation en mouvement comme le qualifiera le premier ministre Hendrik Verwoerd). Le Parti national est dès sa fondation en 1914 un mouvement décentralisé. Il est représenté dans chacune des quatre provinces et chacune de ces quatre fédérations provinciales jouit d’une grande autonomie. Les chefs régionaux ont parfois plus de poids que les chefs nationaux et chaque circonscription choisit son candidat au parlement. Le parti est en même temps discipliné et les adhérents de base acceptent les options politiques du groupe dirigeant, même lorsqu'elles constituent des tournants importants considérés comme progressistes ou conservateurs. Cette discipline peut s'expliquer à l'origine par le traumatisme de la Seconde Guerre des Boers mais aussi par la dévotion et la foi des militants dans le Volk (le peuple afrikaner) ou encore l'efficacité des dirigeants.

L'emblème du NP dans les années 1980 et au début des années 1990

Le parti national va croitre et se maintenir au pouvoir grâce aux relais divers dont il dispose dans la société civile au sein de laquelle il va bénéficier d’un dense réseau d'associations « parallèles », culturelles, éducatives, économiques. La Volksbank (banque du peuple) est l'une de ces entités qui consent des prêts à taux attractifs aux afrikaners. Il peut compter au plan national sur le groupe de presse Nasionale Pers et de ses journaux Die Burger et Volksblad, ainsi qu'au Transvaal sur les groupes Voortrekker pers et Afrikaanse Pers.

Le parti et la nation afrikaner est enfin, traversée par une puissante franc-maçonnerie calviniste : le "Broederbond" créé en 1918 au Transvaal puis constitué en société secrète en 1922. Comme toute franc-maçonnerie, ses adhérents (à l'origine exclusivement masculins) se recrutaient par cooptation dans les milieux politiques, industriels, universitaires et syndicaux. Par la suite, la plupart des ministres des gouvernements d'apartheid et les 4/5e des parlementaires du parti, les universitaires les plus en vue et plus du tiers des instituteurs et professeurs de collèges seront affiliés au Broederbond.

Sociologie[modifier | modifier le code]

D'abord très implanté dans l'état libre d'Orange, la fédération la plus puissante du parti devient, à partir des années 1920, celle de la province du Cap dirigée par Daniel François Malan. Dans cette province, le parti s'appuie sur les riches agriculteurs du Cap-Occidental, sur les éleveurs de la région du Karoo, sur les milieux financiers et sur la petite bourgeoisie afrikaans et citadine[1]. Les élus de cette province maintiendront leur prééminence politique sur l'organigramme du parti jusqu'en 1954, date à laquelle le contrôle du parti leur échappe au profit de Johannes Strijdom de la province du Transvaal. Dans celle-ci, la position du parti auprès de l'électorat est fragile. Les soutiens au parti national proviennent essentiellement des zones rurales du veld et d'une partie des Afrikaners urbanisés mais il doit faire face à un parti sud-africain bien implanté et à un parti travailliste important qui cherche à rallier les pauvres blancs des grands centres industriels du Witwatersrand où leurs conditions de vie sont aussi misérables que celles des populations noires déracinées et avec qui ils sont en concurrence sur le marché de l'emploi[2].

Dans l'État libre d'Orange, fief du général Hertzog puis de Charles Swart, la force du parti national repose sur les fermiers, les fonctionnaires, le corps enseignant, sur les pasteurs de l'Église réformée hollandaise et sur la petite bourgeoisie citadine[1]. Durant les années d'apartheid, les députés de l'état libre d'Orange seront exclusivement issus du parti national.

Dans la province du Natal, majoritairement anglophone, le parti national s'est constitué difficilement sous la direction de Ernest George Jansen et sera toujours minoritaire au niveau provincial.

Historique[modifier | modifier le code]

Création du parti national (1914-1915)[modifier | modifier le code]

Lors de sa fondation en 1910, l'Union de l'Afrique du Sud est confronté à deux défis majeurs : l'un concerne les relations conflictuelles entre Afrikaners et les populations blanches d'expression anglaise (soit aussi les relations entre les vaincus et les vainqueurs de la seconde guerre des Boers) tandis que l'autre concerne les liens constitutionnels entre le nouvel État et la Grande-Bretagne[3].

L'objectif du premier ministre, Louis Botha, un afrikaner vétéran de la seconde guerre des Boers, est de bâtir une nouvelle nation sud-africaine où se fondraient les anglophones et les Afrikaners. S'il dispose d'une majorité parlementaire de 77 sièges constitué par le parti sud-africain, un parti essentiellement rural et afrikaans, il a le soutien des partis pro-anglais dont celui des unionistes de Jameson qui pensent pouvoir faire triompher une politique d'assimilation et d'anglicisation de l'Afrique du Sud[3].

Cette stratégie qui reçoit de l'écho au sein du gouvernement Botha rencontre l'hostilité d'une partie des Afrikaners, attachée à défendre ses droits et à préserver leur identité ethnique dans un contexte marqué par une grande misère au sein de cette communauté et dans un État où la population blanche, bien que dominant politiquement et économiquement, n'en est pas moins minoritaire. Ces Afrikaners hostiles à l'anglicisation se regroupent autour de James Barry Hertzog, ministre de la justice et lui-aussi vétéran de la seconde guerre des Boers. Hertzog devient rapidement le chef de file du mouvement nationaliste et le défenseur de la cause afrikaans et se lance dans une virulente campagne à l'encontre des anglophones[4]. Son objectif est clair : « défendre et affirmer les droits de la communauté afrikaans », menacés par l'impérialisme britannique. Sa conviction est que « la préservation de l'identité culturelle de chacun des deux groupes [de population blanche] est seule garante de la stabilité politique et de la pérennité de la présence blanche en Afrique du Sud »[4]. Par ailleurs, concernant les liens constitutionnels, alors que Louis Botha soutient la présence sud-africaine dans la sphère d'influence britannique, Hertzog soutient le droit à l'autodétermination et celui d'agir en conformité aux intérêts de l'union et non exclusivement de ceux de l'Empire britannique[4].

À la suite d'un virulent discours anti-britannique prononcé à Rustenburg en décembre 1912, Hertzog est exclu du gouvernement et du parti sud-africain.
En janvier 1914, la rupture est définitivement consommée entre les deux anciens héros de la seconde guerre des Boers. Ce schisme débouche sur la création du Parti national le 1er juillet 1914 dirigé par le général Hertzog sur une ligne politique nationaliste afrikaner, revendiquant notamment l'équité et l'égalité de traitement entre les deux populations blanches de l'Union de l'Afrique du Sud, entre celle d'expression afrikaans et celle d'expression anglaise. Cette nouvelle formation nationaliste, dont l'organisation est déconcentrée au niveau provincial, se constitue d'abord dans l'État libre d'Orange puis au Transvaal et reçoit le soutien de la majorité des députés de l'état libre d'Orange (la province d'Hertzog) et celui de nombreux héros de la guerre tels Christiaan de Wet, Koos de la Rey ou encore de Martinus Steyn[1]. La nouvelle organisation nationaliste a besoin d'un journal influent pour lui servir de porte-parole et pour relayer ses idées dans le pays. Elle a besoin également d'une maison d'édition. Celle-ci est fondée sous le nom De Nationale Pers à Stellenbosch tandis que Daniel François Malan, un pasteur de l'église réformée néerlandaise, reconnu pour sa stature morale et intellectuelle dans les rangs nationalistes, devient rédacteur en chef de Die Burger, le nouveau journal nationaliste.

D.F. Malan

Le premier numéro du journal parait le 27 juillet 1915, à peine un mois après que Malan ait été élu à la direction exécutive du parti national (conférence de Cradock). En septembre 1915, il est élu président du parti national de la province du Cap (De Nationale Partij van de Kaap-Provincie) lors de son congrès fondateur à Middelburg. Une fois constitué, le nouveau parti demande sa filiation au parti national de l'union sud-africaine.
Le parti élargit progressivement son électorat à toutes les 3 autres provinces, sous une forme très décentralisée et sur des bases sociales propres à chaque province.

La marche vers le pouvoir[modifier | modifier le code]

Aux élections législatives d'octobre 1915, le Parti national entre au parlement remportant 75 000 voix et 27 sièges, derrière le parti sud-africain (90 000 voix et 58 sièges) et derrière le parti unioniste (48 000 suffrages et 40 sièges). Dans la province du Cap, Malan échoue à enlever le siège de Cradock face à Harry van Heerden, député sortant du parti sud-africain et ministre de l'Agriculture dans le gouvernement Botha. Au niveau provincial, le NP n'emporte que 7 des 51 circonscriptions de la province du Cap et est devancé par les unionistes avec pourtant 4 000 voix de plus. L'électorat du parti national repose d'abord sur les fermiers de l'État libre d'Orange puis sur les Afrikaners inquiets de l'orientation pro-britannique du gouvernement mais aussi inquiets pour leur langue, leur culture auxquels s'ajoutent ceux qui sont inquiets pour leur emploi dans les centres urbains miniers et industriels à la suite de l'arrivée de nombreux immigrants noirs[1].

En tant que rédacteur en chef du journal nationaliste de 1915 à 1923, Malan fait avancer des idées répondant aux aspirations nationales des Afrikaners. Il évoque notamment leur sentiment d'infériorité vis-à-vis des institutions dominées par les anglophones et revendique la création d'une nouvelle communauté nationale où l'afrikaans serait utilisé à parité avec la langue anglaise dans la sphère publique. Dans l'esprit de Malan, faire l'union de la nation afrikaner est d'ailleurs un impératif existentiel. Mêlant chroniques en néerlandais et comptes-rendus en afrikaans, le journal devient aussi un important instrument de diffusion pour le second mouvement littéraire afrikaans[5]. Dans ses articles, D.F. Malan n'évoque jamais les populations de couleurs d'Afrique du Sud sauf dans le cadre des relations de travail. C'est par le biais du problème des Blancs pauvres qu'il aborde notamment pour la première fois la question des relations raciales[6]Loin de défendre le colour bar alors en vigueur, tout juste estime-t-il qu'une stricte ségrégation soit imposée au niveau des conditions de travail afin de préserver le sentiment de supériorité sociale du Blanc pauvre[7]. Son modèle social est alors celui du sud des États-Unis et, à l'instar de Francis William Reitz, ne parle pas de ségrégation mais de séparation (afskeiding)[8].
. Sous sa direction néanmoins, le journal gagne en respectabilité dans un contexte difficile qui est celui de la Première Guerre mondiale[9]. L'implication de Malan et de son journal dans le lancement et le financement du mouvement Helpmekaar, une mutuelle d'entraide pour payer les amendes des rebelles afrikaners à la Première Guerre mondiale, permet de faire de cet organisme social un très bon instrument de propagande du nationalisme afrikaner dans la province du Cap et de pallier au manque de discipline interne qui caractérisent alors le parti national que ce soit au niveau fédéral ou au niveau provincial[10]..

Lors des élections de 1920, le parti national devient la première force politique avec 44 députés. Mais le Parti sud-africain de Jan Smuts (41 députés) reste au pouvoir grâce à son alliance avec les petits partis modérés.

La sanglante répression du mouvement ouvrier lors de la révolte du Rand en 1922 jette le discrédit sur le gouvernement sud-africain de Jan Smuts et aboutit à une alliance électorale entre le parti national et le parti travailliste du colonel Frederic Creswell. Dénonçant la politique répressive de Smuts, Hertzog rallie la majorité des blancs les pauvres, auxquels il promet de les arracher à la misère, mais aussi le vote des coloureds de la province du Cap à qui il promet des droits politiques étendus.

Le premier exercice du pouvoir (1924-1934)[modifier | modifier le code]

En 1924, allié au parti travailliste, le NP gagne les élections et obtient la majorité absolue des sièges. Hertzog succède à Jan Smuts à la tête du gouvernement. La priorité d'Hertzog est d'arracher les quelque 160 000 petits blancs à leur misère en embauchant massivement des Blancs non qualifiés dans les services publics et en étendant la législation sur les emplois réservés (aux Blancs) dans l'industrie et le commerce. Une de ses premières mesures symboliques est aussi de remplacer le néerlandais par l’afrikaans comme langue officielle au côté de l'anglais. Il met également en œuvre une consultation populaire pour choisir un hymne national sud-africain et un drapeau national en remplacement du drapeau colonial aux couleurs britanniques. Le nouveau drapeau national d'Afrique du Sud qu'il fait adopter par le parlement en 1927 avec le soutien de Jan Smuts[11] est relativement consensuel, symbolisant l'histoire blanche du pays. L'hymne national adopté est « Die Stem van Suid-Afrika » dont les paroles proviennent d'un poème de l'écrivain sud-africain Cornelis Jacobus Langenhoven[12].

En 1926, JBM Hertzog participe à la conférence impériale qui met au point la déclaration Balfour. Il renonce alors à demander un régime républicain pour l'Afrique du Sud estimant que le pays a atteint un degré suffisant d'indépendance concrétisé notamment par la création du ministère des affaires étrangères et l'ouverture de représentations diplomatiques aux États-Unis, en Italie et aux Pays-Bas (1928).

Sur le plan intérieur, ce sont des années de prospérité pour les Afrikaners, notamment pour les petits blancs pour lesquels le gouvernement Hertzog manifeste tout autant un souci de promotion sociale que celui de protéger la classe moyenne blanche laborieuse face au « dumping racial » pratiqué par les compagnies minières[13]. L'État investit dans l'économie et encourage la fondation de grands conglomérats industriels comme South African Iron and Steel Industrial Corporation (ISCOR). Mais en 1928, il provoque lui-même la chute de son gouvernement à la suite des négociations entamées par son ministre chargé du travail avec Industrial and Commercial Workers Union, le syndicat de couleur de Clements Kadalie.

Aux élections de 1929, le Parti National obtient la majorité absolue des sièges sans avoir la majorité en voix (41 % des suffrages contre 47 % au Parti sud-africain de Smuts). Les travaillistes restent néanmoins au gouvernement[14] en dépit de l'hostilité de la section nationaliste de la province du Cap. En 1931, Hertzog obtient que l'Afrique du Sud bénéficie du Statut de Westminster. C'est cette même année qu'il fait accorder par le parlement le droit de vote aux femmes.

Cette politique qui permet au niveau de vie des Afrikaners de s'améliorer va se heurter à la crise économique qui frappe le pays dans les années 1930. La chute des cours du maïs et de la laine combinée à une terrible sécheresse en 1932 ruine de nombreuses exploitations et accélère l'exode rural. Parallèlement, le commerce du diamant s'effondre tout comme les prix agricoles et les exportations se raréfient. L'abandon de l'étalon-or par la Grande-Bretagne provoque en Afrique du Sud une fuite de capitaux vers l'étranger. La rentabilité des mines est menacée, le chômage augmente.

Pour lutter contre la crise économique et sauver le parti national d'une défaite électorale, Hertzog se rapproche de son rival, Jan Smuts et de son South African Party.

Fusion et schisme (1934-1939)[modifier | modifier le code]

Les deux fondateurs du parti uni, Jan Smuts (à gauche) et James Barry Hertzog (à droite) au côté de leurs épouses Wilhelmina Jacoba Hertzog (centre gauche) et Isie Smuts (centre droit)

Au début des années 1930, le contexte politique est marqué par des tensions internes au sein des différentes familles politiques du parlement. Du côté du parti national représentatif de l'électorat afrikaner rural et ouvrier, la popularité du gouvernement Hertzog est en chute libre suite aux conséquences d'une sécheresse dévastatrice et de la dépression économique mondiale. Des voix s'élèvent, comme celles de Tielman Roos ou de Daniel François Malan, pour demander une autre politique. Le parti travailliste, allié au gouvernement, est lui aussi en pleine crise interne. Du côté de l'opposition parlementaire, le parti sud-africain de Jan Smuts, représentatif de l'électorat anglophone urbain, connait aussi des tensions avec les fédéralistes du Natal ainsi qu'entre l'aile conservatrice et l'aile libérale du parti dirigée par Jan Hendrik Hofmeyr. En septembre 1931, la Grande-Bretagne abandonne l'étalon-or. Tielman Roos, en rupture de ban avec sa formation politique, prône l'abandon de l'étalon-or et un gouvernement d'union nationale. Pour le contrer, Hertzog se rapproche de Jan Smuts pour former un gouvernement de coalition (février 1933) au grand dam de D.F. Malan, peu enthousiaste à une union avec les anglophiles, fussent-ils afrikaners.
Les circonstances de ce rapprochement, qui aboutit deux ans plus tard à une fusion du parti national et du parti sud-africain, sont néanmoins exceptionnelles et résultent des conséquences de la grave crise économique qui ravage le pays et de la crise monétaire. Les tractations entre les deux partis aboutissent sur un programme commun en sept points basés comportant notamment le développement politique et économique des populations autochtones, via le renforcement de la ségrégation afin de ne pas remettre en cause le principe de domination de la civilisation blanche en Afrique du Sud.

Les 19 députés nationalistes qui refusent, autour de Daniel Malan, la fusion avec le parti uni et fondent le Parti national purifié

La coalition entre les deux formations remporte les élections générales sud-africaines de 1933 à une écrasante majorité. Avec 138 sièges sur 150 (75 NP, 61 SAP et 2 travaillistes de la tendance de Frederic Creswell), la coalition est hégémonique face au parti unioniste et au parti du centre de Roos (6 sièges en tout pour l'opposition). Le nouveau gouvernement paritaire entre les deux formations qui est alors formé est dirigé par Hertzog tandis que Jan Smuts le chef du parti sud-africain devient le vice-premier ministre. Durant deux ans, les deux partis coopèrent et le statut de Westminster est définitivement adopté confirmant la pleine indépendance de l'Union. Durant cette période, un mouvement à l'échelle nationale propose de consolider la coalition par la fusion des deux parties qui la compose. Maintes et maintes fois, Daniel François Malan s'oppose à cette éventualité. Selon lui, la fusion des deux partis ne peut aboutir tant les opinions d'Hertzog et de Smuts diffèrent sur des sujets fondamentaux tels que la divisibilité de la Couronne, le droit de rester neutre en cas de conflit impliquant la Grande-Bretagne et le statut souverain de l'Union. L'alliance perçu comme un bon moyen de lutter contre les difficultés économiques est aussi considérée par de nombreux nationalistes comme un retour à l'ancienne politique de compromis avec les sud-africains d'expression anglaise[15]. Le processus de fusion entre les deux partis de Smuts et de Hertzog connait cependant un contretemps : organisé sur une base fédérale, ce sont en fait les entités provinciales du parti national qui doivent se prononcer sur la fusion et non l'exécutif national du parti. Si 3 des 4 entités provinciales du parti national acceptent la fusion, le parti national de la province du Cap dirigé par Malan la refuse et maintient l'existence d'un parti national résiduel qui prend alors le nom de « parti national purifié », composé essentiellement de membres du Broederbond. Débarrassé des modérés qui avaient suivi Hertzog, représenté à la chambre basse du parlement par 19 députés (élus principalement dans la province du Cap en 1933 en tant que candidats de la coalition), le parti national purifié devient la vitrine et l'outil politique au service des résolutions adoptées par les "frères" et acquière immédiatement le statut d'opposition officielle.

La fusion entre le parti national d'Hertzog et le parti sud-africain intervient le 5 décembre 1934, lors d'un congrès extraordinaire à Bloemfontein célébrant la naissance du parti national uni d'Afrique du Sud, très rapidement appelé parti uni (united party - UP).

Sur fonds de crise économique, le nationalisme afrikaner continue de se développer. Exalté autour de l’anti-britanisme, le mouvement des « Dertigters », dont les chefs de file sont N.P. Van Wyk Louw, Dirk Opperman, C. M. van den Heever et Uys Krige marque la mobilisation de l’élite intellectuelle afrikaner autour de la lutte contre la massification et pour la défense de ses valeurs et de sa culture. Le virulent anti-britannisme commence cependant à être concurrencé chez les Afrikaners par la crainte d'un nationalisme noir en gestation. L'année 1938 est marquée par les célébrations du centenaire du Grand Trek, rassemblant autour du même thème, des communautés blanches disparates dont les seuls dénominateurs communs sont la religion et la langue[16]. Ces célébrations, marquées par un déferlement sans précédent du nationalisme afrikaner à travers tout le pays, se terminent à la date symbolique du 16 décembre par la pose à Pretoria de la première pierre des fondations du Voortrekker Monument, dédié aux pionniers boers. L'année 1938 est aussi une année électorale qui confirme cependant dans ce contexte le parti uni au pouvoir. Si le parti national purifié confirme son assise électorale dans la province du Cap (où il remporte 20 des 59 sièges notamment ceux de Daniel Malan, Paul Sauer, Karl Bremer, Eric Louw, Stephanus Petrus le Roux et François Christiaan Erasmus), il ne remporte qu'un siège de député (sur 60) au Transvaal (celui de JG Strijdom), que 6 sièges sur 15 dans l'état libre d'Orange (Charles Swart, député sortant, est néanmoins battu dans sa circonscription de Ladybrand) et aucun siège au Natal.

La surenchère antisémite du nationalisme afrikaner de l'entre deux guerres à la guerre froide[modifier | modifier le code]

Durant les années 1930, de nombreux nationalistes afrikaners se montrent réceptifs à la politique raciale de l'Allemagne d'Adolf Hitler. Certains sympathisent ou adhèrent à l'idéologie nationale-socialiste et à l'antisémitisme. Les raisons de base de cette adhésion peuvent être, outre le racisme, la haine des Britanniques véhiculée depuis la Seconde Guerre des Boers, mais aussi l'hostilité au capitalisme, au communisme et à la démocratie parlementaire. Pour eux, tout ennemi des Britanniques est un allié, quel qu'il soit. Certains de ces Afrikaners sont eux-mêmes d'ascendance germanique et ont toujours manifesté un certain attachement à leur patrie d'origine, comme de nombreux descendants d'Allemands de par le monde. La majorité de ces ralliés pense que la résurgence des républiques boers ne serait possible qu'en cas de chute de l'empire britannique, lequel ne peut résulter que d'un conflit avec une grande puissance européenne. Hitler leur apparait alors comme cet homme providentiel capable de battre la Grande-Bretagne. Ce raisonnement est à la base du ralliement de nombreux de ces Afrikaners nationaux-socialistes qui les amène à accepter et revendiquer les autres caractéristiques du nazisme comme l'antisémitisme.

Le ministre Oswald Pirow en visite à Berlin (novembre 1938)

Les premiers mouvements crypto-nazis sud-africains sont les Greyshirts et les Boerenasie. Ses chefs sont alors des membres ou des proches du parti national comme Johannes van Rensburg (alors secrétaire à la Justice). Dans les années 1940, le mouvement Nuwe Orde (Nouvel ordre), ouvertement favorable aux Nazis, est lancé par l'ancien ministre de la justice et de la défense, Oswald Pirow, un dissident du parti uni. Pour Van Rensburg, le général Hertzog aurait aussi sympathisé à sa cause bien que rien ne puisse définitivement en attester. Hertzog est néanmoins un détracteur du traité de Versailles et il soutient Hitler dans la dénonciation de celui-ci. Bien que favorable cependant à la rétrocession théorique des colonies allemandes au Reich allemand, il s'oppose en pratique à ce que soit rétrocédé le Sud-Ouest africain et propose en échange le Liberia. Le soutien à la rétrocession des colonies allemandes est également partagé par J. G. Strijdom, chef du parti national au Transvaal, qui déclare en 1937 qu'il ne ferait aucune objection à la rétrocession du Sud-Ouest africain.

Les théories suprémacistes des nazis sont aussi reprises par plusieurs chefs nationalistes. Alors que les premiers discours nationalistes mentionnant la composante juive de la population sud-africaine l'assimile au peuple afrikaner (discours du général Hertzog en 1929 et de Daniel Malan en 1930), c'est la question de l'immigration en Afrique du Sud des juifs fuyant l'Allemagne nazie qui divise le parti, sur fonds d'antisémitisme avéré et de nationalisme exacerbé. Ainsi les plus modérés de ces nationalistes y voient l'éternel cheval de Troie utilisé par la perfide Albion pour augmenter le poids de la population blanche au détriment des Afrikaners alors que les plus virulents ont carrément des discours antisémites. Le 1er mai 1930, avant l'arrivée au pouvoir des nazis, le ministre de l'intérieur, Daniel Malan, promulgue la loi d'immigration établissant des quotas par pays, nationalité et par race, excluant formellement les pays dont sont traditionnellement issus les immigrants juifs (est et sud de l'Europe). La loi facilite officiellement l'immigration germanique et saxonne d'Europe de l'Ouest, population apparemment plus assimilable aux Afrikaners, selon Malan.

Les persécutions nazies vont néanmoins augmenter les demandes d'immigrations juives en Afrique du Sud, de 204 en 1933 à 452 en 1934 puis 2546 en 1936. Au début, le parti national défend les demandes des immigrants, reconnaissant la difficulté de leur situation et condamne les mouvements extrémistes qui demandent leur renvoi. En 1934, le journal Die Burger condamne l'activisme antisémite des Greyshirts (chemises grises) et leur soutien à un régime dictatorial.

En novembre 1936, après la scission entre nationalistes, la loi est cependant modifiée par le gouvernement du parti uni dans un sens restrictif alors que le navire SS Stuttgart transportant 600 réfugiés juifs accoste en Afrique du Sud. Les Greyshirts tentent d'empêcher le débarquement des réfugiés soutenus par la section locale du parti national de Paarl. Parmi les signataires des nationalistes de Paarl, Theophilus Donges, qui écrit que les juifs sont insolubles dans la communauté nationale. Il est rejoint par Hendrik Verwoerd, qui s'en prend à la presse anglophone. Un an plus tard, ce dernier signe un éditorial dans le journal Die Transvaler où il propose un nouveau système de quotas d'immigration restrictif à l'intention des immigrants d'origine juive[17].

En 1937, le gouvernement Smuts-Hertzog fait adopter une nouvelle loi imposant le critère de l'assimilation de l'immigrant à la communauté nationale sans donner d'autres critères précis. Le Parti national purifié n'est pas satisfait et propose l'interdiction de l'immigration juive et l'interdiction de certaines branches professionnelles aux Sud-africains juifs. Le nationaliste F. C. Erasmus, tente de son côté de s'attirer les bonnes grâces des Greyshirts en affirmant partager leurs convictions. Ainsi, en 1938, à la veille des élections générales, de nombreux membres de ce mouvement extrémiste annoncent leur ralliement au parti national. Malan remerciera les Greyshirts ainsi que Louis Weichardt, un de leurs chefs pour son soutien.

Daniel Malan reconnaît cependant la surenchère pratiquée par ses troupes mais dans un premier temps invoque l'existence d'un "problème juif" en Afrique du Sud, résultant, selon lui, de la place qu'aurait la population juive sud-africaine dans le monde des affaires, notamment les mines mais aussi la presse. Ainsi, pour lui, un taux supérieur de 4 % de juifs dans la population blanche nourrit l'antisémitisme qu'il dénonce par ailleurs (la population juive sud-africaine n'a jamais dépassé le taux de 4,5 % de la population blanche alors que Malan la chiffrait à 5-7 %).

En février 1939, le député nationaliste Eric Louw dépose une proposition de loi durcissant encore les conditions d'immigration mais aussi proposant des quotas pour les juifs à l'entrée de certaines professions. La proposition n'est pas adoptée mais Jan Hendrik Hofmeyr, un proche de Smuts, dénonce la proposition de loi comme persécutrice des juifs et qui dépasse les pires allégations nazies.

D'autres mouvements ou groupuscules nazis se font connaître à la même époque comme le South African Gentile National Socialist Movement, dirigé par Johannes von Strauss von Moltke, qui proclame combattre l'influence juive en Afrique du Sud et proposait d'établir un État aryen dans le pays. Il est l'un des responsables de la propagation dans le pays du protocole des sages de Sion. Lors des élections de 1938, von Moltke apporte son soutien au parti national. En récompense, von Moltke devient le président du parti national du Sud-Ouest africain et sera plus tard membre du parlement pour la circonscription de Karas (jusqu'en 1961).

Daniel François Malan et David Ben Gourion en juin 1953 lors du premier déplacement d'un chef de gouvernement sud-africain en Israël.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le parti national du Transvaal incorpore dans ses statuts une clause interdisant aux juifs d'en être membre. C'est l'un des derniers actes officiels clairement antisémites du parti national qui prend alors, du moins au niveau national, ses distances avec les partisans de l'Allemagne nazie.

Peu avant les élections de 1948, Malan publie une profession de foi où il récuse les accusations d'antisémitisme. Dès lors, après leur arrivée au pouvoir, les nationalistes n'ont de cesse d'affirmer et de vouloir démontrer leur amitié avec le peuple juif et avec l'État d'Israël. De la suppression de la clause d'exception au statut du parti national du Transvaal à la commémoration nationale de la communauté juive de Worcester en passant par la visite en Israël de Daniel Malan qui y signe le livre d'or de l'organisation mondiale du sionisme.

L'antisémitisme de certains députés nationalistes ressurgira, notamment à partir de 1959, suite au soutien affiché de plusieurs importants membres de la communauté juive comme Helen Suzman et Boris Wilson au parti Uni puis au parti progressiste.

Une opposition attentiste (1939-1947)[modifier | modifier le code]

En 1939, au moment de faire accepter par le parlement l'entrée en guerre au côté du Royaume-Uni contre l'Allemagne nazie, la coalition gouvernementale vole en éclats. Alors qu'Hertzog défend le principe de neutralité de l'Afrique du Sud dans le conflit, Smuts soutient celle de l'engagement au côté des Britanniques. Malgré l'appui des voix nationalistes de Malan à Hertzog, l'entrée en guerre est votée à une courte majorité. Hertzog démissionne et Smuts se retrouve seul au pouvoir[18]. Hertzog et certains de ses partisans rejoignent alors Malan et les siens dans un « Parti national recrée » tandis que d'autres fondent le parti afrikaner.

Durant la guerre, le parti national est divisé entre pro-allemands comme John Vorster ou Hendrik Verwoerd et les attentistes comme Daniel Malan. Ce dernier finit par imposer aux cadres du mouvement cette position attentiste suite aux premiers revers de l'Allemagne nazie et à la répression interne en Afrique du Sud contre tous les mouvements pro-nazis. C'est ainsi que le parti national traverse sans encombres majeures la Seconde Guerre mondiale et reprend dès 1946 sa rhétorique nationaliste et républicaine.

En 1947, le Broederbond prend le contrôle du bureau sud-africain des affaires raciales (South African Bureau of Racial Affairs -SABRA). C'est en son sein que le concept de ségrégation totale au travers du dogme de l'apartheid est finalisé.

La bataille électorale de 1948[modifier | modifier le code]

Pour les élections de 1948, le programme du Parti national expose la définition de la politique qu'il entend mettre en place pour le pays. Mise au point par la commission Sauer, elle a pour nom apartheid que le parti national définit par opposition à la politique d’« égalité » perçu comme l'engagement vers un suicide national. L'apartheid est ainsi présentée comme « garante de la paix raciale » et comme fondée sur des principes chrétiens d’équité et de justice. Cette politique propose selon Malan le maintien de la protection de la population blanche, le maintien et la protection des groupes raciaux indigènes en tant qu’entités nationales séparées, avec la possibilité pour ces derniers de se développer dans les limites d'unités nationales indépendantes.

Aux élections de juin 1948, le NP, allié au Parti afrikaner de Nicolaas Havenga, remporte les élections contre le Parti Uni du premier ministre Jan Smuts. L'alliance nationaliste afrikaner, majoritaire en sièges mais non en voix, a bénéficié du découpage des circonscriptions électorales favorables aux ruraux afrikaners, et du soutien des classes populaires blanches, méfiantes vis-à-vis d'un Smuts trop distant, trop universaliste et trop éloigné des aspirations de l'Afrikaner de base.

Dans le premier gouvernement afrikaner de Daniel Malan, seuls deux ministres ne sont pas membres du Broederbond (Eric Louw et Nicolaas Havenga).

L'apartheid (1948-1991)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Apartheid en Afrique du Sud.

De 1948 à 1994, tous les premiers ministres sont des afrikaners issus du NP. Ainsi se succéderont Daniel Malan de 1948 à 1954, Johannes Strijdom de 1954 à 1958, Hendrik Verwoerd de 1958 à 1966, John Vorster de 1966 à 1978, Pieter Botha de 1978 à 1989 et Frederik de Klerk de 1989 à 1994.

Le parti va élargir sa base électorale, fusionner en 1951 avec le petit Parti afrikaner, s'ouvrir aux électeurs blancs anglophones et aux juifs (jusque là interdits de militantisme au sein du parti). À partir de 1958, sa domination du parlement est inébranlable jusqu'aux années 1990.

L'idéologie véhiculée par le NP est l'apartheid qui se définit comme un national-christianisme blanc et des relations de bons voisinages entre voisins issus de communautés et de races différentes. Les lois fondamentales de l'apartheid sont mises en place entre 1948 et 1954 alors que la résistance et la répression s'organisent lors du mandat de Strijdom.

Première page du Transvaler annonçant le 7 octobre 1960 la victoire des partisans de la République à l'issue du référendum organisé par le gouvernement Verwoerd

L’âge d'or de l'apartheid et du nationalisme afrikaner est la période de pouvoir d'Hendrik Verwoerd. En 1961, le pays devient enfin une république et sort du Commonwealth alors que les premiers bantoustans sont véritablement mis en place et accèdent à l'autonomie comme le (Transkei).

Sous le mandat de Vorster, le NP renforce sa mainmise sur l'appareil d'État. Les Afrikaners liés au parti monopolisent aussi bien l'armée et la fonction publique que les grandes sociétés d'État. Ils sont aussi de plus en plus présents à la tête des grandes entreprises du secteur privé, jusque là apanage des blancs anglophones. Les années 1970 révèlent de nouvelles personnalités au sein du NP comme Connie Mulder, Pieter Botha, Jimmy Kruger, Andries Treurnicht, Piet Koornhof, Louis le Grange ou Roelof "Pik" Botha.

Pourtant, en 1969, une branche extrémiste du NP fait scission sous la férule d'Albert Hertzog pour s'en aller créer le HNP (Parti national rénové) après que Vorster ait autorisé la venue de joueurs et de spectateurs maoris lors de la tournée des All Blacks de Nouvelle-Zélande en Afrique du Sud en 1970. Ce parti ne rencontre que peu de succès mais existe encore aujourd'hui.

En 1978, à la suite de la démission de John Vorster, des élections internes ont lieu au sein du parti national pour désigner son successeur au poste de président du parti et à celui de premier ministre. 3 candidats sont en lice, Pik Botha représentant de l'aile libérale du parti national très populaire chez les blancs sud-africains et considéré comme le favori de John Vorster[19], et deux conservateurs Pieter Botha, président du parti national de la province du Cap et Connie Mulder président du parti national du Transvaal, empêtré dans le scandale de l'information, au premier tour du scrutin, Pik Botha est éliminé. Au second tour c'est Pieter Botha, qui est élu comme le nouveau chef du parti national et le nouveau premier ministre d'Afrique du Sud après l'avoir emporté par 78 voix contre 72 à Connie Mulder.

Après avoir autorisé la création de syndicats noirs en 1979, Botha entreprend de réformer le système avec des nouveaux droits politiques accordés aux métis et aux indiens reprenant ainsi les propositions de la commission Theron mandatée par son prédécesseur en 1977[20]. Ce faisant, il provoque la fureur des ultras du parti qu'il doit contrecarrer avec l'appui des modérés. Le conflit aboutit à une scission assez grave en 1982 quand Andries Treurnicht claque la porte du NP avec 22 autres parlementaires et s'en va créer le parti conservateur. Le CP reçoit immédiatement le soutien de Jimmy Kruger, ancien ministre de la justice et ancien président du sénat sud-africain aboli en 1981 de Betsie Verwoerd (la veuve d'Hendrik Verwoerd), de Connie Mulder, (ancien chef du Parti national-conservateur), de John Vorster[21] et de la plupart des groupuscules d'extrême-droite, il échoue cependant à rallier le HNP, resté fidèle à son héritage verwoerdien.

À partir de ce moment, Botha préfère jouer la prudence et ne touche pas aux lois fondamentales de l'apartheid d'autant plus que les élections intermédiaires font état d'un large écho que reçoit le CP dans le pays. Botha doit même s'assurer de la loyauté de l'aile gauche du parti en leur offrant des postes de ministres adjoints alors que le CP devient en 1987 l'opposition officielle au Parlement et réalise d'excellents scores aux municipales de 1988 manquant de peu de rafler la ville symbole de Pretoria.

En 1986, Botha se voit obliger de décréter l'état d'urgence. Son autoritarisme ne passe plus et en 1989, il doit se démettre de sa fonction de chef de parti à la suite d'un accident cérébral. Le dauphin de Botha pour lui succéder est alors Barend du Plessis, le ministre des finances, un modéré. Lors du caucus des députés du NP chargés d'élire le nouveau président, il fait face aux conservateurs Chris Heunis et Frederik de Klerk et au libéral Pik Botha. C'est Frederik de Klerk qui finalement l'emporte au grand dam de Botha qui tente alors de se maintenir à la tête de l'État.

Les conflits se multipliant avec le nouveau chef de parti, Botha en vient à être désavoué par son propre cabinet. Ulcéré, Botha annonce sa démission le 14 août 1989 et des élections anticipées sont organisées pour le 6 septembre 1989. Le NP affiche alors un programme réformiste prévoyant la fin de la discrimination raciale et la « démocratie entre les groupes ».

Lors des élections du 6 septembre 1989, le NP enregistre son plus mauvais résultat à une consultation populaire depuis qu'il est au pouvoir. Avec 48 % des voix, il domine encore le parlement mais ne rassemble plus que 46 % des électeurs afrikaners (contre 45 % pour le CP dans cette communauté) mais par contre engrange 50 % des voix anglophones (contre 42 % des voix de cette communauté pour le parti démocratique (DP) anglophone).

En 1990, de Klerk légalise l'ANC, fait libérer Nelson Mandela et entame des négociations constitutionnelles.

En juin 1991, l'apartheid est officiellement aboli.

La fin de la domination blanche (1992-1994)[modifier | modifier le code]

En mars 1992, à la suite d'élections calamiteuses pour le NP qui perd des bastions lors d'élections partielles à Uitenhage, Potchefstroom et Krugersdorp au profit du CP, de Klerk organise un référendum demandant l'approbation des blancs aux négociations constitutionnelles. Le Oui l'emporte avec 68 % des voix et dans la totalité des régions à l’exception du Nord-Transvaal, consacrant la première et ultime défaite du CP.

En mars 1994, une constitution provisoire est approuvée et le 27 avril 1994, les premières élections multiraciales du pays ont lieu alors que le drapeau afrikaner de 1927 est amené et remplacé par un drapeau « arc-en-ciel » et que l'hymne national est recomposé.

Avec 21 % des voix au niveau national et la majorité absolue dans la nouvelle province du Cap-Occidental, le NP s'en sort bien et présente à l'occasion l'électorat le plus multiracial du pays engrangeant même la majorité du vote métis.

L'union nationale avec l'ANC (1994-1996) et la rupture[modifier | modifier le code]

Les élections multiraciales poussent le NP à prendre un nouveau logo (1994-1998)

Conformément aux accords passés avec l'ANC, un gouvernement d'union nationale est formé. Frederik De Klerk devient l'un des deux vice-présidents alors que « Pik » Botha passe des affaires étrangères au ministère de l'industrie et que Derek Keys demeure aux finances.

Dans la nouvelle province du Cap-Occidental, c'est Hernus Kriel qui devient le premier ministre post-apartheid du NP de la province à la tête d'un gouvernement lui-aussi d'union avec l'ANC.

L'adoption de la nouvelle Constitution en juin 1996 a précipité l'éclatement de la coalition. Aucune des grandes revendications du Parti national (possibilité pour les écoles de ne dispenser leur enseignement qu'en afrikaans, droit pour les patrons de fermer les usines afin d'en interdire l'accès aux grévistes), n'a été retenue dans la Loi fondamentale, adoptée à l'arraché. Soucieux d'éviter une crise politique grave et le recours à un référendum, qu'aurait perdu le NP, la formation de Frederik de Klerk a toutefois voté le texte, tout en faisant connaitre son vif mécontentement; une humiliation qu'ont mal vécu les militants mais aussi l'électorat blanc, principal soutien du parti.

Le Parti national vivait de plus en plus mal sa marginalisation, bien réelle, au sein des instances dirigeantes. Cantonnés souvent à un rôle de figuration, les 6 ministres du NP (sur 28 au total) pesaient de moins en moins sur les grandes décisions et étaient amenés à « avaler des couleuvres ».

Alors que certains cadres conservateurs préconisaient un durcissement du ton face à une ANC omnipotente ou quittaient le parti, le successeur de FW de Klerk, Marthinus van Schalkwyk renommait le Parti National en Nouveau Parti national, affichant son désir d'un NP plus multiracial et ouvert en vue des élections de 1999.

Le Nouveau Parti national (1997-2005)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Nouveau Parti national.
L'emblème du NNP (1998-2005)
Marthinus van Schalkwyk, le dernier chef du parti national et du Nouveau Parti national

En 1997, Frederik De Klerk décide de passer la main à une nouvelle génération pour diriger le NP alors qu'Hernus Kriel cède le pouvoir à Gerald Morkel, un métis du Cap.

Marthinus van Schalkwyk, dorénavant à la tête d'un NP en proie au doute, fait rebaptiser le parti en vue des élections de 1999 en le nommant Nouveau Parti national.

Le nouveau parti qui se veut plus centriste que son prédécesseur n'arrive cependant plus à se maintenir et perd la majorité de ses électeurs blancs au profit du Parti démocratique, qui lui au contraire est devenu plus conservateur et intransigeant à l'égard de l'ANC .

Réduit à 6 % du corps électoral aux élections de 1999, le NNP tente une alliance avec le Parti démocratique en 2000 dans le cadre de la nouvelle Alliance démocratique avant de rompre pour un nouveau partenariat avec l'ANC à l'automne 2001.

La dissolution du NNP (2004-2005)[modifier | modifier le code]

Le 7 août 2004, Marthinus Van Schalkwyk annonce son ralliement à l'ANC et fait entériner la dissolution du NNP pour septembre 2005 par fusion dans le parti du président Thabo Mbeki.

La réanimation post-mortem du NP (2008)[modifier | modifier le code]

En août 2008, Jean Duval-Uys annonce la reconstitution du parti national afin de participer aux élections générales du 22 avril 2009. Ce parti dont le congrès refondateur a lieu le 23 novembre 2008, est dirigé par un collectif comprenant quatre dirigeants de races différentes.

Il devait présenter 175 candidats[22] lors des élections du 22 avril 2009 mais ne présenta qu'une seule liste dans la province du Cap-Occidental où il obtint 0,17 % des voix.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Paul Coquerel, p 95
  2. Paul Coquerel, p 96
  3. a et b Paul Coquerel, p 93
  4. a, b et c Paul Coquerel, p 94
  5. Korf 2010, p. 188
  6. Korf 2010, p. 189-190
  7. Korf 2010, p. 191
  8. Korf 2010, p. 192
  9. Biographie de DF Malan
  10. Korf 2010, p. 193-198
  11. Paul Coquerel, L'Afrique du Sud des Afrikaners, Complexe, 1992, p 106
  12. Historique de Die Stem van Suid Afrika
  13. FX Fauvelle-Aymar, Histoire de l'Afrique du Sud, Seuil, Paris, 2006, p 344 et s.
  14. Paul Coquerel, ibid, p 102 et s.
  15. Tom Hopkinson, L'Afrique du Sud, Time/Life, 1965, p 130
  16. Le Monument aux Voortrekkers, cinquante ans plus tard : histoire d’une auto-réconciliation, article de Rehana Vally, Histoire, mémoire, réconciliation en Afrique du Sud, Cahiers d'études africaines, pp 173-174, 2004
  17. Die Transvaler, 1er octobre 1937
  18. Paul Coquerel, ibid, p 140 et 141.
  19. http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,919860,00.html |titre=SOUTH AFRICA : The Not-So-Favorite Choice|site=Time|date=9 octobre 1978
  20. (en)www.sahistory.org.za/article/tricameral-parliament Tricameral Parliament
  21. Pierre Haski, L'Afrique blanche : Histoire et enjeux de l'apartheid, Seuil, 1987, p. 137
  22. Le parti de l'apartheid reformé avant les élections en Afrique du Sud, article de RTL info du 18 août 2008

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Coquerel, L’'Afrique du Sud des Afrikaners, Ed. Complexe, 1992
  • Brian Bunting, The Rise of the South African Reich, Penguin Africa Library, 1964 (réédition 1969)
  • (en) Lindie Korf, D.F. Malan, une biographie intellectuelle : Mémoire de Maîtrise, Johannesburg, Faculté des sciences humaines, université de Johannesburg,‎ mai 2005, 217 p. (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Lindie Korf, D.F. Malan, une biographie politique : Thèse de doctorat, Stellenbosch, université de Stellenbosch,‎ 2010, 487 p. (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Illustrated History of South Africa, Reader's Digest, 1998