Transition énergétique

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Le parc "Schneebergerhof" en Rhénanie-Palatinat (Allemagne).
Au premier plan des panneaux solaires, au centre une éolienne Enercon E-66 (1.5 MW), sur la droite une éolienne Enercon E-126 (7.5 MW)

La notion de transition énergétique est un volet essentiel de la transition écologique, elle désigne le passage du système énergétique actuel utilisant des ressources non renouvelables vers un bouquet énergétique basé principalement sur des ressources renouvelables ; ce qui implique de développer des solutions de remplacement aux combustibles fossiles, qui sont des ressources limitées et non renouvelables (à l'échelle humaine). Certains y ajoutent les combustibles fissiles (matières radioactives telles qu'uranium et plutonium). La transition énergétique prévoit leur remplacement progressif par des sources d'énergies renouvelables pour la quasi-totalité des activités humaines (transports, industries, éclairage, chauffage, etc.).

C'est donc aussi une transition comportementale et sociotechnique[1], qui implique une modification radicale de la politique énergétique : en passant d'une politique orientée par la demande à une politique déterminée par l'offre, et d'une production centralisée à une production décentralisée. Il s'agit aussi d'éviter la surproduction et les consommations superflues pour mieux économiser d'énergie, et bénéficier d'une meilleure efficacité énergétique. Cette approche notamment issue de l'Öko-Institut, d'abord décriée, tend à s'imposer dans les politiques énergétiques.

Une version de cette transition vise la réduction de la part des énergies productrices de gaz à effet de serre sans renoncer à l’énergie nucléaire, considérant que le dérèglement climatique sur lequel alerte le GIEC est une priorité.

En France, dans la suite du Grenelle de l'environnement, un débat national, décentralisé dans les régions a été lancé le 24 janvier 2012, piloté par un CNDTE (Conseil national du débat sur la transition énergétique), pour aboutir à un projet de loi qui devrait être travaillé en 2014[2].

Enjeux[modifier | modifier le code]

Les enjeux (croisés) sont notamment :

  • passer à un système énergétique plus sûr en termes de risque industriel et nucléaire ;
  • évoluer vers un système énergétique moins centralisé (passant par un abandon progressif de l'énergie nucléaire[3],[4] ;
  • évoluer vers une moindre consommation d'énergie (efficacité, efficience énergétique), ce qui devrait aussi
  • diminuer les tensions géopolitiques induites par les inégalités d'accès à l'énergie et par une moindre disponibilité des énergies par personne[5], en tendant à l'indépendance énergétique pour tous ;
  • Protéger le climat et la santé publique.

Il s'agit donc notamment de passer d'énergies dites carbonées (pétrole, gaz naturel, charbon) ou très technologiques et centralisées (nucléaire, incinération…) à des énergies propres, sûres et décentralisées (énergie solaire (thermique ou photovoltaïque), éolien, énergie hydraulique, l'énergie géothermique et l'énergie marémotrice, biomasse dont la bioénergie provenant entre autres des gaz d'incinération ou d'épuration…)[6],[7], avec des capacités de stockage de l'énergie, des réseaux intelligents et sur une meilleure efficacité énergétique ;

C'est un processus d'évolution. Jeremy Rifkin parle même de « révolution » combinant la transition énergétique et une révolution du système de l'information, source grâce à l'Internet d'une « troisième révolution industrielle » qui permettrait enfin d'exploiter une ressource diffuse constituée d'une part d'énergies renouvelables, et d'autre part du potentiel d'économie d'énergie. Ce caractère « diffus » n'est plus considéré comme « une faiblesse mais au contraire une force : mieux réparti que toute autre ressource minérale ou fossile, il ne suscitera jamais de conflit géopolitique et autorise même un partage local de la richesse issue de la valorisation du potentiel énergétique de chaque territoire »[8].

Les mesures individuelles demandent du temps et sont limitées. Cette transition combine donc les économies d'énergie à l'efficacité énergétique dans les villes (villes en transition) et à grande échelle, notamment grâce aux smart grids (ex. : des compteurs électriques intelligents permettent de décaler certaines consommations à une heure ou l'électricité est plus disponible et moins chère, et l'énergie est produite plus localement). À de vastes échelles, des projets non décentralisée tels que Desertec visent à étendre massivement, en Europe du Sud, en Afrique du Nord et au Proche-Orient, une production d'électricité obtenue à partir de la chaleur solaire. Un réseau interconnecté et "intelligent" de transport d'électricité compenserait en grande partie le caractère localement erratique des énergies éolienne et solaire, grâce à des ajustements permis par le surplus produits ailleurs et quelques moyens de stockage tampon. La rentabilité et faisabilité de tels projets sont étudiées.

Article détaillé : Projet Desertec.

Histoire du concept[modifier | modifier le code]

La transition énergétique est un concept né en Allemagne et Autriche. C'était le titre d'un ensemble de prévisions et de propositions scientifiques élaborées par l'association allemande Öko-Institut en 1980[9], dans l'optique d'un abandon de la dépendance au pétrole et à l'atome. Ce contenu est alors publié sous la forme d'un livre blanc[10]. Le 16 février de la même année s'est tenu à Berlin le premier « Congrès sur la transition énergétique, le retrait du nucléaire et la protection de l'environnement », organisé par le Ministère de l'environnement allemand.

Ce concept a notamment été repris en France, par exemple début 2009, dans deux livres le présentant sous deux angles différents et accessibles au grand public ; l'un davantage anthropologique et politique (La transition énergétique, Michel J.F. Dubois), l'autre plus technico-économique (Réussir la transition énergétique, Alexandre Rojey).

Dans un sens plus large, le concept inclut également la démocratisation de l'approvisionnement en énergie[11]. Dans le modèle énergétique traditionnel, le marché est contrôlé par quelques grands groupes disposant de vastes centrales, aboutissant ainsi à une situation d'oligopole discutable sur le plan politique et concurrentiel. Les systèmes fondés sur les énergies renouvelables, au contraire, peuvent en général être déployés de manière décentralisée. À travers des modèles participatifs tels que les parcs éoliens et les parcs solaires citoyens, les habitants peuvent être directement impliqués dans la production d'énergie[12].

Tel Tim Jackson, Certains auteurs pensent que la transition ne viendra pas des états, ou que les communautés locales doivent prendre leur responsabilités et évoluer vers des « Communautés locales bas-carbone » comme à Cheltenham[13],[14]. Les installations photovoltaïques et d'autres alternatives peuvent impliquer des citoyens et de particuliers ainsi que de collectivités (ex : bâtiments municipaux, de l’État, d'entreprises publiques, etc.) plus facilement que dans le modèle conventionnel qui profite généralement plutôt aux actionnaires. La décentralisation des énergies (renouvelables) peut aussi valoriser des régions et l'espace rural, tout en améliorant la balance commerciale par une diminution des importations d'énergies. Ces énergies jouent un rôle croissant dans les stratégies énergétiques communales et leur développement est soutenu par les collectivités locales Page d'aide sur l'homonymie, notamment via les SRCAE (Schéma régional climat air énergie) et les plans climat en France.

Situation par pays[modifier | modifier le code]

Allemagne[modifier | modifier le code]

La centrale détruite de Fukushima Daiichi. Après celui de Tchernobyl, la catastrophe de Fukushima a été l'un des déclencheurs de la seconde sortie du nucléaire en Allemagne.

En 2000, le parlement allemand adopte un premier plan de sortie progressive du nucléaire, surnommé « consensus nucléaire ». En automne 2010, le cabinet Merkel II prend la décision de maintenir les 17 réacteurs allemands pour une durée allant de 8 ans pour une partie d'entre eux, jusqu'à 14 ans pour les autres.

En 2009, le gouvernement allemand fixe un objectif de 18 % d'énergie renouvelable dans l'énergie finale. En 2010, dans leur étude de potentiel « Énergies renouvelables 2020 - Atlas des possibilités en Allemagne », l'Agence des énergies renouvelables (AEE) et la Fédération pour les énergies renouvelables (BEE) estiment qu'il est possible d'atteindre d'ici 2020 une part de 28 %, tout en maintenant une utilisation raisonnable de l'espace. Il serait possible de couvrir les besoins à hauteur de 47 % pour l'électricité, 25 % pour le chauffage et 22 % pour les transports[15].

En mars 2011 survient l'accident nucléaire de Fukushima, au Japon. Le 11 mars 2011, après un violent tremblement de terre et un tsunami, les systèmes de refroidissement de 7 piscines de désactivation et de 3 réacteurs nucléaires tombent en panne, entrainant ainsi plusieurs explosions et incendies, ainsi que la fusion du cœur des 3 réacteurs et le rejet de quantités importantes de substances radioactives dans l'environnement.

Peu après l'accident, le gouvernement fédéral allemand décide d'imposer un moratoire sur le nucléaire d'une durée de 3 mois, et annonce son intention de revenir en partie sur l'allongement de la durée de vie des centrales, décidé 6 mois plus tôt, et de fermer définitivement les réacteurs les plus anciens, comme cela avait été convenu dans le consensus de l'été 2000. Enfin, au cours de l'été 2011, le Bundestag vote à nouveau la sortie du nucléaire.

Le 6 juin 2011, le cabinet Merkel II décide la fermeture de 8 centrales et une sortie progressive du nucléaire jusqu'en 2022[16],[17].

Le 30 juin 2011, au cours d'un vote par scrutin public, le Bundestag adopte à une large majorité (513 voix)[18] la « 13e loi portant modification de la législation relative au nucléaire », qui encadre l'arrêt de l'utilisation de l'énergie nucléaire et l'accélération de la transition énergétique.

Plus concrètement, cette loi se traduit par l'expiration des autorisations de fonctionnement pour 8 des 17 centrales allemandes, et par un arrêt échelonné dans le temps des 9 restantes[19],[20].

Les producteurs d'énergie nucléaire autrichiens annoncent alors qu'ils ont prévu des capacités de production supplémentaires pour aider l'Allemagne en cas de besoin, dans l'éventualité d'une pénurie d'électricité durant l'hiver[21]. La Russie propose également d'aider l'Allemagne à partir de 2016 en cas de pénurie, à l'aide d'électricité issue du nucléaire et transitant par la Pologne[22]. L'Allemagne reste cependant exportatrice net d'électricité lors du pic de consommation provoqué par la vague de froid de l'hiver 2012. Elle exporte en moyenne 150 à 170 GWh par jour, ce qui équivaut à la production de 5 à 6 gros réacteurs nucléaires[23]. L'effet stabilisateur de la production d'électricité issue des énergies renouvelables est alors publiquement reconnu par les dirigeants des réseaux de distribution[24],[25].

En janvier 2012, plus de 30 chercheurs de premier plan dans le domaine de l'énergie signent une lettre ouverte dans laquelle ils mettent en garde les dirigeants et représentants du pays contre la possibilité d'un échec de la transition énergétique en Allemagne. Dans cette lettre, adressée à la chancelière Angela Merkel, au ministre de l'économie Philipp Rösler, à l'ex-ministre de l'environnement Norbert Röttgen ainsi qu'aux membres des commissions parlementaires aux affaires économiques et environnementales, ces chercheurs déclarent que le projet de transition « ne pourra être réalisé que dans le contexte d'une diminution durable des besoins en énergie ». Ils ajoutent que dans tous les domaines, des instruments efficaces doivent être développés afin de réduire la consommation d'énergie, les mesures prises ont jusqu'à présent été « contradictoires ». Ils demandent donc au gouvernement « de passer la vitesse supérieure et d'instaurer une politique d'économies d'énergie qui permettra d'atteindre les objectifs ambitieux qu'il s'est lui-même fixé. »[26].

Le thème de la transition énergétique reste un sujet de controverse auprès des acteurs économiques. La Fédération des industries allemandes (BDI) et notamment les industries à forte consommation énergétique, ainsi que les producteurs d'énergie déjà en place, sont traditionnellement sceptiques vis-à-vis de la transition énergétique. En revanche, d'autres entreprises, telles que Siemens et Munich Re, les producteurs d'énergie renouvelable et une grande partie des artisans[27], mettent en avant les avantages d'un passage aux énergies renouvelables[28]. La Fédération des fournisseurs d'eau et d'énergie allemands (BDEW), groupe de pression agissant dans le domaine de la gestion de l'énergie, considère désormais également la transition énergétique comme « irréversible ». En avril 2012, Hildegard Müller, directrice principale de la fédération, déclare à l'hebdomadaire VDI Nachrichten : « Il ne s'agit plus de savoir si, mais comment effectuer la transition. » Dans le même temps, elle appelle à un meilleur encadrement par les responsables politiques de la transformation du marché de l'énergie[29]. Enfin, les citoyens se positionnent en tant qu'acteurs dans le processus, détenant 50 % des capacités de production d'énergie renouvelable par le biais de coopératives[30].

Dans son éditorial du 9 mars 2012, le journal économique Financial Times Deutschland se positionne en faveur de la transition énergétique, tout en critiquant la façon dont celle-ci est mise en place[31].

Le 16 mai 2012, le thème de la transition énergétique attire l'attention du public, lorsque la chancelière Angela Merkel décide, trois jours après les élections législatives régionales en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, de congédier le ministre de l'environnement Norbert Röttgen pour nommer à sa place Peter Altmaier. Le soutien au développement de l'énergie solaire entre également dans le débat public, après le refus au Bundesrat par plusieurs lands pro-CDU d'accepter une réduction des aides dans ce domaine.

Le 5 juin 2012, le président fédéral Joachim Gauck lance un avertissement en déclarant que la transition énergétique ne réussira « pas uniquement à l'aide de mesures de planification économique », ni « à travers un recours excessif aux subventions », mais plutôt grâce à « des innovations convaincantes dans un climat de concurrence loyale ». Il est donc nécessaire « de définir un cadre politique fiable » pour « éviter tout effet délétère et atteindre les objectifs souhaités ». « Une politique environnementale adaptée à l'économie de marché et favorisant la croissance » signifie pour lui « que les coûts des impacts et risques environnementaux doivent être mis sur le compte des responsables et non des contribuables, et qu'une production respectueuse de l'écologie doit être rentable pour des entreprises en compétition. »

Joachim Gauck met également en garde contre la tentation de faire peser le coût de la politique environnementale sur les générations futures, ce qui serait un comportement « clairement irresponsable ». Il rappelle également que sur la Terre, chaque vie ne peut « se développer qu'en harmonie avec la nature », et c'est pourquoi à long terme, « ne se justifie économiquement que ce qui est raisonnable écologiquement »[32],[33].

Article connexe : Énergie en Allemagne.

Autriche[modifier | modifier le code]

La centrale de gazéification de Güssing, destinée à couvrir les besoins en électricité et en chauffage de la commune.

De par sa situation géographique, l'Autriche a toujours accordé une place importante aux énergies renouvelables, notamment à l'énergie hydraulique. Plus de 76 % de la production d'électricité nationale est issue de ces énergies, 14 % de la combustion de gaz naturel et 9 % de la combustion de pétrole[34]. En raison de la « loi constitutionnelle pour une Autriche sans nucléaire », il n'existe aucune centrale nucléaire en activité dans le pays.

La production nationale ne couvre cependant que 31 % de la consommation énergétique totale du pays (électricité, chauffage et transport). Cette couverture est assurée à 42 % par le pétrole, à 23 % par les énergies renouvelables, à 23 % par le gaz et à 12 % par le charbon. Au cours des 20 dernières années, la part des énergies renouvelables dans la consommation totale n'a augmenté que de 1 %. Selon les directives européennes, l'objectif à atteindre est de 35 % d'ici 2020[35]. Dans le domaine des énergies propres en particulier, la tendance ne semble pas encore être à la transition énergétique. En effet, même si la production d'électricité propre continue d'augmenter (37 TWh en 1997 contre 45,4 TWh en 2010), la part de cette électricité dans la consommation totale diminue (66 % en 1997 contre 61 % en 2010).

Ainsi, l'Autriche n'a pas pu atteindre l'objectif fixé par la directive européenne 2001/77/CE, qui stipulait que la production d'électricité issue des énergies renouvelables devait atteindre 78,1 % de la consommation brute d'électricité en 2010[36]. En conséquence, le pays risque des sanctions pour non-respect de ses engagements[37].

La transition énergétique en Autriche n'a donc en général eu lieu que de manière localisée, à l'échelle des villages et des villes, voire des régions. On peut notamment citer la commune de Güssing dans le Burgenland, pionnière d'une production indépendante et durable de l'énergie. Depuis 2005, la production de chauffage (57,5 GWh) et d'électricité (14 GWh) issue de ressources renouvelables dépasse de loin les besoins de la commune[38]. Sur la base d'une décision prise par le Landtag le 8 juin 2006, le Burgenland prévoit de couvrir l'ensemble de ses besoins en électricité à l'aide des énergies renouvelables. Cet objectif doit être atteint principalement grâce à la construction d'éoliennes supplémentaires. L'achèvement de tous les projets, prévu pour 2013, devrait porter le nombre d'éoliennes à 290, pour une puissance totale d'environ 520 MW[39],[40].

Belgique[modifier | modifier le code]

Danemark[modifier | modifier le code]

Le gouvernement danois vise pour 2050 une production énergétique issue à 100 % des énergies renouvelables[41],[42].

France[modifier | modifier le code]

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Au 1er semestre 2012 la « transition énergétique » a été présentée à la fois comme une réponse aux enjeux environnementaux du Sommet de Rio et comme un élément de relance de l'Économie française via la « croissance verte »[43].

En septembre 2012, la ministre Delphine Batho évoque un « patriotisme écologique », et le gouvernement introduit un planning pour la transition énergétique, incluant un projet de loi de programmation (annoncé pour juin 2013) après un débat et une concertation nationale centrés sur 4 grandes questions[44] :

  1. Comment aller vers l’efficacité énergétique et la sobriété ? (par exemple, en changeant les modes de vie, de production, de consommation, de transport[44]) ;
  2. Quelle trajectoire pour atteindre le mix énergétique en 2025 ? ; question prospective sur les scenarii (2030 et 2050) possibles pour respecter les engagements climatiques du pays (diminuer les émissions de gaz à effet de serre de 40 % en 2030 puis de 60 % en 2040, et encourager les autres pays européens à faire de même)[44].
  3. Quels choix en matière d’énergies renouvelables ? et quels soutiens aux alternatives propres et sûres que sont l'éolien et le solaire (l'intégration du solaire au bâti, devrait être encouragé par une aide de 10 % supplémentaire, selon l’origine des composants photovoltaïques[44]) ;
  4. Quels coûts et financement pour les alternatives, le conseil, l'aide aux investissements pour l'éolien et le solaire, la recherche, la rénovation et l'extension des réseaux de chaleur, de biomasse et de géothermie (malgré un « fonds Chaleur » prévu en légère baisse en 2013 qui doit évoluer de 235 M€ en 2012 à 220 M€ en 2013). Une solution pourrait être une évolution de la CSPE, taxe prélevée sur la facture électrique (Contribution au Service Public de l’Électricité)[44].

La conférence environnementale sur le développement durable des 14 et 15 septembre 2012 a abordé, comme thème principal, le sujet de la « transition écologique et énergétique »[45].

Un « débat national sur la transition énergétique » (à horizon 2025/2050)[modifier | modifier le code]

Enjeux : Ce débat vise à répondre au double défi climatique et énergétique, notamment en préparant l'« objectif 2050 » de la France qui est de diviser par 4 ou 5 les émissions de gaz à effet de serre, tout en ramenant d'ici 2025 la part du nucléaire à 50 % de la production française d’électricité, en développer les énergies renouvelables et en recherchant toutes les formes d'efficience énergétique et donc d'économies d'énergie.

Cadrage : il est assuré par :

  • une feuille de route pour la transition écologique[46] ;
  • la charte du débat national[47] ;
  • le guide méthodologique du débat territorial[48] ;
  • Le secrétariat du débat[49] ;
  • Listes des membres du Conseil national[50] ;
  • Liste des membres du Comité de Pilotage du débat national sur la transition énergétique[51] ;
  • Liste des membres du Comité de liaison du débat centralisé et l'organigramme du Secrétariat général[52].

Lancement : Il s'est fait le 29 novembre 2012[53], sous l’égide du ministère de l'écologie, avec un portail Internet ouvert à tous[54], contenant des informations et une synthèse dite "socle de connaissance"[55] et des « cahiers d’acteurs », avec possibilité pour chaque citoyen de contribuer en ligne. Il inclut des débats régionaux (dès février 2013), devant aboutir à des « recommandations » préparant une loi de programmation prévue pour l'été 2013.

Pilotage : Fin janvier 2013, une circulaire ministérielle de 106 pages[56] et un guide méthodologique[57] précisent les missions de 4 instances qui sont :

  • un Conseil National du Débat (CND). Réuni une 1re fois le 29 novembre 2012, il comprend 112 membres répartis en 7 collèges (État, employeurs, syndicats, ONG de défense de l'environnement, autres associations, élus locaux et parlementaires). À sa création, il a été critiqué par de grandes ONG environnementales comme Greenpeace et Les Amis de la Terre qui refusent de participer à un débat qu'elles jugent partialement organisé, et d'autres ONG comme Enerplan (syndicat des professionnels de l'énergie solaire) et le Syndicat des énergies renouvelables (SER, qui regroupe 450 entreprises de 8 filières comptant environ 80 000 emplois directs et indirects) s'étonnent de ne pas être invités au « Conseil national du débat sur la transition énergétique » alors qu'ils avaient été invités aux négociations du Grenelle de l'Environnement. Enerplan espère une simplification administrative et une optimisation de la connexion au réseau.
    De leur côté, les industriels ont salué la présence d'Anne Lauvergeon et de Michel Rollier, ex-chefs d’entreprise, au sein du comité de pilotage du débat et sollicitent un cadre stable pour pouvoir investir (à l’image de Jean-François Cirelli : « pour GDF Suez, la transition énergétique est une formidable opportunité, mais il y a des conditions pour permettre aux industriels d’investir[58] »).
  • un Comité de pilotage. Ses membres choisis par le gouvernement garantissent le respect des règles du débat, définies dans une charte[59].
  • un Secrétariat général (dirigé par Thierry Wahl) ; il coordonne 4 instances ad hoc : un groupe d'experts, un comité citoyen (mis en place le 16 février, comptant 20 membres recrutés par Ipsos pour refléter la société française pour les catégorie socioprofessionnelle, parité, âge) et pour leurs relations à l'énergie (Cf. habitat, structure du foyer, modes de transports[60]), un groupe de contact des entreprises de l'énergie et un Comité de liaison du débat décentralisé ; Composé d'associations nationales d'élus (AMF, ADF, ARF, …) et d'ONG spécialisées[52].
  • Des groupes de travail. Ils produisent chacun un rapport rendu au Conseil national (le CNDTE)[61]. Ainsi, les 65 participants du groupe "Quels choix en matière d'énergies renouvelables et quelle stratégie de développement industriel et territorial ?" a plébiscité le photovoltaïque qu'il juge nécessaire pour répondre à l'obligation d'atteindre l'objectif 3x20 du « paquet énergie-climat » à l'horizon de 2020, parmi environ 60 propositions dont :
    • doper le photovoltaïque, avec l’objectif de 15 voire 25 GW en 2020 (au lieu de 5,4 GW attendus)[61].
    • simplifier des procédures administratives nécessaires aux projets éolien, photovoltaïque ou de géothermie[61].
    • soutien accru aux renouvelables dans les DOM[61]
    • relever l'éligibilité du photovoltaïque au tarif spécial à partir de 250 kWc pour toutes les installations (et non plus via des appel d'offres)[61].
    • doubler le fonds Chaleur de l'Ademe[61].
    • créer un fonds de mobilisation de la biomasse (bois énergie)[61].

Participer: un site internet est dédié au débat national www.transition-energetique.gouv.fr. Il permet de mieux comprendre les enjeux et de participer au débat.


Les temps du débat[modifier | modifier le code]

Des débats citoyens[modifier | modifier le code]

Des centaines de débats citoyens ont été organisés dans le pays sur la transition énergétique à partir de janvier 2013 à l'initiative de collectivités, d'ONG, d'entreprises ou d'universités et grandes écoles[62]. Les résultats de ceux qui ont été labellisés pouvant contribuer à la préparation de la future loi[63].

les journées de l'énergie[modifier | modifier le code]

Préparées par le Secrétariat Général du débat National[64] ces journées (29-31 mars 2013) comprenaient de nombreuses portes ouvertes d'entreprises de l'énergie et de collectivité ou ONG impliquées ;

une « journée citoyenne »[modifier | modifier le code]

Le 25 mai 2013, dans 14 régions (de Métropole et Outre-mer), 1.115 citoyens ont été invités à répondre à 18 questions-clés, après avoir reçu une même information équilibrée sur le sujet. Choisis par des Instituts de sondage, ils n'avaient pas de fonctions politiques, syndicales ni d'implication militante ou professionnelle dans la transition énergétique. Ils avaient préalablement reçu un livret d'information, écrit sous l'égide d'un conseil scientifique composé d'experts indépendants. Lors de cette journée citoyenne, un rappel d'information a été fait sous forme de films de 5 minutes projetés en début de chaque séance (45 min) de travail. Le protocole était du type « world wide views », mis au point par le Danish Board of Technology (ou DBT, équivalent danois de l’OPESCT), déjà utilisé à échelle mondiale pour le Sommet de Copenhague (2009) sur le climat et pour la Conférence d'Hyderabad sur la diversité biologique. Le DBT bien voulu superviser la journée du 25 mai lors de laquelle « à la différence d'un sondage, la méthode ne cherche pas à recueillir l'opinion des Français sur la transition énergétique, mais à faire émerger des positionnements de citoyens à travers l'information et la délibération »[65].
Résultats (avec une moyenne nationale pour les pourcentages cités) :

  • État de la connaissance : Avant la tenue des débats, 94 % des citoyens pensaient connaître le sujet "un peu" (65 %) ou "bien" (28 %) ; 1 % se jugeant "experts" et 6 % pensant presque tout ignorer du sujet.
    Après information, 1/3 d'entre eux se disaient encore « pas ou peu à l'aise » concernant la compréhension, et 2/3 au contraire « assez ou très à l'aise ».
  • Les enjeux : Ils sont jugés importants. 49 % des citoyens pensent que ne rien faire, c'est aggraver le problème et le reporter sur les générations futures, et 44 % pensent que cela aura un coût accru et disproportionné pour la France (notamment concernant sa dépendance au pétrole). 20 à 24 % des participants voient aussi là des enjeux de risques sanitaires ou d'accident liés aux sources d'énergie existantes (nucléaire notamment)[66]. 66,5 % voient dans la crise énergétique une chance d'entrer dans un modèle sociétal plus sobre et plus respectueux de l'environnement, 47,5 % pensant qu'il est urgent de changer de modèle énergétique. 32 % jugent plus économique l'opportunité d'investir dans de nouvelles filières créatrices d'emploi, qui pour 28 % des répondants permettraient de rétablir le déficit commercial en produisant en Europe[66].
  • Les motivations de la France devraient selon la plupart de ces citoyens d'abord être environnementales (diminuer les pollutions, protéger la biodiversité et les ressources pour 37,5 %), puis de diminuer la dépendance aux énergies fossiles importées (32 %) et développer les énergies renouvelables (30 %). Ils estiment individuellement pouvoir y contribuer d'abord en réduisant leurs déplacements (45,75 %), bien avant de réduire leur consommation courante (35 %) et leurs comportements de tous les jours (34 %). 33 % estiment que l'isolation thermique des bâtiments, l'efficience du chauffage et de la climatisation sont ce qu'ils peuvent faire de plus important. 11 % de ces citoyens se jugeaient en situation de précarité énergétique et 43 % craignaient de le devenir[66].
  • Les solutions : Pour réduire la demande en énergie, 67 % attendent qu'on mette à leur disposition de solutions technologiques innovantes et 63 % un soutien financier aux travaux et achats d'équipements. 42 % attendent un conseil personnalisé et des informations neutres[66]. Pour 50 % des participants, la priorité est un vaste programme de R&D (national et européen), puis la réorientation des investissements vers les énergies renouvelables (46 %). 39,5 % souhaitent une fiscalité verte plus incitative. L'Europe et/ou la France devraient mieux encadrer politiquement la transition énergétique, mais la dimension sociale et "humaine" est également importante, aux échelles des bassins de vie et des communes notamment.
  • Les freins : Ils semblent d'abord financiers (39 %), devant la difficulté de mise en œuvre (35 %) et presque à égalité avec le manque de garanties de rentabilité des investissements (32 %). Une information insuffisante et un manque de confiance dans les solutions existantes sont aussi cités[66].
  • Qui devrait faire quoi ? C'est d'abord l'État (58 %), puis les industriels et les entreprises (50 %) et les collectivités (48 %) qui devraient montrer l'exemple, car les participants ont estimé que la " capacité d'action des ménages " n'était " que " d'environ 32 % de l'effort à faire[66].
  • Bilan : Le nouveau modèle énergétique aura « des effets positifs sur l'environnement et la santé » selon 49 % des citoyens, dont en améliorant fortement l'emploi et l'économie (38,5 %). Près de 75 % des participants estiment que la transition énergétique sera bénéfique à la société entière. 7 % craignent cependant des effets négatifs (pour eux ou pour le pays). Les résultats de cette journée seront analysés au cours du prochain mois, puis commentés le 20 juin lors de la 8e séance plénière du Conseil national du débat.
    94% des participants apprécieraient d'autres démarches de démocratie participative de ce type, sur d'autres sujets, mais 34% d'entre avouent ne pas savoir si leur avis sera utilisé pour la décision politique, et 16% pensent qu'ils ne le seront pas. Les résultats bruts ont été livrés en direct[66], mais seront analysés plus finement en juin 2013, puis discutés à la 8e séance plénière du Conseil national du débat[67] ;
Des débats décentralisés[modifier | modifier le code]

Ce sont les conférences régionales du débat sur la transition énergétique, coorganisées dans chaque région, de février à fin mai 2013, par la Région et l'État (DREAL) qui avec l'Ademe sont invités à apporter des contributions portant sur l’état des lieux énergétique, les enjeux de la transition énergétique et sur tout élément, prospectif notamment, qui pourrait utilement éclairer le débat.
Les Régions peuvent labelliser des initiatives de territoires dans ce cadre (en respectant une « charte de labellisation »). Les débats s'appuieront aussi sur l'existant (SRCAE, PCET, PRSE 2).

Une synthèse des débats[modifier | modifier le code]

Le document faisant la synthèse des débats territoriaux a été délivré au gouvernement par l'Association des régions de France (ARF) le 8 juillet 2013 au cours d'un séminaire à l'Université Paris-Dauphine[68]. Il reprend les contributions des acteurs de la transition énergétique délivrées au cours de 850 débats labellisés[69]. On retient notamment le principe d'"iso-fiscalité" qui consacre la volonté de "mettre en place une vraie fiscalité écologique" sans augmenter le niveau des prélèvements obligatoires. Le Président de l'ARF, Alain Rousset, précise à cette occasion que "nous ne réussirons pas le redressement productif si nous ne considérons pas la transition énergétique comme un défi technologique majeur". Dans cette optique, un consensus s'est dégagé de l'ensemble des acteurs: il faut privilégier le développement du stockage de l'énergie et des réseaux intelligents[70].

Projet de loi programmatique sur la transition énergétique[modifier | modifier le code]

Les premiers travaux préparatoires datent de décembre 2013, sous l'égide d'une commission spécialisée du Conseil national de la transition écologique (CNTE)[71] pour un futur projet de loi qui pourrait contenir six titres destinés à atteindre les objectifs fixés par le président de la République (réduction des émissions de gaz à effet de serre, amélioration de l’efficacité énergétique et réduction de 50 % de la consommation énergétique avant 2050, réduction de 30 % de la consommation de combustible fossile à l’horizon 2030 et diversification du mix électrique avec réduction de la part du nucléaire à 50 % à l’horizon 2025 au profit des renouvelables[72].

Les ONG associées au débat proposent « des objectifs clairs et ambitieux pour 2030, dans le cadre d’une trajectoire tendant vers le 100% énergies renouvelables en 2050, intégrant les engagements pris par le Président sur le nucléaire et la baisse de la consommation d’énergie, et cohérents avec la division par quatre des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050 ». Ces ONG insistent sur l’efficacité énergétique (fin des gaspillages dans l’industrie, rénovation thermique, alternatives au routier et à l’aérien) et sur la mise en place de « transitions professionnelles vers les emplois de demain, qui seront plus nombreux que ceux perdus ».

De premiers éléments ont été transmis à la commission spécialisée du débat national en mars 2014 ; il s'agit de sept documents de travail (non validés par l'Exécutif) relatives au soutien des EnR et au nucléaire ou relatives aux émissions de CO2[2] ; Un « complément de rémunération » pourrait soutenir l'électricité verte en « articulation » avec les aides par un tarifs d'achat soutenu ; par ailleurs un organisme indépendant d'EDF pourrait devenir opérateur spécialisé de l'achat d'électricité renouvelable[2]. Des "budgets-carbone" (plafonds d'émissions à ne pas dépasser) pourraient être fixés et révisés à la baisse tous les 5 ans[2]. Selon l'AFP, ces 7 documents n'évoquent pas l'objectif précédemment affiché de 50% de production d'électricité nucléaire en 2025, ni les moyens d'y parvenir, mais le dispositif actuel de mise à l'arrêt définitif et de démantèlement des installations nucléaires devrait être "intégralement" modifié[2].

Avant projet de stratégie nationale pour la transition écologique
(soumis à consultation en mars-avril 2014)
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Une consultation citoyenne et publique a été lancée par le ministère chargé de l’écologie et du Développement durable en mars 2014 (20 mars - 20 avril 2014)[73]) sur l'avant-projet de « Stratégie nationale de la transition écologique vers un développement durable 2014-2020 (SNTEDD) » ;
une version de la SNTEDD, enrichie des résultats de cette consultation sera ensuite soumise au Conseil national de la transition écologique (CNTE) qui donnera son avis sur ce projet. Cette SNTEDD sera ensuite soumise à approbation au « Comité interministériel au développement durable » et succédera à la Stratégie nationale de développement durable 2010-2013.

L'avant-projet (mars 2014) de la stratégie est construit selon 9 axes transversaux, subdivisés en priorités dont certaines sont basées sur la transition énergétique avec notamment une « économie circulaire et sobre en carbone » (avec comme priorité : « Réorienter les modèles de production, d’échange et de consommation ; Rendre notre économie moins dépendante des ressources non renouvelables ; Mettre en place une nouvelle politique industrielle et agricole plus économe en ressources et s'appuyant sur l'innovation... ») ; « Réduire et prévenir la vulnérabilité énergétique ; Prévenir et s'adapter aux impacts du changement climatique sur les populations... ») ; « Orienter la production de connaissances, la recherche et l'innovation vers la transition écologique »...).

Article détaillé : Transition écologique.

Financement de la transition, coopération internationale[modifier | modifier le code]

La Commission de régulation de l'énergie (CRE) demande clarté et transparence sur le coût des énergies renouvelables, rappelant que « On a déjà fait une transition énergétique dans les années soixante-dix en passant au nucléaire et ça s'est traduit dans les tarifs réglementés de l'électricité par un coût »[74], Laurence Tubiana, coanimatrice du débat rappelant que les deux tiers de la consommation française d'énergie finale sont encore d'origine fossile alors que la facture énergétique a pesé à hauteur de 60 milliards dans le déficit commercial en 2011[75].

Avant un conseil des ministres franco-allemand prévu le 19 février, François Hollande a annoncé « une grande entreprise franco-allemande" pour la transition énergétique »[76]

Le rapport ETP 2014 de l'Agence internationale de l'énergie publié en mai 2014 étudie trois scénarios possibles d'évolution des systèmes énergétiques jusqu'en 2050 ; le scénario le plus volontariste, intitulé « 2DS » (pour 2 degrees scenario), visant à limiter l'augmentation moyenne de la température à 2°C conformément aux recommandations du GIEC, aboutit à ce résultat en limitant la progression de la demande d'énergie à 25 % (au lieu de 70 % dans le scénario 6DS de poursute des tendances actuelles menant à un réchauffement de 6°C) et en réduisant les émissions de gaz à effet de serre de 50 %(au lieu d'une augmentation de 60 %) ; dans ce scénario 2DS, les énergies renouvelables contribuent pour 30 % à cette réduction des émissions, les gains d'efficacité énergétique contribuant pour 38 %, le captage et séquestration du carbone pour 14 %, le nucléaire et les changements de combustibles se partageant les 18 % restants ; les 44 000 milliards de dollars d'investissements supplémentaires nécessaires pour cette dé-carbonation du système énergétique sont largement compensés par les 115 000 Mds $ d'économies de combustibles qu'elle apporte ; même avec un taux d'actualisation de 10 %, le gain net serait encore de 5 000 Mds $[77].

Vincent Champain, président de l'Observatoire du long terme, fait remarquer que, puisque l'Europe a choisi la voie du marché pour la transition énergétique, elle devrait traduire dans les prix chacun des objectifs de cette transition, afin d'orienter vraiment les comportements, via des incitations-prix, et d'éviter les messages incohérents ; en particulier, pour atteindre l'objectif de réduction de l'impact sur le climat, il est nécessaire de réformer le marché des quotas carbone, basé sur des hypothèses dépassées, car un prix de carbone trop bas n'incite pas à investir dans les technologies faiblement émettrices (comme le gaz face au charbon) ou la capture du CO2 ; quant à l'objectif de réduction des risques liés à l'énergie, il doit se traduire par des prix proportionnels aux risques : or le charbon entraine 10 fois plus de décès par TWh que le gaz et 400 fois plus que le nucléaire ; la fixation de ces prix est un préalable à une convergence européenne des politiques énergétiques[78].

Prospective[modifier | modifier le code]

De 2012 à 2014, l'ADEME a demandé à des prospectivistes et à ses services techniques et économiques d'imaginer des scenarii énergétiques, climatiques (et d'adaptation) volontaristes pour 2030-2050. Ces scenarii sont axés sur la maîtrise de la consommation énergétique et le développement de l’offre d’énergies renouvelables dans des proportions volontaristes mais plausibles, tout en permettant une nouvelle « croissance verte ». Un document dit «Vision 2030-2050» les réunit (publié en aout 2014)[79]. L'Ademe estime que si « les meilleures possibilités techniques connues » en 2014 sont mise en œuvre conformément au scénario vertueux d'ici 2030 là où elles peuvent l'être, les engagements de la France peuvent être tenus, et que la pollution de l'air diminuera également, notamment si des progrès sont faits pour limiter le transport routier et la pollution routière[80]. Cependant, dans le même temps, les scenarii climatiques mis à jour pour le XXIème siècle en France à partir des données les plus récentes du GIEC confirment la tendance au réchauffement[81], et de son côté l'OMM constate une aggravation et même un record de croissance du taux de CO2 dans l'air pour 2013[82], probablement en partie à cause du fait que les océans n'arrivent plus à absorber autant de CO2 qu'avant, en raison de leur réchauffement et acidification notamment[83].

Japon[modifier | modifier le code]

Le 14 septembre 2012, le gouvernement japonais décide de sortir progressivement du nucléaire avant la fin des années 2030 dans le cadre d'une nouvelle stratégie en matière de production énergétique[84],[85]. La politique envisagée est de ne plus construire de nouveaux réacteurs et de ne pas prolonger ceux existants au-delà de 40 ans, ce qui correspond à l'arrêt des derniers réacteurs livrés en 2005, vers 2045[86]. Cette réorientation du bouquet énergétique devait être accompagnée par un effort en faveur des énergies renouvelables, dont le détail doit être déterminé avant la fin de l'année[86] 2012. À la suite d'une alternance politique menant Shinzo Abe au poste de Premier Ministre, le nouveau ministre japonais de l'Industrie, Toshimitsu Motegi, a confirmé que le gouvernement allait relancer les réacteurs atomiques jugés sûrs et s'est prononcé pour une révision de l'objectif « zéro nucléaire » prévu par les précédents dirigeants du pays, tout en maintenant des objectifs important dans le secteur des énergies renouvelables[87]. La réflexion sur la répartition du mix énergétique nippon a été repoussée, au grand soulagement des syndicats patronaux de l'archipel qui souhaitent maintenir leur compétitivité.

Avantages et inconvénients[modifier | modifier le code]

La transition énergétique implique de passer en partie d'un modèle centralisé, dominé par de grandes centrales, à une structure décentralisée accordant une part plus importante à des énergies renouvelables alimentant des réseaux basse et moyenne tension ; cependant, les marchés éolien et solaire évoluent de plus en plus vers des centrales de grande taille connectées au réseau haute tension. Elle présente donc des avantages et des inconvénients.

Production d'énergie fossile à partir de lignite dans le Bassin rhénan, avec au premier plan la mine de lignite à ciel ouvert de Garzweiler, et à l'arrière-plan des centrales au lignite et des lignes à haute tension.

Avantages[modifier | modifier le code]

La mine d'uranium de Rössing en Namibie, une des plus grandes au monde.
Extraction de houille dans la mine de charbon de Cerrejón en Colombie.
  • Plus grande sécurité d'approvisionnement grâce à la décentralisation : l'utilisation d'une multitude de petites centrales permet d'adapter plus facilement la production aux besoins et de décharger les lignes à haute tension[88] (voir aussi la section Autres aspects) ; ceci est cependant très contestable, étant donnée la répartition inégale des productions renouvelables et leurs fluctuations : en Allemagne, la production éolienne est surtout concentrée au nord du pays alors que la consommation est plus concentrée au sud, ce qui nécessite la construction de nouvelles lignes à haute tension ; au Danemark, la compensation des fluctuations de l'éolien a nécessité la pose de plusieurs lignes sous-marines d'interconnexion avec la Suède et la Norvège, afin de bénéficier de la complémentarité entre les barrages hydroélectriques de ces deux pays et les éoliennes danoises ; en été, les excédents de production solaire de l'Allemagne du Sud s'exportent massivement vers la France et la Suisse.
  • Pas de destruction ou de pollution de l'environnement liée à l'extraction de sources d'énergies fossiles[89],[90],[91].
  • Pas de déchets radioactifs ou d'autre danger inhérent à la production d'énergie nucléaire[92].
  • Réduction des émissions de gaz à effet de serre et des substances toxiques provenant des énergies fossiles[93].
  • Conservation des ressources limitées telles que le pétrole, le gaz naturel et le charbon, dont les réserves (estimées en 2009) s'épuiseront respectivement d'ici 41 ans, 62 ans et 124 ans[94].
  • Plus grande indépendance économique et politique vis-à-vis des pays exportateurs de combustibles fossiles ou d'uranium[95].
  • Réduction des risques économiques liés aux pénuries d'énergie, voire à une crise énergétique (comme les premier et deuxième chocs pétroliers) grâce à des sources d'énergie primaire pratiquement illimitées.
  • Pas de conflits liés aux ressources (la guerre en Irak a par exemple été en partie motivée par les ressources pétrolières du pays[96]).
  • Avantage économique grâce à un approvisionnement en énergie moins coûteux à long terme[97].
  • Accroissement de la richesse nationale grâce à une réduction des importations d'énergie[98],[99].
  • Les énergies éolienne et hydraulique coûtent déjà moins cher que les énergies conventionnelles si l'on prend en compte les effets externes, tels que les conséquences du réchauffement climatique ou la pollution de l'environnement[100],[101].
  • Les panneaux photovoltaïques, les capteurs solaires thermiques et certaines éoliennes peuvent être directement installés chez le consommateur final. En l'absence de coûts de transport et de taxes, ces installations ne sont donc pas soumises à la concurrence sur la base du prix de gros, mais sur celle du prix final.

Inconvénients[modifier | modifier le code]

La centrale de pompage-turbinage de Goldisthal, une forme de stockage de l'électricité.
Pylône électrique supportant des lignes aériennes de 110 kV.
  • Les énergies éolienne, solaire et (dans une moindre mesure) hydraulique sont dépendantes du climat ; la production d'énergie est donc plus difficile à planifier qu'avec des centrales conventionnelles. Pour couvrir les besoins réels, il faut donc faire appel à des techniques de stockage, diversifier les types de centrale et assurer une large répartition géographique des installations. Il peut également être nécessaire de construire des centrales pour l’énergie en base[102]. Dans le sud de l'Allemagne par exemple, l'arrêt des centrales nucléaires a entraîné la nécessité d'agrandir les centrales au gaz existantes et de construire de nouvelles installations. Le soutien massif dont bénéficient actuellement les énergies renouvelables en Allemagne permet néanmoins d'éviter la construction de nouvelles centrales dans l'immédiat. Les acteurs de l'industrie électrique ont d'ailleurs demandé à ce que des aides fédérales soient versées dans ce but[103].
  • Le redéploiement des sites de production d'électricité a un impact géographique et nécessite d'importants aménagements d'infrastructure pour acheminer la nouvelle production vers les zones de consommation. Ainsi, en Allemagne, la construction de quatre grandes "autoroutes de l'électricité", d'une longueur totale de 3 800 km, depuis les éoliennes au Nord vers le Sud plus industriel coûterait 32 milliards[104].
  • Certaines techniques de stockage, comme le pompage-turbinage, requièrent beaucoup d'espace.
  • Les cultures destinées à la production de biocarburant peuvent entrer en concurrence avec les cultures destinées à l'alimentation. En Allemagne, entre 2007 et début 2012, le prix des terrains agricoles a augmenté en moyenne de 25 %, parfois même de plus de 85 % à l'est du pays, et d'environ 13 % à l'ouest. D'après la fédération paysanne allemande, il existe une concurrence féroce entre la production de nourriture et la production d'énergie dans les campagnes[105].
  • Les éoliennes, les centrales hydrauliques, les cultures destinées à la production de biocarburant et les lignes électriques sont autant d'intrusions dans la nature.
  • Si l'on prend en compte les coûts externes, l'électricité produite à partir de panneaux photovoltaïques reste encore plus chère que l'électricité conventionnelle[106].
  • L'obligation d'achat de l'électricité produite à partir des énergies renouvelables[107] reporte les coûts de production sur l'ensemble des consommateurs. En l'absence de concurrence suffisante sur le marché, le développement de nouvelles infrastructures peut ainsi conduire à une augmentation considérable des charges pesant sur les consommateurs[108].
  • En Allemagne, le financement de la transition énergétique n'est pas réparti de manière équitable. Selon une étude de l'Institut de l'économie allemande, les ménages pauvres paient le subventionnement de l'électricité solaire et éolienne dix fois plus cher que les ménages aisés[109],[110]. De plus, contrairement aux petites entreprises et à la majorité des moyennes, les industries gourmandes en énergie sont largement exemptées de participation. D'après l'Agence fédérale des réseaux, les grandes entreprises, qui représentent 18 % de la consommation d'électricité en Allemagne, ne sont tenues de participer qu'à hauteur de 0,3 % au financement de la transition énergétique[111],[112]. En raison de ces subventions apportées aux grandes entreprises au détriment des petites et des consommateurs particuliers, la Commission européenne a introduit en juin 2012 une procédure d'attribution des aides[113].
  • Une transition énergétique limitée aux seuls pays développés et dépourvue d'accord international sur les questions climatiques masque le problème de la répartition actuelle de la consommation d'énergie fossile à l'échelle mondiale. Même si quelques pays pionniers parviennent à réduire leurs émissions de CO2 en optimisant leur production d'énergie, l'impact de l'homme sur la concentration de CO2 à l'échelle mondiale ne sera pas réduit si ces émissions sont déplacées vers d'autres pays, en délocalisant par exemple les unités de production vers des pays émergents ou en développement où le prix de l'énergie est plus attractif. Les mécanismes d'échange de droits d'émission, conçus pour résoudre ce problème, ne sont pas encore suffisamment développés sur le plan international[114].
  • Certains experts pensent que si les éoliennes deviennent non négligeables dans la production électrique mondiales, elles contribueront aussi au réchauffement climatique[115].
  • Forte dépendance des technologies éolienne et photovoltaique aux terres rares[116].

Autres aspects[modifier | modifier le code]

Indice FAO des prix alimentaires, de janvier 1990 à juillet 2012.

L'utilisation croissante des biocarburants est considérée comme l'une des causes de la hausse des prix alimentaires, commencée en 2003[117]. Elle a également provoqué une flambée des prix à la fin de l'année 2007, lors de la « crise de la tortilla » : les agriculteurs américains avaient, sous l'impulsion du gouvernement, affecté près d'un quart du maïs cultivé à la production de bioéthanol, entrainant ainsi une hausse des prix mondiaux du maïs et rendant la tortilla mexicaine inabordable[118]. Les besoins alimentaires croissants liés à l'augmentation de la population mondiale accentuent d'autant plus cette concurrence pour l'espace cultivable, et les impacts sur l'environnement ne sont pas à négliger.

De nombreux pays développés et émergents se mettent à développer les énergies renouvelables de manière massive. Les défenseurs de la transition énergétique considèrent ce développement comme inévitable compte tenu du caractère limité des combustibles fossiles et de leur prix toujours croissant, du réchauffement climatique ainsi que des dangers posés par l'utilisation de l'énergie nucléaire et le stockage final des déchets radioactifs.

L'énergie photovoltaïque est en 2012 toujours plus chère que les énergies fossiles (et l'énergie éolienne), même si les prix ont jusqu'ici diminué de manière constante. Cette diminution est due aux économies d'échelle résultant de l'augmentation de la production, à une forte concurrence et aux progrès technologiques réalisés (courbe d'apprentissage). Le secteur vise une réduction supplémentaire de 40 % d'ici 2020[119].

Les coûts de l'électricité éolienne ont eux aussi chuté au cours des dernières années et devraient continuer à baisser. De plus en plus d'éoliennes sont déjà amorties et produisent donc de l'électricité à coût réduit.

La décentralisation de la production d'énergie augmente la stabilité du réseau. Des pannes survenant sur de petites unités de production individuelles peuvent être plus facilement compensées qu'un dysfonctionnement majeur frappant une grande centrale[120]. Cependant, compte tenu du caractère intermittent des énergies renouvelables, des technologies telles que le smart grid ou le contrôle en temps réel de la température des lignes électriques (qui permettra d'augmenter le courant permanent admissible) pourront s'avérer nécessaires.

Les centrales électriques virtuelles contribuent également à la sécurité de l'approvisionnement en reliant de manière intelligente les producteurs d'énergie renouvelable et, le cas échéant, leurs consommateurs[121].

Les énergies renouvelables, et notamment l'énergie photovoltaïque, peuvent servir de recours en été lorsque l'eau des fleuves ne suffit plus à refroidir les centrales conventionnelles qui doivent alors être arrosées, ralenties ou arrêtées. Ces situations sont de plus en plus fréquentes en raison du réchauffement climatique, qui entraine la baisse du niveau de nombreux cours d'eau et une augmentation de leur température[122],[123].

Débat sur le potentiel des énergies renouvelables et les besoins mondiaux en énergie[modifier | modifier le code]

En 2007, Jeroen van der Veer (en), alors président de la compagnie pétrolière Shell, considère qu'il est possible de couvrir 30 % des besoins à l'aide des énergies renouvelables d'ici 2050. Il fait néanmoins remarquer qu'en chiffres absolus, la consommation de pétrole, de gaz et de charbon sera toujours plus élevée qu'aujourd'hui. D'après lui, les gens ont une idée erronée de l'ampleur des changements que nécessiterait une transition énergétique[124].

On peut toutefois lui opposer plusieurs arguments. Tout d'abord, les réserves de pétrole et de gaz naturel sont limitées. Ensuite, la production d'essence synthétique à partir du charbon, comme alternative pose deux problèmes : d'une part, des émissions excessives de gaz à effet de serre et d'autre part, la hausse des prix du charbon qui en résulterait. Enfin, le pic de production de ces trois ressources est attendu dans les décennies à venir.

Afin de limiter le réchauffement de la planète à 2 °C et éviter ainsi toute conséquence imprévisible sur le climat, l'approvisionnement en énergie ne doit plus entrainer aucune émission de CO2 d'ici 2040-2050[125]. Pour l'Allemagne, cet objectif serait parfaitement atteignable, à condition d'accélérer le développement des énergies renouvelables[126]. Le potentiel et la vitesse de développement de ces énergies ont été largement sous-estimés, comme le montre une analyse réalisée par l'Agence des énergies renouvelables (AEE) en 2009[127]. Il est cependant impossible d'établir des prévisions exactes, en raison de facteurs difficiles à évaluer tels que la compétitivité croissante des énergies renouvelables liée aux progrès technologiques, la hausse du prix des énergies fossiles, l'étendue encore incertaine des réserves de combustibles fossiles et l'intensité des efforts nécessaires pour préserver le climat.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  59. Charte du débat national sur la transition énergétique
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  66. a, b, c, d, e, f et g Secrétariat du débat national sur la transition énergétique (2013), Résultats bruts du débat, PDF, 22pages, 2013-05-25, consulté 2013-05-27
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  76. Rachida Boughriet (2014),[François Hollande propose "une grande entreprise franco-allemande" pour la transition énergétique], actu-environnement 2014-01-14
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  82. he State of Greenhouse Gases in the Atmosphere Based on Global Observations through 2013, consulté 2014-09-11
  83. voir page 4/8 , chapitre "Ocean acidification" : du rapport déjà cité : The State of Greenhouse Gases in the Atmosphere Based on Global Observations through 2013 de l'OMM, publié en sept 2014
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel J.-F. Dubois, La transition énergétique : Vivre dans un monde fini, Paris, Desclée de Brouwer,‎ 2009 (ISBN 978-2220061030)
  • Jean-Claude Debeir, Jean-Paul Deléage et Daniel Hémery, Les servitudes de la puissance : Une histoire de l'energie, Paris, Flammarion,‎ 1986 (ISBN 2082111636)
  • Global chance (2013), Contribution au débat national sur la transition énergétique : la situation énergétique de la France : État des lieux, 2013-02-18 ; PDF, 11 pages.
  • Kemp, R. (1994) Technology and the Transition to Environmental Sustainability. The Problem of Technological Regime Shifts ; Futures 26(10): 1023-46.
  • Rapport La transition énergétique dans les transports, traité par la section de l'aménagement durable des territoires du Conseil économique, social et environnemental français, Publié le 10/07/2013 - rapporteurs : Bruno Duchemin (CFDT) et Sébastien GENEST (Groupe environnement et nature) ; avis et notes de synthèse
  • Financer la transition écologique et énergétique, rapport traité par la section de l'aménagement durable des territoires du Conseil économique, social et environnemental français,Publié le 10/09/2013. Rapporteur Gaël Virlouvet (Groupe environnement et nature) (avis, note de synthèse et résumé)
  • Christophe Defeuilley (2014), La transition énergétique (1) (PDF), (2) (PDF), École des Ponts ParisTech, sortie en FLUX, cahiers scientifiques internationaux Réseaux et Territoires, N° 95 (2014)
  • Henri Safa, Quelle transition énergétique ?, EDP Sciences, 2013